L’ange exterminateur. La cloche de l’enfer, sous ses oripeaux de conte mi-fantastique mi-horrifique, est avant tout une critique sulfureuse du régime franquiste. Le tournage fut endeuillé par l’accident tragique qui coûta la vie à son jeune réalisateur, Claude Guérin, qui chut — ou sauta, le mystère reste entier — de l’impressionnant clocher de l’église galicienne, décor récurrent du film. Ce dernier fut alors achevé selon différentes sources par Juan Antonio Bardem, assisté du scénariste Santiago Moncada.

Danse avec les ninjas. Produit par la Nikkatsu, sous le label Sushi Typhoon — Sa mission : réaliser des films foufous avec 3 yens, voire moins — Alien vs. Ninja ne ment pas sur la marchandise. Il y a des ninjas en goguette et de l’alien carnassier qui s’écrase sur terre, non loin d’une rencontre impromptue entre deux factions.

Les dingos sont de sortie. Un homme à l’air effrayé (Martin Landau nettement plus allumé que dans Cosmos 1999) pénètre dans un snack bar. Le cuisinier s’est fait la tête de Donald Pleasence et, un grand hachoir à la main, se précipite pour l’ouvrir en deux le prenant pour un quartier de bœuf. Martin pousse des cris d’orfraie et se réveille. Ça n’était qu’un mauvais rêve. Ouf !

Sushi teub. Dans un salon de massage qui ne paie pas de mine et où les prestations sont à la portée de toutes les bourses — jeu de mot — un client plus que satisfait du service n’en peut plus de joie lorsque son hôtesse décide de déguster son membre triomphant à la manière d’un sushi roll*. Mais la dame a grande faim semble-t-il et l’homme expire dans un orgasme sanglant.

Bienvenido a San Miguel : narcos, bling-bling e decapitación. Ay, caramba ! Le gouvernement mexicain n’a semble-t-il guère été heureux de la contribution de Luis Estrada aux agapes prévues pour la célébration des 200 ans de l’indépendance et du centenaire de la révolution, car l’ingrat, bien qu’ayant encaissé quelques pesos de ses bienfaiteurs aux fins de mener à bien son projet, ne leur en a pas moins retourné un gros glaviot dans la face en guise de remerciements.

Cœur de cendres. Contrairement à ce que l’on pourrait attendre, Eldfjall, premier film de prime abord fort lugubre de Rúnar Rúnarsson n’est en rien un documentaire sur l’éruption des volcans aux petits noms charmants — Eyjafjöll et Grímsvötn — bien qu’imprononçables pour les 3/4 de la planète qu’ils ont inquiétée.

Le vilain petit canard. Legs McNeil, en collaboration avec Jennifer Osborne, fait subir à The Other Hollywood, l’histoire du porno américain par ceux qui l’ont fait le même traitement opéré sur L’histoire non censurée du punk racontée par ses acteurs, en l’occurrence le méchamment plaisant Please kill me, écrit à quatre mains avec Gillian McCain en 1996, et édité aux mêmes éditions Allia en 2006.

Théories + complots. Comment en arrive-t-on à imaginer qu’un cruel moustachu hystérique et givré qui ne quitta jamais le continent ait pu fomenter un crime peu banal en compagnie de nababs d’Hollywood alors que l’on envisage de filmer un documentaire sur la lumineuse — belle entrée en matière de la part de Michael Lonsdale dans son propre rôle — Micheline Presle, si merveilleuse d’intelligence et de grâce ?

Trouille ! Quelle merdouille ! Philibert est un jeune gandin vigoureux et niais mais à la figure bien aimable qui entend consacrer sa vie à la culture de l’artichaut sous la bienveillance du seigneur, en compagnie d’une épouse bien faite et modeste qu’il attend patiemment de rencontrer aux fins de jeter sa gourme et se vautrer dans un stupre tout conjugal.

Dans les griffes de Miss Fu Manchu. Dans les vieux quartiers de Hong Kong étrangement dépeuplés et esthétisés à outrance par Julien Carbon et Laurent Courtiaud, une sublime créature tente de s’emparer d’une potion magique sensuellement létale, celle-là même concoctée jadis par le Bourreau de Jade, ancien exécuteur des basses œuvres du premier empereur de Chine et virtuose en tortures raffinées.

A bourrin, bourrin et demi. Oserait-on l’avouer ? Mais l’on est bienheureux de retrouver monsieur muscle et tous ses amis en si bonne forme. Pas que le scénario de la 5e Fast & Furious adventure culmine dans les cimes (il tient sur une jante de BMW), mais le plaisir un brin coupable que l’on ressent devant leurs activités hautement bourrines — scènes d’action hypra spectaculaires à l’appui — nous rend manifestement indulgent devant cette nouvelle mouture bien supérieure à la précédente.