La faim justifie les moyens. Ceux qui ont eu la curiosité d’aller découvrir son très riant Sibérie, Mon amour reconnaitront la patte de Slava Ross, notamment en ce qui concerne l’excellence de son travail avec les enfants, la violence des rapports sociaux, l’obsession de ses personnages pour la recherche de nourriture et l’amour des ritournelles.  

Théories + complots. Comment en arrive-t-on à imaginer qu’un cruel moustachu hystérique et givré qui ne quitta jamais le continent ait pu fomenter un crime peu banal en compagnie de nababs d’Hollywood alors que l’on envisage de filmer un documentaire sur la lumineuse — belle entrée en matière de la part de Michael Lonsdale dans son propre rôle — Micheline Presle, si merveilleuse d’intelligence et de grâce ?

Trouille ! Quelle merdouille ! Philibert est un jeune gandin vigoureux et niais mais à la figure bien aimable qui entend consacrer sa vie à la culture de l’artichaut sous la bienveillance du seigneur, en compagnie d’une épouse bien faite et modeste qu’il attend patiemment de rencontrer aux fins de jeter sa gourme et se vautrer dans un stupre tout conjugal.

Dans les griffes de Miss Fu Manchu. Dans les vieux quartiers de Hong Kong étrangement dépeuplés et esthétisés à outrance par Julien Carbon et Laurent Courtiaud, une sublime créature tente de s’emparer d’une potion magique sensuellement létale, celle-là même concoctée jadis par le Bourreau de Jade, ancien exécuteur des basses œuvres du premier empereur de Chine et virtuose en tortures raffinées.

A bourrin, bourrin et demi. Oserait-on l’avouer ? Mais l’on est bienheureux de retrouver monsieur muscle et tous ses amis en si bonne forme. Pas que le scénario de la 5e Fast & Furious adventure culmine dans les cimes (il tient sur une jante de BMW), mais le plaisir un brin coupable que l’on ressent devant leurs activités hautement bourrines — scènes d’action hypra spectaculaires à l’appui — nous rend manifestement indulgent devant cette nouvelle mouture bien supérieure à la précédente.

Histoire du chat qui n’était pas là. Quelle misérable mouche a donc piqué Divko Buntic (Miki Manojlovic, confondant de sobre bouffonnerie et d’humanité blessée) pour qu’il revienne, revêtu des atours du nouveau riche triomphant — Mercedes écarlate, grosses coupures et juvénile créature au bras — dans son petit village natal de Bosnie Herzégovine qu’il avait quitté en catastrophe plus de vingt ans auparavant au triste avènement du communisme ?