Jacob Singer/Tim Robbins — un grand dadais atrocement sympathique — est mort, mais il l’ignore encore, désorienté par d’effroyables hallucinations et de sinistres rêveries laissant percevoir un monstrueux passé. Ce qui ne cesse d’affoler sa mémoire quelque peu défaillante.
L’homme de glaise. Les gens du voyage. Tel est le nom que l’on donne à la communauté à laquelle appartient Jimmy Rivière, héros méchamment velléitaire du premier long métrage* de Teddy Lussi-Modeste. Un terme évocateur de vastes horizons et se prêtant aisément aux fantasmes d’indépendance et de liberté qui nous étreignent tous un jour dans nos vies étriquées. Bien loin malheureusement de la réalité.
Tu seras exorciste, mon fils ! Depuis The last exorcism nous aurions pu espérer qu’en la matière les réalisateurs allaient prendre désormais un peu de recul et nous offrir une relecture saine et originale des inlassables combats menés contre les manifestations lucifériennes. Que nenni !
Pleins feux sur :
La danse de l’ours. Décidément, les frères Coen n’en démordent pas. Rien de nouveau à l’ouest du Pécos. Le spleen qui engluait l’avenir du shérif de No country for old men et le nihilisme qui crevait dans l’œuf toute idée d’espoir dans A serious man sont à nouveau à l’œuvre dans True grit, où en définitive, il s’agit moins d’avoir du cran que de posséder une certaine morale.
Il est un âge où les enfants doivent cesser de partager leur chambre et a fortiori leur bain.
Le coup de la cymbale. Lucrèce est une implacable tueuse de classe internationale et à l’imagination débordante quand il s’agit d’échafauder d’ahurissants crimes censés être parfaits.
Bons baisers de Birmanie. Largo Winch devenu l’unique héritier du groupe W décide de se muer en St François d’Assise et de partir vivre nu (N’hésite pas Tomer, nous sommes avec toi) dans les rizières birmanes après avoir offert aux mânes de son père une fondation humanitaire.
Hey, nice marmot!
Vice versa.
Candide au pays de l’ecstasy. Passons rapidement sur le peu de subtilité du titre français* lançant une obscène œillade à l’ultra violent French Connection de William Friedkin — voire laissant imaginer une comédie adolescente à l’humour un peu gras — pour nous intéresser de plus près à l’aventure abracadabrantesque (based on a true story nous prévient d’emblée un carton au générique aux fins de prévenir toute incrédulité) contée par l’ambitieux Kevin Asch, dont c’est le premier long métrage.
Les désastres de la guerre. Luna et Amar s’aiment d’un amour tendre et vigoureux. Ils travaillent ensemble dans la même compagnie aérienne ; lui, au sol, comme aiguilleur du ciel, elle, dans les nuages, charmante hôtesse de l’air s’éclipsant vers des contrées étrangères. Luna et Amar souhaitent un enfant mais vont être contraints par la stérilité d’Amar d’en passer par l’insémination artificielle. Amar est alcoolique et en perd son travail, mais le soutien de la douce et impétueuse Luna semble indéfectible.
La ballade sauvage. Après le superbe Téhéran de Nader Takmil Homayoun sorti l’année passée, la ville iranienne — témoin d’émeutes sanglantes en juin 2009 — est à nouveau la terrifiante héroïne du dernier film de Rafi Pitts, The Hunter, soit « Le chasseur », du moins dans sa première partie.
Chili, année zéro. Après Tony Manero, Pablo Larrain, avec son troisième film, explore une nouvelle fois le terrain fructueux où naquirent si aisément folie et dictature en radiographiant la psychologie d’une partie du peuple chilien, aux appétits médiocres et à la pensée vile, celle-là même qu’il fut si facile de (con)vaincre et de soumettre.
I took a lot of my anger that had been stored inside of me for many years and let it loose. I helped to create the character Varla and helped to make her someone that many women would love to be like.Tura Satana [10/06/35-4/02/11]
Source : imdb
Oubliez tout ce que l’on vous a dit sur Le guépard : le pessimisme du roman de Lampedusa, la corruption d’une aristocratie qui se meurt mais ne se rend pas, la maniaquerie de Luchino Visconti, l’étourdissante scène de bal, la jeunesse de Tancrède ou la beauté de la Cardinale, pour ne plus vous attacher qu’au dernier sursaut de l’animal blessé, vestige d’une époque à jamais balayée par le souffle de l’histoire et du progrès.
Le temps des bubons. Fatalitas ! Alors que nous aurions pu espérer qu’avec ses choix de l’an passé (comme celui de s’unir à ce grand siphonné de Werner Herzog pour une relecture salutaire de Bad lieutenant), Nicolas Cage allait arrêter de gâcher sa carrière en cachetonnant dans des films (?) indignes du talent dont il sait faire preuve pour peu qu’il s’en donne l’ambition, que nenni !
Peter Yates [24/07/29-9/01/11]
Malheureusement pour Peter Yates, Bullitt_1968 aura principalement œuvré pour la construction du mythe de la coolitude faite homme d’un certain Steve McQueen et ce, pour de fort mauvaises raisons qui n’ont que peu à voir avec son intransigeance en matière de corruption de hauts fonctionnaires… Il n’y a qu’à contempler désormais cette légendairee rebelle attitude métamorphosée en porte-étendard de marques de luxe.
Sauvée des gages. Clémente (Bruno Odar), un usurier tristounet comme un jour sans gain, clame à qui veut bien l’écouter qu’il a sauvé un lardon d’une mort certaine. Il n’en est guère à une élucubration près.
Et ce, dans l’ordre d’apparition à l’écran, sans préférence, ni débat, pour le plaisir d’offrir un petit panorama.