[Rétrospective 2015] La découverte

Sur la beauté des femmes et la folie des hommes. Et la terre qui n’en mène guère large.

Il paraîtrait que les parisiens sont des enfants gâtés.

Cela en défrise tant certains qu’à deux reprises il nous a été rappelé, lors de cette maudite année à abandonner sans regret, combien nous étions chanceux de vivre libres, heureux, critiques, rigolards, curieux par nature et à quel point, tenter de (sur)vivre en faisant tout bêtement de notre chemin ici-bas une fête, pouvait paraître parfaitement insupportable.

En sus des deux événements qui demeureront dans les mémoires quoiqu’il advienne, il me plairait de me souvenir surtout — puisque le cinéma continue de panser les blessures — que 2015 fut pour moi l’année de la découverte de l’œuvre de Lav Diaz [Philippin comme Brillante Mendoza, Raya Martin ou Francis Xavier Pasion*] avec un enthousiasme aussi fol que celui qui me secoua dans les années 80 lorsque les films de Lino Brocka furent projetés à Paris grâce à Pierre Rissient. J’ignorais tout ou presque du bel ouvrage de Lav Diaz. Alors merci à Bich-Quân Tran de m’avoir réveillée.

Le Jeu de Paume** a consacré au réalisateur une rétrospective en cette fin d’année. Oui, nous parisiens, sommes vernis. From what is before/Mula sa Kung Ano ang Noon, Léopard d’Or au Festival de Locarno 2014 n’a pas été distribué mais a été diffusé sur Mubi*** qui promet à ses abonnés de belles surprises pour l’année prochaine. Norte, la fin de l’histoire/Norte, Hangganan Ng Kasaysayan, sélectionné pour Un certain regard au Festival de Cannes 2013, a connu une sortie plus que confidentielle à Paris début novembre.

Pour favoriser la plus douce des transitions vers 2016, Dissidenz Films propose de découvrir  Death in the Land of Encantos**** là où est sa place, sur grand écran et en trois parties. Tout d’abord dans la capitale aux 3 Luxembourg — Arf ! Comment quitter Paris ? — , puis dans toutes (rêvons un peu) les villes de France et de Navarre*****.

Alors certes, Death in the Land of Encantos a une durée hors norme, soit neuf heures. Il faut du temps, de la disponibilité, du lâcher-prise et tenter la transe hypnotique.

Écoutez la voix de Lav Diaz, laissez vous séduire par son sourire et embrassez son cinéma. Bon voyage !

* Cyclo d’or au 21e FICA de Vesoul pour Bwaya, toujours inédit en nos contrées
** où, suite à un partenariat avec Dissidenz Films, on peut trouver Death in the Land of Encantos en coffret limité, numéroté et annoté par le réalisateur. Le film sortira par ailleurs en DVD et Blu-Ray en avril 2016
*** qui a également proposé en décembre Death in the Land of Encantos/ Kagadanan sa banwaan ning mga Engkanto
**** Prix Horizons — mention spéciale à La Mostra de Venise en 2007
***** pour connaître les villes, cinémas et jours de projection, se reporter au site du distributeur ou à la page FB du film

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