XXe édition de L’Étrange Festival, Jour 9 [Bandes-annonces — Mon programme du 12/09/2014]

© DR/Dom Garcia
© DR/Dom Garcia

Jour 8.

Je suis revenue quelque peu aux affaires. Tout d’abord, j’ai enfin vu I number number de Donovan Marsh lâchement abandonné mardi soir, de préférence à Radio silence/On air de Marco Riedl et Carsten Vauth dont on m’a dit le plus grand mal (et je n’ai guère eu envie d’aller juger sur pièce. Si j’ai eu tort, tant pis pour moi). I number number est un polar somme toute très classique, doté d’une réalisation nerveuse et d’une belle photographie. Un décalquage de Reservoir dogs transposé en Afrique du Sud, aussi violent quoique moins cynique, remarquablement interprété par une bande d’acteurs du cru au diapason — dont le très méchant Israel Makoe — mais qui n’apporte rien de bien neuf sous le soleil de Soweto. Un moment pas désagréable, sans plus.

Place au nanardeux Blastfighter l’exécuteur de Lamberto Bava qui n’a malheureusement pas hérité des gênes de son père et qui, après le morbide Macabro et le glauquissime Maison de la terreur a commis ce  bidule en compagnie d’acteurs improbables comme Michael Sopkiw, grand spécialiste des films de basse exploitation italien des années 80 (et héros notamment de 2019, après la chute de New York de Sergio Martino revu à l’Étrange en  2011.) et l’ineffable George Eastman, de tous les mauvais coups.

De plus, le métrage a été projeté en version française et si l’histoire vaut son pesant de cahouètes — un ex-flic, qui vient de purger une peine de prison pour avoir abattu l’assassin de son épouse sans sommation, retourne dans le pays de son enfance pour un stage nature & découvertes et se retrouve aux prises avec une bande de ploucs décérébrés (non, aucun ne joue du banjo mais la chanson du film a été écrite par les frères Gibb) qu’il va devoir dégommer après s’être déguisé en Rambo du pauvre —, les dialogues à l’avenant : « Non, ma vie ça n’est pas de la joie » dixit le héros à sa fille qui vient de le retrouver, « j’aimerais bien lui faire quelques agaceries » selon un des bad guys qui aimerait bien enquiquiner cet empêcheur de massacrer les faons entre ivrognes, les airs inspirés des uns et des autres, bref, tout concoure pour faire glousser le spectateur jusqu’à plus soif. On n’en redemande toutefois guère.

Après un détour par Deauville,  A girl walks alone at night, une histoire de vampires en noir et blanc signée Ana Lily Amirpour, partagée entre deux mondes — le film est en persan mais a été tourné en Californie — enchante la salle 300. D’une terrible beauté et d’une tristesse insondable tout en étant bizarrement extrêmement drôle, l’aventure de cette goule qui se déplace en skateboard et vient délivrer les êtres aimés de leur joug est une réussite. Que tout le métrage baigne dans une musique persane envoutante, qui emprunte parfois quelques sons westerniens, en rajoute dans le charme infini de cette ballade sanguinaire.

La réalisatrice était présente et d’humeur badine. Ana Lily Amirpour semblait nettement plus intéressée à l’idée d’écouter les avis des spectateurs et de connaître leurs impressions que de se justifier sur ses choix (tout au plus avons-nous appris qu’ayant revêtu un tchador, elle s’est trouvée un air de chauve-souris et qu’il y faisait si sombre en dessous que le film ne pouvait être tourné en couleurs) ou offrir trop d’explications linéaires. Le mystère reste donc entier, notamment sur la présence d’un énorme chat qui semble apprécier la compagnie des succubes. A chacun de relier les points pour s’y retrouver dans ce sombre univers.

Jour 9.

A nouveau une journée bien remplie qui s’annonce avec le dernier Kim Ki-duk, un premier long-métrage belge bourré de scouts et surtout l’Étrange musique qui ce soir accueille dans la salle 500 ThePereUbu Film Group pour accompagner la projection du fascinant Carnival of souls de Herk Harvey. Du bonheur en perspective, donc.

A noter que dans la salle 100, il va s’en passer de belles ce jour. Godfrey Reggio y présentera ses films de chevet, dont Los Olvidados de Luis Bunuel et Sayat Nova de Sergueï Paradjanov. Enfin, une seconde projection de A girl walks alone at night de Ana Lily Amirpour y est également prévue.

A consulter : le programme complet par salles

Moebius/Moi-bi-woo-seu

de Kim Ki-duk_2013

avec Jo Jae-hyeon, Lee Eun-woo et Seo Yeong-joo

*****

CUB/Welp

de Jonas Govaerts_2014

avec Evelien Bosmans, Stef Aerts et Jan Hammenecker

*****

Cine-Concert : The Pere Ubu Film Group plays Carnival of souls

de Herk Harvey_1962

avec Candace Hilligoss, Frances Feist et Sidney Berger

*****

A suivre…

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