Seconde naissance. Après Séraphine, Martin Provost, manifestement fasciné par la personnalité hors norme de Yolande Moreau a concocté pour son actrice un rôle à sa (dé)mesure. C’est ce qui, a fortiori, fait toute la force mais aussi la faiblesse d’Où va la nuit.
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La faim justifie les moyens. Ceux qui ont eu la curiosité d’aller découvrir son très riant Sibérie, Mon amour reconnaitront la patte de Slava Ross, notamment en ce qui concerne l’excellence de son travail avec les enfants, la violence des rapports sociaux, l’obsession de ses personnages pour la recherche de nourriture et l’amour des ritournelles.
Pour Tuco/Eli Wallach, Sancho Pança aussi fourbe que laid de l’homme sans nom/Clint Eastwood*, au sens de l’amitié follement élastique, le monde se divise en deux catégories : les caves et les débrouillards aussi avides que sournois.
Oyez ! Oyez !
Parisiens chanceux ! La quarantaine de films (courts et longs) sélectionnés pour la 43e Quinzaine des Réalisateurs sera projeté au Forum des images du 25 mai au 5 juin prochains.
La grande sauterelle. Le scénario tiendrait sur le bikini de la très piquante Pauline Lefèvre, ravissante emmerdeuse du dernier (?) film de Patrice Leconte, si on décidait de l’y graver.
Sous le signe de la croix. On ne peut que supputer que notre brave Paul Bettany (tant de talent gâché, quelle tristesse) a perdu un pari contre Scott Charles Stewart son metteur en scène d’un (involontairement drôle) Légion de sinistre mémoire pour se commettre à nouveau en sa compagnie.
Théories + complots. Comment en arrive-t-on à imaginer qu’un cruel moustachu hystérique et givré qui ne quitta jamais le continent ait pu fomenter un crime peu banal en compagnie de nababs d’Hollywood alors que l’on envisage de filmer un documentaire sur la lumineuse — belle entrée en matière de la part de Michael Lonsdale dans son propre rôle — Micheline Presle, si merveilleuse d’intelligence et de grâce ?
Trouille ! Quelle merdouille ! Philibert est un jeune gandin vigoureux et niais mais à la figure bien aimable qui entend consacrer sa vie à la culture de l’artichaut sous la bienveillance du seigneur, en compagnie d’une épouse bien faite et modeste qu’il attend patiemment de rencontrer aux fins de jeter sa gourme et se vautrer dans un stupre tout conjugal.
Dans les griffes de Miss Fu Manchu. Dans les vieux quartiers de Hong Kong étrangement dépeuplés et esthétisés à outrance par Julien Carbon et Laurent Courtiaud, une sublime créature tente de s’emparer d’une potion magique sensuellement létale, celle-là même concoctée jadis par le Bourreau de Jade, ancien exécuteur des basses œuvres du premier empereur de Chine et virtuose en tortures raffinées.
Si j’avais un marteau (air connu). Les forces (commerciales) de Marvel déferlent sur le monde. Après Iron Man et avant que Captain America n’enfile ses collants et que The avengers ne nous rétament (tâchez de suivre, merci), voici le héros du jour sur lequel il serait aisé de lancer quelques jeux de mots t(h)ordants, mais nous nous abstiendrons.
A bourrin, bourrin et demi. Oserait-on l’avouer ? Mais l’on est bienheureux de retrouver monsieur muscle et tous ses amis en si bonne forme. Pas que le scénario de la 5e Fast & Furious adventure culmine dans les cimes (il tient sur une jante de BMW), mais le plaisir un brin coupable que l’on ressent devant leurs activités hautement bourrines — scènes d’action hypra spectaculaires à l’appui — nous rend manifestement indulgent devant cette nouvelle mouture bien supérieure à la précédente.
Le regard des autres. La vie, ça n’est pas de la tarte. Surtout lorsque l’on a rien demandé. Expulsés dans un monde où tout n’est jamais que regards indiscrets et jugements portés, bienheureux les êtres qui mènent leur chemin sans se soucier du monde et de ses conventions, et parfois y trouvent la juste moitié à laquelle s’accorder.
Qu’importe le flacon. Pour sûr, ça rigole sec dans Ha Ha Ha, la dernière plaisanterie de Hong Sang-Soo*, singulièrement dès lors qu’il n’y a pas de quoi. Et ça picole aussi, grave.
Je suis le gardien de mon frère. Nul n’est besoin d’être versé dans les guerres russo-suédoises de la fin du XVIe, voire les contes scandinaves, pour apprécier et se laisser envouter par la charge hypnotique générée par le deuxième film* d’Antti-Jussi Annila.
Liam a les bournes. Jaume Collet-Serra est un habitué des twists invraisemblables qui tourneboulent le ciboulot. Pour s’en convaincre, prière de se rapporter à son Esther d’excellente facture, si l’on daigne oublier charitablement le terrible gâchis d’un épilogue vain.
Mon royaume pour un œuf dur. Résolument burlesque malgré de délicats prémices, Si tu meurs je te tue, immersion bien involontaire d’un repris de justice un tantinet à côté de ses pompes dans la communauté kurde de Paris, vivant entre traditions et modernité, est une heureuse surprise. A plus d’un titre.
Histoire du chat qui n’était pas là. Quelle misérable mouche a donc piqué Divko Buntic (Miki Manojlovic, confondant de sobre bouffonnerie et d’humanité blessée) pour qu’il revienne, revêtu des atours du nouveau riche triomphant — Mercedes écarlate, grosses coupures et juvénile créature au bras — dans son petit village natal de Bosnie Herzégovine qu’il avait quitté en catastrophe plus de vingt ans auparavant au triste avènement du communisme ?
Nic Cage, ce héros. Peigné comme un balai de crins tendance méchouilles jaunâtres, revoilà notre bien aimé Nicolas Cage se consumant encore une fois, comme lui seul en a le secret, dans une série B virevoltant allègrement vers le Z.
Hélène Surgère [20/10/28-27/03/11]. Avec sa partenaire Sonia Savange, Hélène Surgère reprendra un des sketchs du burlesque et terrifiant Femmes, Femmes de Paul Vecchiali_1974 pour Salo, les 120 jours de Sodome de Pier Paolo Pasolini_1976.
I, along with the critics, have never taken myself very seriously.