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[Interview] Le roman d’Agnès V.

In Agnès Varda, Cinéma, Evénement, France, Interview, Jardin d'Acclimatation, Restauration on 22/09/2014 at 10:17
© FredMJG/Instagram

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L’aventure. Après Les parapluies de Cherbourg de Jacques Demy projeté l’année passée, c’est au tour de la superbe copie restaurée de Cléo de 5 à 7 d’irradier l’écran du Théâtre du Jardin d’Acclimatation lors d’une projection privée offerte par LVMH, mécène fort investi dans la culture et les arts* qui a entamé une collaboration privilégiée avec Agnès Varda et Ciné-Tamaris, société familiale dévouée à la distribution, la restauration et la diffusion des films de Jacques Demy et Agnès Varda.

La photographe-cinéaste-documentariste et désormais plasticienne, "reine de la marge" comme il lui plaît de se définir, a fort aimablement accepté en cette heureuse occasion d’accorder un entretien à quelques blogueurs privilégiés. C’est donc en compagnie de Pascal Ikovou du site Luxsure et Judith Prescott de French Cinema Review que j’ai eu le bonheur d’écouter Agnès Varda répondre à quelques questions et égrainer ses souvenirs tout en regardant droit devant.

Agnès Varda (en compagnie de Marc Antoine Jamet, PDG du Jardin d'Acclimatation) avant la projection de la version restaurée de Cléo de 45 à 7 © FredMJG/Instagram

Agnès Varda (en compagnie de Marc Antoine Jamet) avant la projection de la version restaurée de Cléo de 5 à 7 © FredMJG/Instagram

Je crois qu’il y a une réalité et que le cinéma que j’essaie de faire,
c’est de la réinventer. De lui redonner une forme de cinéma.
Agnès Varda

De la Nouvelle Vague

In Autobiographie, Chroniques, Cinéma, Livre on 17/09/2014 at 16:28

[...] Le couple Godard-Karina était attendrissant, enfants terribles et amants, heureux amants. Leurs amours étaient juvéniles, violentes et inventives.

je suis contente de les avoir fait tourner ensemble une très courte histoire d’amour et de "malvu", à défaut de malentendu puisque ce film était muet, avec train à vapeur passant sur un autre pont et péniches sur le canal. La lumière de ce jour-là et la bonne humeur générale restent pour moi un souvenir qui symbolise la Nouvelle Vague telle que nous l’avons vécue, l’imagination au pouvoir et l’amitié en action.

Chacun tournait pour soi, certes, et il n’y avait pas vraiment un groupe ou un milieu, mais au milieu de tout ce mouvement il y avait des sourires.

Agnès Varda, "Les fiancés du Pont MacDonald et la Nouvelle Vague"
Varda par Agnès © Editions Cahiers du Cinéma & Ciné-Tamaris

Varda par Agnes

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XXe édition de L’Étrange Festival — Palmarès et autres bagatelles

In Bande annonce, Carles Torrens, Cinéma, Comédie, Court-métrage, Fantastique, Festival, Forum des Images, France, Joost Reijmers, L'Etrange Festival, Marjane Satrapi, Pays-Bas, Thriller, USA on 15/09/2014 at 19:32
© DR/Dom Garcia

© DR/Dom Garcia

This is the end. Le dernier jour de L’Etrange Festival a toujours un goût de pas assez mais cette année, nous avons été particulièrement gâtés (ou j’ai fait les bons choix, ce qui revient au même). The dark valley de Andreas Prochaska est un western allemand, certes, mais qui n’a que peu à voir avec la série des Winnetou réalisée par Harald Reinl ou Alfred Vorherr qui voyait notre Pierre Brice national se grimer en indien pacifiste. Bénéficiant d’un Sam Riley ténébreux, The dark valley est un western crépusculaire et glacial, un revenge movie mâtiné de libération des femmes emprisonnées dans les montagnes enneigées du Tyrol. Le héros, photographe à ses heures, se damne certes mais débarrasse toute une communauté du joug d’un ogre priapique. Espérons que le film de Andreas Prochaska bénéficiera d’une sortie nationale, tout comme le danois The salvation auréolé de la présence de Mads Mikkelsen, le bad guy interprété ici par Tobias Moretti étant bien moins grimaçant et de fait, plus inquiétant, que l’affreux Jeffrey Dean Morgan.

Godfrey Reggio est venu présenter son dernier né, Visitors, dont la vision enchanteresse nous poursuit longtemps après le générique de fin. Il s’est ensuite abondamment étendu sur son travail, ses diverses collaborations et a rendu hommage à toute l’équipe qui l’accompagne dans ses périples. Filmé dans un superbe noir et blanc des plus veloutés, les visages et les regards des "visiteurs" qu’ils soient animaux ou humains nous happent dès l’ouverture pour ne plus nous quitter (l’heure et demie passe comme un charme et il est amusant de noter que si nous les contemplons, ces figures ne nous regardent pas), que la grandeur humaine ou le gâchis décadent envahissent l’écran, avec cette même suprême beauté qui fait la force du long travail qu’a entrepris Godfrey Reggio depuis 1983 avec la réalisation de Koyaanisqatsi. Philip Glass est à nouveau de l’aventure et il est essentiel, pour que l’œuvre offre sa pleine mesure, qu’elle soit distribuée et de fait, projetée/vue sur grand écran.