WONDERFUL TOWN de Aditya Assarat

Autant en emporte le tsunami.

Ce pourrait être le prélude d’un western (spaghetti de préférence, ce sont les plus cruels). Une ville fantôme, abandonnée des dieux et des hommes, un étranger arrive et séduit la seule femme du coin, les rescapés se liguent contre lui…

Seulement voilà, ne sommes pas en Italie, mais en Thaïlande, et Aditya Assarat s’est inspiré de Takua Pa, petite localité proche de Phuket, où la population se trouva fort décimée par le tsunami de décembre 2004. Depuis, les survivants tentent de (se) reconstruire (dans) cette wonderful town*, où ne vient plus un touriste, mais où passe, et dans ce film s’attarde, un architecte venu de Bangkok, désireux de s’éloigner de la foule déchainée, faire un point sur sa vie, tomber amoureux peut-être, tout recommencer même, si les hommes sont d’accord. Cependant, quand il ne reste plus grand monde, il ne fait pas bon souhaiter enlever les jeunes femmes des cités martyres.

Le traumatisme ne sera jamais nommé. La mer, peu ou pas filmée. Seuls quelques plans de vagues à l’arrêt, comme une bête à l’affut, viendront rythmer dans une musique industrielle la rencontre charnelle des deux amants, préfigurant la menace qui pèse sur leur couple. Ainsi, la violence, quand elle apparaîtra, sera sèche et brutale, sans complaisance, ni parti-pris.

Alors que les réalisateurs et acteurs professionnels peinent souvent à se renouveler, qu’il s’agisse là d’un premier film laisse pantois devant tant d’assurance, de maitrise et d’autorité, aussi bien dans la mise en scène que dans le jeu des principaux protagonistes.

Il flotte sur ce film d’une désespérante beauté comme une indéniable sensation de tristesse et de manque que vient ponctuer l’inquiétante étrangeté d’un duo de petites filles dansant en tutu sur les ruines d’une cité engloutie.

* Le titre pourrait paraitre ironique quoique ce qu’il y a de merveilleux finalement n’est-il pas pour des amoureux de se retrouver comme seuls au monde ?

© Memento Films
© Memento Films

Wonderful town de Aditya Assarat_2008
avec Anchalee Saisoontorn et Ton Supphasit Kansen

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