Etre [ou ne pas être] dans le bain : l’humiliation

Peter Coyotte dans Lunes de fiel/Bitter moon de Roman Polanski_1992 © AMLF

Oscar/Peter Coyotte qui se rêvait en Hemingway se les pèle grave.

Et pour cause ! Sa si délicieusement vulgaire et sculpturale épouse Mimi — Emmanuelle Seigner dont chaque courbe est amoureusement filmée par son réalisateur de mari — l’a abandonné au milieu d’un shampoing rageur pour répondre au téléphone et fait durer le plaisir, savourant d’avoir laissé sa tétraplégique victime dans un bain des plus frais.

Le temps n’est plus où Mimi, plutôt que de passer sous la douche, lui faisait lécher du lait après en avoir oint ses seins lourds. On s’amuse comme l’on peut. A souffler le chaud — n’est-elle pas tombée raide dingue en amour pile poil lorsqu’Oscar lui stimula les doigts de pied de son souffle ? — et le froid.

Tour à tour victime et bourreau, ces deux slaves to love (Brian Ferry partage la B.O. avec George Michael et The Communards) que sont Oscar et Mimi ne savent plus quoi inventer pour se supporter encore l’un l’autre. De jeux pervers en coups tordus, c’est un candide duo so british et total coincé (Hugh Grant formant un couple improbable avec une juvénile Kristin Scott Thomas qu’il retrouvera deux ans plus tard pour 4 mariages et un enterrement de Mike Newell) qui fera les frais de leur exhibitionnisme destructeur lors d’une inoubliable croisière.

En attendant, Oscar se les caille. Et Mimi, qui gazouille dans son téléphone-banane, n’en a cure.

© Columbia
Peter Coyotte dans Lunes de fiel/Bitter moon de Roman Polanski_1992 © AMLF

A suivre…