FAST & FURIOUS 5 de Justin Lin

A bourrin, bourrin et demi.

Oserait-on l’avouer ? Mais l’on est bienheureux de retrouver monsieur muscle et tous ses amis en si bonne forme. Pas que le scénario de la 5e Fast & Furious adventure culmine dans les cimes (il tient sur une jante de BMW), mais le plaisir un brin coupable que l’on ressent devant leurs activités hautement bourrines — scènes d’action hypra spectaculaires à l’appui — nous rend manifestement indulgent devant cette nouvelle mouture bien supérieure à la précédente. Et d’imaginer que la sixième d’ores et déjà dans les starting-blocks nous promet quelques bonnes torgnoles supplémentaires laisse rêveur…

En attendant, la croisière s’amuse et voyage. Justin Lin est à nouveau au volant et après Los Angeles, Tokyo et le Mexique, notre Dom Torreto/Vin Diesel regonflé à bloc a élu domicile au Brésil (c’est Vincent Cassel qui aurait été content de participer), et plus précisément à Rio — son Christ, ses plages, ses favelas —, où viennent bientôt le rejoindre à son grand dam ces deux endives de Mia/Jordana Brewster et Brian/Paul Walker en délicatesse avec la justice américaine.

Le sang de Dom ne fait qu’un (seul) tour car c’est un homme pressé. Hop ! Les voilà tous partis dans la reconquête de leur honneur perdu, et pour ce faire, une seule solution, rendre la monnaie de leurs pièces aux immondes qui ont tenté de les doubler dans un vol de bien séduisantes guimbardes.

Le fautif est un respectable homme d’affaires qui affame le peuple et corrompt la jeunesse en l’enrôlant dans ses activités pas très catholiques ? Qu’à cela ne tienne, ils décident d’engager les meilleurs (comprendre : rameuter le casting des F&F précédents) et comme les 7 mercenaires — dont la sublime Gal Gadot qui n’a strictement rien d’intelligent à jouer —, vont piquer au Picsou pour redistribuer aux pauvres, et se garder de la menue monnaie de côté pour leurs vieux jours. Fin de l’histoire ou presque.

Car leur charmant pays n’en étant pas à une ingérence près, ne voilà-t-il pas qu’il envoie à leurs trousses une espèce de brute épaisse tatouée, Luke Hobbs (l’auteur de ces lignes avoue avoir quelque mal à garder désormais son sérieux à chaque arrivée de Dwayne Johnson depuis qu’elle l’a vu s’écraser comme une merde dans le prodigieux gag illuminant Very bad cops/The other guys d’Adam McKay_2010) agent fédéral très spécial, armé de son badge et de quelques colifichets fort bruyants. Le genre d’affreux à vous plomber sans sommation puis à vous demander de décliner nom, âge et profession tandis que l’on vous descend dans le trou.

Et tout ce joli monde de se poursuivre durant tout le film en autobus, en train (un ahurissant vol de voitures avec plongeon — figure obligée —, ils ne vont pas se refaire), à pied (fabuleuse course dans la favela où nos héros pris entre deux feux jouent les yamakasis, Bond et Bourne peuvent aller se rhabiller merci), en voiture, à poney (non, je plaisante).

Du reste, le premier face à face entre la proie et le chasseur est à hurler de rire, les deux bestiaux aux mâchoires carrées se jugeant d’un regard qu’ils souhaitent revolver. Este is Brazil brame l’inénarrable Diesel — qui vient de relire son portugais sans peine — en ouvrant grand ses bras devant le Johnson qui n’en peut mais. Vont-ils s’en rouler une belle et entamer une samba ? Que nenni. The Rock resserre ses maxillaires à s’en faire éjecter le dentier et tourne les talons, jurant mais un peu tard que le Vinnie il l’aura un jour, il l’aura.

La seconde rencontre sera d’ailleurs autrement plus explosive, que les amateurs de castagne se rassurent. Enfilant des pains comme d’autres des perles, il faut bien avouer que si notre Dom — bien énervé que la maison poulaga lui ait écrabouillé sa charrette préférée — prend le dessus, c’est bien parce que le scénariste a eu l’amabilité de le préciser dans le script. Sur un ring, la question ne se poserait pas. Ne pas miser sur une victoire écrasante de Dwayne The Rock Johnson serait faire preuve d’un total aveuglement. Comme celui qui frappe absurdement Torreto à la vue de la fliquette de service (Elsa Pataky dont la molle présence n’arrive même pas à la hauteur du nombril de Letty/Michelle Rodriguez, son ex-pépette).

Le morceau de bravoure final emporte définitivement l’adhésion. Pendant près d’une vingtaine de minutes, nos joyeux drilles Vinnie et Paulo, poursuivis par toutes les polices de la ville — et le Hobbs qui, désormais songeur quant à la loi et l’ordre, leur colle toujours au train — s’amusent aux auto-tamponneuses en s’acharnant à tracter un gigantesque coffre-fort dont ils usent comme d’un bilboquet pour détruire une grande partie des quartiers chics de Rio, banques comprises.

Aussi, passées les scènes gnangnans destinées à nous prouver que sous toute cette barbaque battent des petits cœurs tendres (l’outlaw devient tonton, le poulet a de l’éthique), le cahier des charges est pleinement honoré.

Le malfaisant a les traits de Joaquim de Almeida qui parfait encore ici son rôle d’onctueux parrain sud-américain dont le vernis s’écaille à vitesse grand V, l’équipe des mercenaires — Tyrese Gibson et Ludacris en tête — apporte l’humour et la cool attitude nécessaires à un film pas prétentieux pour deux cents, le soleil brille, les filles sont belles, les méchants périssent, les bons triomphent et ceux qui auront eu la malencontreuse idée de se tirer dès l’apparition des premiers titres du générique auront raté le teaser annonçant le retour de nos gladiateurs préférés.

Bien fait ! Ce n’est certes pas ici que l’on va spoiler. Mais la surprise annoncée augure d’un sacré rififi chez les femelles déchainées. Hâte.

PS. Et si l’action made in Brésil vous fait rêver, Showtime Folks! vous a concocté un top 5 des scènes de favelas.

© Universal Pictures International France
© Universal Pictures International France

Fast and furious 5/Fast five de Justin Lin_2011

avec Vin Diesel, Dwayne Johnson, Paul Walker, Jordana Brewster, Tyrese Gibson, Gal Gadot, Elsa Pataky, Sung Kang, Matt Schulze, Ludacris, Joaquim de Almeida, Tego Calderon et Don Omar

6 responses to FAST & FURIOUS 5 de Justin Lin

  1. ray manta says:

    le seul avantage d'aller se coltiner un truc pareil, c'est de pouvoir balancer ensuite; t'as dû te régaler…. La photo de groupe, et la musique « des 7 » qui me trotte dans la tête, je kiffe trop,… pour parler djeuns

  2. FredMJG says:

    ToRayManta: Le pire c'est que je les ai tous vus — mes neurones réclament parfois leurs congés payés — mais je n'ai pas parlé du 4 car il était nettement moins drôle… Et y avait pas le tatoué qui je l'avoue me fait un sacré effet. Je veux bien aller lui renifler les dessous d'bras et rouler avec lui dans la poussière (ou danser la samba, comme y veut. Mon p'tit Dwayne, si tu me lis)

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