I am legend (no more)

© David Sutton
Charlton Heston [4/10/23-5/4/08]

Inutile de tirer sur l’ambulance, Charlton Heston s’en est lui-même chargé. Nonobstant, il serait dommage de ne se souvenir que du piège fomenté par Michael Moore qui se paie dans une seule séquence de Bowling for Colombine Ben Hur, Moïse et Le Cid incarnés.

Rappelons-nous simplement qu’au milieu de pièces montées indigestes, de péplums ou de films catastrophes, gisent quelques pépites.

  1. Son indifférence feinte a mené Ruby Gentry/Jennifer Jones aux confins de la folie dans le film éponyme de King Vidor
  2. Orson Welles s’est follement amusé à le déguiser en mexicain dans La soif du mal.
  3. Il fut le deuxième (après Vincent Price et avant Will Smith) à interpréter le héros du roman de Richard Matheson Je suis une légende [I am legend_1954].
  4. Il a retrouvé la tête de la liberté après s’être baladé pendant deux heures en pagne SANS avoir l’air ridicule.
  5. Il a été le héros de Soleil vert – œuvre prophétique s’il en est – et y a accompagné l’euthanasie d’Edward G. Robinson dans une scène d’une beauté à pleurer.
  6. Fort à droite, il a accepté une participation dans L’antre de la folie, chef d’œuvre déjanté signé par ce vieil anar de John Carpenter et y a avoué, sans ciller, que les histoires d’horreur lui filaient la nausée.
  7. Il s’est révélé bien meilleur acteur quand il jouait des types pas très sympathiques : le chevalier irascible de The war lord, le Major Dundee ou l’inénarrable Cardinal de Richelieu dans le diptyque de Richard Lester.

Charlton Heston est décédé à 83 ans de complications dues à la maladie d’Alzheimer et aura donc tout oublié ; qu’autrefois il fut démocrate et défendit les droits civiques, qu’il devint ensuite Michel-Ange et peignit la Chapelle Sixtine et qu’enfin, il muta en républicain, exigea d’avoir le droit de posséder un arsenal si tel était son bon plaisir et fut élu président de la National Rifle Association.

La vie est d’un charitable, parfois.

Index des films cités : Bowling for Columbine de Michael Moore (2002). Ben Hur de William Wyler (1959). The Ten Commandments/ Les dix commandements de Cecil B. de Mille (1956). El Cid/Le Cid d’Anthony Mann (1961). Ruby Gentry de King Vidor (1952). Touch of evil/La soif du mal d’Orson Welles (1958). The Omega man/Le survivant de Boris Segal (1971). Planet of the apes/La planète des singes de Franklin J. Schaffner (1968). Soylent green/Soleil vert de Richard Fleischer (1973). In the mouth of madness/L’antre de la violence de John Carpenter (1995). The war lord/Le seigneur de la guerre de Franklin J. Schaffner (1965). Major Dundee de Sam Peckinpah (1965). The three Musketeers/Les trois Mousquetaires et The four musketeers/On l’appelait Milady de Richard Lester (1973/1974). The agony and the ecstasy/L’extase et l’agonie de Carol Reed (1965).

Laissez un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

Pingbacks & Trackbacks