S.O.B., la vie

Blake Edwards en compagnie de Peter Sellers/Clouseau sur le tournage de The pink panther_1963
© BFI
Blake Edwards [26/06/22 – 15/12/10]
en compagnie de Peter Sellers/Clouseau sur le tournage de La panthère rose/The pink panther_1963

************

10 films de Blake Edwards.

Comme tous les types capables de vous faire hurler de rire — et notamment avec la complicité de son alter ego, es-maître en loufoqueries, Peter Sellers — Blake Edwards excellait également dans la noirceur chagrine et dénicha d’ailleurs en Jack Lemmon un compagnon de mélancolie idéal.

Si l’on se souvient (malheureusement) surtout de Elle/Ten_1979 pour la coiffure et la plastique généreusement dévoilée de Bo Derek, S.O.B._1981, monument d’auto-flagellation, de mauvais goût, de cruauté et de cynisme parfaitement assumé n’épargne personne, pas même son épouse à la ville, la charmante Julie Andrews bien loin de Mary Poppins.

Hormis Ten, donc, voici un choix de dix films sur les 46* que compte la carrière de réalisateur de Blake Edwards à ne pas rater (ou qu’il n’est pas interdit de revoir).
************

© Warner Bros. Pictures
La grande course autour du monde/The great race_1965

Un must de la screwball comedy. Délire non sensique, The great race — outre que l’on assiste sans doute à la plus grandiose bataille de tartes à la crème du cinéma —, confirme également l’extraordinaire alchimie entre un Jack Lemmon génialement malfaisant (son récurrent Push de button, Max restera dans les annales) et un Tony Curtis débordant de charme. Note à l’attention de la population masculine, la fort séduisante Natalie Wood n’est guère épargnée** non plus par le vent de folie soufflant sur le film. Et ce, jusqu’à la dernière image. Fatalitas !
************

© Mirisch Corporation
The party_1968

Sommet du burlesque et bénéficiant de la démesure d’un Peter Sellers survolté, il est désormais radicalement impossible, pour qui a vu The party, de garder son sérieux devant le sacrifice de Gunga Din dans le film éponyme de George Stevens réalisé en 1939. A en outre redonné ses lettres de noblesse à la « soirée mousse ».
************

© Jalem Productions
Le jour du vin et des roses/Days of Wine and Roses_1962

Fini de rire, le clown est triste. Dans le rôle d’un alcoolique mondain entraînant sa jeune épouse dans son addiction, Jack Lemmon est aussi glaçant dans l’ironie amère qu’il fut badin et fantasque sous des atours féminins.
************

© Universal International Pictures (UI)
Opération jupons/Operation Petticoat_1959

A se tordre tandis que notre petit cœur de midinette tangue entre Cary Grant et Tony Curtis. Une cargaison de passagères affolantes. Des dialogues savoureux saupoudrés de sous-entendus follement grivois et un sous-marin entièrement repeint en rose. Inoubliable.
************

© Artista Management
S.O.B._1981

Julie Andrews prête héroïquement main forte à son cher et tendre époux en pleine crise de conscience en se parodiant généreusement, brisant définitivement son image et dévoilant ses seins. Certains, à Hollywood, ne s’en sont toujours pas remis. Parfaitement odieux et frénétiquement hilarant.
************

© Artista Management
Victor/Victoria_1982

Personne n’est parfait, certes mais ce petit joyau de comédie mal élevée, outre qu’il mélange allègrement les genres, permet également à Blake Edwards d’offrir un superbe cadeau à Julie Andrews, reine transformiste aux multiples talents. Se moquant ouvertement du bon goût et de l’hypocrisie, Victor/Victoria est un joyeux encouragement aux transgressions. Notons que face au couple vedette Andrews/Garner, Robert Preston et Lesley Ann Warren se paient également quelques jolies parts du lion.
************

© The Mirisch Corporation
Quand l’inspecteur s’emmêle/A shot in the dark_1964

Un des meilleurs épisodes de la saga de La panthère rose débutée l’année précédente. La folie de Peter Sellers. L’accent de l’inspecteur Clouseau. La loufoquerie des combats contre Cato/Burt Kwouk. Les tics et crises d’apoplexie d’Herbert Lom. La piquante Elke Sommer. Une abracadabrante histoire dont on se fiche éperdument. La musique d’Henry Mancini. Est-il besoin d’en rajouter ?
************

© The Mirisch Corporation
Qu’as-tu fait à la guerre, papa ?/What did you do in the war, Daddy?_1966

La guerre n’est pas chose spécialement jolie mais ce n’est pas une raison pour la prendre au sérieux (tant que les méchants, les vrais, ne la gagnent pas). Première collaboration réussie entre Blake Edwards et le prince de la coolitude, James Coburn.
************

© Jurow-Shepherd
Diamants sur canapé/Breakfast at Tiffany’s_1961

Un écrin pour la beauté et la fantaisie d’Audrey Hepburn, elfe miraculeux camouflant joliment quelques blessures secrètes. Brillant, désespérément charmant et définitivement mythique. Si culte que plus personne ne se souvient que l’héroïne du roman — diablement édulcoré par un happy end très humide — de Truman Capote était une demi-mondaine qui finit bien mal.
************

© Geoffrey Productions
Deux hommes dans l’ouest/Wild Rovers_1971

La nostalgie, camarade. Pas aussi crépusculaire que le magnifique Deux hommes dans la sierra /Ride de hide country_1962, ni violemment cynique que La horde sauvage/The wild bunch_ 1969, tous deux réalisés par Sam Peckinpah, le film mérite le détour, ne serait-ce que pour l’éternel chant du cygne de William Holden à qui sied admirablement cet air de fatigue mélancolique. Quant à Ryan O’Neal, fraichement auréolé du succès démentiel de Love story, il essaie désespérément d’exister face à ses illustres ainés, Karl Malden, impérial, participant également à l’aventure.

* Source: imdb
** La petite histoire retiendra que c’est Blake Edwards lui-même qui, pour les gros plans de l’actrice, la bombarde de tartes pour se venger de son attitude de diva durant le tournage

A lire. Blake Edwards, Old School (DGA Quaterly, summer 2009)

© Photofest

11 responses to S.O.B., la vie

  1. Ran says:

    Tiens, on n'a pas la même source pour la filmographie d'Edwards et je n'ai trouvé que 37 films (si j'ai bien compté car il n'y avait pas de numéros – mais je ne suis pas mauvais au point de me tromper de neuf unités).
    Alors comme ça, il embêtait Nathalie Wood… Bon, bah, il va pouvoir recommencer au Paradis.

  2. FredMJG says:

    ToRan: La différence s'explique sans doute par le fait qu'imdb inclut également dans son décompte les films qu'Edwards a réalisé pour la télévision… Sacrilèèèèèèèège ! 😉
    Pour Nathalie, il va devoir prendre son ticket… y a déjà Lemmon et Curtis sur le coup ^^

  3. Vincent says:

    Bel hommage comme celui de dessous. Le seul avec lequel je suis moins enthousiaste, c'est « Le jour du vin … ». J'ai une adoration pour « Le retour de la panthère », celui avec le coup de l'aspirateur, qui me semble renouer avec l'humour de « The party ». J'ai aussi un excellent souvenir des deux comédies au joint 89/90, « Skin deep » (J'ai l'impression d'être madame Schwartzenegger) et « Switch » avec une sublime Ellen Barkin. Pour le reste rien à dire, j'aurais fait la même liste.
    Pour la petite histoire, en cherchant, j'ai failli mettre une photo du film où l'on voit Edwards balancer lui-même les tartes à la tête de Wood. Gentleman !

  4. FredMJG says:

    ToVincent: Ma passion pour Jack Lemmon me perdra je sais. 🙂
    Pour Skin deep, je l'avais soigneusement évité ne supportant que difficilement John Ritter. Quant à Switch, si je suis entièrement d'accord pour l'étonnant abattage de Miss Barkin (sa démarche distinguée sur talon aiguilles surtout me reste ironiquement en mémoire), Jim Smits en face est particulièrement faiblard. Quelle plaie ! Du moins dans mes souvenirs, n'ayant jamais revu ce film depuis sa sortie.

    Quant à Edwards, le monsieur m'a tout l'air tout de même d'avoir eu également un satané caractère.

  5. Bruce Kraft says:

    Belle et complète nécro qui, j'espère, servira pour les blogueurs qui ne connaissaient pas ce formidable réalisateur!!

    Du bon boulot!!

  6. FredMJG says:

    ToBruceKraft: Merci à toi. J'espère qu'elle donnera quand même envie de découvrir la série de films qu'il a réalisés dans les années 80/90 même si j'en suis beaucoup moins fan.

  7. dasola says:

    Bonsoir FredMJG, et encore un de moins. Dans une sélection éventuelle, j'aurais aussi mis Dans la peau d'une blonde: c'était vraiment bien. Bonne soirée.

  8. FredMJG says:

    ToDasola: Switch était pas mal mais j'avais décidé de me tenir à 10 titres (hors Ten). Ceci explique donc cela. Bonne journée à toi.

  9. Kilucru says:

    To Fred : tiens moi j'en ai vu un, tout bien peinturluré dans le film de Banksy…
    Sinon dans une vie précédente mais là c'est du pas racontable..lol

  10. FredMJG says:

    ToKiluc': Ah tiens ça me fait penser qu'il faut que je songe à Faire le mur moi aussi 🙂 J'ai pas eu le courage tantôt :/

Laissez un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s