Cauchemar conjugal. C’est plus le souvenir ému d’un Kevin Spacey se paluchant frénétiquement sous sa douche matinale dans l’ambiance délétère de l’american way of life d’American Beauty_2000 qui pousse à aller voir de plus près le dernier opus de Sam Mendes consacré à la biopsie d’un couple dans les années triomphantes de l’après-guerre, qu’une folle envie de retrouver « le » couple d’amants de Titanic_1998* et de découvrir ce qui serait advenu de leurs rêves et de leurs amours si Jack n’avait décidé de couler à pic laissant Rose idéaliser leur vie commune.

L’insoutenable légèreté du Pitt en numérique. La vie est ainsi faite : les gens naissent, vieillissent — à leur grand dam et au bonheur des cosmétiques — puis meurent pour laisser la place à d’autres qui naissent, déclinent, se shootent au botox, mais trépassent quand même, et ainsi de suite jusqu’à la fin des temps. Tout le monde n’a pas la chance d’être vampire, voire Highlander

Ma puberté chez les vampires. Qu’il fait donc froid dans cette misérable petite banlieue enneigée de Stockholm et que l’on s’y sent bien seul lorsque comme Oskar (excellent Kare Hedebrant), 12 ans, enfant timide de parents divorcés, on est le souffre-douleur désigné des graines de délinquant qui hantent les collèges et que l’on a la malchance de posséder un physique pour le moins équivoque.

Celle qui murmurait à l’écorce des arbres. Les voies du seigneur sont décidément impénétrables. C’est sans doute ce que se dit la mère supérieure (interprétée par Françoise Lebrun, bien loin de La maman et la putain de Jean Eustache_1973) à la vision des toiles exaltées aux formes étranges et aux couleurs chatoyantes que lui présente Séraphine, paysanne touchée par la grâce, alors en plein délire créatif. Mais nous sommes déjà quasiment à la fin de l’histoire. Reprenons depuis le début.

La carte vide du tendre. Le temps n’est plus où l’écoute de Wagner donnait à Woody Allen l’envie d’envahir la Pologne (réplique culte du non moins formidable Manhattan Murder Mystery_1993 où ses joutes oratoires contre sa complice Diane Keaton nous mettaient en joie). Désormais, pépère lance deux insatisfaites chroniques à l’assaut de Barcelone et des artistes du cru, aussi fats que désespérément creux, à l’image d’un scénario paresseusement filmé.