De la critique de cinéma

Si j’étais critique de cinéma, je suivrais la règle (du jeu) contenue dans cette phrase de Jean Renoir : « Ne perdez pas de temps à dire du mal des films que vous détestez, parlez plutôt des films que vous aimez et partagez votre plaisir avec les autres ». Il est bon de citer ces mots, aujourd’hui, parce qu’il me semble que les critiques renoiriens sont rares, particulièrement en France. Bernardo Bertolucci. Si j’étais critique de cinéma… La Repubblica, 3 janvier 2000Lire la suite

De la profession de foi

Depuis l’enfance, j’ai eu la chance de traverser deux mini dépressions de bonheur et j’attends, tout à fait serein, la troisième. Ça me suffit pour croire en une certaine beauté de la vie et avoir le plaisir de tenter de la filmer sous toutes ses formes : arbres, animaux, dieux, humains… et cela à l’heure où l’amour est vif. L’innocence, le cinéaste en a perdu une partie. C’est si délicat à repérer autour de soi, si difficile à ne pasLire la suite

De la Nouvelle Vague

[…] Le couple Godard-Karina était attendrissant, enfants terribles et amants, heureux amants. Leurs amours étaient juvéniles, violentes et inventives. je suis contente de les avoir fait tourner ensemble une très courte histoire d’amour et de « malvu », à défaut de malentendu puisque ce film était muet, avec train à vapeur passant sur un autre pont et péniches sur le canal. La lumière de ce jour-là et la bonne humeur générale restent pour moi un souvenir qui symbolise la Nouvelle Vague telleLire la suite

De la tendresse

Je pense que celui qui aime a raison. Lorsqu’on aime, ça donne du bonheur. Quand on aime pas, on ne trouve que des désagréments. Bien sûr, il y a des gens pour lesquels je n’éprouve pas de réelle sympathie. Je ne les déteste pas, je les fuis. Je ne veux pas les rencontrer parce que je sais à l’avance qu’ils ne m’intéresseront pas. Je ne pense pas que ce soit de la lâcheté. Lorsque j’étais jeune, j’étais souvent coléreux, jusqu’auLire la suite

De la destinée

A l’occasion de son numéro 700, les Cahiers du Cinéma ont lancé un appel à des cinéastes, des acteurs, des monteurs, des directeurs de cinémathèque, des dessinateurs, des critiques. Sujet : L’émotion qui vous hante. 140 témoignages se succèdent, évoquant images, sons, plans, musique, scénario, beautés fatales… le magazine se clôt sur Francis Ford Coppola qui a envoyé une photographie légendée à son image, familiale, bourrue, pleine d’humour et de malice [et l’on a envie de revoir la tragédie/trilogie duLire la suite

De l’humanité

[…] Les éloges sur Coutinho et sur son travail sont plus que justes. Il ne fut pas seulement le plus grand documentariste de l’histoire du cinéma brésilien, mais aussi un des cinéastes les plus importants du cinéma contemporain à l’échelle du monde entier. Ses films constituèrent une tentative permanente de connaissance et de compréhension de l’être humain, et particulièrement de ceux qui ne sont pas considérés importants. Coutinho savait que l’humanité était une, que nos différences ne nous séparent pas.Lire la suite

De l’amour du Cinéma

Je préfère être seul pour regarder un film, pareil pour les matchs de foot. Je ne suis jamais allé au cinéma avec une fille. Pendant longtemps, je ne suis allé nulle part avec une fille d’ailleurs. De toute façon, j’ai toujours considéré qu’un bon film valait mieux qu’une bonne pelle. Gustave Kervern [© Première n°446_avril 2014. Rubrique Le film qui… Propos recueillis par Stéphanie Lamome]  Lire la suite

De l’observation

Je ne crois pas aux dialogues de cinéma. Selon moi, le cinéma est essentiellement un art de l’observation. Ça passe par le regard et la réflexion sur ce qu’on regarde. Je réfléchis beaucoup sur le rythme, pour créer du suspense. Il y a un jeu qui m’amuse beaucoup : combien de temps peut-on rester devant un écran sur lequel il ne se passe rien ? Et qu’est-ce qu’on finit par y voir ? On me dit souvent que j’aime torturer les spectateurs. C’estLire la suite

Du compliment

Je la chéris entre toutes les actrices. Charmante et candide, d’une beauté qui faisait mal aux dents, elle avait une fêlure qu’elle ne cachait pas. Elle ouvrait la porte sur un ailleurs imprévu, elle dérangeait le réel, transgressait la norme du comédien. Jean-Pierre Marielle. Le grand n’importe quoi. © Calmann-LévyLire la suite

De la fratrie

Joan Fontaine [1917-2013] dans Born to be bad/La femme aux maléfices de Nicholas Ray_1950 *** I married first, won the Oscar before Olivia did, and if I die first, she’ll undoubtedly be livid because I beat her to it! Joan Fontaine [Source : imdb] Joan qui se rêvait mourant centenaire sur une scène de théâtre en incarnant Peter Pan, réussit — comme elle l’avait prédit — à coiffer une nouvelle fois sa sœur ainée Olivia de Havilland au poteau, enLire la suite

De la décence

Un chapitre des Secrets d’Hollywood révélés par Patrick Brion [chronique à venir] est consacré à l’infamant Code Hays que scénaristes et réalisateurs s’empressèrent de contourner, voire pervertir pour notre plus grand bonheur.Lire la suite

De la réflexion

Les miroirs feraient bien de réfléchir un peu avant de renvoyer les images. © Jean Cocteau [Le sang d’un poète_1930] **** A consulter : Le questionnaire du Miroir de Cinématique A lire : Questions 1 à 12 Questions 12 à 24 Le journal cinéma du Dr Orlof Marivaudage La troisième chambre Inisfree Part. I – Part. II De son cœur le vampire Part. I — Part. II — Part. III NightswimmingLire la suite

De l’optimisme

Ford était un optimiste ; je suis un pessimiste. Les personnages de Ford, quand ils ouvrent une fenêtre, scrutent toujours à la fin cet horizon plein d’espérance. Les miens au contraire, quand ils ouvrent une fenêtre, ont toujours peur de recevoir une balle entre les deux yeux. Sergio Leone cité par Laurence Schifano dans Le cinéma italien de 1945 à nos jours © Armand CollinLire la suite

De la (théorie de la) critique

J’ai fait quelques textes thématiques. Pas trop. C’est dangereux. Metz, Deleuze, Benjamin, Debord se sont suicidés. Peut-être avaient-ils découvert que la théorie ne mène à rien, et le choc a été trop rude (sans parler d’Althusser). À ce propos, les grands critiques meurent jeunes. Delluc, Canudo, Auriol, Agee, Bazin, Truffaut, Straram, Daney. La vision de trop de films vous bouffe. Je suis encore là, c’est la preuve que je ne suis pas un grand critique. C’est une théorie qui neLire la suite