XXe édition de L’Étrange Festival, Jour 11 [Bandes-annonces — Mon programme du 14/09/2014]

© DR/Dom Garcia
© DR/Dom Garcia

Jour 10.

Deux films ce jour, comme deux électrochocs mais sans le même effet secondaire. Tout d’abord, Hyena  de Gerard Johnson dont la violence sèche et brutale fait immanquablement songer à Kill list de Ben Weatley à qui il emprunte d’ailleurs son couple vedette Neil Manskell-MyAnna Buring. Mais là s’arrête la ressemblance. L’histoire de ce flic (Peter Ferdinando) pourri jusqu’à la moelle dans une police britannique corrompue qui se castagne avec des albanais, eux-même en indélicatesse avec des turcs, tandis que des bœuf-carottes pas très clairs lui cherchent des poux dans la tête finit par nous coller les nerfs en pelote — merci à l’interprétation hors faille du casting entier — et Gerard Johnson a l’art et la manière mais où ce suppôt de perfide Albion a-t-il trouvé l’idée saugrenue de ne pas finir son film, nous laissant donc sur notre désir de voir tout ce vilain monde s’entretuer une bonne fois pour toute, histoire de se faire pardonner toutes les horreurs dont nous avons été témoins ? Manifestement dans un désir de provocation ultime, puisqu’il n’est pas avare de ce genre de coquetteries. N’a-t-il pas affirmé sans rire, lors de la présentation de son film, que les anglais 1/ ne s’intéressaient plus au cinéma 2/ ne s’inspiraient pas assez des films policiers français car, sachez que si les réalisateurs français ou américains savent filmer Paris ou New-York comme des personnages à part entière, Londres ne l’a jamais été (jusqu’à ce qu’il arrive…) ? Ce garçon ne doit décidément pas souvent sortir de chez lui. Et la nouvelle vague britannique appréciera le compliment.

Place ensuite à l’ukrainien The tribe de Myroslav Slaboshpytskiy qui m’a personnellement laissée sur le carreau. L’arrivée d’un « petit nouveau » dans un collège technique pour sourds-muets, immense bâtisse labyrinthique et froide comme la mort où les élèves sont manifestement abandonnés à eux-mêmes et leurs plus bas instincts, va non seulement mettre à jour les rites et coutumes étranges de la communauté (batailles rangées, prostitution, rackets permanents) mais également en mener certains aux confins de la folie furieuse. Le film est âpre, exigeant et ne laisse aucune échappatoire ni respiration, tant aux protagonistes qu’aux spectateurs. Que The tribe soit de plus tourné en langage des signes sans aucun sous-titre nous force à nous attacher à ces créatures qui tentent de survivre, quoiqu’il leur en coûte. Le réalisateur ne nous épargne pas plus que son jeune héros romantique et ceux qui auront eu des vapeurs devant la  scène de l’avortement du 4 mois, 3 semaines et 2 jours de Cristian Mungiu sont priés de passer leur chemin. La salle était tétanisée et lorsque les lumières se sont rallumées après plus de deux heures de projection, force est de reconnaître que même les plus enthousiastes avaient du mal à applaudir. Myroslav Slaboshpytskiy, dont c’est le premier long métrage, est définitivement un réalisateur à suivre de près.

Jour 11.

Ça sent le sapin. C’est le dernier jour du festival et, bien qu’épuisée, j’ai comme tous les ans un petit pincement au cœur. Trois films de prévus pour faire passer la pilule, un western autrichien (ah ah ah), un film sans parole (mais sans doute nettement moins drôle que le Kim Ki-Duk) signé Godfrey Reggio à qui le festival a offert une carte blanche et le Japon est à nouveau à l’honneur lors de la soirée de clôture (je croise les doigts pour que Kanako soit bien meilleure qu’Arcana, mais il y a au casting Koji Yakusho… il est donc hors de question que la déception soit au rendez-vous).

A noter la projection de l’excellent Moon de Duncan Jones uniquement sorti en DVD dans nos contrées, et, en même temps, que Visitors de Godfrey Reggio, un autre film sans paroles (décidément, c’est une épidémie), le documentaire The miner’s hymn de Bill Morrison, sur une musique de Jóhan Jóhannsson.

A consulter : le programme complet par salles

*****

The dark valley/Das finstere Tal

de Andreas Prochaska_2014

avec Sam Riley, Tobias Moretti et Helmuth Häusler

*****

Visitors

de Godfrey Reggio_2013

*****

The world of Kanako

de Tetsuya Nakashima_2014

avec Koji Yakusho, Satoshi Tsumabuki et Nana Komatsu

*****

A suivre…

 

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