Etre [ou ne pas être] dans le bain : l’héritage

Thibault Lacroix dans Ce qu'il restera de nous de Vincent Macaigne_2012 © Kazak Productions

Impossible pour Thibault/Thibault Lacroix de prendre une douche tranquille dans la maison de feu son paternel où il a débarqué, nu comme un ver, pour y enterrer  le pot d’échappement de sa voiture — sa compagne, son toit, son unique bien — dans le jardin.

Thibault fait une bien drôle de tête. Sans doute parce qu’il a tenté une plongée en apnée pour oublier les hurlements et reproches de son frère aîné, impuissant devant le coup de Jarnac mijoté par leur moribond de père… le déshériter lui, le fils raisonnable appliqué et casé, pour tout laisser au petit dernier, l’indocile, le trublion chassé sans ménagement quelques années auparavant de cette famille où l’on ne peut manifestement communiquer qu’en termes blessants.

Alors Thibault, après avoir patiemment écouté le frangin dépité éructer de l’autre côté de la porte, s’est décidé à se laisser couler au fond de la baignoire pour y pousser un long cri silencieux. De là, son sursaut et sa toux, puis son arrêt sur les interrogations qui le tourmentent.

Après avoir bouté le mal-aimé et son épouse raisonneuse — qui vont bientôt se déchirer dans le morceau de bravoure hystéro-tragi-comique du film* — notre asocial, nouveau propriétaire, baissera soigneusement tous les rideaux de son immense baraque désormais silencieuse comme un tombeau pour s’y protéger du monde, voire s’y emmerder à loisir.

* Grand prix du 34e festival international du court métrage de Clermont-Ferrand.

Ce qu’il restera de nous de Vincent Macaigne_2012

A suivre…