De la décence

Un chapitre des Secrets d’Hollywood révélés par Patrick Brion [chronique à venir] est consacré à l’infamant Code Hays que scénaristes et réalisateurs s’empressèrent de contourner, voire pervertir pour notre plus grand bonheur. Nul doute que si les principes édictés dans les années 30 par des pères-la-morale bouffis d’hypocrisie avaient été respectés à la lettre, la face du cinématographe en aurait été changée (et vous seriez actuellement en train de lire un blog de cuisine).

Morceaux choisis.

On ne produira pas de films susceptibles d’abaisser la moralité des spectateurs. Ainsi la sympathie du public n’ira jamais au vice, au péché ou au mal.

La vengeance, à l’époque contemporaine, ne sera pas justifiée.

L’usage d’alcool dans la vie quotidienne américaine ne devra pas être montré à moins qu’il soit nécessaire à l’intrigue et aux personnages.

Le caractère sacré de l’institution du mariage et du foyer sera maintenu. On ne devra pas laisser supposer que des relations sexuelles de bas étage peuvent être acceptées ou être habituelles. L’adultère, parfois nécessaire au sujet, ne devra pas être traité explicitement, ou justifié, ou montré d’une façon attrayante. […] En règle générale, la passion doit être montrée de manière à ne pas éveiller de basses émotions.

Les perversions sexuelles et les allusions à celle-ci sont interdites.

Les relations sexuelles interraciales entre les Blancs et les Noirs sont interdites.

L’hygiène sexuelle ou les maladies vénériennes ne sont pas des sujets de films.

Le traitement de sujets bas, déplaisants, dégoûtants — sans nécessairement qu’ils soient mauvais — doit toujours être guidé par le bon goût et la sensibilité des spectateurs.

Les blasphèmes intentionnels — ceci comprend les mots « God, Lord, Jesus, Christ » (à moins d’être utilisés avec révérence), « Hell, S.O.B., Dam, Gawd » — ou toute autre expression vulgaire sont interdits.

Les ministres du culte dans leur fonction de ministres du culte ne seront pas montrés sous un jour comique ou antipathique.

Le traitement des chambres à coucher doit être fait avec bon goût ou délicatesse.

Les titres salaces, indécents ou obscènes ne peuvent être utilisés.

 Les secrets d’Hollywood [Chap. 5 : Le code Hays, Hollywood censuré ?]
© Patrick Brion — La librairie Vuibert

4 responses to De la décence

  1. foxart4 says:

    Rhaaa… Le rétablissement de certaines valeurs morale au cinéma comme dans la société française en pleine déliquescence ça aurait du bon, non ?! ^^

    • FredMJG says:

      J’avoue que mon choix a été quelque peu dicté par les ligues de « vertu » qui nous enflent récemment. ^^
      Ceci étant, les principes étant suivis de quelques annotations du genre, le cinéma doit avant tout « divertir les foules dans un esprit bon enfant », on peut affirmer à quelques exceptions près que le Hollywood du 21e siècle a opté pour cette pente savonneuse :/

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