XXe édition de L’Étrange Festival, Jour 10 [Bandes-annonces — Mon programme du 13/09/2014]

© DR/Dom Garcia
© DR/Dom Garcia

Jour 9.

Journée plus qu’étrange, avec une pointe de déception. Délaissant la mort dans l’âme White shadow de Noaz Deshe (tant pis pour moi), je vais voir le dernier Kim Ki-Duk, Moebius, qui aurait tout aussi bien pu s’appeler Un monde sans bite. Et je n’en dirai guère plus. Sinon que cette histoire — sans parole (bonjour la pantomime !) — d’émasculation inspirée selon les dires de Rurik Salé qui présentait le film par l’affaire Sada Abe et fortement teintée de complexe œdipien est parfaitement tordue, que le réalisateur n’ayant pas la réputation d’être un petit rigolo (pour s’en convaincre, il faut se laisser aller à regarder son documentaire Arirang, éprouvant examen de conscience), on se demande souvent s’il faut en rire ou appeler les urgences (la salle a décidé qu’il fallait laisser éclater une joie méchante), que pour Kim Ki-Duk, les femmes sont toutes folles mais bien plus futées que les garçons bas du front, et que décidément il est un client idéal pour L’Étrange festival.

Changement de programme et de genre avec Cub de Jonas Govaerts dont c’est le premier film. Censé être un pur slasher forestier avec des moments d’hilarité bienvenus, Cub peine à convaincre. La faute à des personnages dessinés à coup de serpette et une aventure d’une prévisibilité à pleurer. Dommage. PS. Les amoureux des bull-terriers sont priés de passer leur chemin.

Et  comme j’avais plus d’une heure devant moi avant L’Etrange Musique, je suis partie voir un documentaire qui me faisait de l’œil depuis le début du festival puisqu’il a connu l’insigne honneur d’être projeté 6 fois, mais dans la salle 30… Ma claustrophobie naturelle ne me portant guère sur les petites salles, j’ai tout de même tenté ma chance. The search For Weng Weng de Andrew Leavold raconte par le menu l’obsession du réalisateur australien pour les films de série Z des Philippines et notamment interprétés par Weng Weng, un homme minuscule qui fit fureur dans les années 80 dans des parodies jamesbondiennes (et qui fut à l’honneur en 2011 lors du Festival Paris Cinéma qui programma For Y’ur height only de Eddie Nicart). Si l’on apprend qu’Ernesto de la Cruz mourut impromptu dans la pauvreté (la productrice de ses films n’a pas donné suite aux demandes répétées d’interview de Andrew Leavold), c’est surtout une invitée surprise, Imelda Marcos, qui finit par envahir le documentaire qui traite en coulisses un portrait du cinéma philippin dont elle était la « protectrice ». The search For Weng Weng est définitivement bizarre, follement hagiographique, et nonobstant fort instructif.

La salle 500, moins comble qu’à son habitude, a raisonné pendant une heure et demie des sons discordants du Pere Ubu Film Group  tandis que la candide Mary (Candace Hilligoss) — encouragée au chant par David Thomas — n’en finit pas de comprendre qu’elle doit renoncer au monde des vivants dans le Carnival of souls de Herk Harvey. Et il était plus que temps de rentrer. Et de réécouter ce matin 7 weeks qui avait été invité à jouer le Dead of night de Bob Clark lors de L’Etrange Festival de 2012 .

Jour 10.

Comme les seuls films du jour que je ne connais pas — les Jean-jacques Rousseau, David Gregory et Artavazd Pelechian — passent en même temps que les films en compétition que je souhaite voir, deux projections aujourd’hui : Hyena de Gerard Johnson et The tribe de Myroslav Slaboshpytskiy, à la réputation sulfureuse et que j’ai raté lors de sa projection à la Cinémathèque.

A noter que l’excellentissime Tokyo tribe de Sono Sion réinvestit la salle 500 ce soir et se retrouve donc face à Takeshi Miike et le morbide Over your dead body, tandis que Godfrey Reggio présente en fin de soirée le fabuleux Le manuscrit trouvé à Saragosse de Wojciech Has. En début d’après-midi, le choix ne sera guère plus aisé entre A hard day de Kim Seong-Hun (mon coréen préféré) et Hwa Yi: A monster boy de Jan Joon-Hwan, tandis que ceux qui se verront refouler de ces projections pourront aller danser sur le bollywoodien farfelu Endhiran, Robot the movie en salle 30 ou pleurer devant L’épouvantail de Jerry Schatzberg. Décidément, la programmation de cette XXe édition est de très haute tenue. Comme d’habitude, pourrait-on rajouter.

A consulter : le programme complet par salles

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Hyena

de Gerard Johnson_2014

avec Peter Ferdinando, Stephen Graham et Neil Maskell

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The tribe/Plemya

de Myroslav Slaboshpytskiy_2014

avec Grigoriy Fesenko, Yana Novikova, Rosa Babiy

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A suivre…

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