LA MOMIE : LA TOMBE DE L’EMPEREUR DRAGON de Rob Cohen

A momie, yéti et demi.

Ce film prouve, si besoin était, que lier l’ambition artistique d’un projet à la seule capitalisation du succès du précédent est forcément voué à l’échec.

Passons sur le fait que Rob Cohen (qui a commis entre autres horreurs, Daylight et xXx) succède à gros sabots à Stephen Sommers, réalisateur des deux premiers volets de la saga Momie et avouons qu’il est ardu de ne pas décrocher dès que l’on se retrouve devant deux misérables invraisemblances : la charmante Rachel Weisz a subi un tel ravalement qu’elle ressemble désormais à Maria Bello (le talent de l’actrice n’est pas en cause – quoiqu’il soit moins évident à cerner ici que dans A history of violence de David Cronenberg_2005 – mais elle ne possède pas le charme mutin de la précédente dame de cœur du sieur Fraser) et en sept ans d’absence (Le retour de la momie date de 2001), le couple a pouponné un charmant jeune homme qui pourrait plus facilement passer pour leur frère que pour leur fiston de 20 ans ! (Le syndrome Indiana Jones peut-on supposer, l’introduction du rejeton – Luke Ford, aussi fade que Shia LeBeouf, soit dit en passant – offrant au cours du film quelques scènes dégoulinantes de bonheur familial particulièrement navrantes).

Exit l’Egypte, nous voilà en Chine (de pacotille), nouveau territoire à explorer (et si possible à ridiculiser) par le cinéma d’aventure. Jet Li joue le cruel empereur Han, Anthony Wong, stakhanoviste de Hong Kong, le général – obligatoirement – perfide adepte des arts martiaux et Michelle Yeoh, les utilités (quelle misère !).

La famille O’Connell au grand complet, inévitablement flanquée de l’insupportable frère gaffeur (John Hannah, que l’on noierait volontiers dans une cuve de vomi de yak), cabotine à qui mieux mieux dans cette effarante histoire où un empereur revenant à la vie et souhaitant atteindre l’immortalité est poursuivi au-delà de la grande muraille (jusque là tout va bien) par le crétin (le marmot, donc, qui passe son temps à se chamailler avec son père sur qui c’est qui a la plus grande, et qui pisse le plus loin, et qui a le meilleur outil de destruction massive, et que l’on verrait rejoindre ses ancêtres avec un plaisir certain) qui l’a réveillé et papa/maman qui, il leur faut le reconnaître, s’ennuyaient à périr dans leur auguste demeure (et nous avec devant des scènes de comédie affligeantes).

Rob Cohen s’imagine qu’une profusion d’effets spéciaux* et un montage épileptique de plans anarchiques couplés à un mélange des genres tiennent lieu de mise en scène. En sus des revenants, nous avons bientôt droit à la présence incongrue de trois yétis (gros plans frénétiques sur les moquettes échappées de La boussole d’or) qui viennent obligeamment aider nos héros à survivre à une avalanche, puis disparaissent de la circulation. En contrepartie, si sous nos yeux ébahis, apparaissent ensuite un dragon à trois têtes (Jet Li dans une de ses blagues de transformiste), puis un phacochère à poils drus et à la crête frémissante (le même, rigolant manifestement comme un petit fou), nous sommes au regret de confirmer qu’il n’y a pas un seul Ewok à l’horizon.

Les dialogues sont à l’avenant (avec force clins d’yeux aux connaisseurs de la saga qui commencent à se sentir quelque peu floués), ne faisant rire que les protagonistes.

Le mépris n’étant pas prêt de tuer à Hollywood, il est bon de noter que si l’empereur/Jet Li s’adresse en mandarin à son armée terreuse, la magicienne/Michelle Yeoh se charge de « réveiller » les opprimés sans sépulture au son de la douce langue de Shakespeare…

Édifiant !

* La bataille finale entre l’armée impériale et les squelettes de ses victimes (les gentils morts-vivants prévient ce grand dadais de Brendan Fraser d’un air inspiré) est un bien pâle hommage à Ray Harryhausen (brillant créateur en 1963 des effets spéciaux du film de Don Chaffey, Jason et les argonautes).

© Paramount Pictures France
© Paramount Pictures France

La momie : la tombe de l’empereur Dragon/The mummy: tomb of the Dragon emperor de Rob Cohen_2008
avec Brendan Fraser, Jet Li, Maria Bello, John Hannah, Michelle Yeoh, Luke Ford, Anthony Wong Chau-Sang et Russell Wong

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