Festival de palmes [Cannes, les années 70]

Place aux années 70…

… aux anti-héros, à la paranoïa, aux pulsions suicidaires et au triomphe de (la) Volonté. <span

© Ferracci, Ferracci, DR, DR, Georges Lacroix, Siudmak, Siudmak, Siudmak, Folon, Folon

1970

25 films (10 vus) en compétition et le jury, composé entre autres de Kirk Douglas, Karel Reisz et Volker Schlondorff, est présidé par Miguel Angel Asturias (dont je conseille la lecture de ses excellentes Légendes du Guatemala). Ottavia Piccolo l’emporte sur Romy Schneider (présente pour Les choses de la vie de Claude Sautet) pour son rôle d’épouse aimante et (trop) dévouée dans Metello de Mauro Bolognini et le clownesque Marcello Mastroianni (également présent dans Leo the last de John Boorman qui reçoit le prix de la mise en scène) est sacré meilleur acteur au détriment de son partenaire Giancarlo Giannini dans Drame de la jalousie/Dramma della gelosia d’Ettore Scola. L’iconoclaste Mash de Robert Altman obtient le Grand prix du festival — ce qui n’aura pas manqué de réchauffer Hot Lips — et Enquête sur un citoyen au-dessus de tout soupçon réalisé par Elio Petri est sacré deux fois, avec le Prix de la critique internationale et le Grand Prix spécial du Jury. C’est l’évidence même. J’échange le Grand Prix contre la Palme pour Enquête sur un citoyen au-dessus de tout soupçon/Indagine su un cittadino al di sopra di ogni sospetto d’Elio Petri. Pour la mise en scène virtuose, le scénario dantesque, la musique d’Ennio Morricone, l’ahurissant Gian Maria Volonté qui trouve là le rôle de sa vie et enfin, l’apparition de la vénéneuse Florinda Bolkan, celle par qui le désastre arrive*.

© Vera Films S.p.a.

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1971

25 films (12 vus) en compétition. Le jury est présidé par Michèle Morgan, à ses côtés siège Sergio Leone. Alors que Romy Schneider est sur la Croisette avec La califfa d’Alberto Bevilacqua où en passionaria elle irradie de beauté, d’insolence et d’intelligence, c’est la tristounette Kitty Winn qui obtient le prix d’interprétation féminine pour son rôle de junkie dans Panique à Needle Park de Jerry Schatzberg. Riccardo Cucciolla est sacré meilleur acteur pour Sacco et Vanzetti réalisé par Giuliano Montaldo tandis que son compagnon d’infortune, Gian Maria Volonté — à nouveau impérial — est ignoré. Personnellement, j’aurais offert ce prix à Maurice Ronet, cynique à souhait dans Raphaël ou le débauché de Michel Deville ou à Dirk Bogarde, pathétique héros de Mort à Venise/Morte a Venezia de Luchino Visconti, qui obtient quant à lui le Prix du XXè anniversaire du Festival. Sont également en compétition cette année-là Le souffle au cœur de Louis Malle (fantastique Léa Massari) et Walkabout de Nicolas Roeg. Le Grand Prix est remporté par Joseph Losey avec Le messager/The go-between (qui bénéficie il est vrai du jeu puissant d’Alan Bates et de la présence de l’exquise Julie Christie). Taking off de Milos Forman se partage le Grand Prix spécial du jury avec Johnny got his gun de Dalton Trumbo qui obtient en outre le Prix de la critique internationale. Deux prix de marque pour un seul film ? C’est donc qu’il mérite qu’on lui décerne la Palme. Gagnant de l’année : Johnny got his gun de Dalton Trumbo car étant parti voir « le p’tit film de guerre bourrin du samedi soir » je ne m’en suis jamais totalement remise (merci à l’épilogue glaçant). En outre, il y a le regard de Jason Robards et Donald Sutherland dans le rôle d’un Christ fantasmagorique…

© World Entertainment

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1972

25 films (12 vus) sélectionnés et sont présentés hors compétition Frenzy d’Alfred Hitchcock, Macbeth de Roman Polanski et Roma di Fellini de Federico. Joseph Losey, palmé l’année précédente, préside le jury aux côtés de Milos Forman, Bibi Anderson et Alain Tanner entre autres) et sacre le cinéma italien politique — et Gian Maria Volonté par la même occasion puisque le bougre est (omni)présent dans les deux films ex-æquo — en offrant le Grand Prix international à l’unanimité à Francesco Rosi pour L’affaire Mattei/Il caso Mattei et Elio Petri pour La classe ouvrière va au paradis/La classe operaia va in paradiso. Solaris d’Andreï Tarkovski obtient le Grand Prix spécial du jury et George Roy Hill, le prix spécial, avec Abattoir 5/Slaughterhouse-five. Susannah York est récompensée pour Images de Robert Altman et Jean Yanne pour son interprétation magistrale de type parfaitement imbuvable dans Nous ne vieillirons pas ensemble de Maurice Pialat. Elia Kazan peut aller se rhabiller, dommage pour le troublant Les visiteurs/The visitors et ses acteurs, l’étonnant Steve Railsback et James Woods dans son premier rôle. Bon, c’est bien joli tout ça. Il est très bien ce palmarès… Mais ils sont où les indiens, les cow-boys, les grands espaces, les chevaux, l’appel de la forêt, les grizzli et les derniers velus ? Palme d’or attribuée à Jeremiah Johnson de Sydney Pollack, pour la paix intérieure enfin retrouvée.

© Warner Brothers

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24 films (14 vus) en compétition tandis que François Truffaut vient présenter sa Nuit américaine et que la Montagne sacrée d’Alejandro Jodorowsky est également hors concours. Ingrid Bergman préside le jury composé de Sydney Pollack, Lawrence Durrell et Jean Delannoy entre autres. L’époustouflante Joanne Woodward est sacrée meilleure interprète féminine pour De l’influence des rayons gamma sur le comportement des marguerites de Paul Newman (la rumeur voudrait que l’actrice coucha pour obtenir ce rôle) et l’infernal et outrancier Giancarlo Giannini l’emporte grâce à Lina Wertmuller et son personnage d’anarchiste amateur dans Film d’amore e d’anarchia. Le traumatisant Ana et les loups/Ana y los lobos de Carlos Saura — qui y torture son épouse Géraldine Chaplin — est absent du palmarès, un festival d’ex-æquo. L’invitation de Claude Goretta et La clepsydre/Sanatorium pod klepsydra de Wojciech J. Has (le réalisateur du fantastique Manuscrit trouvé à Saragosse) se partagent le Prix du Jury, Jean Eustache (pour La maman et la putain qui reçoit également le Grand Prix spécial du jury) et Marco Ferreri (pour La grande bouffe), le Prix de la critique internationale et Le Grand Prix est attribué conjointement à L’épouvantail/ Scarecrow de Jerry Schatzberg et La méprise/The hireling d’Alan Bridges… A croire qu’il fut impossible au jury de se mettre d’accord sur quoi que ce soit. René Laloux pour La planète sauvage obtient quant à lui le Prix spécial. Je vais mettre tout le monde d’accord. Palme d’or au renversant (et incompris**) Electra Glide in Blue réalisé par le rocker James William Guercio dont ce sera l’unique film, délicat et fort singulier, décortiquant au scalpel la fin des illusions d’un jeune motard*** (hallucinante composition de Robert Blake) englué tout autant que les héros d’Easy rider dans le grand rêve américain, alors que l’Amérique est devenue folle et crève de solitude. La dernière séquence, cauchemardesque, est bouleversante.

© Guercio-Hitzig

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1974

26 films (12 vus) vont se disputer la palme et le jury (Monica Vitti, Michel Soutter, Irwin Shaw, Jean-Loup Dabadie, etc.) est présidé par René Clair. Viennent faire un tour hors compétition pas moins de 14 films dont Amarcord de Federico Fellini, Lancelot du Lac de Robert Bresson, Parade de Jacques Tati et Le trio infernal de Francis Girod. Si Jack Nicholson est justement récompensé pour La dernière corvée/The last détail d’Hal Ashby, c’est la (trop) discrète Marie-José Nat qui remporte le prix d’interprétation féminine pour Les violons du bal de Michel Drach, au détriment de Goldie Hawn, fabuleuse dans The Sugarland Express réalisé par Steven Spielberg (prix du scénario), de la grande duduche Shelley Duvall présente sur la Croisette dans Nous sommes tous des voleurs/Thieves like us de Robert Altman et de l’étonnante Brigitte Mira, héroïne de Tous les autres s’appellent Ali/Angst essen seele auf de Rainer Werner Fassbinder qui remporte le Prix de la critique internationale. Le délirant Malher de Ken Russell obtient le Grand Prix de la Commission Supérieure Technique du Cinéma Français (ouf !), le Grand Prix spécial du Jury est attribué à Pier Paolo Pasolini pour Les mille et une nuits/Il fiore delle mille e une note et Francis Ford Coppola (secondé par une interprétation hors pair de Gene Hackman) empoche le Grand Prix pour sa paranoïaque Conversation secrète. J’offre à Francis Ford, qui aura le temps de se refaire, le Grand Prix spécial et la Palme est décernée à Tous les autres s’appellent Ali/Angst essen seele auf de Rainer Werner Fassbinder parce que Rainer, parce que Werner, parce que Fassbinder. Un point c’est tout****.

© Filmverlag der Autoren

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1975

Le jury est présidé par Jeanne Moreau (entourée notamment par Léa Massari, Pierre Salinger, André Delvaux, George Roy Hill, Fernando Rey et Anthony Burgess). La flûte enchantée/Trollflojten d’Ingmar Bergman, The day of the locust de John Schlesinger et Tommy de Ken Russell sont présentés hors compétition (tant pis pour eux) et 22 films (9 vus) prétendent à la Palme, dont Alice n’est plus ici/Alice doesn’t live here anymore de Martin Scorsese. L’impérial Vittorio Gassman souffle à Jack Nicholson (présent pour Profession: reporter de Michelangelo Antonioni) le prix d’interprétation masculine tandis que Valérie Perrine est récompensée pour sa prestation de strip-teaseuse dans Lenny de Bob Fosse au détriment de la superbe Xu Feng, héroïne de A touch of zen/Sha-nu de King Hu qui remporte le Grand Prix de la Commission Supérieure Technique. Costa-Gavras reçoit le prix de la mise en scène pour Section spéciale (ex-æquo avec Les ordres de Michel Brault, que je n’ai point vu). L’énigme de Kaspar Hauser/Jeder fur sich und gott gegen alle réalisé par Werner Herzog obtient le double prix de la Critique Internationale et le Grand Prix spécial du Jury tandis que la Palme d’or est décernée à Chronique des années de braise de Mohammed Lakhdar-Hamina. La Palme est offerte à Lenny de Bob Fosse parce que si je n’aime en général pas les biopics*****, Lenny Bruce était un être si singulier et sa courte vie si extravagante qu’on croirait le personnage tout droit sorti de l’imagination délirante d’un scénariste sous acide. Parce que l’obscénité n’est qu’une vue pervertie de l’esprit. Et parce que Dustin Hoffman est grand.

© Marvin Worth Productions

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1976

20 films (14 vus) en compétition et non des moindres.Hors compétition : l’excellent Cadavres exquis/ Cadaveri eccelenti de Francesco Rosi, Edvard Munch de Peter Watkins, Face to face d’Ingmar Bergman, l’étrange Complot de famille/Family plot d’Alfred Hitchcok et le film monstre de Bernardo Bertolucci, 1900/Novecento. Président du jury : Tennessee Williams, bien entouré par Charlotte Rampling et Costa-Gavras notamment. La palme d’or est attribuée à Taxi driver de Martin Scorsese avec raison certes (bien que je continue de lui préférer Mean Streets) et n’ayant pas vu Pascal Duarte de Ricardo Franco, je serais bien en peine de juger de la valeur de l’interprétation de José Luis Gomez (revu dernièrement dans Etreintes brisés/Los abrazos rotos de Pedro Almodovar). Nul doute que les frères ennemis Robert de Niro/Harvey Keitel auraient mérité de se partager ce prix. Dominique Sanda provoque une mini polémique quand elle reçoit son trophée puisque L’héritage/L’eredita Ferramonti de Mauro Bolognini est présenté en version italienne et qu’elle y est doublée. Fi de controverse, elle y est parfaite en garce de haute volée et son visage indéchiffrable aurait fait le bonheur du cinéma muet. Le Prix de la mise en scène est décerné à Ettore Scola pour Affreux, sales et méchants/Brutti, sporchi, cattivi, le Prix de la Critique Internationale à Wim Wenders pour Au fil du temps/Im lauf der zeit(pour lequel Rudigler Vogler et Hanns Zischler auraient également pu prétendre à un prix d’interprétation ex-æquo), le Grand Prix Spécial du Jury se voit attribué quant à lui à Eric Rohmer pour La marquise d’O et Carlos Saura pour Cria Cuervos, avec la divine Ana Torrent. Etaient également présents sur la croisette Paul Mazursky et son Next stop, Greenwich village, Miklos Jancso pour Vices privés, vertus publiques/Vizi privati, pubbliche virtu et Roman Polanski pour Le locataire. Grand « oublié » du palmarès : Monsieur Klein de Joseph Losey. Sans doute trop honnête, trop cruelle, trop ardue à encaisser, cette étude clinique d’un schizophrène au bon vieux temps atroce de la collaboration, de la chasse aux juifs et des profiteurs de guerre, continue encore aujourd’hui à réfrigérer, et ce, dès la première scène. Egalement producteur du film, Alain Delon qui offre son beau visage froid et impassible à cette mise en abyme d’une âme perdue — miroir à double face de la France d’alors — enquêtant sur sa propre culpabilité, est prodigieux. Point. Le reste n’est que littérature. Contre l’injustice et contre l’oubli, et parce que nous sommes tous des Monsieur Klein en puissance, la palme revient à Joseph Losey.

© Adel Production

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1977

23 films (13 vus) en compétition. Roberto Rossellini est président du jury et je n’ai toujours pas vu la Palme d’or — Padre padrone de Vittorio et Paolo Taviani — en entier, m’étant faite éjecter du cinéma, pour cause de trouble à l’ordre public par la grâce d’un rire inextinguible né de la fantasmagorie zoophile des deux frangins (même pas honte). Si j’estime que Sissy Spacek et Janice Rule méritaient tout autant un prix d’interprétation que Shelley Duvall seule récompensée (et qui partage par ailleurs son trophée avec Monique Mercure) pour leurs rôles dans 3 femmes/3 women de Robert Altman, j’aurais apprécié que Fernando Rey, distingué pour Elisa vida mia de Carlos Saura, partage sa récompense avec David Carradine, Woody Guthrie plus vrai que nature dans En route pour la gloire/Bound for glory d’Hal Ashby, voire Marcello Mastroianni, subtilement opprimé dans Une journée particulière/Una giornata particolare d’Ettore Scola. Pour son premier film, Ridley Scott remporte à l’unanimité avec The duellists (et un excellent duo d’acteurs, Harvey Keitel et Keith Carradine) le Prix du Jury à la première œuvre. Passent également sur la Croisette Claude Goretta et sa Dentellière, René Feret et sa Communion solennelle, Marguerite Duras et son (gros) camion. Injustement oublié du palmares, L’ami américain/Der Amerikanische Freund de Wim Wenders, adaptation crépusculaire du Ripley’s game de Patricia Highsmith, permet à Dennis Hopper de briller en gredin face à un Bruno Ganz bouleversant et confirme les obsessions du cinéaste pour les destinées amicales. Il bénéficie en outre d’un casting de réalisateurs-complices des plus impressionnants : les passionnés et passionnants Samuel Fuller, Nicholas Ray, Gérard Blain, Jean Eustache et Daniel Schmid.

© Filmverlag der Autoren

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1978

Si Fedora de Billy Wilder et The last waltz de Martin Scorsese sont présentés hors compétition, 23 films (15 vus) concourent pour la palme. Alan J. Pakula préside le jury en compagnie notamment de Liv Ullmann, Michel Ciment, Franco Brusati, Claude Goretta et Andreï Konchalovsky. Pour la première d’Un certain regard, c’est L’homme de marbre/Czlowiek z marmuru d’Andrzej Wajda qui l’emporte à l’unanimité face à Hitler, un film d’Allemagne/Hitler, ein film aus Deutschland réalisé par Hans Jürgen Syberberg, Koko, le gorille qui parle de Barbet Schroeder et le magistral Dossier 51 de Michel Deville. Décidément, à Cannes on adore la campagne ! L’arbre aux sabots/L’albero degli zoccoli d’Ermanno Olmi reçoit la palme d’or tandis que Nagisa Oshima se contente du prix de la mise en scène pour son troublant L’empire de la passion/Ai no borei (œuvre bien plus fascinante si l’on y songe que L’empire des sens/Ai no corrida). Louis Malle obtient le Grand Prix de la Commission Supérieure Technique du cinéma français pour La petite/Pretty baby qu’il aurait probablement bien du mal à monter de nos jours et le Grand Prix spécial du jury est partagé entre Le cri du sorcier/The shout de Jerzy Skolimowski et Rêve de singe/Ciao maschio de Marco Ferreri. Isabelle Huppert, effarante Violette Nozière pour Claude Chabrol et Jill Clayburgh en Femme libre/An unmarried woman pour Paul Mazursky sont sacrées meilleures actrices alors que Jon Voight remporte seul le trophée du meilleur acteur pour Le retour/Coming home, lacrymal film à oscars d’Hal Ashby devant Dirk Bogarde (trouble à souhait dans Despair de Rainer Werner Fassbinder), Gérard Depardieu (grandiose dans Rêve de singe de Marco Ferreri), Brad Davis (remarquable dans Midnight Express d’Alan Parker) et Philippe Caubère (A jamais Molière pour Ariane Mnouchkine). Palme décernée à Who’ll stop the rain/Les guerriers de l’enfer de Karel Reisz, subtile peinture de la génération perdue du Vietnam. Road movie désespéré, thriller passionnant, témoignage accablant sur une Amérique gangrenée par les conséquences de la guerre, le film bénéficie en outre d’une solide interprétation (Anthony Zerbe, Tuesday Weld, Michaël Moriarty) dominée par la puissance de jeu d’un Nick Nolte au meilleur de sa forme.

© Katzka-Jaffe

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1979

21 films (14 vus) présentés tandis qu’hors compétition se bousculent Francesco Rosi Le christ s’est arrêté à Eboli/Cristo si e fermato a Eboli (tant pis pour Gian Maria Volonté), Milos Forman pour Hair, Woody Allen pour Manhattan, Federico Fellini pour Prova d’orchestra et surtout John Huston venu présenter Le malin/Wise blood (dommage pour l’ahurissant Brad Dourif). Terrence Malick obtient le Prix de la mise en scène pour Les moissons du ciel/Days of heaven, Jacques Doillon, le Prix du jeune cinéma pour La drôlesse et Norma Ray de Martin Ritt empoche Le Grand Prix de la Commission Supérieure Technique du Cinéma Français et un prix d’interprétation féminine pour Sally Field, tandis que Jack Lemmon est distingué pour The China syndrome de James Bridges damant le pion au jeune David Bennent, monstrueuse révélation du Tambour de Volker Schlondorff et à Patrick Dewaere, impressionnant dans l’injustement oublié Série noire d’Alain Corneau. Françoise Sagan, présidente du jury, trouvera le moyen de se faire remarquer en entamant une polémique sur la palme ex-æquo décernée au fantasmatique Apocalypse now (puisqu’A work in progress******) de Francis Ford Coppola (également honoré du Prix de la Critique internationale) et le très glauque Die blechtrommel/Le tambour de Volker Schlondorff qui avait sa préférence. Fi ! Palme d’or unique et irrévocable à Apocalypse Now de Francis Ford Coppola parce que tout le monde aime l’odeur du napalm au petit déjeuner (sans sucre, merci), que lorsque nous regardons dans les ténèbres ces chiennes nous matent aussi, que ça s’appelle l’horreur et que this is the end, my friend.

© Zoetrope Studios

* Et ce n’est pas le taulier d’Inisfree qui me contredira ** Est-ce son pessimisme latent renvoyant dos-à-dos la loi+l’ordre et l’insoumission citoyenne ou son ironie (car le film est truffé de séquences hilarantes) qui fit scandale à Cannes ? A l’époque de la contre-culture, il ne fait pas bon mettre en scène des policiers et s’intéresser à leur humanité sans se voir automatiquement traiter de fasciste et autre nom d’oiseau. Contacter Clint Eastwood pour plus amples informations. *** bien loin des souriants héros de la série Chips **** Et je persiste et signe ce que j’ai écrit ici ***** Autre exception qui confirme la règle : Man on the moon de Milos Forman, inspiré par la cruelle destinée d’un autre siphonné, Andy Kaufman ****** Il n’est pas interdit de lire les Notes: On the Making of « Apocalypse Now » d’Eleanor Coppola A suivre… Et si vous avez raté le début :

4 responses to Festival de palmes [Cannes, les années 70]

  1. Kilucru says:

    Comme d'hab' je survole juste les listes mais là je suis forcé de m'arrêter sur ce fabuleux film qu'est « Tous les autres s’appellent Ali(Angst essen seele auf) de Rainer Werner Fassbinder , tout à fait d'accord pour lui accorder une Palme de platine (et même la paire )…
    Hep t'as le temps de danser un slow là dans ce rade incertain..
    Quel film généreux !

  2. FredMJG says:

    ToKiluc': Survole mon ami survole… OK pour l'invitation à la danse (tu n'as pas les pieds sensibles ?) dans n'importe quel rade mais si tu m'appelles Emmi je te mords 🙂

  3. Dr Orlof says:

    Trois palmes communes et la distinction suprême pour Fassbinder (dans mes bras! :)) me poussent à plus d'indulgence : je te dispense de « la mélodie du bonheur ».
    En revanche, il faudra qu'Ed et toi m'expliquiez ce que vous trouvez à cet emm…eur d'Elio Petri !

  4. FredMJG says:

    ToDrOrlof: Dans tes bras j'y suis déjà si tu as bien lu tes comms ^^
    Ce que je trouve au film d'Elio Petri ? En trois mots :
    GIAN
    MARIA
    VOLONTE
    😉

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