XXe édition de L’Étrange Festival, Jour 8 [Bandes-annonces — Mon programme du 11/09/2014]

© DR/Dom Garcia
© DR/Dom Garcia

Jour 7.

Un film unique donc, mon organisme vieillissant commençant à accuser des signes de faiblesse en ces journées hautement chargées. Mais quel film ! Comme l’a indiqué Frédéric Temps lors de sa présentation, My blind heart de Peter Brunner (ex-élève de Michael Haneke, tout un programme nimbé d’angoisse sous-jacente) est un « film de festival », une « expérience » qui tourne et voyage mais qui a peu de chance de sortir sur les écrans. Tout au plus, un distributeur friand de films étranges et quelque peu hors normes est-il susceptible de l’éditer en vidéo. Tandis qu’il évoquait sans rire tour à tour Lynch, Godard et le Tetsuo de Shinya Tsakumoto comme vraisemblables inspirations, je me suis demandée ce qu’ils pouvaient bien fumer en comité de sélection.

Narrant la course violente d’un homme atteint du syndrome de Marfan qui vient tout juste d’occire sa maman (interprétée par Susanne Lothar, décédée lors du tournage, et héroïne en 1997 du Funny games de Michael Haneke), My blind heart est une œuvre d’art en noir et blanc, d’une beauté graphique étourdissante et qui s’apparente à un happening, soit le dernier round d’honneur d’un homme dont les facultés s’amenuisent à vitesse grand V, faute de soins et chez qui, malgré tout, émerge un appétit féroce pour la vie. On pourrait s’interroger sur un tel projet si le héros du film n’était interprété par Christos Haas, ami/collaborateur précieux du réalisateur et atteint du fameux syndrome. My blind heart l’invite donc, en compagnie des excellents Georg Friedrich (vu dans Nouveau souffle de Karl Markovics), Jana McKinnon et Robert Schmiedt à jouer un docu-fiction où sa chair torturée serait le garant. Si l’on ne peut qu’admirer la performance de Haas, il est à noter nonobstant qu’un jeune trisomique est malmené pour les besoins du scénario. Bon sang ne saurait mentir de la part d’un disciple du tyran autrichien.

Jour 8.

3 films de prévus aujourd’hui dont la projection de I number number de Donovan Marsh, raté mardi soir. Radio silence de Marco Riedl et Carsten Vauth passe donc à la trappe pour cause de mauvais échos. Et après un retour dans les folles années 80 italiennes, je partirai à la découverte de Bad city et de sa vampire iranienne en marinière et tchador.

A noter la seconde projection du médiocre Open windows de Nacho Vigalondo avec Elijah Wood — qui a également produit A girl walks alone at night de Ana Lily Amirpour projeté ce jour en compétition — et donc de l’intéressant My blind heart de Peter Brunner pour peu que l’on s’intéresse aux expériences extrêmes et esthétisantes. Néanmoins, les pépites de l’étrange offrent en début d’après-midi le drolatique Qui veut tuer Jessie ? de Václav Vorliček (découvert pour ma part grâce à la collection de Malavida Films consacrée au cinéma tchèque). Enfin, le mythique Hustler White de Bruce Labruce est diffusé en fin de journée.

A consulter : le programme complet par salles

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I number number

de Donovan Marsh_2013

avec Brandon Auret, Presley Chweneyagae et Brendon Daniels

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Blastfighter l’exécuteur/Blastfighter

de Lamberto Bava_1984

avec Michael Sopkiw, Valerie Blake et George Eastman

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A girl walks alone at night

de Ana Lily Amirpour_2014

avec Sheila Vand, Arash Marandi et Marshall Manesh

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 A suivre…

 

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