A bourrin, bourrin et demi. Oserait-on l’avouer ? Mais l’on est bienheureux de retrouver monsieur muscle et tous ses amis en si bonne forme. Pas que le scénario de la 5e Fast & Furious adventure culmine dans les cimes (il tient sur une jante de BMW), mais le plaisir un brin coupable que l’on ressent devant leurs activités hautement bourrines — scènes d’action hypra spectaculaires à l’appui — nous rend manifestement indulgent devant cette nouvelle mouture bien supérieure à la précédente.
Cinéma
Le regard des autres. La vie, ça n’est pas de la tarte. Surtout lorsque l’on a rien demandé. Expulsés dans un monde où tout n’est jamais que regards indiscrets et jugements portés, bienheureux les êtres qui mènent leur chemin sans se soucier du monde et de ses conventions, et parfois y trouvent la juste moitié à laquelle s’accorder.
Qu’importe le flacon. Pour sûr, ça rigole sec dans Ha Ha Ha, la dernière plaisanterie de Hong Sang-Soo*, singulièrement dès lors qu’il n’y a pas de quoi. Et ça picole aussi, grave.
Liam a les bournes. Jaume Collet-Serra est un habitué des twists invraisemblables qui tourneboulent le ciboulot. Pour s’en convaincre, prière de se rapporter à son Esther d’excellente facture, si l’on daigne oublier charitablement le terrible gâchis d’un épilogue vain.
Mon royaume pour un œuf dur. Résolument burlesque malgré de délicats prémices, Si tu meurs je te tue, immersion bien involontaire d’un repris de justice un tantinet à côté de ses pompes dans la communauté kurde de Paris, vivant entre traditions et modernité, est une heureuse surprise. A plus d’un titre.
Histoire du chat qui n’était pas là. Quelle misérable mouche a donc piqué Divko Buntic (Miki Manojlovic, confondant de sobre bouffonnerie et d’humanité blessée) pour qu’il revienne, revêtu des atours du nouveau riche triomphant — Mercedes écarlate, grosses coupures et juvénile créature au bras — dans son petit village natal de Bosnie Herzégovine qu’il avait quitté en catastrophe plus de vingt ans auparavant au triste avènement du communisme ?
Nic Cage, ce héros. Peigné comme un balai de crins tendance méchouilles jaunâtres, revoilà notre bien aimé Nicolas Cage se consumant encore une fois, comme lui seul en a le secret, dans une série B virevoltant allègrement vers le Z.
A l’ombre du père. A l’honneur dans le second film de Raphaël Jacoulot, la figure paternelle n’attendra pas même l’aube pour en prendre un sacré coup dans l’aile. Jugeons plutôt.
A Roswell, personne ne vous entend jurer. Enfer et ewoks putréfiés ! Après les échappées hilarantes de Shaun of the dead_2005 et Hot fuzz!_2007, films réalisés sous les bons auspices d’Edgar Wright, nous étions en droit d’espérer nous dilater généreusement la rate en compagnie des toujours craquants Simon Pegg et Nick Frost, désormais attirés par les sirènes hollywoodiennes et l’appel déchirant de nerds aussi déjantés qu’eux.
Zone grise. Fergus est un triste sire. Doublé d’un teigneux sur lequel on ne peut compter. Du genre à se bourrer consciencieusement la gueule (qu’il tire en permanence) et à se bastonner ensuite avec les bobbies de sa majesté. Résultat des courses : garde à vue, procès en suspens et interdiction de sortie du territoire. Enfin, ça n’est pas la mort non plus. Tout du moins, pas la sienne.
Katerine en campagne. Entendons nous bien. Si l’on est allergique à Philippe Katerine, mieux vaut gentiment passer son chemin.
L’amour à mort. Une nuit, dans la vallée du Douro soumise à une pluie battante, un jeune photographe inconnu est mandé par le domestique d’une demeure ancestrale aux fins d’immortaliser et ce, pour l’éternité, la jeune fille de la maison, mystérieusement décédée quelques heures après son mariage. Son acquiescement signe sa fin.
L’homme de glaise. Les gens du voyage. Tel est le nom que l’on donne à la communauté à laquelle appartient Jimmy Rivière, héros méchamment velléitaire du premier long métrage* de Teddy Lussi-Modeste. Un terme évocateur de vastes horizons et se prêtant aisément aux fantasmes d’indépendance et de liberté qui nous étreignent tous un jour dans nos vies étriquées. Bien loin malheureusement de la réalité.
Tu seras exorciste, mon fils ! Depuis The last exorcism nous aurions pu espérer qu’en la matière les réalisateurs allaient prendre désormais un peu de recul et nous offrir une relecture saine et originale des inlassables combats menés contre les manifestations lucifériennes. Que nenni !
La danse de l’ours. Décidément, les frères Coen n’en démordent pas. Rien de nouveau à l’ouest du Pécos. Le spleen qui engluait l’avenir du shérif de No country for old men et le nihilisme qui crevait dans l’œuf toute idée d’espoir dans A serious man sont à nouveau à l’œuvre dans True grit, où en définitive, il s’agit moins d’avoir du cran que de posséder une certaine morale.
Le coup de la cymbale. Lucrèce est une implacable tueuse de classe internationale et à l’imagination débordante quand il s’agit d’échafauder d’ahurissants crimes censés être parfaits.
Bons baisers de Birmanie. Largo Winch devenu l’unique héritier du groupe W décide de se muer en St François d’Assise et de partir vivre nu (N’hésite pas Tomer, nous sommes avec toi) dans les rizières birmanes après avoir offert aux mânes de son père une fondation humanitaire.
Candide au pays de l’ecstasy. Passons rapidement sur le peu de subtilité du titre français* lançant une obscène œillade à l’ultra violent French Connection de William Friedkin — voire laissant imaginer une comédie adolescente à l’humour un peu gras — pour nous intéresser de plus près à l’aventure abracadabrantesque (based on a true story nous prévient d’emblée un carton au générique aux fins de prévenir toute incrédulité) contée par l’ambitieux Kevin Asch, dont c’est le premier long métrage.
Les désastres de la guerre. Luna et Amar s’aiment d’un amour tendre et vigoureux. Ils travaillent ensemble dans la même compagnie aérienne ; lui, au sol, comme aiguilleur du ciel, elle, dans les nuages, charmante hôtesse de l’air s’éclipsant vers des contrées étrangères. Luna et Amar souhaitent un enfant mais vont être contraints par la stérilité d’Amar d’en passer par l’insémination artificielle. Amar est alcoolique et en perd son travail, mais le soutien de la douce et impétueuse Luna semble indéfectible.
La ballade sauvage. Après le superbe Téhéran de Nader Takmil Homayoun sorti l’année passée, la ville iranienne — témoin d’émeutes sanglantes en juin 2009 — est à nouveau la terrifiante héroïne du dernier film de Rafi Pitts, The Hunter, soit « Le chasseur », du moins dans sa première partie.