DOROTHY de Agnès Merlet

Naissance d’une actrice.

Dorothy est une jeune irlandaise, du genre bizarre, accusée d’avoir agressé le bambin qu’elle gardait.

Dorothy vit au sein d’une communauté religieuse qui voit d’un mauvais œil l’arrivée sur leur petite île d’une psychiatre chargée de délivrer le sésame qui sauvera l’adolescente d’éventuelles poursuites judiciaires.

Près de 15 ans après un fils du requin (l’aventure très cruelle de deux jeunes garçons sur le chemin de la délinquance) d’excellente facture, Agnès Merlet nous offre avec Dorothy un film d’atmosphère flirtant parfois avec l’horreur.

Mais si Dorothy peut se montrer agressive ou provocante, elle ne vomit pas de bile verte. Tout au plus, parfois, dans son étrange comportement laisse-t-elle échapper quelques grossièretés. La faute, sans aucun doute, à une des multiples personnalités qui la possèdent. Car Dorothy a un don que n’hésitent pas à exploiter le prêtre et ses ouailles pour faire revivre en elle leurs chers disparus.

D’emblée, nous sommes en terrain connu. De nombreux réalisateurs ont fait leur miel avec plus ou moins de bonheur des tribus intégristes de tous poils : Breaking the waves de Lars Von Trier_ 1996, The weight of water/Le poids de l’eau de Kathryn Bigelow_2000, American haunting de Courtney Solomon_2005 ou The weaker man de Robin Hardy en 1973 et son remake par Neil LaBute en 2006…

C’est d’ailleurs aux rites païens décrits dans ce dernier film que fait irrésistiblement penser la fête villageoise où certains participants, cagoulés de têtes animales, finissent par franchir la frontière qui les séparent de leur humanité.

Dommage qu’une explication trop terre à terre et une fin des plus larmoyantes ne viennent gâcher l’ambiance mortifère distillée tout au long du film et qu’une superbe direction d’acteurs avait contribué à créer.

Dans le rôle de la psychiatre hantée par de ténébreux secrets, Carice Van Houten offre son assurance et son charme un peu suranné à cette sombre histoire de culpabilité et de deuil et confirme dans une interprétation de grande classe tout le bien que l’on pouvait penser d’elle depuis Black Book de Paul Verhoeven.

Mais la vraie révélation du film reste l’extraordinaire Jenn Murray, lutin d’une vingtaine d’années, passant par la seule grâce de sa composition pour une gamine autiste. Tout le mal que l’on peut lui souhaiter est que son talent hors normes et son étrange beauté inspirent de grands cinéastes.

© Mars Distribution
© Mars Distribution

Dorothy/Dorothy Mills d’Agnès Merlet_2008
avec Carice Van Houten, Jenn Murray, David Wilmot et Gary Lewis

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