[Livre] J’AURAIS VOULU POUVOIR VOUS LES MONTRER de Satyajit Ray

Si l’on garde à l’esprit que le talent est une chose rare à toute époque et en tout lieu, la prépondérance des mauvais film n’est pas une chose qui doit nous alarmer ou nous surprendre. Ce qui est vraiment surprenant, c’est que,
malgré la complexité et la précarité du long processus nécessaire à la réalisation d’un film et malgré les écueils qui parsèment le chemin du cinéaste,
on parvienne après tout à faire de bons films.

Satyajit Ray
Extrait de Ce mot de « Technique », Seminar, mai 1960 (p. 20)

La maison-cinéma et le monde.

Un réalisateur qui refuse lors d’un festival de se prononcer sur le « meilleur film » tandis qu’on ne lui projette que d’incomparables chefs d’œuvre ne peut pas être complètement mauvais. Ce metteur en scène se nomme Satyajit Ray. Se trouvant invité à la Cinémathèque de Bruxelles lors de l’Exposition Internationale de 1958, il se fit fort de convaincre les autres jurés de l’inanité de leur tâche, qu’il décrit comme un passe-temps enfantin* (p. 138).

[Passe-temps auquel nous nous plions dévotement pour un Zoom Arrière mensuel sous la férule du fondateur de cet enfantillage. Fin de la parenthèse].

Ce n’est qu’une anecdote savoureuse parmi d’autres — notamment une fort cartoonesque virée à Moscou — qui décrit nonobstant bien l’homme, soucieux d’équité, enthousiaste et curieux, amical et ouvert avec ses collègues cinéastes avec qui il peut aussi délicieusement s’occuper à parler boutique (p. 133), modeste dans le labeur et reconnaissant dans le triomphe.

Mais tantôt négligent dans la préservation de ses archives…

Jaurai voulu pouvoir vous les montrer_Satyajit Ray_Couv
Photo de couverture : Satyajit Ray sur le tournage des Trois filles/Teen Kanya_1961

Aussi, après Écrits sur le cinéma, un premier recueil d’articles publié en anglais il y a plus de 40 ans — et édité en France par les éditions Jean-Claude Lattes en 1982 et par Ramsay Poche Cinéma en 1985 —, c’est son fils, Sandip Ray, qui s’étant lancé dans des recherches titanesques, nous offre aujourd’hui Jaurais voulu pouvoir vous les montrer**, un melting pot de réflexions, confidences, notes, souvenirs, conférences et cours de cinéma, agréablement entrecoupés de photographies, dessins ou affiches réalisés par son talentueux paternel, réalisateur-scénariste-dessinateur-écrivain-musicien-plasticien-publiciste — n’en jetez plus ! —, dont il fut l’assistant dès 1976, et auquel il rend ici un bien bel hommage.

J’aurais voulu pouvoir vous les montrer est divisé en trois parties inégales — en nombre d’articles s’entend, et non en qualité, pérenne sur tout l’ouvrage — et l’on peut regretter qu’il n’y ait pas plus de substance dans les chapitres 2 : Portraits à la plume (5 textes) consacré à quelques cinéastes et à la superstar bengali Uttam Kumar (Nayak/le héros_1966 et Chiriakhana_1967) et 3 : Célébrations du cinéma (3 textes), où sont contées les aventures festivalières du réalisateur, avec un humour discrètement décapant — on en apprend de drôles sur les mœurs du public vénitien —, ainsi que sa grogne contre New Dehli et son Paon d’or. Les cinémas de Calcutta, non entretenus et leurs locataires indésirables ne sont guère plus ménagés. Bien entendu, le nombre de pages aurait doublé au grand plaisir du lecteur. Mais ainsi que le signale Sandip Ray dans sa préface à l’édition anglaise, traduite ici, la recherche des écrits de son père, disséminés dans des revues qui ont parfois disparu, se poursuit inlassablement.

Akira Kurosawa et Satyajit Ray photographiés au Festival de Venise en 1982 par Raymond Depardon. Source : www.oldindianphotos.in
Akira Kurosawa et Satyajit Ray photographiés à la Mostra internationale de cinéma de Venise en 1982 par © Raymond Depardon. [Source : http://www.oldindianphotos.in]
Bien que notre néo-réaliste accepte parfois de mauvaise grâce d’être qualifié par les critiques occidentaux de classique et d’humaniste (et de se demander si on ne le trouverait pas vieux-jeu. Il trouverait bien plus agréable qu’on le dise intemporel), Satyajit Ray n’en a pas moins la dent dure quand il s’estime déçu par un confrère qui s’est laissé, selon lui, allé à quelques facilités. Michelangelo Antonioni — photographié en 1977 avec Akira Kurosawa et Satyajit Ray devant le Taj Mahal en 1977 — en prend plein son grade avec son Blow-up décortiqué avec une précision maniaque. A noter que l’acteur David Hemmings est largement épargné, voire loué.

Nous avons beaucoup ri (p. 117). Sa rencontre avec Ingmar Bergman est d’anthologie. Car si l’on imagine plus volontiers Satyajit Ray se fendant la pipe avec son ami et grand admirateur de son œuvre, Akira Kurosawa, il est difficile d’imaginer le sombre suédois hilare. Sauf quand on jette un œil hagard sur l’étrange objet qu’ils ont visionné, soit Flaming creatures de Jack Smith… De l’art et la manière de déboulonner en loucedé les réputations.

Charlie Chaplin, Akira Kurosawa et John Ford. Quelques croquis signés © Satyajit Ray
Charlie Chaplin, Akira Kurosawa et John Ford. Quelques croquis signés © Satyajit Ray

Le premier chapitre de J’aurais voulu pouvoir vous les montrer, Le métier du cinéaste se taille donc la part du lion avec pas moins de 14 textes très denses. Introspection parfois teintée d’amertume*** sur sa situation de réalisateur bengali, isolé et peu reconnu en son pays, écrits concrets et très techniques que ne renierait pas, encore aujourd’hui, un étudiant en cinéma (Ce mot de « Technique » dans Seminar, mai 1960), exhortation au changement et à l’originalité, pragmatisme — Satyajit Ray est un travailleur acharné, pas un rêveur —, confessions intimes sur la genèse de La complainte du sentier/Pather panchali_1955 et de l’impérieuse nécessité d’être infidèle à l’écrit, fut-il signé d’un écrivain d’importance (Filmer Bibhouiti Bhoushan. Amrita Bazar Patrika, octobre 1957), le morceau de choix demeure néanmoins Sous les yeux de l’Occident rédigé pour le numéro du 50e anniversaire de Sight & Sound en 1982. L’esprit caustique du cinéaste y fait merveille.

Égratignant sans vergogne l’ancien colonisateur britannique qui ne s’est pas foulé pour faire connaître la culture hindouiste hors de ses frontières, voire s’y intéresser lui-même, Satyajit Ray — qui fut l’assistant dévoué de Jean Renoir**** sur Le fleuve/The river_1951 où le réalisateur français tenta d’offrir une voix à l’Inde en créant de toutes pièces le personnage d’une métisse — déplore une méconnaissance des us et coutumes de son pays, trop souvent détournés en simple folklore. Et un singulier manque de curiosité et de culture de la part du public occidental à qui bien des subtilités échappent. Les descriptions abondent, parfois cruelles. Malgré tout, c’est avant tout la reconnaissance qui le meut, envers cet Occident qui a distingué son art, si difficile à partager, tant, lui, le cinéaste bengali, peut paraître provincial aux yeux des 3/4 de ses compatriotes.

Et avouons-le, il n’est guère plus tendre envers le cinéma bengali, trop amateur selon lui de chansons, mélodrame et verbosité (p. 90). Pas plus qu’envers l’hégémonie de Bollywood ou les plum-puddings à l’occidentale.

Satyajit Ray sur le tournage de Un ennemi du peuple/Ganashatru_1989 © Nemai Ghosh
Satyajit Ray sur le tournage de Un ennemi du peuple/Ganashatru_1989 © Nemai Ghosh/Delhi Art Gallery [Source : http://www.bfi.org.uk/%5D
A travers ses écrits quotidiens, Satyajit Ray, vit, songe, respire Cinéma. Et pourrait faire sienne cette maxime griffée Henri-Georges Clouzot : Pour faire un film, premièrement, une bonne histoire, deuxièmement, une bonne histoire, troisièmement, une bonne histoire.

D’une culture impressionnante, doté d’un sens inouï du détail, Satyajit Ray ne cessera tout au long de sa vie/carrière — tant les deux sont indissociables, ne s’est-il pas endetté pour mener à bien son premier opus, La complainte du sentier ? — d’affiner sa pensée sur la maison-cinéma et le monde. Aucun sujet, aussi ardu soit-il, ne lui échappe, qu’il s’agisse des dernières avancées technologiques ou de la constatation des goûts toujours plus désastreux d’un public paresseux. D’où le devoir de tout cinéaste de l’éduquer et d’élever ses désirs.

Réaliste, il n’est jusqu’à la production et la distribution des films qui ne lui imposent introspections, doutes et force de propositions. Instruire, distraire soit, mais sans jamais renoncer à son intégrité et en recherchant toujours originalité et innovation. Tout en sachant garder sa liberté de création. Vaste entreprise, offerte à peu d’élus. En Inde, ou ailleurs.

Affiche de Charulata_1964 conçue par © Satyajit Ray
Affiche de Charulata_1964 conçue par © Satyajit Ray

Les exploitants ne sont pas préparés, en règle générale, à prendre des risques avec des films qui s’écartent des sentiers battus (p. 65). Cette réflexion qui date de 1980 et les questionnements qui émergent sont d’autant plus diablement d’actualité qu’en mars dernier il y eut un grand coup de gueule des distributeurs*****, contraints de considérer leurs « poulains » comme mort-nés, près d’une vingtaine de long métrages sortant désormais en moyenne chaque semaine sur Paris. Hérésie ! D’où le choix pour certains réalisateurs d’embrasser exclusivement le e-Cinema****** quitte à priver les éventuels spectateurs de la magie du grand écran. Et les prix glanés dans les festivals n’y peuvent mais. L’argent, nerf de la guerre, mène toujours le monde. Et le bon — entendre par là, singulier et exigeant — cinéma est le premier perdant.

Gageons toutefois que Satyajit Ray serait heureux du succès sans cesse grandissant en nos contrées occidentales d’un certain cinéma indien moderne, vigoureux et sortant des sentiers (re)battus*******, bien loin des sucreries bollywodiennes.

Pour conclure, quelques mots sur une éventuelle manière d’aborder J’aurais voulu pouvoir vous les montrer. Le grand avantage des livres-chroniques est que le lecteur vorace peut les prendre par tous les bouts ; débuter sa lecture par le chapitre de son choix, être épaté par l’assurance d’un trait, commencer par la fin, picorer entre deux cours de cinéma, applaudir la précision et la richesse des détails d’un croquis où chaque pièce d’un décor est numéroté et dûment répertorié, reprendre le fil de la pensée du cinéaste, relire encore une fois ses désopilantes pérégrinations. Et enfin, refermer le livre en espérant soit une nouvelle rétrospective, soit qu’une belle édition DVD, semblable à celle dont a bénéficié Guru Dutt, voit le jour.

Satyajit Ray dessinant les costumes pour La maison et le monde/Ghare Baire_1984 © Nemai Ghosh/Delhi Art Gallery [Source : /www.bfi.org.uk]
Satyajit Ray dessinant les costumes pour La maison et le monde/Ghare Baire_1984 © Nemai Ghosh/Delhi Art Gallery [Source : /www.bfi.org.uk]
Il serait par contre judicieux de ne lire l’excellente préface énamourée de Charles Tesson, auteur d’une monographie sur Satyajit Ray, qu’une fois la découverte du recueil achevée, dans la mesure où le Délégué général de la Semaine de la Critique dévoile allègrement l’ouvrage entier tant il est enthousiasmé. L’historien rappelle intelligemment que malgré la sélection cannoise de La complainte du sentier/Pather panchali en 1956 où le film sera auréolé du Prix du document humain et le Lion d’or — Je peux entendre le lion rugir lui soufflera un journaliste très bien informé (p.136) — qui couronne L’invaincu/Aparajito à Venise en 1957, la France dont Satyajit Ray apprécie tant le cinéma — il émet d’ailleurs de piquantes observations sur le cinéma de Godard et des Straub — a traîné quelque peu des pieds pour distribuer ses films. A l’aune de cette injustice, rendons grâce au Ciné-Club de Claude-Jean Philippe pour avoir programmé en 1979 l’hypnotique monde à la dérive du Salon de musique/Jalsaghar_1958 envahi par une musique ensorcelante, La grande ville/Mahanagar_1964 et la superbe Charulata_1964.

A noter qu’à l’occasion de la parution le 16 mars dernier de J’aurais voulu pouvoir vous les montrer chez l’excellente maison G3J — également éditrice de l’ébouriffant Fassbinder par lui-même de Robert Fischer et de l’épatant Robert Altman. Une biographie orale de Mitchell Zuckoff —, en collaboration avec les Cahiers du Cinéma, Charles Tesson sera à la librairie L’Arbre à Lettres ce mercredi 20 avril en fin d’après-midi pour une rencontre autour des mots de Satyajit Ray.

La solitude du cinéaste de fond © Nemai Ghosh/Delhi Art Gallery [Source : /www.bfi.org.uk]
La solitude du cinéaste de fond © Nemai Ghosh/Delhi Art Gallery [Source : /www.bfi.org.uk]
* Gente dame, beaux damoiseaux de Zoom Arrière, si vous lisez ceci…
** Titre d’un article paru dans Cinema Vision en janvier 1980
*** Je dois souligner que, quand je dis « ici », je pense à ma propre région, au Bengale occidental. À l’extérieur de cette région, dans le reste de l’homme, même dans les grandes villes, mais film ou bien mon pas été montré ou bien on était à la Sauvettes, dans des séances du dimanche matin, sans sous-titres. Là, je suis seulement un an et je n’ai jamais été Carnot au cours de ces 25 dernières années. À coup sûr, cela vous fait éprouver un sentiment bizarre. Extrait de Le nouveau cinéma et moi. Cinema Vision India, juillet 1980 (p. 70)
**** Regardez les fleurs (p. 3) lui intima un jour Jean Renoir dont La règle du jeu le fait tomber en pâmoison, alors qu’ils étaient tous deux en repérage dans un quartier de Calcutta
***** Lire à ce propos : « Pagaille dans les salles parisiennes : où sont les films d’auteur ? » par Aurélien Ferenczi
****** D’autres distributeurs choisissent le système de la « projection-débat » événementielle qui intrigue et fait donc venir le public
******* Notamment défendu par le FFAST et Contre-courants

Postface. Il y a une amusante petite coquille dans le livre, saurez-vous la dénicher ? N’hésitez pas à revenir sur ce post et à me souffler la solution dans les commentaires.

Message personnel. Merci à Gilles qui se reconnaîtra.

Illustration signée © Satyajit Ray pour un album pour enfants tiré du roman de Bibhouti Boushan Banerji, Pather Panchali
Illustration signée © Satyajit Ray pour un album pour enfants tiré du roman de Bibhouti Boushan Banerji, Pather Panchali

J’aurais voulu pouvoir vous les montrer. Conférences, notes de festivals, dessins de Satyajit Ray.
C3J éditeur. Traduit de l’anglais par Christophe Jouanlanne

A consulter : le site consacré à Satyajit Ray
A voir : Satyajit Ray photographié par Nemai Ghosh : un cinéaste à l’ouvrage. Sur BFI
A lire : Ray on Ray. L’interview de Satyajit Ray par Dan Georgakas pour Cinéaste magazine. 1982.

15 responses to [Livre] J’AURAIS VOULU POUVOIR VOUS LES MONTRER de Satyajit Ray

        • FredMJG says:

          Merdum ! En plus on ne peut pas le soupçonner de courir la gueuse :/

            • FredMJG says:

              Ou il s’est trouvé une maison où il n’a pas à partager son maître adoré avec deux autres vieux matous

            • Oui mais ici, avec le jardin, ça serait de la maltraitance 😉
              Et puis avec Obama, ils étaient copains comme cochons, inséparables… Toujours au cul l’un de l’autre…
              Je pense plutôt que mignon comme il est, quelqu’un se l’est approprié.
              En espérant qu’il parvienne à se tirer et revenir..

            • FredMJG says:

              Parfois je regrette de ne pas avoir de plante, mais rien que pour l’idée que l’on puisse me kidnapper mes félins je suis finalement contente de ne pas avoir de jardin. Leur frangine est partie faire un tour et elle n’est jamais revenue. Bon, leur mère vient de faire trois bb alors ma nièce s’est consolée.

            • Certains sont retrouvés plusieurs semaines, parfois plusieurs mois après…
              Ta nièce devrait passer des annonces sur les sites et pages FB suivantes:
              filalapat, Pet Alert, L’école du chat…
              Les LPA & SPA aussi, les vétos, surtout si tatouage ou puces, peuvent vraiment donner de bons résultats.

              Tu n’imagines pas le nombre d’animaux retrouvés chaque jour sur ces pages grâce au relais d’internautes…
              Les affiches fonctionnent bien aussi, j’ai reçu énormément d’appels…
              Des fausses pistes vers des rouquemoutes qui n’était pas Giallo, mais qui auraient pu.
              Je continue les recherches…

            • FredMJG says:

              Nan mais elle était ni pucée ni tatouée la Tequila. Ce sont des petits sauvageons qui vivent à la campagne, ils n’entrent pas dans la maison. Ils sont chez mon frère parce qu’ils ont des croquettes dans le jardin. Si ça se trouve, une famille l’a trouvée choupi et lui a ouvert sa cuisine. Et bien sûr, cette petite ingrate s’y est installée. Ou alors ce sont les chiens sauvages ou les voitures :/

        • FredMJG says:

          Les miens sont sous clé (que j’ai jetée) et c’est très bien comme ça. Je me fais moins de mouron

  1. Strum says:

    Bonjour,

    Merci pour ce compte-rendu d’un livre que j’ai bien envie de lire. J’aime beaucoup Satyajit Ray.

    • FredMJG says:

      Mais de rien. Merci à toi de l’avoir lu 🙂 Et n’hésite pas. Sa pensée est vraiment intéressante, diablement moderne, et foncièrement mélancolique. Comme ses films, finalement.

      • Strum says:

        J’ai bien l’intention de le lire car Ray fait partie de mes cinéastes favoris. Il faut juste que je fasse un tri dans la centaine de livres que je me suis promis de lire prochainement… 🙂

        • FredMJG says:

          Le truc, c’est de l’avoir dans une pile, sous la main… ça rassure

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