Dans les griffes de Miss Fu Manchu. Dans les vieux quartiers de Hong Kong étrangement dépeuplés et esthétisés à outrance par Julien Carbon et Laurent Courtiaud, une sublime créature tente de s’emparer d’une potion magique sensuellement létale, celle-là même concoctée jadis par le Bourreau de Jade, ancien exécuteur des basses œuvres du premier empereur de Chine et virtuose en tortures raffinées.
Si j’avais un marteau (air connu). Les forces (commerciales) de Marvel déferlent sur le monde. Après Iron Man et avant que Captain America n’enfile ses collants et que The avengers ne nous rétament (tâchez de suivre, merci), voici le héros du jour sur lequel il serait aisé de lancer quelques jeux de mots t(h)ordants, mais nous nous abstiendrons.
A bourrin, bourrin et demi. Oserait-on l’avouer ? Mais l’on est bienheureux de retrouver monsieur muscle et tous ses amis en si bonne forme. Pas que le scénario de la 5e Fast & Furious adventure culmine dans les cimes (il tient sur une jante de BMW), mais le plaisir un brin coupable que l’on ressent devant leurs activités hautement bourrines — scènes d’action hypra spectaculaires à l’appui — nous rend manifestement indulgent devant cette nouvelle mouture bien supérieure à la précédente.
Le regard des autres. La vie, ça n’est pas de la tarte. Surtout lorsque l’on a rien demandé. Expulsés dans un monde où tout n’est jamais que regards indiscrets et jugements portés, bienheureux les êtres qui mènent leur chemin sans se soucier du monde et de ses conventions, et parfois y trouvent la juste moitié à laquelle s’accorder.
Qu’importe le flacon. Pour sûr, ça rigole sec dans Ha Ha Ha, la dernière plaisanterie de Hong Sang-Soo*, singulièrement dès lors qu’il n’y a pas de quoi. Et ça picole aussi, grave.
Je suis le gardien de mon frère. Nul n’est besoin d’être versé dans les guerres russo-suédoises de la fin du XVIe, voire les contes scandinaves, pour apprécier et se laisser envouter par la charge hypnotique générée par le deuxième film* d’Antti-Jussi Annila.
Liam a les bournes. Jaume Collet-Serra est un habitué des twists invraisemblables qui tourneboulent le ciboulot. Pour s’en convaincre, prière de se rapporter à son Esther d’excellente facture, si l’on daigne oublier charitablement le terrible gâchis d’un épilogue vain.
Mon royaume pour un œuf dur. Résolument burlesque malgré de délicats prémices, Si tu meurs je te tue, immersion bien involontaire d’un repris de justice un tantinet à côté de ses pompes dans la communauté kurde de Paris, vivant entre traditions et modernité, est une heureuse surprise. A plus d’un titre.
Histoire du chat qui n’était pas là. Quelle misérable mouche a donc piqué Divko Buntic (Miki Manojlovic, confondant de sobre bouffonnerie et d’humanité blessée) pour qu’il revienne, revêtu des atours du nouveau riche triomphant — Mercedes écarlate, grosses coupures et juvénile créature au bras — dans son petit village natal de Bosnie Herzégovine qu’il avait quitté en catastrophe plus de vingt ans auparavant au triste avènement du communisme ?
Nic Cage, ce héros. Peigné comme un balai de crins tendance méchouilles jaunâtres, revoilà notre bien aimé Nicolas Cage se consumant encore une fois, comme lui seul en a le secret, dans une série B virevoltant allègrement vers le Z.
Hélène Surgère [20/10/28-27/03/11]. Avec sa partenaire Sonia Savange, Hélène Surgère reprendra un des sketchs du burlesque et terrifiant Femmes, Femmes de Paul Vecchiali_1974 pour Salo, les 120 jours de Sodome de Pier Paolo Pasolini_1976.
I, along with the critics, have never taken myself very seriously.
A l’ombre du père. A l’honneur dans le second film de Raphaël Jacoulot, la figure paternelle n’attendra pas même l’aube pour en prendre un sacré coup dans l’aile. Jugeons plutôt.
A Roswell, personne ne vous entend jurer. Enfer et ewoks putréfiés ! Après les échappées hilarantes de Shaun of the dead_2005 et Hot fuzz!_2007, films réalisés sous les bons auspices d’Edgar Wright, nous étions en droit d’espérer nous dilater généreusement la rate en compagnie des toujours craquants Simon Pegg et Nick Frost, désormais attirés par les sirènes hollywoodiennes et l’appel déchirant de nerds aussi déjantés qu’eux.
Zone grise. Fergus est un triste sire. Doublé d’un teigneux sur lequel on ne peut compter. Du genre à se bourrer consciencieusement la gueule (qu’il tire en permanence) et à se bastonner ensuite avec les bobbies de sa majesté. Résultat des courses : garde à vue, procès en suspens et interdiction de sortie du territoire. Enfin, ça n’est pas la mort non plus. Tout du moins, pas la sienne.
Katerine en campagne. Entendons nous bien. Si l’on est allergique à Philippe Katerine, mieux vaut gentiment passer son chemin.
L’amour à mort. Une nuit, dans la vallée du Douro soumise à une pluie battante, un jeune photographe inconnu est mandé par le domestique d’une demeure ancestrale aux fins d’immortaliser et ce, pour l’éternité, la jeune fille de la maison, mystérieusement décédée quelques heures après son mariage. Son acquiescement signe sa fin.
Ni avec toi, ni sans toi. Ou presque.
Masichu — Un Kitano loufoque et poignant à la fois — aimerait tant être un peintre reconnu qu’il est prêt à tout pour répondre aux desiderata du monde de lard et du cochon qui le mène en bateau depuis qu’il se pique de transfigurer la vie en créations picturales aussi diverses que saugrenues.
Griff/Cameron Mitchell est un gangster brutal, quoique pas trop idiot, qui n’a pas de veine côté cœur.