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Retour vers le futur : Les 32 de 1954

Dans Cinéma, Rétrospective, Top le 09/05/2013 à 19:27
© Producciones Tepeyac S, Koi Productions, MGM, Del Duca Films, Cité Films, Bernhard-Vidor Productions Inc., Paramount Pictures, 20th Century Fox Film Corporation

© Producciones Tepeyac S, Koi Productions, MGM, Del Duca Films, Cité Films, Bernhard-Vidor Productions Inc., Paramount Pictures, 20th Century Fox

Et nous revoilà, la fine équipe de Zoom arrière et moi-même pour nous souvenir des sorties de 1954 [513 films si l'on en croit Encyclo-Ciné et je n'en ai vu que 55]. L’édito de cette année vous est offert par Christophe qui donne beaucoup d’Avis sur des films (du genre vintage, ce qui n’est pas pour me déplaire).

Un changement de taille s’opère cependant cette année puisque j’ai été invitée par le taulier de Nightswimming — et fondateur de Zoom arrière —  à étoiler chef d’œuvres & nanars et je compte bien, de temps en temps, bousculer les classements de mes charmants collègues aux choix parfois quelque peu étranges. Ce qui ne m’empêchera pas de continuer de vous offrir ici la quasi-exclusivité de mes goûts tout aussi douteux.

L’octette gagnant

  • El de Luis Buñuel_1952
  • La vie de O’Haru, femme galante/Saikaku ichidai onna de Kenji Mizoguchi_1952
  • Tous en scène/The band wagon de Vincente Minnelli_1953
  • Touchez pas au grisbi de Jacques Becker_1953
  • Les vitelloni/I vitelloni de Federico Fellini_1953
  • La furie du désir/Ruby Gentry de King Vidor_1952 [Un des meilleurs film de Moïse, il faut bien le reconnaître]
  • La guerre des mondes/The war of the worlds de Byron Haskin_1952
  • Rivière sans retour/River of no return de Otto Preminger_1954

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Retour vers le futur : Les 34 de 1953

Dans Cinéma, Rétrospective, Top le 14/04/2013 à 16:20
© RKO Radio Pictures, MGM, Columbia Pictures Corporation, Delphinus, Wald/Krasna Productions, Fidelity Pictures Corporation, Franco London Films, Bryan Foy Productions, CICC, Twentieth Century Fox, Warner Bros., Tv Junior Filmi

© RKO Radio Pictures, MGM, Columbia Pictures Corporation, Delphinus, Wald/Krasna Productions, Fidelity Pictures Corporation, Franco London Films, Bryan Foy Productions, CICC, Twentieth Century Fox, Warner Bros., Tv Junior Filmi

57 films vus sur les 584 sortis en 1953 [Source : Encyclo-ciné] et le western ne s’est jamais aussi bien porté…

N’oubliez pas de passer chez Zoom arrière [dont je projette sournoisement de bouleverser bientôt la rigueur du classement], où l’édito est signé cette année par le taulier de Nightswimming, que je remercie ici de son Doo-doo-doo-doo-doo-doo / I’m singing in the rain puisqu’il a grêlé sur Paris le jour de sa publication. Thank you Doudou, donc !

La quinzaine magnifique

  • Un si doux visage/Angel face de Otto Preminger_1952
  • La captive aux yeux clairs/The big sky de Howard Hawks_1952
  • Règlement de comptes/The big heat de Fritz Lang_1953
  • L’appât/The naked spur de Anthony Mann_1952
  • Le carrosse d’or de Jean Renoir_1952
  • Les indomptables/The lusty men de Nicholas Ray_1952 Lire la suite »

Retour vers le futur : Les 35 de 1952

Dans Cinéma, Rétrospective, Top le 12/03/2013 à 18:02
© Daiei Motion Picture Company, Twentieth Century Fox Film Corporation,  Warner Bros. Pictures, Republic Pictures, Robert et Raymond Hakim,  Universal International Pictures, Mercury Productions, RKO Radio Pictures, Celebrated Productions, Compagnie Commerciale Française Cinématographique (CCFC), Paramount Pictures, Gainsborough Pictures, Deputy Corporation

© Daiei Motion Picture Company, Twentieth Century Fox Film Corporation, Warner Bros. Pictures, Republic Pictures, Robert et Raymond Hakim, Universal International Pictures, Mercury Productions, RKO Radio Pictures, Celebrated Productions, Compagnie Commerciale Française Cinématographique (CCFC), Paramount Pictures, Gainsborough Pictures, Deputy Corporation

Nous revoici en compagnie de Zoom arrière !

Et en cette belle année 1952 (présentée par le taulier du Journal Cinéma du Dr Orlof), une jolie moisson de 53 films sur les 551 enregistrés par Encyclo-ciné et pas grand chose à jeter, quoique.

La quinzaine prodigieuse

  • Rashomon de Akira Kurosawa_1950
  • L’affaire Cicéron/Five fingers de Joseph-Leo Mankiewicz
_1951
  • L’inconnu du Nord-Express/Strangers on a train de Alfred Hitchcock_1951
  • L’homme tranquille/The quiet man de John Ford_1952
  • Casque d’or de Jacques Becker_1951
  • Les affameurs/Bend of the river de Anthony Mann_1951 Lire la suite »

Retour vers le futur : Les 32 de 1951

Dans Cinéma, Rétrospective, Top le 11/02/2013 à 09:26
© Dorkay Productions, 20th Century Fox, Universal, Argosy Pictures, RKO, Columbia, Paramount, The Archers, Roberts Pictures, Warner Bros & Ultramar Films

© Dorkay Productions, 20th Century Fox, Universal, Argosy Pictures, RKO, Columbia, Paramount, The Archers, Roberts Pictures, Warner Bros & Ultramar Films

Une moisson de 40 films seulement sur les 559 [Source : encyclo-ciné] sortis en 1951, mais quasiment que de la balle !

Manifestement, l’équipe de Zoom arrière en a visionné bien plus. A lire, ici.

La treizaine prodigieuse

  • Pandora/Pandora and the flying Dutchman de Albert Lewin_1951
  • Eve/All about Eve de Joseph L. Mankiewicz_1950
  • Mark Dixon détective/Where the sidewalk ends de Otto Preminger_1950
  • Winchester 73 de Anthony Mann_1950
  • Rio Grande de John Ford_1950 Lire la suite »

Retour vers le futur : Les 43 de 1950

Dans Cinéma, Rétrospective, Top le 12/01/2013 à 10:00
© Warner Bros., Mercury Productions, King Brothers Productions, Argosy Pictures, 20th Century Fox, Films Sacha Gordine, MGM, Berit Films, André Paulve Films, Columbia Pictures & Loews

© Warner Bros., Mercury Productions, King Brothers Productions, Argosy Pictures, 20th Century Fox, Films Sacha Gordine, MGM, Berit Films, André Paulve Films, Columbia Pictures & Loews

Certes, nous sommes désormais en 2013 mais pour certains, nous venons de fêter l’avènement de l’année 1950… avec un édito signé Inisfree.

Si l’on en croit  Encyclo-ciné, 512 films ont été distribués en notre doux pays de France, et après réflexion, il me semble bien n’en avoir vu que 55 ! Mais non des moindres.

La quinzaine à tomber

  • L’enfer est à lui/White heat de Raoul Walsh_1949 [Top of the world, Ma!]
  • La charge héroïque/She wore a yellow ribbon de John Ford_1949
  • Macbeth de Orson Welles_1947
  • Le démon des armes/Gun crazy de Joseph H. Lewis_1949
  • Les forbans de la nuit/Night and the city de Jules Dassin_1950
  • La garce/Beyond the forest de King Vidor_1949
  • La rivière d’argent/Silver river de Raoul Walsh_1948
  • La ronde de Max Ophüls_1950
  • Quand la ville dort/The asphalt jungle de John Huston_1950
  • Le rebelle/The fountainhead de King Vidor_1948
  • Stromboli de Roberto Rossellini_1949
  • Orphée de Jean Cocteau_1949
  • La corde/Rope de Alfred Hitchcock_1948
  • Panique dans la rue/Panic in the streets de Elia Kazan_1950
  • Les trois Mousquetaires/The three musketeers de George Sidney_1948

Les challengers

  • Le baron de l’Arizona/The Baron of Arizona de Samuel Fuller_1949 Lire la suite »

Top Cinéma 2012 – En aparté

Dans Cinéma, Rétrospective, Top le 02/01/2013 à 11:48

Comme l’an passé, sous le fallacieux prétexte de distinguer plus de films que la sempiternelle dizaine/quinzaine habituelle, j’ai dépiauté menues quelques pépites supplémentaires qui viennent compléter mon Top 15 2012.

Ces souvenirs — parfois saugrenus, souvent cruels, toujours touchants — une fois égrenés laissent à nouveau apparaître une belle année de ciné.

Que 2013 soit encore meilleure, donc !

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La ville

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© TFM Distribution

© TFM Distribution

Hong Kong (re)découverte en une soixantaine de films dévorés au Festival Paris Cinéma 2012

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Les couples

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© Happiness Distribution

© Happiness Distribution

Rachel Mwanza et Serge Kanyinda [Rebelle de Kim Nguyen_2011]

© Diaphana Distribution

© Diaphana Distribution

Solomon Glave et Shannon Beer [Les hauts du Hurlevent/Wuthering Heights de Andrea Arnold_2011] Lire la suite »

Top Cinéma 2012 – Ma quinzaine préférée

Dans Cinéma, Rétrospective, Top le 01/01/2013 à 11:41

Voici venu le temps des rires et des chants du top annuel.

Et pour sûr, j’ai certainement oublié quelques films…

Sans compter que j’ai raté pas mal de sorties dans la mesure où 2012, rétrospectivement, pour quelques raisons indépendantes de ma volonté et sur lesquelles je ne m’étendrai pas, est sans doute l’année où j’ai vu le moins de films récents en salles (exception faite cependant de celles du Forum des Images et de la Cinémathèque où je compte bien aller me vautrer encore cette année de temps à autre).

En espérant que 2013 soit moins chienne plus productive, je vous laisse à votre lecture.

****

Le top 15

[dans l'ordre ou le désordre, peu importe pourvu qu'il y ait de l'ivresse]
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© Capricci Films

© Capricci Films

Fengming, chronique d’une femme chinoise/Fengming, a Chinese memoir de Wang Bing_2007

© Capricci Films

© Capricci Films

Le fossé/Jiabiangou de Wang Bing_2010 Lire la suite »

Retour vers le futur : Les 45 de 1949

Dans Cinéma, Rétrospective, Top le 09/12/2012 à 13:06
© The archers, Twentieth Century Fox Film Corporation, Monterey Productions, RKO Radio Pictures, Warner Bros. Pictures, London Film Productions

© The archers, Twentieth Century Fox Film Corporation, Monterey Productions, RKO Radio Pictures, Warner Bros. Pictures, London Film Productions

Poursuite de notre voyage dans le temps en compagnie de Zoom arrière où le taulier de Nightswimming s’est fendu d’un édito. Près d’une soixantaine de films vus ici sur les 465 distribués en 1949 (source : Encyclo-ciné) classés comme à mon habitude, selon mon bon plaisir.

L’octette prodigieux

  • Le narcisse noir/Black narcissus de Michael Powell et Emmerich Pressburger_1946
  • La chasse à l’homme/Man hunt de Fritz Lang_1941
  • Les chaussons rouges/The red shoes de Michael Powell et Emmerich Pressburger_1948
  • La rivière rouge/Red river de Howard Hawks_1948
  • La griffe du passé/Out of the past de Jacques Tourneur_1947
  • Le trésor de la Sierra Madre/The treasure of the Sierra Madre de John Huston_1947
  • Le troisième Homme/The third man de Carol Reed_1949
  • Chaînes conjugales/A letter to three wives de Joseph-Leo Mankiewicz_1949

Le classique

  • Le voleur de bicyclette/Ladri di biciclette de Vittorio De Sica_1947

Hors compétition

  • Allemagne année zéro/Germania anno zero de Roberto Rossellini_1947
  • Le Silence de la mer de Jean-Pierre Melville_1947

Le court-métrage

  • Le sang des bêtes de Georges Franju_1949

Les excellentes pelloches

  • Nous avons gagné ce soir/The set-up de Robert Wise_1949
  • Le pirate/The pirate de Vincente Minnelli_1947 [Ai-je déjà causé de la passion folle que m'inspire le fondement de Gene Kelly ? oui, certainement]
  • L’affaire Barbe Bleue/Bluebeard de Edgar G. Ulmer_1944
  • Crime passionnel/Fallen angel de Otto Preminger_1945
  • Allez coucher ailleurs/I was a male war bride de Howard Hawks_1949
  • Berlin Express de Jacques Tourneur_1947
  • Pour toi j’ai tué/Criss Cross de Robert Siodmak_1948
  • Hangover Square de John Brahm_1945
  • La scandaleuse de Berlin/A foreign affair de Billy Wilder_1948
  • Les Marx Brothers au grand magasin/The big store de Charles Reisner_1941
  • Riz amer/Riso amaro de Giuseppe De Santis_1949
  • Cinquième colonne/Saboteur de Alfred Hitchcock_1942
  • Key Largo de John Huston_1948
  • Laurel et Hardy conscrits/The flying deuces de Edward Sutherland_1939
  • La cité sans voiles/The naked city de Jules Dassin_1948
  • Le champion/Champion de Mark Robson_1949
  • Le grand passage/Northwest passage de King Vidor_1940
  • Les insurgés/We were strangers de John Huston_1949

À la rigueur

  • L’ombre de l’introuvable/Shadow of the thin man de W. S. Van Dyke_1941
  • La grande horloge/The big clock de John Farrow_1948
  • La clé de verre/The glass key de Stuart Heisler_1942
  • La femme aux cigarettes/Road house de Jean Negulesco_1948
  • Echec à Borgia/Prince of foxes de Henry King_1949
  • Et tournent les chevaux de bois/Ride the pink horse de Robert Montgomery_1947
  • Ziegfeld Follies de Vincente Minnelli_1945
  • Far West quatre-vingt-neuf/Return of the bad men de Ray Enright_1948
  • Rendez-vous de juillet de Jacques Becker_1949
  • La dernière rafale/The street with no name de William Keighley_1948
  • Le procès Paradine/The Paradine case de Alfred Hitchcock_1947
  • L’homme au masque de fer/The man in the iron mask de James Whale_1939

La grande rigolade

  • Les tuniques écarlates/Northwest mounted police de Cecil B. De Mille_1940

Pour les gamins

  • Jody et le faon/The yearling de Clarence Brown_1946
  • Une incroyable histoire/The window de Ted Tetzlaff_1949

Sitôt vus, déjà oubliés

  • L’enjeu/State of the Union de Frank Capra_1948 [Autant l'avouer, je ne suis pas très fan du couple Tracy/Hepburn]
  • La femme de l’année/The woman of the year de George Stevens_1942
  • Branquignol de Robert Dhéry_1949
  • Le laitier de Brooklyn/The kid from Brooklyn de Norman-Zenos McLeod_1946
  • Au-delà des grilles de René Clément_1948

Les nanars

  • Manon de Henri-Georges Clouzot_1948
  • Les amants de Vérone de André Cayatte_1947
  • L’Atlantide/Siren of Atlantis de Gregg Tallas, Arthur Ripley et John Brahm_1947
  • Jeanne d’Arc/Joan of Arc de Victor Fleming_1948
  • La fosse aux serpents/The snake pit de Anatole Litvak_1948

La confession du jour

Je suis parfaitement imperméable à l’humour et l’univers de Jacques Tati et Jour de fête_1947 ne change rien à l’affaire. Il n’y a sans doute que le sieur Hulot pour échapper de peu à mon indifférence, et encore.

Pas vu

  •  Les sacrifiés de John Ford [Et d'après Inisfree qui lui consacre un long texte, je suis censée le regretter]

A l’année prochaine !

Si vous avez raté le début :

A suivre…

Retour vers le futur : Les 42 de 1948

Dans Cinéma, Rétrospective, Top le 11/11/2012 à 17:55

© Charles Chaplin Prod., Vanguard Films, The Selznick Studio, Twentieth Century Fox, Walter Wanger Prod., Rampart Prod., Argosy Pictures, Paramount Pictures, Arnold Pressburger Films et Two Cities Films

Voici un nouvel épisode du petit rendez-vous auquel Zoom arrière nous convie depuis quelques mois — avec cette année, un édito signé par ce bon Dr Orlof.

Sur les 474 films sortis en France et en Navarre en 1948 et recensés à ce jour par Encyclo-ciné, je n’en ai vu qu’une petite cinquantaine, à découvrir de préférence plus au moins comme suit.

La dizaine prodigieuse

  • Les enchaînés/Notorious de Alfred Hitchcock_1946
  • Monsieur Verdoux de Charles Chaplin_1947
  • L’aventure de Madame Muir/The ghost and Mrs Muir de Joseph L. Mankiewicz_1947
  • Duel au soleil/Duel in the sun de King Vidor_1946
  • Correspondant 17/Foreign correspondent de Alfred Hitchcock_1940
  • Le massacre de Fort Apache/Fort Apache de John Ford_1948
  • Lettre d’une inconnue/Letter from an unknown woman de Max Ophüls_1948
  • Les voyages de Sullivan/Sullivan’s travels de Preston Sturges_1941
  • The Shanghai gesture de Josef von Sternberg_1941
  • Huit Heures de sursis/Odd man out de Carol Reed_1947

Le classique qu’il faut avoir vu [et aimé ou on a l'air idiot, voire pire : insensible]

  • La vie est belle/It’s a wonderful life de Frank Capra_1946

Le trio langien

  • Le secret derrière la porte/Secret beyond the door de Fritz Lang_1947
  • Espions sur la Tamise/The ministry of fear de Fritz Lang_1943
  • Le retour de Frank James/The return of Frank James de Fritz Lang_1940

Pour mémoire

  • Les assassins sont parmi nous/Die Mörder sind unter uns de Wolfgang Staudte_1946

Les excellentes pelloches

  • La vallée de la peur/Pursued de Raoul Walsh_1947  [Mitchum, magnifique, y soulève les deux paupières]
  • Boule de feu/Ball of fire de Howard Hawks_1941
  • Le charlatan/Nightmare Alley de Edmund Goulding_1947
  • La femme sur la plage/The woman on the beach de Jean Renoir_1946
  • La bête aux cinq doigts/The beast with five fingers de Robert Florey_1946
  • La tour de Londres/Tower of London de  Rowland-V. Lee_1939 [Avec ces sublimes cabotins de Basil, Boris et Vincent, dont le trépas est, il faut bien l'avouer, positivement hilarant]
  • L’étrange Incident/The ox-bow incident de William A. Wellman_1942
  • Tourments/Hets de Alf Sjöberg_1944 [C'est tellement beau, on dirait du Bergman (humour)]
  • Le dahlia bleu/The blue dahlia de George Marshall_1946
  • Les démons de la liberté/Brute Force de Jules Dassin_1947
  • Sang et or/Body and soul de Robert Rossen_1947
  • Le criminel/The stranger de Orson Welles_1946
  • Les passagers de la nuit/Dark passage de Delmer Daves_1947
  • Le Fil du rasoir/The razor’s edge de Edmund Goulding_1946 [Gene + Tyrone, s'ils font un petit, mettez m'en un de côté]
  • Dédée d’Anvers de Yves Allégret_1947 [Pour Simone, la superbe]
  • Du sang sur la piste/Trail Street de Ray Enright_1947 [Randolph Scott + Robert Ryan... OK ?]
  • Le diable boiteux de Sacha Guitry_1948 [Guitry en Talleyrand, est-il besoin d'en rajouter ? Imperméables à l'esprit de l'auteur s'abstenir]
  • Le carrefour de la mort/Kiss of death de Henry Hathaway_1947 [Inoubliable grâce à cette hyène de Widmark]
  • La dame du lac/Lady in the lake de Robert Montgomery_1946 [Ne serait-ce que pour y admirer le tour de force que représentait à l'époque un film entièrement tourné en caméra subjective]
  • Yolanda et le voleur/Yolanda and the thief de Vincente Minnelli_1945 [Fort ludique et on n'y chante pas trop]
  • Honni soit qui mal y pense/The bishop’s wife de Henry Koster_1947 [Avec Cary Grant en ange... ça laisse rêveuse, oui]

Les curiosités

  • Le médaillon/The locket de John Brahm_1946 [Un film étonnant au scénario alambiqué à souhait et une invraisemblable créature interprétée par Laraine Day]
  • Lame de fond/Undercurrent de Vincente Minnelli_1946 [Un film noir rare et avec un Mitchum quasi chérubin]
  • Johnny roi des gangsters/Johnny Eager de Mervyn Le Roy_1942 [Robert Taylor à son meilleur]

La franche rigolade

  • La maison du docteur Edwardes/Spellbound de Alfred Hitchcock_1945 [La psychanalyste selon Tonton Hitchcock... Et Peck à côté de ses pompes... A hurler de rire, encore et toujours, à chaque vision]

Les nanars magnifiques

  • Le banni/The outlaw de Howard Hughes_1943 [Enfin découvert sur grand écran lors de L'Etrange Festival 2012]
  • Dieu est mort/The fugitive de John Ford_1947 [Même ce brave Henry Fonda le voue aux gémonies, c'est tout dire]

A la rigueur

  • Le mur invisible/Gentleman’s agreement de Elia Kazan_1947 [J'ai un problème avec Elia]
  • Casbah de John Berry_1948 [Inénarrable remake de Pépé le Moko. Peter Lorre joue Slimane]
  • Impasse des Deux-Anges de Maurice Tourneur_1948 [Pour Simone, toujours]
  • Ambre/Forever Amber de Otto Preminger_1947
  • Capitaine de Castille/Captain from Castile de Henry King_1947
  • Les parents terribles de Jean Cocteau_1948 [Dans la famille Terrible, je préfère Les enfants]
  • Les aventures de Tarzan à New York/Tarzan’s New York adventure de Richard Thorpe_1942 [Mais Patrick Brion défend ardemment sa fantaisie]
  • La chartreuse de Parme de Christian-Jaque_1947 [Gérard Philippe est un être exquis, répétons-le. Mais je le préfère en gredin]
  • Hamlet de Laurence Olivier_1948 [Cf. 1947 sur les adaptations sur Shakespeare]
  • Ruy Blas de Pierre Billon_1947 [Les ministres sont toujours aussi (peu) intègres, mais c'est bien moins drôle que La folie des grandeurs]
  • Copacabana de Alfred E. Green_1947 [Pour Groucho et la Miranda]
  • L’armoire volante de Carlo Rim_1948 [Un des meilleurs Fernandel avec Don Camillo et Marguerite]

Sitôt vus, déjà oubliés

  •  Aux yeux du souvenir de Jean Delannoy_1948 [Morgan/Delannoy, deux bonnes raisons pour être amnésique]
  • Figure de proue de Christian Stengel_1947 [Avec cette brave Madeleine Sologne]
  • Les casse-pieds de Jean Dréville_1948 [Noël Noël sévit encore]

Pas vus et je le regrette amèrement

  • Le journal d’une femme de chambre/Diary of a chambermaid de Jean Renoir_1945 [Histoire de comparer cette coquine de Paulette à mademoiselle Jeanne]
  • Les écumeurs/The spoilers de  Ray Enrigh_1942 [Pour le couple Dietrich/Wayne que je trouve bien plus amusant que le couple Gabin/Dietrich]
  • Tumak, fils de la jungle/One million BC de Hal Roach Jr_1940 [Victor Mature en slip panthère,  ce doit être épique]

Par ailleurs, si l’on en croit le club des 5 et consorts, il me faudrait voir Gentleman Jim de Raoul Walsh_1942 négligé jusqu’ici… Et il est vrai que lorsque l’on y réfléchit, le bougre ci-dessous donnerait presque envie !

© Warner Bros. Pictures

A l’année prochaine !

Si vous avez raté le début :

A suivre…

Retour vers le futur : Les 55 de 1947

Dans Cinéma, Rétrospective, Top le 23/10/2012 à 12:30

© Palladium Productions, United Artists, Columbia Pictures,The archers, Filmsonor, MGM, Warner Bros., Twentieth Century Fox Film, Selznick International, Majestic Films & Fritz Lang Productions

La machine s’emballe chez Zoom arrière ; nous voici déjà en 1947 …et 477 films sont sortis si l’on en croit la dernière mise à jour d’ Encyclo-ciné. En ayant vu près de 75, et non des moindres, la liste "des films à voir" a une tendance à la rallonge…

La treizaine magnifique

  • Jour de colère/Vredens dag de Carl-Theodor Dreyer_1943
  • Jeux dangereux/To be or not to be de Ernst Lubitsch_1942
  • La dame de Shanghai/The lady from Shanghai de Orson Welles_1947
  • Une question de vie ou de mort/A matter of life and death de Michael Powell et Emmerich Pressburger_1946
  • Panique de Julien Duvivier_1946
  • Le portrait de Dorian Gray/The picture of Dorian Gray de Albert Lewin_1944 [La meilleure adaptation du roman de ce brave Oscar et un George Sanders pervers à souhait. Il faut réévaluer d'urgence l’œuvre d'Albert Lewin]
  • Le grand sommeil/The big sleep de Howard Hawks_1946
  • Le port de l’angoisse/To have and have not de Howard Hawks_1944
  • La poursuite infernale/My darling Clementine de John Ford_1946
  • Rebecca de Alfred Hitchcock_1940
  • Quai des Orfèvres de Henri-Georges Clouzot_1947
  • La rue rouge/Scarlet street de Fritz Lang_1945
  • and last, but not the least : Péché mortel/Leave her to Heaven de John-M. Stahl_1945 [Comme je l'ai déjà écrit ici, une fin bien moins morale que l'actuel happy-end aurait suffi à mettre ce magnifique mélo bien au-dessus de la mêlée. Quoiqu'il en soit, tout film avec Gene Tierney au générique devrait être déclaré trésor national].

Les fashion victims

  • Les tueurs/The killers de Robert Siodmak_1946 [Ava et sa robe noire — sans compter qu'elle sait aussi bien ramper que la Rita de Shanghai]
  • Gilda de Charles Vidor_1946 [Rita, sa chevelure et son gant]
  • Le facteur sonne toujours deux fois/The postman always rings twice de Tay Garnett_1946 [Lana et son petit ensemble estival immaculé]
  • L’emprise du crime/The strange love of Martha Ivers de Lewis Milestone_1946 [Barbara, ses yeux revolver et la fossette de Kirk]
  • Le Château du dragon/Dragonwyck de Joseph L. Mankiewicz_1946 [Gene, ses fanfreluches et Vincent Price, est-il nécessaire d'en dire plus ?]
  • Indiscrétions/The Philadelphia story de George Cukor_1940 [Miss Kate et ses accessoires, Cary & James]
  • Tueur à gages/This gun for hire de Frank Tuttle_1942 [Veronica et sa mèche]

La découverte tardive [mais ô combien étonnante]

  • Le démon de la chair/The strange woman de Edgar George Ulmer_1946

Les classiques

  • Casablanca de Michael Curtiz_1942
  • Les plus belles années de notre vie/The best years of our lives de William Wyler_1946 [Quoique je confesse une nette préférence pour le Curtiz]

Hors compétition

  • Les bourreaux meurent aussi/Hangmen also die de Fritz Lang_1943
  • Paisa de Roberto Rossellini_1946

Les bizarreries

  • Angoisse/Experiment perilous de Jacques Tourneur_1944 [Une atmosphère extraordinaire, une Hedy Lamarr qui ne l'est guère moins et malgré une impression d'inachevé, une fausse fin ouverte et une étrangeté constante. A réévaluer]
  • Le signe du cobra/Cobra woman de Robert Siodmak_1943 [Découvert dans un coffret, flanqué de deux fabuleux films noirs — Phantom lady (voir 1946) et The killers —, une étrangeté exotique à découvrir]

Le trio walshien

  • Une femme dangereuse/They drive by night de Raoul Walsh_1940
  • La grande évasion/High sierra de Raoul Walsh_1941
  • La charge fantastique/They died with their boots on de Raoul Walsh_1941 [Et c'est bien parce que c'est Raoul et qu'il y a Errol, parce que franchement oser porter au pinacle ce boucher de Custer et ses hommes, pouah !]

Quelques excellentes pelloches

  • L’aigle des mers/The sea hawk de Michael Curtiz_1940
  • Le cygne noir/The black swan de Henry King_1942 [Casting de folie et nettement plus rigolo que le volatile anorexique de Aronofsky]
  • Jack l’éventreur/The lodger de John Brahm_1943
  • Hellzapoppin de Henry-Codman Potter_1941
  • Antoine et Antoinette de Jacques Becker_1946 [Le charme à l'état pur, à chaque vision]
  • La double enigme/The dark mirror de Robert Siodmak_1946 [Une bizarrerie psy avec une double Olivia de Havilland tout à fait étonnante]
  • Un cœur pris au piège/The Lady Eve de Preston Sturges_1941
  • La lettre/The letter de William Wyler_1940 [Le Bette Davis trop chienne de l'année]
  • Hantise/Gaslight de George Cukor_1944 [Ingrid, Hitchcockienne en diable, est bien plus crédible ici que chez Sam Wood]
  • Le poison/The lost week-end de Billy Wilder_1945
  • Les deux légionnaires/Beau Hunks de James-W. Horne et James Parrott_1931 [Raison 1 : Laurel. Raison 2 : Hardy]
  • Le diable au corps de Claude Autant-Lara_1946
  • L’homme de la rue/Meet John Doe de Frank Capra_1941 [Le couple Cooper/Stanwyck à retrouver derechef l'année suivante chez Hawks]
  • Le fantôme de l’opéra/The phantom of the opera de Arthur Lubin_1943 [Même si mon adaptation préférée est la version Hammer, ici, il y a Claude Rains et c'est une raison amplement suffisante]
  • Les naufrageurs des mers du Sud/Reap the wild wind de Cecil B.De Mille_1942
  • Le roman de Mildred Pierce/Mildred Pierce de Michael Curtiz_1945 [Oublions Joan et admirons Ann Blyth]
  • Une nuit à Casablanca/A night in Casablanca de Archie Mayo_1946
  • En marge de l’enquête/Dead reckoning de John Cromwell_1946 [Un bon Bogart]
  • Feux croisés/Crossfire de Edward Dmytryk_1947
  • Cape et poignard/Cloak and Dagger de Fritz lang_1946
  • Le chevalier de la vengeance/Son of fury de John Cromwell_1941 [Ce film mériterait d'être dans la case ci-dessous s'il n'y avait Miss Tierney en indigène — voir plus haut — et Sanders en malfaisant. Un must !]

Les franches rigolades

  • La maison des sept péchés/Seven sinners de Tay Garnett_1940 [Marlène se nomme Bijou et John Wayne badine (!!)]
  • Arènes sanglantes/Blood and sand de Rouben Mamoulian_1941 [Tyrone Power en habit de lumière, non mais franchement... Quelle (excellente) blague !]

Les gros mélos des familles

  • Une femme cherche son destin/Now, voyager de Irving Rapper_1942 [Bette jesaistoutjoueretjeveuxetrepartout Davis]
  • La valse dans l’ombre/Waterloo Bridge de Mervyn Le Roy_1940

À la rigueur

  • Quel pétard !/Great guns de Monty Banks_1941 [Encore Laurel, toujours Hardy. L'armée moins drôle que la légion]
  • Le trésor de Tarzan/Tarzan’s secret treasure de Richard Thorpe_1941 [Mais Patrick Brion n'en pense que du bien]
  • Le chant du Missouri/Meet me in St. Louis de Vincente Minnelli _1944 [Mais je ne suis pas férue de comédie musicale, il me faut bien l'avouer]
  • Voyage au pays de la peur/Journey into fear de Norman Foster et Orson Welles_1942 [Avec Welles et Cotten, on est en droit d'attendre bien mieux]
  • Henry V de Laurence Olivier_1944 [Si l'on aime l'Old Vic sur grand écran]
  • Bambi de Dave Hand_1942 [Idéal si l'on souhaite définitivement traumatiser ses mioches. Ensuite, PanPan... ben, pan !]
  • Le silence est d’or de René Clair_1946 [Faut aimer Maurice Chevalier]
  • Quatre pas dans les nuages/Quattro passi fra le nuvole de Alessandro Blasetti_1942 [Par contre, si vous souhaitez rire, vous pouvez vous offrir un double programme avec l'inénnarrable Les vendanges de feu/A walk in the clouds de Alfonso Arau_1995]

Parfaitement oubliables

  • Le diable s’en mêle/The devil and Miss Jones de Sam Wood_1941 [A ne pas confondre avec The devil and Mrs Jones, nettement plus imaginatif]
  • Pour qui sonne le glas ?/For whom the bell tolls ? de Sam Wood_1943 [Excepté pour le maquillage outré d'Ingrid en espagnole (!) et parce qu'elle a été immortalisée avec Gary dans le morphing du générique du Cinéma de minuit]
  • Copie conforme de Jean Dréville_1946 [Louis Jouvet fait bien mieux chez Clouzot]
  • 10 petits indiens/And then there were none de René Clair [Une adaptation plutôt appliquée d'Agatha Christie, quelques cabotins et un invraisemblable happy-end. A oublier donc]
  • Franc jeu/Honky Tonk de Jack Conway_1941 [Y a Gable et Turner. Bon. On est content pour eux. Question alchimie, ils repasseront]
  • La vie passionnée des sœurs Brontë/Devotion de Kurt Bernhardt_1943 [Un casting long comme le bras, un ennui insondable]
  • Les cloches de Sainte-Marie/The bells of St. Mary’s de Leo McCarey_1945 [J'ai déjà causé en 1946 du peu d'intérêt que m'inspirait Bing Crosby]

Au secours !

  • Fantômes en vadrouille/Hold that ghost de Arthur Lubin_1941 [Abbott et Costello me file la petite vérole]
  • Le chant de Bernadette/The song of Bernadette de Henry King_1943 [Non mais, cette folle de son corps de Jennifer Jones en Bernadette Soubirous, j'en ris encore, permettez]
  • Monsieur Vincent de Maurice Cloche_1947 [Le film hagiographique et bien pensant à vomir d'ennui]

A mettre sous le coude en vue d’une pré-retraite cinématographique, Les Raisins de la colère/The grapes of wrath de John Ford_1940 que je désespère de voir un jour sur grand écran, dans une copie restaurée (si possible, merci).

A noter qu’un film de 1946 intitulé Ploum ploum tra la la, signé Robert Hennion et interprété par Paulette Dubost et Saturnin Fabre ne doit pas être piqué des hannetons. Si quelqu’un a une copie, qu’il soit généreux et partage la chose.

A l’année prochaine !

Ava, Rita, Lana © Mark Hellinger Productions, Columbia Pictures, MGM

Si vous avez raté le début :

A suivre…

Retour vers le futur : Les 25 de 1946

Dans Cinéma, Rétrospective, Top le 04/10/2012 à 09:18

© Twentieth Century Fox, Mosfilm, Warner Bros., Twentieth Century Fox, DisCina, Christie Corporation, Excelsa Film, Paramount Pictures, RKO, Mercury Production, Pantheon Productions, Universal Pictures

Cette année, c’est sous la houlette du taulier de Inisfree que Zoom arrière continue son aventure.

De plus en plus de films déboulent sur les écrans, plus difficile est donc le choix. Ayant vu une cinquantaine de films sur les 247 sorties de 1946 recensées par Encyclo-ciné, je me suis amusée à les égrener (mais je ne ferai sans doute pas ça tous les ans) ci-dessous tout en en distinguant 25 (oui, ce fut une belle année); énumération à laquelle j’ai ajouté quelques nanars magnifiques tant leur souvenir me fait encore sourire. Plus 2/3 flops strictement personnels.

Quant à la liste des films qu’il me reste à découvrir, elle se rallonge encore de quelques titres.

Le nonetto gagnant

  • Le ciel peut attendre/Heaven can wait de Ernst Lubitsch_1943
  • Ivan le Terrible/Ivan Groznyj de Sergueï M. Eisenstein_1942-1945
  • Laura de Otto Preminger_1944
  • La Belle et la bête de Jean Cocteau_1945
  • Arsenic et vieilles dentelles/Arsenic and old lace de Frank Capra_1941
  • Rome ville ouverte/Roma città aperta de Roberto Rossellini_1945
  • Assurance sur la mort/Double Indemnity de Billy Wilder_1943
  • La femme au portrait/The woman in the window de Fritz Lang_1944
  • Soupçons/Suspicion de Alfred Hitchcock_1941

Le classique

  • Citizen Kane d’Orson Welles_1941

Hors compétition

  • Une partie de campagne de Jean Renoir_1936 [moyen-métrage]

La découverte tardive [mais ô combien fort plaisante]

  • Les mains qui tuent/Phantom lady de Robert Siodmak_1943 [Mention spéciale à Elisha Cook Jr.]

Les challengers

  • Le faucon maltais/The maltese falcon de John Huston_1941
  • La splendeur des Amberson/The magnificent Ambersons de Orson Welles_1942
  • Le magicien d’Oz/The wizard of Oz de Victor Fleming_1939
  • Le crime vient à la fin/Murder my sweet de Edward Dmytryk_1944
  • Sylvie et le fantôme de Claude Autant-Lara_1945
  • Femme ou démon/Destry rides again de George Marshall_1939
  • Uniformes et jupon court/The Major and the Minor de Billy Wilder_1942
  • Le cavalier du désert/The Westerner de William Wyler_1940
  • La vipère/The little foxes de William Wyler_1941 [Parce qu'il faut voir tous les films de Bette Davis]

Quelques amusantes pelloches

  • Le train de la mort/Terror by night de Roy-William Neill_1945 [Basil Rathbone possédant la morgue idéale pour interpréter ce grand déviant de Sherlock Holmes, on en redemande]
  • Obsessions/Flesh and fantasy de Julien Duvivier_1943
  • Le fils de Monte-Cristo/The son of Monte-Cristo de Rowland V. Lee_1940
  • Le signe de Zorro/The mark of Zorro de Rouben Mamoulian_1940

À la rigueur

  • Docteur Jekyll et Mister Hyde/Doctor Jekyll and Mister Hyde de Victor Fleming_1941 [Mais je préfère la version de Rouben Mamoulian avec Fredric March et surtout Miriam Hopkins, bien plus crédible en fille de joie que cette brave Ingrid]
  • Fantasia de Samuel Armstrong, James Algar, Bill Roberts, Paul Satterfield, Hamilton Luske, Jim Handley, Ford Beebe, Norman Ferguson, T. Hee, Wilfred Jackson_1940 [Je ne m'avoue pas grande fan des productions Disney]
  • L’esprit s’amuse/Blithe spirit de David Lean_1945 [Pour le délicieux Rex Harrisson]
  • Jane Eyre de  Robert Stevenson_1944 [Pour se voir confirmer que Orson Welles est bien plus effrayant en Rochester que ce pue-le-sexe de Fassbender]
  • La mort n’était pas au rendez-vous/Conflict de Kurt Bernhardt_1943 [Il y a Bogart et Greenstreet mais ça n'est pas Le faucon maltais et Bernhardt n'est pas Huston]
  • La Bataille du rail de René Clément_1945 [Parce que le film est une partie de notre histoire et que Clément est un pro. A voir une fois, et basta]

Parfaitement oubliables

  • L’intrigante de Saratoga/Saratoga trunk de Sam Wood_1945 [Malgré Ingrid, sitôt vu, déjà oublié]
  • La glorieuse parade/Yankee Doodle Dandy de Michael Curtiz_1941 [Moi et les biopics, ça fait deux. Ensuite, je préfère Cagney en fou défouraillant que danseur de claquettes poussant la chansonnette]
  • L’odyssée du docteur Wassell/The story of Dr Wassell de Cecil B. De Mille_1944 [Je ne m'appelle pas Luc Moullet, je ne suis pas une fan énamourée de ce brave Cecil]
  • Le bal des sirènes/Bathing beauty de George Sidney_1944 [Je ne me prononcerai pas sur le talent de comédienne d'Esther Williams. N'étant déjà pas très fan de comédie musicale alors des danseuses dans la flotte... no comment]
  • Le père tranquille de René Clément_1946 [Inglorious papi]
  • L’affaire du collier de la reine de Marcel L’Herbier_1945 [Dans le genre, Sacha Guitry a bien plus d'esprit]

Les barbants

  • Brève rencontre/Brief encounter de David Lean_1945 [Allez-y, lynchez moi!]
  • Back Street de Robert Stevenson_1941 [J'ai vomi]
  • Madame Miniver/Mrs Miniver de William Wyler_1942 [Greer Garson, la seule rouquine qui ne soit pas incendiaire]
  • Envol vers le bonheur/Intermezzo, a love story de Gregory Ratoff_1939 [Je ne comprendrai jamais l'engouement de Miss Scarlett pour cette quiche de Leslie Howard]
  • Wilson de Henry King_1944 [Woodrow Wilson était nettement moins crétin et de ce fait, rigolo que W. ça vous donne un peu le niveau hagiographique de la chose]
  • L’idiot de Georges Lampin _1945 [Gérard Philippe est un très joli garçon mais je le déteste quand il joue comme un poète]

La grande rigolade

  • Martin Roumagnac de Georges Lacombe_1946 [Gabin et Marlène étaient amoureux fous serait la seule explication de la production du bidule]
  • Les clés du royaume/The keys of the kingdom de John M. Stahl_1944 [Grégory Peck en prêtre... Est-il nécessaire d'en dire plus]

Au secours !

  • La symphonie pastorale de Jean Delannoy_1946 [Voir 1945]
  • Sérénade aux nuages de André Cayatte_1945 [Pour Cayatte, même punition que pour Delannoy]
  • Les portes de la nuit de Marcel Carné_1946 [Grand moment de poésie de pacotille]
  • Macadam de Marcel Blistène Jacques Feyder_1946

Je n’ai vu ni le McCarey — Seigneur ! délivrez-nous de Bing Crosby, merci — ni le Ford de l’année et je ne suis certes pas pressée de rattraper ce retard.

Mes regrets de 1946 ? d’avoir raté Au cœur de la nuit/Dead of night, le film à sketches de Alberto Cavalcanti, Charles Crichton, Basil Dearden et Robert Hamer et Le voleur de Bagdad/The thief of Bagdad, version Ludwig Berger, Michael Powell et Tim Whelan. Pour le reste, je m’en remettrai.

A l’année prochaine !

Si vous avez raté le début :

A suivre…

Retour vers le futur : Les 13 de 1945

Dans Cinéma, Rétrospective, Top le 23/09/2012 à 20:27

© Charles Chaplin Productions — Skirball Productions — Société Nouvelle Pathé Cinéma — Columbia Pictures Corporation — Les Films Raoul Ploquin

Dans la perspective de fêter la naissance d’un nouveau blog total’ vintage, j’ai nommé Zoom arrière commis par Le club des 5 et consorts [fait qui n’étonnera guère ceux qui connaissent le goût du taulier de Nightswimming pour les tableaux étoilés], voici donc — pour répondre aux mieux à son Sur vos écrans en 1945 — mes préférences pour les films sortis cette année là, petit top sans étoile, les premiers titres brillant par eux-mêmes.

Suivi d’un flop et de quelques regrets.

Le quinté gagnant

  • Le dictateur/The dictator de Charles Chaplin_1940
  • L’ombre d’un doute/Shadow of a doubt d’Alfred Hitchcock_1943
  • Les enfants du paradis de Marcel Carné_1943
  • La dame du vendredi/His girl friday de Howard Hawks_1940
  • Les dames du bois de Boulogne de Robert Bresson_1944

Quelques excellentes pelloches

  • La vie privée d’Elisabeth d’Angleterre/The private lives of Elizabeth and Essex de Michael Curtiz_1939 [parce qu'Errol Flynn en collants, ça ne se refuse jamais]
  • Têtes de pioches/Blockheads de John-G. Blystone_1938 [parce que je ne peux pas résister à Stan Laurel]
  • C’est arrivé demain/It happened tomorrow de René Clair_1943
  • A chaque aube je meurs/Each dawn I die de William Keighley_1939
  • Sergent York de Howard Hawks_1941
  • Falbalas de Jacques Becker_1944

Hors compétition

  • L’espoir d’André Malraux_1938

La curiosité

  • Le retour du docteur X/The return of doctor X de Vincent Sherman_1939 [découvert au cinéma de minuit. Force m'est de reconnaître que je me souviens bien plus des anecdotes que du film de Vincent Sherman où se commettait bien malgré lui, si l'on en croit Patrick Brion, un juvénile Humphrey Bogart]

À la rigueur

  • Femmes/The women de George Cukor_1939 [si on aime les crêpages de chignon et les femmes qui]

Parfaitement oubliables

  • Tarzan trouve un fils/Tarzan finds a son de Richard Thorpe_1939 [ou la fin de l'amour libre et l'apologie de la famille]
  • Orgueil et préjugés/Pride and prejudice de Robert Z. Leonard_1940 [sauf si on aime le jeu empesé en mode balai dans le fondement de Laurence Olivier]
  • Lady Hamilton/That Hamilton Woman de Alexander Korda_1941 [pour le charme de Vivien Leigh. En ce qui concerne Larry, voir ci-dessus]

Supra flops

J’avoue une totale aversion pour la carrière des deux Jeannot, Dréville et Delannoy et leurs films de l’année n’y font pas exception.

  • La cage aux rossignols de Jean Dréville_1944
  • La part de l’ombre de Jean Delannoy_1945
  • L’invité de onze heures de Maurice Cloche_1945 [Comme son nom l'indique]

Je n’ai vu ni Aventures en Birmanie de Raoul Walsh, ni Griffes jaunes de John Huston, ni Boule de suif de Christian-Jaque.

Et je  ne me prononcerai pas sur le Lubitsch de cette année — The shop around the corner — plébiscité par Zoom arrière puisque de mystérieuses circonstances m’ont toujours empêché jusqu’à ce jour de le visionner en entier.

Vivement l’année prochaine !

A suivre…

Top Cinéma 2011 [et autres considérations]

Dans Cinéma, Rétrospective, Top le 13/01/2012 à 19:42

© Lenny Gilmore

Il est plus que temps de sacrifier comme chaque année au fameux marronnier des cinéphiles de tous poils, soit annoncer le top des tops cinéma.

Comme j’ai toujours les plus grandes difficultés à choisir, ordonner et légiférer, vous trouverez ci-dessous une quinzaine de films classés par ordre de préférence — ou bien plutôt dans le désordre de mes (bons) souvenirs — étant entendu qu’il s’agit de l’inspiration du moment, puisque je m’autoriserais toujours à changer d’avis en d’autres temps.

Suivent quelques menues considérations qui me permettent nonobstant de distinguer plus de films que la moyenne prévue.

Et toutes mes confuses pour ceux que j’oublie.

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Le top 15

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30 films [+ 2 résurrections] pour 2010

Dans Cinéma, Rétrospective, Top le 09/01/2011 à 10:24

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Et ce, dans l’ordre d’apparition à l’écran, sans préférence, ni débat, pour le plaisir d’offrir un petit panorama.

Navrée pour ceux que j’ai oubliés ou point vus, voire moins aimés, car 2010 fut encore une belle année*, fort riche en révélations**.

Je n’ai guère pris le temps de compter le nombre de films découverts sur grand écran, encore moins ceux (re)vus en DVD*** mais j’espère vivre une année cinématographique 2011 encore plus passionnante et je vous la souhaite à tous, lecteurs et/ou blogueurs, aussi joyeuse et excitante que possible.

  • A serious man d’Ethan & Joël Coen
  • Tzar de Pavel Lounguine
  • Mother de Joon-Ho Bong
  • La reine des pommes de Valérie Donzelli
  • The ghost writer de Roman Polanski
  • Amer d’Hélène Cattet et Bruno Forzani
  • Valhalla rising de Nicolas Winding Refn
  • Achille et la tortue/Akiresu to kame de Takeshi Kitano
  • Soul Kitchen de Fatih Akin
  • Bad lieutenant : Port of Call New Orleans de Werner Herzog
  • White material de Claire Denis
  • Téhéran/Tehroun de Nader Takmil Homayoun
  • Nuits d’ivresse printanière/Chun feng chen zui de ye wan de Lou Ye
  • La comtesse/The countess de Julie Delpy
  • Mourir comme un homme/Morrer como um homem de Joao Pedro Rodrigues
  • Enter the void de Gaspar Noé
  • Lola de Brillante Mendoza
  • Aisheen (Chroniques de Gaza) de Nicolas Wadimoff
  • Air doll d’Hirokazu Kore-Eda
  • La bocca del lupo de Pietro Marcello
  • Tournée de Mathieu Amalric
  • Carlos, version longue d’Olivier Assayas
  • Toy story 3 de Lee Unkrich
  • City of life and death/Nanjing ! Nanjing ! de Chuan Lu
  • Les amours imaginaires de Xavier Dolan
  • Mystères de Lisbonne/Mistérios de Lisboa de Raoul Ruiz
  • Vénus noire d’Abdellatif Kechiche
  • Outrage/Autoreiji de Takeshi Kitano
  • Le soldat-dieu/Caterpillar de Koji Wakamatsu
  • Bas-fonds d’Isild Le Besco
Les inédits
  • The swimmer de Frank Perry, réalisé en 1968
  • Cabeza de vaca de Nicolas Echevarria, réalisé en 1991
L’affiche

© Gilles Vranckx

La chanson

Calvary de Baby Dee dans Mourir comme un homme de Joao Pedro Rodrigues

La musique

Trent Raznor et Atticus Ross pour The social network de David Fincher

* Et ce n’est pas Pascale qui me contredira.
** Lire à ce propos Rosebuds d’Anthropocinéphage
*** Mais je suis entièrement d’accord avec ce bon dr Orlof lorsqu’il affirme dans son bilan 2010 que le plus gros choc de l’année est la découverte en DVD des films de Koji Wakamatsu.

Photos © StudioCanal, Rezo Films, Diaphana Films, Shellac, Pathé Distribution, Zootrope Films, Le pacte, Océan films, Pyramide Distribution, Metropolitan FilmExport, Wild Bunch Distribution, Haut et court, Le Pacte, Bac Films, EpicSolaris Distribution, Epicentre Films, Wild Bunch Distribution, Equation, Solaris Distribution, Océan Films, Bellissima Films, Le Pacte, MK2 Diffusion, Walt Disney Studios Motion Pictures France, Metropolitan FilmExport, MK2 Diffusion, Alfama Films, MK2 Diffusion, Metropolitan FilmExport, Blaq Out, Ciné Classic, Splendor Films, Ed Distribution

Top 10 du malfaisant cinématographique

Dans Cinéma, Top le 27/08/2010 à 10:02

© Paul Gregory Productions

La pellicule brûle certes, mais ce n’est pas une raison de cesser de s’amuser. Notamment lorsqu’il s’agit de révéler un top des 7 plus belles pourritures du cinéma… Pourquoi 7 ? Parce qu’il s’agirait, selon les tauliers, du nombre de péchés capitaux recensés…

Prenant la suite du trio infernal, voici un florilège de 10 malfaisants parfaitement infréquentables. Pourquoi 10 au lieu de 7 ? Parce que j’aime les comptes ronds.

Comme il ne peut être question de degré dans la bassesse, leurs noms vous sont délivrés tels qu’ils me sont venus à l’esprit, tout en étant entendu que le jeu consiste à éviter les doublons aux fins de répertorier de manière exhaustive les créatures les plus infectes jamais croisées sur un écran de cinéma. C’est pour cette raison vous ne retrouverez pas ici mon gredin favori (auparavant dénoncé par The waste land), soit ce bon pasteur Powell qui vaut son pesant d’hosties avariées en matière de fourberie.

Attention ! Si vous n’avez pas vu les films, sachez que tout est révélé des canailles épinglées, de leurs turpitudes à leur sombre destin.

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© Twentieth Century Fox Film Corporation

Ellen Berent/Gene Tierney

dans Péché mortel/Leave her to heaven de John M. Stahl_1945

Ellen est belle certes, mais — outre qu’elle possède un goût douteux en matière d’homme — elle est également parfaitement siphonnée. Tombant follement amoureuse de cette endive de Cornel Wilde, et sa jalousie maladive n’ayant d’autre maître qu’un orgueil démesuré, la voilà qui décide de faire le vide autour de son cher et tendre qui ne l’entend pas de la même oreille.

Le film délirant de John M. Stahl dégorge de scènes improbables de mises en scènes morbides dont miss foldingue est l’auteur, provoquant tour à tour la noyade de son jeune beau-frère handicapé (qu’elle observera, altière, le regard dissimulé par des lunettes de soleil), une fausse couche (en se jetant délibérément dans les escaliers pour éviter de passer au second plan dans le cœur de son inconsciente moitié), puis, en guise de bouquet final, son suicide qu’elle maquille en meurtre pour faire accuser sa misérable et transparente cousine que son époux a eu l’outrecuidance de remarquer.

Il ne manquait plus qu’un final paroxystique pour que Leave her to heaven devienne un chef d’œuvre aussi vénéneux que l’interprétation abracadabrante de son interprète principale, Gene Tierney. Malheureusement, le ciel en a décidé autrement et le film s’achève sur un happy-end qui nous laisse comme un sentiment d’inachevé. Damned, encore raté !

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© Adelphia Compagnia Cinematografica

Tigrero/Klaus Kinski

dans Le grand silence/Il grande silenzio de Sergio Corbucci_1968

Dans le monde cruel qui régit les westerns italiens, les sadiques sont légion. Mon choix aurait donc tout aussi bien pu se porter sur El Indio/Gian Maria Volonté, bandido halluciné pour Sergio Leone (Et pour quelques dollars de plus/Per qualche dollaro in più_1965) ou sur Chaco/Tomas Milian, héros taré des 4 de l’apocalypse/I quattro dell’apocalisse de Lucio Fulci_1975…

Ce qui différencie essentiellement Tigrero (interprété par un Klaus Kinski patelin et sans doute ravi de se venger ici de l’humiliation subie dans le Leone) des gredins précités est que ce fils de péripatéticienne commet impunément ses méfaits sous couvert de justice.

Chasseur de primes sans foi ni loi, doté qui plus est d’un sourire hypocritement éblouissant et d’une voix d’une douceur inquiétante, cette charogne abat froidement ses proies (de pauvres diables affamés, plus aisés à transporter à l’état de cadavre) tout en brandissant des avis de recherche comme preuve de son honnêteté et de son bon droit. Qu’un shérif trop confiant fatigué de tant de violence gratuite en vienne à vouloir l’arrêter, il ira jusqu’à faire semblant de déféquer dans la neige pour mieux le dégommer.

Le génie de Corbucci est d’avoir opposé à cette beauté solaire sinistrement abimée par le vice et la sauvagerie, un sombre héros muet — Silence — interprété par Jean Louis Trintignant. Et la fin, outrageusement nihiliste, ne cache rien du dégoût du réalisateur pour les corrupteurs en tous genre. Tigrero n’hésitera pas à ordonner l’extermination de tout un village, malheureux témoin de ses exactions.

Et comme tout bon serial killer qui se respecte, il n’oubliera pas d’emporter l’arme de Silence comme trophée.

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© StudioUrania

Giorgio Pellegrini/Alessio Boni

dans Arrivederci amore, ciao de Michele Soavi_2006

Gare au chacal ! Il a la gueule d’un ange, mais viande froide qui ne s’en méfie…

Terroriste, révolutionnaire pouilleux vivotant dans la moiteur d’une jungle d’Amérique latine, assassin de ses pairs, collaborateur, repenti (mdr), informateur de police, racketteur de filles de joie, dealer, maître chanteur de grande bourgeoise, meurtrier de policier ripoux, gendre idéal, futur veuf, psychopathe de service… En bref, un no future ambulant pour tous ceux qui le croisent et s’essaient à empêcher le bon peuple italien d’offrir pardon et réhabilitation totale à une ordure prête à tout, y compris l’écoute quotidienne d’une ritournelle sirupeuse, pour atteindre son but.

Comme le film de Corbucci en son temps, cette dérive meurtrière d’un gauchiste revenu de tout, uniquement mu désormais par un désir de respectabilité confinant à l’obsession, n’a pas connu le succès escompté. Trop noir, trop brutal, trop immoral.

Le film de Michele Soavi ne serait cependant qu’une pelloche de plus sur les années de plomb sans l’interprétation glaciale et sans faille d’un Alessio Boni bien trop joli pour être honnête. Il faut le voir se récurer consciencieusement le corps et l’âme sous une douche bienveillante, le temps que sa jeune épouse trop curieuse — qu’il a gentiment empoisonnée — agonise en rampant vers une hypothétique sortie de secours pour ne pas oser croire à tant de cynisme. Réfrigérant (mais si bon).

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© Castle Rock Entertainment

Annie Wilkes/Kathy Bates

dans Misery de Rob Cohen_1990

Annie Wilkes (et un oscar pour Kathy Bates, un !) est la fan ultime dont rêvent tous les écrivains épris de célébrité. Lectrice assidue, elle connaît vos livres par cœur, a dédié sa vie à vos héros récurrents, hypothèquerait sa baraque pour acquérir votre prochain chef d’œuvre, défendrait votre réputation becs et ongles… Bref, une perle.

A fréquenter de loin, de très loin. Échangez donc avec elle courriers divers et photos dédicacées et vous aurez la plus fidèle et énamourée des amies. En contrepartie, évitez de venir vous accidenter contre sa porte et tomber entre ses serres, et surtout, ô grand surtout, ne comptez pas trop faire mourir l’héroïne qui vous a rendu populaire et nourri depuis tant d’années parce que vous souhaitez devenir "un auteur sérieux".

D’abord, c’est insultant pour le lectorat qui vous tient à sa merci ; ensuite, le retour de flammes/bâton/marteau/couteau/ciseau (choisissez votre arme) serait terrible.

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© Twentieth Century Fox Film Corporation

Tommy Udo/Richard Widmark

dans Le carrefour de la mort/Kiss of death d’Henry Hathaway_1947

Tommy Udo (première apparition mémorable de Richard Widmark), c’est la bassesse à l’état pur. Un résidu de fausse couche qui n’hésiterait pas à tirer son biberon à un nouveau né. Alors pensez donc ! Balancer mémé dans les escaliers histoire que l’ancêtre pige la leçon, ce n’est pas ce qui va l’arrêter ; sans compter qu’une handicapée dans un fauteuil roulant n’est pas trop épuisante à maitriser. Le pire est pourtant à venir.

Qu’il flingue à tout va, soit, c’est un homme de main, il fait un sale boulot et le fait bien (salement). Mais que ce tas de morve soit, à chaque coup bas, secoué d’un rire névrotique de hyène en chaleur ajoute à l’angoisse distillée par chacune de ses apparitions.

Et si ce grand mollasson de Victor Mature arrive finalement à bout de l’asticot, c’est parce que nous sommes au cinéma, et qu’il faut bien que la bête crève pour rassurer, et la censure, et les honnêtes gens.

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© Roxanne

Martha Beck/Shirley Stoler
Raymond Fernandez/Tony LoBianco

dans Les tueurs de la lune de miel/The honeymoon killers de Leonard Kastle_1970

Si ce damné latin lover de Raymond n’avait pas enivré les sens de Martha, Cendrillon solitaire et acariâtre, il aurait continué de tomber des femmes entre deux âges, recrutées par petites annonces, les aurait délesté de leur pognon à coup d’œillades assassines et aurait vraisemblablement fini quelques années derrière les barreaux pour y expier ses rapines, à moins qu’il n’ait été abattu par une femelle un peu moins naïve ou plus rancunière que les autres…

La vie peut vous faire de ces saloperies, parfois ! Un beau jour, ce Casanova d’opérette donne un rendez-vous galant à Martha, fille revêche et un peu épaisse en manque total d’égards et d’affection. Le gredin sait s’en faire aimer à un point qu’il est loin encore de bien apprécier. Et sans même l’avoir cherché, le voilà lui aussi totalement dingo de cette femme hors norme qui va se révéler, outre une amante passionnée, parfaitement incontrôlable en matière de petites arnaques vite faites bien faites et sans bavure. Décidément fous l’un de l’autre, ces fans de Landru vont bientôt dépasser les bornes et les candidates au mariage trépasser allègrement jusqu’au point de non retour. L’amour rend aveugle certes, mais ce crétin de Raymond ayant omis de prévenir sa douce et tendre moitié de la nécessité absolue de faire goûter aux fiancées le fruit défendu, Miss Beck préfèrera — après le révoltant massacre d’une veuve et de son orpheline — envoyer son bien-aimé dans les bras lubriques d’une chaise électrique que de courir le risque de le voir à nouveau céder au péché de chair.

Unique film de Leonard Kastle, cette romance morbide entre deux désaxés n’a rien perdu aujourd’hui de son pouvoir hypnotique. Pour la petite histoire, les amants ne cesseront de s’écrire des missives enflammées jusqu’à ce que mort s’ensuive.

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© Paramount Pictures

Dr Christian Szell/Laurence Olivier

dans Marathon man de John Schlesinger_1976

Ce brave docteur Szell, c’est Laurence Olivier qui l’incarne avec un monstrueux aplomb. Dans deux ans, l’acteur se rachètera une conduite en endossant le costard d’un infatigable chasseur de nazi et cavalera derrière Gregory Peck, invraisemblablement casté dans le rôle de Mengele (The Boys from Brazil de Franklin J. Schaffner_1978).

Mais en attendant, il hara-kirize Roy Scheider sur un mouvement d’humeur et terrorise Dustin Hoffman qui n’y comprend que pouic en lui demandant de manière quelque peu sibylline s’il est sans danger qu’il aille récupérer son petit trésor de guerre. Is it safe? donc… Et de jouer le bon, la brute et le truand en simultané. Le pour et le contre. La douleur et l’apaisement. Ce sadique qui se pique d’orthodontie et vous salope vos bonnes molaires est un nazi, un bourreau de la pire espèce, du genre qui éradique, et l’ennemi et l’ancien ami, tout ça pour ça : une fichue mallette débordant des meilleurs amis de la femme tant loués par la Monroe et que sa dernière victime à la mâchoire martyrisée lui demandera d’avaler. Szell en croqueuse de diamant, quelle ironie !

Maintenant, soyez honnêtes, regardez à nouveau papy droit dans la curette et dites-moi… Franchement, vous lui confieriez votre dentier ?

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© PolyGram Filmed Entertainment

Guy Woodhouse/John Cassavetes

dans Rosemary’s baby de Roman Polanski_1968

Il est de bon ton de prétendre que les cruels dans Rosemary’s baby sont Minnie et Roman Castevet (Ruth Gordon et Sidney Blakmer). Et bien non ! Enfin, si, un peu quand même mais pas tout à fait.

Le vrai fumier dans cette malheureuse histoire n’est autre que Guy Woodhouse, le mari de Rosemary, à qui John Cassavetes prête son sourire charmeur, son air bonnasse et ses sourcils diaboliques. N’a-t-il pas vendu sa chère et tendre épouse à des adorateurs du démon ? Ne laisse-t-il pas la couche vide pour que Belzébuth y fasse son nid ? N’essaie-t-il pas de faire croire à la pauvrette que toutes ses hallucinations ne viennent que d’une peur bien naturelle à devenir mère à son tour alors qu’elle sort à peine de l’enfance. Pauvre type va !

Et tout ça pour quoi ? Pour passer à la télé !!! Parce que ce garçon est un aspirant acteur, de talent certes (enfin, c’est lui qui le dit parce que question crédibilité dans sa composition de mari affectueux, il approche généreusement le zéro pointé), mais que la chance ne sourit qu’aux autres audacieux alors qu’il se rêve en star interplanétaire. Alors, hop ! un p’tit contrat avec l’autre bouc ni vu ni connu je t’embrouille et j’empoche un rôle récurrent dans une série tandis que le casting premier choix casse inopinément sa pipe. En échange d’un têtard, c’est cadeau non ?

Et pour ceux qui seraient encore persuadés que tout ce qui précède n’est qu’élucubrations de femelle engrossée, je ne saurais trop leur conseiller d’aller étudier un autre grand salopard au sourire sardonique et à l’éthique élastique interprété par le même Cassavetes, soit Ben Childress, salaud patenté de The fury (Brian de Palma_1978) qui n’hésita pas à comploter un attentat terroriste dans le seul but d’abattre son "meilleur ami" aux fins de lui piquer son fiston aux pouvoirs surnaturels. Le mal à l’état pur.

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© Universal Pictures

Alejandro Sosa/Paul Shenar

dans Scarface de Brian de Palma_1983

Qu’on ne s’y trompe pas. Malgré sa brutalité, son bagout et ses bijoux de famille gros comme ça, Scarface n’est qu’un enfant de chœur comparé à cette ordure propre sur elle d’Alejandro Sosa. Le bonhomme représente très exactement tout ce que le petit réfugié cubain bouffi d’ambition voudrait être et qu’il n’arrivera jamais à égaler.

Grattons un peu le vernis… Propriétaire foncier indécemment riche, bien éduqué et introduit dans la haute société, toujours tiré à quatre épingles, impitoyable homme de goût à l’accent suave, et accessoirement baron de la drogue poursuivi par la justice internationale, Sosa, sous des dehors fort policés, possède — outre une armée personnelle entièrement dévouée à son auguste personne — une qualité supplémentaire qui fait défaut à Tony Montana, et pourtant intrinsèque à leur dur métier : un manque total d’humanité.

Pour lui, abattre le juge qui lui colle aux fesses n’est qu’une élémentaire question de survie et qu’un ou deux marmots en soient les victimes collatérales, pure bagatelle. Pour avoir ressenti quelques scrupules à laisser assassiner des bambins, le proclamé "maitre du monde" cocaïné de Miami signera son arrêt de mort.

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© William Castle Productions

Bobby Peru/Willem Dafoe

dans Wild at heart/Sailor et Lula de David Lynch_ 1990

Dans la famille de freaks lynchiens, il n’y a que l’embarras du choix, et du côté de Wild at heart,ces deux amours de Sailor et Lula ont fort à faire avec les invraisemblables phénomènes qu’ils rencontrent sur leur route, la moindre des fondues se révélant être la génitrice tarée de Lula, Marietta Fortune, interprétée parce qu’il faut bien rigoler un peu par Diane Ladd, maman dans le civil de cette brave Laura Dern.

Tirons la carte Bobby Peru… Non seulement ce ragondin est d’une repoussante laideur et doit refouler grave du goulot vu l’état lamentable de sa dentition (qu’on me rappelle Szell des enfers, SVP), mais le Peru se révèle finalement un odieux d’opérette résolument débectant si l’on daigne se souvenir de sa scène de chauffe catastrophique — en mode coïtus interruptus — de l’intrépide Lula en état d’orgasme permanent depuis que son Sailor l’a kidnappée à l’insu de son plein gré. Pour énoncer clairement là où le bât blesse, Bobby, c’est finalement pas le Pérou (même pas honte).

Pour résumer, il est tellement moche le vicelard, qu’on l’exterminerait joyeusement en lui écrasant sa tronche de pou dégénéré à coup de talons aiguilles. Patience… Sa connerie abyssale n’ayant d’égale que son incompétence crasse, Bobby Peru se chargera lui-même de se faire sauter le cervelet en trébuchant sur son propre fusil. Bon débarras !

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Hors compétition

parce que There is no Keyzer Söze (air connu)

© Polygram FIlmed Entertainment

Keyzer Söze,

c’est Verbal Kint, l’un des Usual suspects de Bryan Singer_1995, qui en parle le mieux.

The greatest trick the devil ever pulled was convincing the world he did not exist. And like that… he is gone. [Source : imdb]

CQFD.

Pour en finir avec la Palme Attitude

Dans Cinéma, Festival de Cannes, Top le 31/05/2010 à 00:30

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Top 10 des Palmes d’or 1946-2009.

Fin du petit jeu orchestré par Niko de Filmosphere, voici mon Top 10 des palmés de la Croisette — étant entendu que je n’ai pas vu tous les films primés, comme indiqué* dans mes palmarès personnels — et qu’il s’agit là d’un choix impromptu, parfaitement mouvant et présenté dans un désordre semi-organisé.

La dolce vita de Federico Fellini_1960
Parce que ce Fellini-ci est intemporel et que Marcelloooooooooooooooo !

Apocalypse Now de Francis Ford Coppola_1979
Parce que Marlon est grand et que Francis Ford fut son dernier prophète.

Underground d’Emir Kusturica_1995
Parce que f**ck les polémiques lancées par des crétins qui ne vont même pas au cinéma et que l’infernal Miki Manojlović mène la danse.

Paris-Texas de Wim Wenders_1984
Parce qu’il est bon d’avoir une seconde chance quand on erre dans le désert et parce que Ry Cooder et les homes movies d’Harry Dean Stanton.

Taxi Driver de Martin Scorsese_1976
Parce que Scorsese n’avait pas encore tourné son chef d’œuvre Raging Bull et que cela fait un sacré bout de temps que l’on est sans nouvelles du talent de Robert de Niro.

Sailor et Lula/Wild at Heart de David Lynch_1980
Parce que Sailor, parce que Lula, pour le dentier de Willem Dafoe, le masque de beauté de Diane Lane, les sombres sourcils d’Isabella Rossellini et parce que j’aimerais bien qu’on provoque un embouteillage en me chantant Love me tender.

Blow-up de Michelangelo Antonioni_1967
Parce que la vie n’est qu’illusions et mensonges et qu’Antonioni a prouvé qu’il se ne prénommait pas Michelangelo pour rien en faisant repeindre un parc dont le vert ne lui convenait pas.

Le salaire de la peur d’Henri-Georges Clouzot_1953
Parce qu’il a inspiré à William Friedkin un fascinant remake et, qu’à chaque nouvelle vision, on espère toujours que le film va bien se terminer.

La ballade de Narayama/Narayama Bushiko de Shohei Imamura_1983
Parce que le Japon se ne résume pas à Ozu.

Le troisième homme/The Third Man de Carol Reed_1949
Parce que je ne sais toujours pas jouer de la cithare.

* Mes palmes des années 40, 50, 60, 70, 80, 90 et 2000.

Festival de palmes [Cannes, les années 2000]

Dans Cinéma, Festival de Cannes, Rétrospective, Top le 28/05/2010 à 11:40

© Lorenzo Mattoti, DR, Alerte Orange, Gabriel Guedj/Wing Shya, Alex Majoli/Magnum/Christophe Renard, Pierre Collier/David Lynch, Affif/Cino del Duca

Y a d’la joie !

Le XXIe siècle est en marche. Guerres, représailles, folie (douce ou pas) et dépressions à tous les étages…
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2000

23 films en compétition, 16 vus.

11 films sont présentés hors compétition, notamment : Avril d’Otar Iosseliani, Cecil B. Demented de John Waters, Tigre et dragon d’Ang Lee, Les glaneurs et la glaneuse d’Agnès Varda, Mission to Mars de Brian de Palma, l’étouffant Requiem for a dream de Darren Aronofsky et Vatel du toujours aussi inintéressant Roland Joffé.

Le jury, composé notamment de Jeremy Irons, Jonathan Demme, Arundhati Roy, Kristin Scott Thomas, Patrick Modiano et Barbara Sukowa, est présidé par Luc Besson.

Ce dernier tombe la garde en annonçant le palmarès. Manifestement énamouré, il annone même quelques notes de It’s so quiet… La palme d’or est décernée à Dancer in the dark de Lars Von Trier et Björk rafle également le prix d’interprétation féminine aux dépens des non moins excellentes Anna Thomson, héroïne de Fast food fast women d’Amos Kollek et Summer Phoenix, interprète d’Esther Kahn d’Arnaud Desplechin. Tony Leung est sacré — à raison — meilleur acteur pour In the mood for love (Grand Prix de la Commission Supérieure Technique) de Wong Kar Wai.

Le Grand Prix du jury est attribué à Jiang Wen pour Devils on the door step (pas vu), le Prix de la mise en scène est remporté par Edward Yang pour Yi Yi et le Prix du Jury récompensent ex-aequo Samira Makhmalbaf réalisatrice du Tableau noir et Roy Andersson pour le fort bizarre mais séduisant Chansons du deuxième étage.

Attention, ça s’poile !

Palme d’or confirmée pour Dancer in the dark de Lars Von Trier parce que moi aussi j’aime bien Björk (non, je ne chanterai pas I’ve seen it all), que David Morse offre une partition impeccable en malfaisant de première (accessoirement, Jean-Marc Barr est à nouveau dans le coin) et que Lars n’a peur de rien et surtout pas de finir une comédie musicale sur une pendaison. Sacré lui !

© Zentropa Entertainment

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2001

23 films en compétition, 14 vus.

10 films sont présentés hors compétition, notamment : l’intrigant Avalon de Mamoru Oshii, CQ de Roman Coppola, Human nature de Michel Gondry, Mon voyage en Italie de Martin Scorsese, Sobibor de Claude Lanzmann, l’Apocalypse Now redux de Francis Ford Coppola et ma palme de l’année si Trouble every day de Claire Denis avait concouru.

Le jury, composé notamment de Mathieu Kassovitz, Terry Gilliam, Charlotte Gainsbourg, Edward Yang et Philippe Labro, est présidé par Liv Ullmann.

Si la palme d’or est attribuée au touchant La chambre du fils/La stanza del figlio de Nanni Moretti, c’est surtout l’année Michael Haneke. Son traumatisant* La pianiste remporte le Grand Prix et ses deux acteurs — Isabelle Huppert et Benoit Magimal — raflent les prix d’interprétation alors que Naomi Watts et Laura Helena Harring pour Mulholland drive de David Lynch ou Shu Qi, héroïne de Millenium Mambo de Hou Hsiao Hsien, côté féminin et Jack Nicholson pour The pledge de Sean Penn, Sergio Castellito héros de Va savoir de Jacques Rivette ou Billy Bob Thornton pour The barber/The man who wasn’t there de Joël et Ethan Coen, côté masculin, auraient pu l’emporter. A noter que le délicieux Ewan McGregor était également présent sur la Croisette pour Moulin Rouge de Baz Luhrmann.

Joël Coen et David Lynch se partagent le prix de la mise en scène tandis que Danis Tanovic reçoit le Prix du scénario pour son provocant No man’s land.

J’accorde bien volontiers le Grand Prix à Nanni Moretti pour La chambre du fils en lieu et place de La pianiste, mais…

La palme d’or est décernée sans hésitation aucune à Mulholland drive de David Lynch et ce, sans parti pris. Tout le monde sait que je lui préfère Lost highway.

© Les Films Alain Sarde

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2002

22 films en compétition, 17 vus.

17 films sont présentés hors compétition, notamment : Ararat d’Atom Egoyan, La cité de dieu/Cidade de deus de Fernando Meirelles, le bollywoodien Devdas de Sanjay Leela Bhansali, Etre et avoir de Nicolas Philibert, le désastreux Femme fatale de Brian de Palma, Hollywood ending de Woody Allen, Calculs meurtriers/Murder by numbers de Barbet Schroeder, Searching for Debra Winger de Rosanna Arquette, Stars Wars l’attaque des clones de George Lucas et l’hagiographique documentaire sur Robert Evans, The kid stays in the picture réalisé par Brett Morgen et Nanette Burstein.

Le jury, composé notamment de Régis Wargnier, Raoul Ruiz, Billie August, Sharon Stone et Claude Miller, est présidé par David Lynch.

La fort prévisible Palme est décernée à The pianist de Roman Polanski tandis que le Grand Prix est attribué à Aki Kaurismaki pour L’homme sans passé. Paul Thomas Anderson pour Punch-Drunk love et Im Kwon-Taek pour Ivre de femmes et de peinture se partagent le prix de la mise en scène tandis qu’Elia Suleiman reçoit le Prix du jury pour Intervention divine/Yadon ilaheyya.

La merveilleuse Kati Outinen est sacrée meilleure actrice pour son rôle dans L’homme sans passé d’Aki Kaurismaki et le "monstrueux" Olivier Gourmet rafle le prix d’interprétation pour Le fils de Jean-Pierre et Luc Dardenne. Adrian Brody, héros de The pianist ou Sergio Castellito pour Le sourire de ma mère de Marco Bellocchio (grand absent du palmarès) auraient l’un et l’autre pu lui ravir aisément le trophée.

Sur la Croisette cette année, concouraient également : Demonlover d’Olivier Assayas, Irréversible ("La" polémique de l’année), L’adversaire de Nicole Garcia, Le principe de l’incertitude de Manoel de Oliveira, All or nothing de Mike Leigh, About Schmidt d’Alexander Payne, Bowling for Columbine de Michael Moore, Kedma d’Amos Gitai, Ten d’Abbas Kiarostami et Spider de David Cronenberg.

La palme est décernée à Intervention divine/Yadon ilaheyya d’Elia Suleiman. Parce que moi aussi j’aime bien Buster Keaton et les ninjas.

© Pyramide Distribution

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2003

20 films en compétition, 10 vus.

19 films sont présentés hors compétition, notamment : l’oubliable — et oublié — Fanfan la tulipe de Gérard Krawczyk, le cauchemardesque Le temps du loup de Michael Haneke, Les triplettes de Belleville de Sylvain Chomet, Qui a tué Bambi ? de Gilles Marchand, The Matrix reloaded des Frères Wahowski et les documentaires de Kenneth Bowser (Easy riders, raging bulls), James Cameron (Les fantômes du Titanic), Rithy Panh (S21, la machine de mort khmère rouge) et Errol Morris (The fog of war).

Le jury, composé notamment de Jean Rochefort, Steven Soderberg, Karin Viard, Danis Tanovic et Meg Ryan, est présidé par Patrice Chéreau.

La Palme d’or est décernée à Elephant de Gus Van Sant (qui reçoit également le prix de la mise en scène… bon, et les autres alors ?) et le Grand Prix récompense à raison Uzak de Nuri Bilge Ceylan (ses deux acteurs reçoivent ex-æquo le Prix d’interprétation masculine). Marie-Josée Croze est sacrée meilleure actrice pour Les invasions barbares qui vaut à Denys Arcand le prix du scénario. Enfin, Samira Mahmalbaf est à nouveau distinguée trois ans après Le tableau noir en recevant le Prix du jury pour A cinq heures l’après-midi (pas vu).

Le prix Un Certain Regard est décerné à la fresque de Marco Tullio Giordana, Nos meilleures années/La meglio gioventu (le film que l’on a envie de rembobiner lorsque survient le suicide du personnage interprété par Alessio Boni).

Bon ! Il est gentil Patrice, mais je vais opérer quelques changements à son palmarès.

Prix d’interprétation féminine : Charlotte Rampling pour Swimming Pool de François Ozon

Prix d’interprétation masculine : Stellan Skarsgard pour Dogville de Lars Von Trier

Prix du scénario : Bertrand Bonello pour Tiresia

Prix de l’ego : Vincent Gallo pour sa vie, son œuvre et, accessoirement The Brown Bunny

Palme d’or à Mystic river de Clint Eastwood. Parce que Sean Penn. Parce que Tim Robbins. Parce que Kevin Bacon. Et parce que moi aussi j’aime bien le livre de Dennis Lehane.

© Warner Bros. Pictures

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2004

19 films en compétition, 14 vus.

10 films sont présentés hors compétition, notamment : l’excellent Breaking news de Johnnie To, L’armée des morts/Dawn of the dead de Zack Snyder, Kill Bill 2 de Quentin Tarentino, La mauvaise éducation/La mala educacion de Pedro Almodovar, l’hilarant à l’insu de son plein gré Troie/Troy de Wolfgang Petersen et le magnifique House of flying daggers de Zhang Yimou.

Le jury, composé notamment de Tilda Swinton, Kathleen Turner, Tsui Hark, Jerry Schatzberg, Emmanuelle Béart et Benoit Poelvoorde, est présidé par Quentin Tarentino.

Haro sur le Tarentino qui décerne sa palme à Fahrenheit 9/11 du roublard Michael Moore, documentaire à charge contre George Bush (qui se fiche comme de l’an 40 du festival d’une ville qu’il ne doit même pas savoir placer sur une carte) filmé avec les pieds.

Le Grand Prix du jury est attribué à Park Chan Wook pour son ravagé Old boy, le vrai choc du festival et Tony Gatlif rafle le Prix de la mise en scène pour Exils tandis qu’Agnès Jaoui et son partenaire Jean-Pierre Bacri reçoivent le Prix du scénario pour Comme une image.

La fantastique Maggie se voit récompensée du Prix d’interprétation féminine pour le non moins remarquable Clean d’Olivier Assayas et le héros de Nobody knows de Kore-Eda Hirokazu (pas vu), Yahira Yuuva, est sacré meilleur acteur.

Le Prix du Jury est partagé entre le fascinant Tropical malady de Apichatpong Weerasethakul et le plutôt raté The ladykillers des frères Coen.

Keren Yedaya rafle La Caméra d’or avec Mon trésor/Or interprété par la sublime Ronit Elkabetz et un Prix du Regard vers l’Avenir est décerné à Atiq Rahimi pour Terres et cendres/Khâkestar-o-khâk, adapté de son livre.

Changement de palmarès.

Grand Prix : Tropical malady de Apichatpong Weerasethakul

Prix d’interprétation masculine ex-æquo : Gael Garcia Bernal et Rodrigo de la Serna pour Carnets de voyage/Diaros de motocicleta de Walter Salles

Prix du Jury : Innocence d’Oshii Mamoru

La Palme d’or est décernée à Old boy de Park Chan Wook, un des premiers électrochocs du siècle. Et parce moi aussi j’aime bien croquer du poulpe (sauté à l’ail, de préférence).

© Egg Films

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2005

21 films en compétition, 15 vus.

16 films sont présentés hors compétition, notamment : C’est pas tout à fait la vie dont j’avais rêvé de Michel Piccoli, le bizarre Chromophobia de Martha Fiennes, Crossing the bridge de Fatih Akin, Joyeux Noël de Christian Carion, le désopilant Kiss Kiss Bang Bang de Shane Black qui marque le retour aux affaires d’un Robert Downey Jr survolté, Match point de Woody Allen, Star Wars la revanche des Sith de George Lucas et le moyen-métrage Cindy, the doll is mine de Bertrand Bonello avec Asia Argento.

Le jury, composé notamment de Fatih Akin, Agnès Varda, Javier Bardem, John Woo et Toni Morrison, est présidé par Emir Kusturica.

Heureusement que Jean-Marie et Arnaud Larrieu étaient là pour nous faire rire avec leur Peindre ou faire l’amour… Car ça ne rigole pas dans la compétition, et pas plus dans le palmarès.

L’enfant de Jean-Pierre et Luc Dardenne permet aux frères de rafler leur seconde palme d’or après Rosetta… Le désespoir ambiant est contrecarré par le Grand Prix accordé à Jim Jarmush pour Broken Flowers, road-movie doux-amer où Bill Murray, pince-sans-rire de service, part à la rencontre des femmes de sa vie (sur une superbe bande-son aux sonorités éthiopiennes). Michael Haneke remporte le prix de la mise en scène pour son inquiétant Caché et Guillermo Arriaga, le Prix du scénario pour Trois enterrements/The three burials of Melquida Estrada signé Tommy Lee Jones.

Hanna Laslo souffle à ses partenaires (surtout Hiam Abbass, Nathalie Portman pleurniche trop à mon goût) le Prix d’interprétation féminine pour Free zone d’Amos Gitai et Tommy Lee Jones, réalisateur de Trois enterrements, est sacré meilleur acteur.

Accessoirement, étaient également présents sur la Croisette, Atom Egoyan et son bizarre La vérité nue/Where the truth lies , Hou Hsiao Hsien avec Three times, Carlos Reygadas avec son très glauque Battalla en el cielo, Wim Wenders avec Don’t come knocking, Dominik Moll et Lemming, Lars Von Trier avec Manderlay, la suite bien inférieure de Dogville et Robert Rodriguez — flanqué de Frank Miller — pour Sin city.

On s’amuse aussi beaucoup dans les sections parallèles. Le Prix Un Certain Regard est attribué à Cristi Puiu pour le tragi-comique La mort de Dante Lazarescu/Moartea domnului Lazarescu.

Bien. Effaçons tout ou presque puisque j’accepte de laisser le Prix de la mise en scène à Michael Haneke, Caché faisant partie de ses meilleurs films.

Grand Prix : A history of violence de David Cronenberg

Prix d’interprétation féminine : Mélissa Léo pour Trois enterrements/The three burials of Melquida Estrada de Tommy Lee Jones

Prix d’interprétation masculine ex-æquo : Simon Yam et Tony Leung Ka Fai pour Election de Johnnie To (absent du palmarès pour cause de présence de John Woo dans le jury ?) ou Viggo Mortensen pour A history of violence de David Cronenberg mais l’on rétorquera que j’ai été achetée (oui, cela entre dans le champ des possibilités)

La palme d’or est décernée à Trois enterrements/The three burials of Melquida Estrada de Tommy Lee Jones parce que Me and Mr Jooooooooooooooooooones, we’ve got a thing going on (sur une musique de Billy Paul, merci) et parce cela fait drôlement longtemps que l’on a pas vu un (faux) western primé. Jamais ? Raison de plus, donc.

© Europa Corp

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2006

20 films en compétition, 16 vus.

Pas moins de 28 films sont présentés hors compétition, notamment : le timbré Avida de Benoît Délépine et Gustave Kervern, Chambre 666 de Wim Wenders, Une vérité qui dérange/An inconvénient truth de Davis Guggenheim, l’excellent Election 2 de Johnnie To, le très coquin Shortbus de John Cameron Mitchell, Esquisses de Frank Gehry de Sydney Pollack, Transylvania de Tony Gatlif, United 93 de Paul Greengrass, le pas très bon X-Men l’affrontement final/X-Men The last stand de Brett Ratner et le naveton de l’année réalisé par Ron Howard, The Da Vinci code où l’on en apprend de belles sur l’ADN de Miss Audrey Tautou…

Le jury, composé notamment d’Elia Suleiman, Monica Belluci, Tim Roth, Patrice Leconte, et Helena Bonham Carter, est présidé par Wong Kar Wai.

La guerre est à l’honneur cette année. Youpi !

La Palme d’or est attribuée au Vent se lève/The wind that shakes the Barley de Ken Loach tandis que Flandres du toujours souriant Bruno Dumont rafle le Grand Prix.

Alejandro Gonzalez Inarritu remporte le Prix de la mise en scène pour Babel, Pedro Almodovar, celui du scénario pour Volver et le Prix du Jury est décerné à Andréa Arnold pour Red road (pas vu).

En outre, deux castings de choix se retrouvent sur la scène : toutes les femmes — Penelope Cruz, Carmen Maura, Chus Lampreave, Bianca Portillo, Yhanna Cobo et Lola Duenas — de Pedro Almodovar pour Volver et les Indigènes de Rachid Bouchareb : Jamel Debbouze, Roschy Zem, Bernard Blancan, Samy Nacery et Sami Bouajila. Respect.

Etaient également présents sur la Croisette, Fast food nation de Richard Linklater, Les climats/Iklimler de Nuri Bilge Ceylan, Les lumières du faubourg d’Aki Kaurismaki, Le caïman/Il caimano de Nanni Moretti, le cynique L’ami de la famille de Paolo Sorrentino, La raison du plus faible de Lucas Belvaux (qui bénéficie également d’une remarquable interprétation d’ensemble), la terriblement girly Marie Antoinette de Sofia Coppola, le mélancolique Quand j’étais chanteur de Xavier Giannoli, Selon Charlie de Nicole Garcia et le totalement dingo Southland tales de Richard Kelly.

La palme est décernée au somptueux Labyrinthe de Pan/El laberinto del fauno de Guillermo Del Toro — et une mention spéciale pour Sergi Lopez — parce que cela parle également de guerre, et de massacre, et de sacrifice, mais que le traitement est autrement plus flamboyant que les films primés. Et parce qu’à l’instar de sa jeune héroïne (la remarquable Ivana Baquero), j’aime bien rêvasser aussi à des monstres (faussement) cruels.

© Tequila Gang

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2007

22 films en compétition, 15 vus.

9 films sont présentés hors compétition, notamment : Un cœur invaincu/A mighty heart de Michael Winterbottom, le culotté Boarding gate d’Olivier Assayas, L’âge des ténèbres de Denys Arcand, Ocean’s 13 de Steven Soderbergh (un peu de glamour sur les marches ne nuit jamais à la Croisette), Triangle réalisé à six mains par Johnnie To, Ringo Lam et Tsui Hark et l’inégal Chacun son cinéma qui bénéficie d’un casting de réalisateurs de luxe à la hauteur de ses ambitions (pas toujours atteintes malheureusement) : Wong Kar Wai, Wim Wenders, Lars Von Trier, David Cronenberg, Gus Van Sant, Elia Suleiman David Lynch, Walters Salles, Nanni Moretti, Raoul Ruiz, Ken Loach, Takeshi Kitano, Zhang Yimou, Amos Gitai, Michael Cimino, les frères Dardenne, les frères Coen, Aki Kaurismaki, jane Campion, Atom Egoyan, Abbas Kiarostami, et bien d’autres.

Le jury, composé notamment de Maggie Cheung, Michel Piccoli, Marco Bellocchio et Sarah Polley est présidé par Stephen Frears.

Amis du Lexomil, bonjour !

La Palme d’or est décernée au déprimant 4 mois, 3 semaines et 2 jours de Cristian Mungiu tandis que le film de Naomi Kawase, La forêt de Mogari (pas vu), traitant de deuils et de sénilité, remporte le Grand Prix.

Le Prix du 60e anniversaire est accordé au magnifique Paranoid Park de Gus Van Sant, sur un adolescent meurtrier et le Prix de la mise en scène est attribué à Julian Schnabel pour Le scaphandre et le papillon d’après l’autobiographie de Jean-Dominique Bauby, atteint du "locked-in syndrome". Fatih Akin reçoit le Prix du scénario pour le très beau mais également très endeuillé De l’autre côté/Auf der anderen seite.

Le Prix d’interprétation féminine est offert à la remarquable Do-Yeon Jeon pour son rôle de veuve dépressive dans Secret sunshine de Lee Chang Dong et c’est Konstantin Lavronenko qui l’emporte, côté masculin, pour Le bannissement réalisé par Andreï Zviaguintsev que je ne connais pas, mais au vu de son titre, ce ne doit pas être le film idéal pour se détendre les zygomatiques. Pourtant, le jury avait également le choix entre Javier Bardem, tueur ravagé et Tommy Lee Jones, mélancolique shérif en fin de course pour les frères Coen et leur No country for old men ou le joli trio d’obsédés de Zodiac de David Fincher — Robert Downey Jr, Jake Gyllenhaal et Mark Ruffalo — gâchant joyeusement leur vie à cavaler derrière un fantôme.

Un Prix du Jury est partagé entre Lumière silencieuse de Carlos Reygadas (pas vu non plus, mais quand je songe à son Bataille dans le ciel, je me dis que j’ai bien fait de m’abstenir) et Persépolis, réalisé par Mariane Satrapi et Vincent Paronnaud sur la dictature iranienne (enfin, l’abattage de Danielle Darrieux, Catherine Deneuve et Chiara Mastroianni arrivent à nous faire sourire un peu dans toute cette tristesse).

Egalement sur la Croisette, hormis le jubilatoire Boulevard de la mort/Death proof de Quentin Tarantino (on y meurt tout de même beaucoup), Catherine Breillat avec Une vieille maitresse où Asia Argento fait souffrir le (argh !) magnifique Fu’ad Ait Aattou qui à son tour torture Roxane Mesquida, Les chansons d’amour de Christophe Honoré où au premier tiers du film, l’héroïne, paf ! elle meurt, My blueberry nights de Wong Kar Wai qui y gâche son talent (les fans pleurent), le pas très bon Promets-moi d’Emir Kusturica (là, c’est moi qui gémis), L’homme de Londres de Bela Tarr à ne voir qu’après épuisement total de ses antidépresseurs et le très perturbant La nuit nous appartient du pas très clair James Gray. N’en jetez plus !

Le Prix Un Certain Regard est attribué à l’excellent California dreamin’ de Cristian Nemescu (pour mémoire, décédé l’année précédente) tandis que Valeria Bruni-Tedesci obtient le Prix Spécial du Jury Un Certain Regard pour son très égocentrique Actrices.

J’accorde le Grand Prix (de l’intelligence) à Zodiac de David Fincher et la Palme d’or est décernée à l’infernal No country for old men de Joël et Ethan Coen parce que malgré le ton désespéré et les atrocités commises par un tueur arborant la coiffure la plus ahurissante qu’il nous ait été donné de voir, qu’est-ce qu’on rigole quand passe l’ange de la mort.

Et cette année-là, c’est toujours ça de pris.

© Paramount Vantage

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2008

22 films en compétition, 17 vus.

8 films sont présentés hors compétition, notamment : Vicky Cristina Barcelona de Woody Allen, l’impressionnant The chaser de Na Hong-Jin, l’excellent Surveillance de Jennifer Lynch, le désopilant Le bon, la brute et le cinglé de Jee-Woon Kim, Indiana Jones et le royaume du crâne de cristal de Steven Spielberg et le documentaire d’Emir Kusturica sur Maradona.

Le jury, composé notamment de Jeanne Balibar, Sergio Castellito, Marjane Satrapi (dont la rumeur voudrait qu’elle fut responsable de l’absence de Valse avec Bashir d’Ari Folman au palmarès), Rachid Bouchareb, Alfonso Cuaro et Apichatpong Weerasethakul, est présidé par Sean Penn.

Il fut un temps où j’aimais bien Sean Penn…

Alors que passaient sur la Croisette Valse avec Bashir/Vals Im Bashir d’Ari Folman, Adoration d’Atom Egoyan, My magic d’Eric Khoo, Two lovers de James Gray, voire Serbis de Brillante Mendoza, la Palme d’or est décernée à Entre les murs de Laurent Cantet (dont j’apprécie plus que de raison L’emploi du temps, Vers le sud et Ressources humaines) tandis que Gomorra de Matteo Garrone remporte le Grand Prix. C’est une année triomphale pour l’Italie puisque Il divo de Paolo Sorrentino reçoit le Prix du Jury. Les frères Dardenne (toujours eux) sont récompensés du Prix du scénario pour Le silence de Lorna et Nuri Bilge Ceylan — qui se regarde désormais beaucoup filmer — obtient le Prix de la mise en scène pour Les trois singes/Uc maymun).

Prix d’interprétations remarqués pour Sandra Corveloni, héroïne de Linha de Passe de Walter Salles et pour Benicio Del Toro (oui, c’est un ami), impressionnant dans le Che réalisé par Steven Soderbergh. Un bémol, l’ensemble du casting d’Un conte de Noël d’Arnaud Desplechin aurait bien mérité un prix d’ensemble. Puis, Clint Eastwood et Catherine Deneuve se refont la bise en recevant le Prix spécial du 61è festival.

Pendant ce temps-là, dans les sections parallèles, le magnifique Tulpan de Sergey Dvortsevoy remporte le Prix Un Certain Regard et le Prix du Jury Un Certain Regard est décerné à Tokyo sonata de Kiyoshi Kurosawa. Un prix du KO est offert à Tyson de James Toback tandis que le Prix de l’Espoir revient à Jean-Stéphane Sauvaire pour son provocant Johnny Mad Dog.

La Caméra d’or est attribuée à Hunger de Steve McQueen avec l’affolant Michael Fassbender.

La Palme d’or est attribuée sans concession, sans ex-æquo, et à l’unanimité de moi-même à Valse avec Bachir/Vals Im Bashir d’Ari Folman. Non mais oh !

© Bridgit Folman Film Gang

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2009

20 films en compétition, 15 vus.

8 films sont présentés hors compétition, notamment : Agora d’Alejandro Amenabar, le pimpant Jusqu’en enfer/Drag me to hell de Sam Raimi, l’ennuyeux à périr Coco Chanel & Igor Stravinsky de Jan Kounen, l’émouvant L’armée du crime de Robert Guédiguian, Ne te retourne pas de Marina de Van, L’imaginarium du docteur Parnassus de Terry Gilliam, Là-haut/Up de Pete Docter et le réjouissant Panique au village réalisé par Vincent Patar et Stéphane Aubier.

Le jury, composé notamment d’Asia Argento, Shu Qi, Hanif Kureishi, James Gray et Nuri Bilge Ceylan, est présidé par Isabelle Huppert.

Chronique d’une palme annoncée : Michael Haneke et Le ruban blanc/Das weisse Band. Le Grand Prix est attribué à Jacques Audiard pour Le prophète, le Prix de la mise en scène à Brillante Mendoza pour Kinatay, le Prix du scénario à Lou Ye pour le superbe Nuits d’ivresse printanière et Andrea Arnold, pour Fish tank, partage le Prix du Jury avec le Thirst de Park Chan Wook.

Coté interprétation, pas de grande surprise non plus. Charlotte Gainsbourg l’emporte avec Antichrist de Lars Von Trier** et l’hallucinant Christoph Waltz pour Inglorious basterds de Quentin Tarentino.

Alain Resnais se voit remercié d’un "Prix exceptionnel pour l’ensemble de sa carrière et sa contribution à l’histoire du cinéma" (je trouve à ce titre comme un arrière-goût de rubrique nécrologique).

Passaient également sur la Croisette A l’origine de Xavier Giannoli, Bright star de jane Campion, Enter the Void de Gaspar Noé, Looking for Eric de Ken Loach, le 8 1/2 de Pablo Almodovar, Etreintes brisées/Los abrazos rotos, le gentillet Taking Woodstock d’Ang Lee, le raté Vengeance de Johnnie To et Vincere de Marco Bellocchio (toujours pas vu).

Canine/Kynodontas de Yorgos Lanthimos remporte le Prix Un Certain Regard tandis que Le père de mes enfants de Mia Hansen-Love partage le Prix spécial du jury Un Certain Regard avec Bahman Ghobadi.

La Caméra d’or est attribuée à Warwick Thornton pour Samson and Delilah tandis qu’une mention spéciale est accordée à Ajami réalisé à quatre mains par Yaron Shani et Scandar Copti.

Contrairement à mes collègues Ed(isdead) de Nightswimming ou ce bon Dr Orlof dans son Journal Cinéma , je n’ai pas beaucoup avantagé le cinéma français durant toutes ces années…

Lors, pour finir en beauté cette redistribution de palmes, j’accorde aujourd’hui le Grand Prix à Elia Suleiman pour Le temps qu’il reste et la Palme d’or est partagée entre Les herbes folles d’Alain Resnais et Un prophète de Jacques Audiard. J’ai dit. Et je m’accorde le droit de changer d’avis demain ou dans un mois ou dans un an… ou pas.

© Why Not Productions - F Comme Film

* dont les grands passages hystériques et la haine matriarcale ont du rappeler de bons vieux souvenirs bergmaniens — et notamment Cris et chuchotements/Viskningar och rop — à la présidente Liv Ullman
** J’ai déjà évoqué en 1981 ce que je pensais de la belle discrétion du jeu de Willem Dafoe

Et si vous avez raté le début :

Festival de palmes [Cannes, les années 90]

Dans Cinéma, Festival de Cannes, Rétrospective, Top le 27/05/2010 à 10:00

© Castella Traquandi, Philippe et Pascal Lemoine, Don English/Michel Landi, Michel Landi, Federico Fellini, Ryszard Horowitz, DDB Les Arts, DDB Les Arts, DDB Les Arts, Jean-Pierre Gendis

Années 90.

Rebelles, révoltes, individualismes retors et égos démesurés sont de la fête.
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1990

12 films vus sur 18 en compétition. Sont présentés off Cry baby de John water, Dreams d’Akira Kurosawa, La voce della luna de Federico Fellini et The comfort of strangers de Paul Schrader.

Le jury (entre autres Anjelica Huston, Sven Nykvist, Fanny Ardant ou Bertrand Blier) présidé par Bernardo Bertolucci décerne la Palme d’or à Sailor et Lula/Wild at heartde David Lynch, le Prix de la mise en scène à Pavel Lounguine pour Taxi blues, le Prix du Jury à Ken Loach pour Hidden agenda, le Grand Prix de la Commission Supérieure Technique à Cyrano de Bergerac et le Grand Prix est partagé entre Idrissa Ouedraogo pour Tilai et Kohei Oguri pour L’aiguillon de la mort (pas vu).

Helen Mirren et Christopher Walken jouant hors compétition leur trouble partition dans The comfort of strangers de Paul Schrader, les prix d’interprétation sont remportés par la toujours excellente Krystyna Janda pour L’interrogatoire de Ryszard Bugajski et le nez de Gérard Depardieu élevé au rang de 8è merveille du monde par Jean-Paul Rappeneau dans Cyrano de Bergerac.

A noter que le très beau La captive du désert de Raymond Depardon et une remarquable Sandrine Bonnaire, le eastwoodien Chasseur blanc, cœur noir/White hunter, black heart de Clint Eastwood où le réalisateur incarne un ersatz de John Huston plus vrai que nature et le Nouvelle vague de Jean Luc Godard avec Alain Delon étaient également sur la Croisette.

Confirmation de la Palme d’or attribuée sans contestation possible à l’explosif et parfaitement siphonné Sailor et Lula/Wild at heart de David Lynch.

© PolyGram Filmed Entertainment

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1991

14 films vus sur 19 en compétition.

Roman Polanski, président du jury (entre autres Vittorio Storato, Whoopi Goldberg, Jean-Paul Rappeneau et Alan Parker) décerne à l’unanimité — est-ce une surprise ? — la Palme d’or au complexe et délicieusement absurde Barton Fink de Joël et Ethan Coen, également gratifiés du Prix de la mise en scène. Maurice Pialat, présent avec Van Gogh, peut remballer ses pinceaux, donc.

La belle noiseuse de Jacques Rivette remporte le Grand Prix tandis que le Prix du Jury est partagé entre Maroun Bagdadi pour Hors la vie (pas vu) et Europa de Lars Von Trier qui décroche également le Grand Prix de la Commission Supérieure Technique alors que La double vie de Véronique de Krzysztof Kieslowski obtient le Prix de la Critique Internationale.

Sans surprise (ou presque), Irène Jacob, magnifique dans La double vie de Véronique de Krzysztof Kieslowski et l’ahurissant John Turturro pour Barton Fink des frères Coen (qui laisse sur le carreau le Van Gogh de Maurice Pialat, Jacques Dutronc) remportent les prix d’interprétation. Une première : un prix du meilleur second rôle est attribué à Samuel L. Jackson, fébrile junkie dans Jungle fever de Spike Lee (si l’on y songe, les prestations de l’effrayant John Goodman, bourreau cauchemardesque de John Turturro/Barton Fink, voire de l’invraisemblable Michael Lerner en producteur hystérique, auraient tout aussi bien pu être récompensées).

Sont présentés off cette année-là Thelma and Louise de Ridley Scott, Prospero’s book de Peter Greenaway, Jacquot de Nantes d’Agnès Varda et Madonna enflamme la croisette grâce à In bed in Madonna réalisé par Alex Keshishian.

A noter que la Palme d’or du court métrage est attribuée à Mitko Panov pour Avec les mains en l’air, et le Prix du Jury à Bill Plympton et son Push comes to shove cependant que Jaco Van Dormael rafle la Caméra d’or avec Toto le héros.

La palme d’or est décernée à Barton Fink de Joël et Ethan Coen, à l’unanimité de moi-même, pour les indescriptibles fous rires que ce fichu film a engendrés.

© Circle Films

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1992

16 films vus sur 21 en compétition.

Off pas moins de 15 films sont présentés, dont l’Othello d’Orson Welles, l’Opening night de John Cassevetes (en présence de Gena Rowlands), Le chêne de Lucian Pintilie, l’indigeste Horizons lointains/Far and away de Ron Howard et Reservoir dogs de Quentin Tarantino, entre autres.

Gérard Depardieu est le président du jury (avec Pedro Almodovar, John Boorman, Serge Toubiana…) qui consacre Billie August et son interminable et ennuyeux à périr Les meilleures attentions/Den goda viljan. Le réalisateur reçoit donc le trophée suprême en moins de quatre ans… et son actrice, Pernilla August, le prix d’interprétation féminine.

David Lynch, venu présenter son dingo Twin peaks, fire walk with me, est impitoyablement ignoré tandis que The player de Robert Altman rafle et le Prix de la mise en scène et le prix d’interprétation masculine pour son interprète principal, Tim Robbins.

Retour à Howard’s end/Howard’s end de James Ivory reçoit le Prix du 45ème anniversaire du Festival et le Grand Prix du jury est attribué à Il ladro di bambini de Gianni Amelio (pas vu).

Section court métrage, Sam Karmann obtient la Palme d’or avec Omnibus.

John Turturro empoche la Caméra d’or avec Mac.

Sharon Stone s’en fout. Amorale héroïne de Basic instinct de Paul Verhoeven, elle assure le service après-vente avec un tel abattage que la Croisette aura du mal à s’en remettre.

Quelques changements notables au palmarès.

Prix d’interprétation féminine : Elina Lowensohn pour Simple men d’Hal Hartley

Grand Prix du Jury : Twin peaks, fire walk with me de David Lynch

Prix de la mise en scène : Alison MacLean pour Crush

La palme d’or est décernée au cynique (mais pas que) The player de Robert Altman.

© Avenue Pictures Productions

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1993

15 films vus sur 23 en compétition tandis qu’off, les festivaliers peuvent profiter (?) du dernier Peter Greenaway, l’insoutenable The baby of Macon, sourire avec John McNaughton venu présenter le délicieux Mad dog and glory, blockbustériser avec Renny Harlin et son Cliffhanger. Oublions charitablement le désastreux Toxic affair de Philomène Esposito avec lequel Isabelle Adjani espérait un retour aux affaires.

Louis Malle préside le jury (composé entre autres d’Emir Kusturica, Judy Davis, Gary Oldman, Abbas Kiarostami, Claudia Cardinale et William Lubtchansky) qui décerne une palme d’or ex-aequo à Jane Campion pour La leçon de piano/The piano (Holly Hunter rafle le prix d’interprétation féminine) et Chen Kaige pour Adieu ma concubine/Bawang Bieji.

Le prix d’interprétation masculine (qui aurait tout aussi bien pu être remporté par Leslie Cheung, divinement troublant dans le film de Chen Kaige) est attribué à l’excellent David Thewlis pour le très sombre Naked de Mike Leigh qui reçoit le Prix de la mise en scène. Le Prix du Jury se voit partagé entre Ken Loach pour Raining Stones et Hou Hsiao Hsien pour Le maître de marionnettes, et Mazeppa réalisé par Bartabas remporte le Grand Prix de la Commission Supérieure Technique tandis que Wim Wenders empoche le Grand Prix du jury pour Si loin, si proche !/In weiter ferne, so nah !

A noter qu’étaient également présentés sur la Croisette le remake (anti)militariste de The body snatchers d’Abel Ferrara, l’outrancier Chute libre/Falling down de Joel Schumacher, King of the hill de Steven Soderbergh, L’homme sur les quais de Raoul Peck, L’escorte/La scorta de Ricky Tognazzi, Libera me d’Alain Cavalier et Ma saison préférée d’André Téchiné.

Jim Jarmush se voit récompensé de la Palme d’or du court-métrage pour Somewhere in California/ Coffee and cigarettes, l’hilarante rencontre entre Tom Waits et Iggy Pop et TranAhn Hung remporte la Caméra d’or pour L’odeur de la papaye verte/Mui du du xanh.

Le film de Chen Kaige obtenant de surcroit le Prix de la Critique Internationale, la Palme d’or est attribuée à La leçon de piano/The piano de Jane Campion (avec une mention spéciale pour le meilleur second rôle attribué à Sam Neill, remarquable dans un rôle plus qu’ingrat).

© The Australian Film Commission

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1994

13 films vus sur 23 en compétition.

La Palme d’or est attribuée à Pulp fiction de Quentin Tarantino. Clint Eastwood est président du jury. Respect.

Le Grand Prix ex-aequo est partagé entre Nikita Mikhalkov pour Soleil trompeur et Zhang Yimou pour Vivre ! (plus un prix d’interprétation masculine pour You Ge, aux dépens du tiercé royal de La reine Margot de Patrice Chéreau, Jean-Hugues Anglade, Daniel Auteuil, et Pascal Greggory), le Prix de la mise en scène est remporté par Nanni Moretti pour son magnifique Journal intime/Caro diaro (qui aurait bien mérité le Grand Prix en lieu et place de ce — censuré ! — de Mikhalkov), le Prix du scénario est offert à Michel Blanc pour l’astucieux Grosse fatigue (doublé du Prix de la Commission Supérieure Technique du cinéma français) et Exotica d’Atom Egoyan reçoit le Prix de la Critique Internationale.

Enfin, le prix du Jury est décerné à Patrice Chéreau pour La reine Margot, tandis qu’à la surprise générale, Virna Lisi ravit à ses deux collègues Isabelle Adjani et Dominique Blanc, le prix d’interprétation féminine pour le rôle secondaire, quoique pivot, de Catherine de Médicis.

Julie Delpy pour Trois couleurs Rouge de Krzysztof Kieslowski, l’impressionnante Jennifer Jason Leigh dans Mrs Parker and the vicious circle d’Alan Rudolph, voire Mia Kirshner pour Exotica d’Atom Egoyan auraient pu également y prétendre.

La Caméra d’or est remise à Pascale Ferran pour Petits arrangements avec les morts et Merzouak Allouache empoche le Prix de la Critique Internationale Un certain Regard pour Bal El-Oued city.

Palme d’or décernée à Pulp fiction de Quentin Tarantino qui, à l’exception notoire de sa déclaration d’amour à Pam Grier et hommage à la blaxploitation — Jackie Brown — n’a jamais réussi à faire mieux depuis.

© A Band Apart

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1995

17 films vus sur 24 en compétition.

Hors compétition, Desperado de Robert Rodriguez, Kiss of death de Barbet Schroeder qui permet à Nick Cage une nouvelle composition bizarre dont lui seul à le secret, Mort ou vif/The quick and the dead réalisé par Sam Raimi, produit par Sharon Stone et qui révèle Russell Crowe et Leonardo di Caprio, The usual suspects de Bryan Singer où l’on prétend que le croquemitaine n’existe pas et To die for de Gus Van Sant qui, s’il surexpose une Nicole Kidman plus arriviste que nature, offre surtout un premier grand rôle au torturé Joachim Phoenix.

Jeanne Moreau préside le jury (composé entre autres de Gianni Amelio, John Waters et Jean-Claude Brialy) qui consacre Underground d’Emir Kusturica — 10 ans après papa est en voyage d’affaires —, ce qui n’a pas l’heur de plaire à tout le monde. Le grand Prix est décerné à Theo Angelopoulos (un habitué des palmarès, à croire qu’on le remercie pour le sommeil réparateur que son cinéma provoque) pour l’encore une fois interminable (Gian Maria Volonté décida d’ailleurs de décéder durant le tournage et fut remplacé par Erland Josephson) qui n’apprécie guère, l’impudent ! (cf. Archive de l’INA).

Le Prix de la mise en scène est offert à Mathieu Kassovitz pour La haine et le Prix du Jury échoit à Xavier Beauvois, réalisateur et interprète de N’oublie pas que tu vas mourir tandis que Carrington de Christopher Hampton obtient et le Prix du Jury et le trophée du meilleur acteur pour Jonathan Pryce. Côté féminin, c’est Helen Mirren qui est une nouvelle fois récompensée, cette fois-ci pour La folie du roi George/The madness of king George de Nicholas Hytner et le Grand Prix de la Commission Supérieure Technique va au film de Zhang Yimou, Shanghai Triad.

Sont définitivement exclus l’étrange Angels et insects de Philip Haas, Land and freedom de Ken Loach, The neon bible de Terence Davies, Le couvent/O convento de Manoel de Oliveira, Le temps/Waati de Souleymane Cisse et surtout les films américains, véritables laissés pour compte : Kids de Larry Clark (dont les jeunes interprètes mériteraient bien un prix d’interprétation collectif), ainsi que Dead man de Jim Jarmush et Ed Wood de Tim Burton, partageant tous deux le même acteur, Johnny Depp, repartent bredouille (est-ce pour éviter les qu’en dira-t-on au vu de la présence de John Waters dans le jury ? mystère).

Quoiqu’il en soit, malgré les qualités intrinsèques d’Underground, et quoique l’on pourrait attribuer la palme à l’un et le grand prix du jury à l’autre, ou vice versa, cette année — une fois n’est pas coutume — je décerne une palme ex-aequo à Dead man de Jim Jarmush et Ed Wood de Tim Burton.

Parce que ce diable de Johnny Depp crève l’écran de sa beauté et son intelligence (ce garçon est écœurant). Parce qu’il est impossible de départager le casting, aussi brillant dans le Jarmush que dans le Burton. Parce que le noir et blanc de Robby Müller vaut bien celui de Stefan Czapsky, que Neil Young a écrit la partition de Dead man mais qu’Howard Shore n’est pas un manchot. Parce qu’il y a des indiens chez l’un, des travestis et un vampire chez l’autre. Parce qu’Iggy Pop est grimé en femme chez Jarmush et que Bill Murray souhaite en devenir une chez Burton. Et que s’il fallait vraiment n’en choisir qu’un, ce serait Jim Jarmush qui l’emporterait d’une courte tête (celle de Robert Mitchum). Mais qu’il n’y a aucune raison valable pour que je me refuse aujourd’hui à offrir deux palmes. Point.

© Pandora Filmproduktion - Touchstone Pictures,

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1996

16 films vus sur 22 en compétition.

Tandis qu’off sont présentés entre autres Trainspotting de Danny Boyle et Microcosmos, le peuple de l’herbe réalisé par Claude Nuridsany et Mary Perennou, le jury (Atom Egoyan, Nathalie Baye, Michael Ballhaus, Antonio tabucchi, …) présidé par Francis Ford Coppola décerne la palme d’or à Secrets et mensonges/Secrets and lies de Mike Leigh (et l’insupportable Brenda Blethyn empoche le prix d’interprétation féminine).

Bien. Il me faut pousser un cri, là. Aaaaaargh ! Voilà. C’est fait.

Le Grand Prix est accordé à Breaking the waves de Lars Von Trier avec Emily Watson qui aurait bien plus mérité ce fameux prix offert à Brenda Blethyn, le Prix de la mise en scène à Joël et Ethan Coen pour l’hilarant Fargo (l’interprétation de l’impayable Frances McDormand est également à cent coudées de celle de l’actrice britannique), Jacques Audiard empoche le Prix du meilleur scénario pour Un héros très discret et le Prix Spécial du jury échoit à David Cronenberg pour le provocant Crash.

Enfin, un double prix d’interprétation est remporté par les deux héros du Huitième jour réalisé par Joco Van Dormael, Pascal Duquenne et Daniel Auteuil.

Etaient également présents : Aki Kaurismaki avec Au loin s’en vont les nuages/Kauas pilvet karkaavat, Robert Altman et Kansas City, André Techiné et Les voleurs, Patrice Leconte et Ridicule, Bernardo Bertolucci et le désastreux (qui révèle tout de même Rachel Weisz volant sans difficulté la vedette à Liv Tyler) Beauté volée/Stealing beauty, Michael Cimino et Sunchaser, Rolf de Heer et La chambre tranquille/The quiet room, Stephen Frears et The van, Raoul Ruiz et Trois vies et une seule mort, Chen Kaige et Temptress moon, etc.

Bon. On efface tout et je recommence.

Grand Prix du Jury : Crash de David Cronenberg (et peut me chaut que l’on me juge partiale, d’autres s’en sont donnés à cœur joie par la suite)

Prix spécial du Jury : Fargo de Joël et Ethan Coen

Prix de la mise en scène : Jacques Audiard pour Un héros très discret

Prix d’interprétation féminine ex-æquo (je n’ai même pas envie de me donner la peine de réfléchir pour savoir laquelle des deux est la meilleure) : Emily Watson pour Breaking the waves de Lars Von Trier et Frances McDormand pour Fargo des frères Coen

Prix d’interprétation masculine ex-æquo (oui, c’est jour de fête) : Mathieu Amalric pour Comment je me suis disputé (ma vie sexuelle) d’Arnaud Desplechin et Nanni Moretti pour La seconda volta de Mimmo Calopresti

La palme d’or est donc décernée à Breaking the waves la somptueuse folie de Lars Von Trier. Accessoirement, il y a Stellan Skarsgard, Jean-Marc Barr, Udo Kier, la regrettée Katrin Cartlidge, d’assourdissantes cloches qui envahissent le ciel et une compilation musicale à tomber. Et pour qui l’a vu une fois, ce film ne s’oublie pas. Non franchement, de quoi causait le Mike Leigh déjà ?

© Argus Film Produktie

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1997

15 films vus sur 20 en compétition.

Off, Les pleins pouvoirs/Absolute power Clint Eastwood, Le destin/Al massir de Youssef Chahin, Le cinquième élément de Luc Besson, The blackout d’Abel Ferrara et Hamlet de Kenneth Branagh, entre autres.

Isabelle Adjani préside le jury, aux côtés de Tim Burton, Gong Li, Paul Auster et Nanni Moretti.

Une palme d’or ex-aequo récompense L’anguille/ Unagi de Shohei Imamura (pas vu) et Le goût de la cerise/Ta’m e guilass d’Abbas Kiarostami alors que le Grand Prix échoit à Atom Egoyan pour De beaux lendemains/The sweet hereafter (doublé du Prix de la Critique Internationale). Wong Kar Wai remporte le Prix de la mise en scène pour Happy together tandis que Manuel Poirier obtient le Prix du jury pour Western et que The ice Storm réalisé par Ang Lee reçoit le Prix du scénario.

Si Kathy Burke dans le violent Ne pas avaler/Nil by mouth de Gary Oldman n’a pas volé son prix d’interprétation (bien que la jeune Sarah Polley, héroïne Des beaux lendemains, était également une excellente candidate), si je n’ai rien contre Sean Penn (quoique j’ai tendance à le préférer réalisateur) qui l’emporte pour She’s so lovely (pas un de ses meilleurs rôles cependant) de Nick Cassavetes, j’aurais plutôt attribué tant que faire se peut le trophée à Ray Winstone, partenaire de Kathy Burke.

Par ailleurs, passent sur la Croisette Michael Winterbottom et Welcome to Sarajevo, Michael Haneke et Funny Games (premier épisode et de loin, bien meilleur que son putassier remake), Curtis Hanson et LA Confidential, Philippe Harel et La femme défendue, Wim Wenders et The end of violence.

Et Naomi Kawase remporte la Caméra d’or avec Suzaku.

Effectuons quelques changements d’importance.

Grand Prix du jury : Happy together de Won Kar Wai

Prix de la mise en scène : Ne pas avaler/Nil by mouth de Gary Oldman

Prix du scénario : le biscornu mais attachant The brave de Johnny Depp (oui, y a favoritisme. Et alors ?)

Prix d’interprétation masculine ex-aequo (quand on aime on ne compte pas) : Ian Holm, héros opiniâtre mais non sans reproche Des beaux lendemains/The sweet hereafter d’Atom Egoyan et Michel Serrault, magnifique dans le controversé Assassin(s) de Mathieu Kassovitz

La palme d’or est décernée au sublime et poignant De beaux lendemains/The sweet hereafter d’Atom Egoyan.

© Alliance Communications Corporation

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1998

14 films vus sur 22 en compétition.

Dark city d’Alex Proyas, l’aisément oubliable Blues brothers 2000 de John Landis, le divertissant Primary colors de Mike Nichols et le machin de Roland Emmerich, Godzilla, sont présentés hors compétition.

Martin Scorsese préside le jury (par ordre d’apparition — je les dénonce tous — Alain Corneau, Chen Kaige, Chiara Mastroianni, MC Solaar (pleure ?), Lena Olin, Wynona Ryder, Zoé Valdes, Sigourney Weaver et Michael Winterbottom), et Théo Angelopoulos voit enfin son inestimable valeur reconnue par l’octroi de la palme d’or à son L’éternité et un jour (Non, je n’ai même pas trois heures à accorder à la palme de l’année, alors l’éternité… faut arrêter de fantasmer là, Théo ! Pas vu, pas dormi). Et qui ne se souvient encore du ridicule achevé de la prestation parfaitement déplacée de Roberto Begnini lors de l’annonce du Grand Prix décerné à son film La vie est belle/La vita est bella ? (cC’est dans de tels moments généralement que j’espère voir débarquer Joe Pesci armé d’une batte de base-ball… bref).

John Boorman remporte le Prix de la mise en scène pour The general, le Prix du jury est partagé entre Thomas Vinterberg pour Festen et Claude Miller pour La classe de neige, Hal hartley obtient le prix du scénario pour Henry Fool, tandis que le Prix de la meilleure contribution artistique est attribué à l’affolant Velvet Goldmine de Todd Haynes, réunissant Ewan McGregor, Christian Bale et Jonathan Rhys Meyers (et voilà pourquoi depuis, je hais Toni Collette).

Elodie Bouchez et Natacha Régnier, partenaires dans La vie rêvée des anges, partagent le prix d’interprétation féminine (soufflant la récompense à l’étonnante Katrin Cartlidge, l’héroïne de Claire Dolan de Lodge Kerrigan) tandis que Peter Mullan, héros de My name is Joe de Ken Loach est distingué, côté messieurs, malgré de valeureux challengers. A la première place, le truculent Brendan Gleeson, héros du General de John Boorman, puis John Brumpton, étonnant dans Dance me to my song de Rolf de Heer, voire le monstrueux Benicio Del Toro, définitivement métamorphosé dans Las Vegas parano de Terry Gilliam.

Xavier Giannoli remporte quant à lui la Palme d’or du court-métrage pour L’interview avec Mathieu Amalric.

Quelques corrections apportées au palmarès.

Grand Prix spécial : Festen de Thomas Vinterberg

Prix du jury : Claire Dolan de Lodge Kerrigan ex-aequo avec Claude Miller

Prix du scénario : The hole de Tsai Ming-lang

La palme d’or est donc décernée au frappadingue Las Vegas parano/Fear and loathing in Las Vegas de Terry Gilliam. Selon les jours, je le préfère même à Brazil. Un des plus grands trips (avec le Casanova de Fellini) qui m’a laissée groggy (et qui me met en joie à chaque nouvelle vision) alors que — promis, juré, craché ! — je n’avais avalé aucune substance illicite avant de le voir.

© Fear and Loathing LLC

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1999

16 films vus sur 22 en compétition.

Alors que sont présentés off Adieu, plancher des vaches d’Otar Iosseliani, Dogma de Kevin Smith, Mon ennemi intime de Werner Herzog, The limey de Steven Soderbergh et Le Barbier de Sibérie de Nikita Mikhalkov, 1999 demeure pour certains comme l’année de la grande rigolade.

A voir le rictus de David Cronenberg, président du jury (avec entre autres jeff Goldblum, Dominique Blanc, André Téchiné, Holly Hunter et Maurizio Nichetti), il fallait bien se douter que le palmarès aurait comme un goût de jamais vu. Bingo !

Alors qu’est donné gagnant Pedro Almodovar (qui devra se contenter du Prix de la mise en scène) avec Tout sur ma mère/Todo sobre mi madre, la Palme d’or est décernée à l’unanimité à Rosetta de Jean-Pierre et Luc Dardenne et le Grand Prix, à L’humanité de Bruno Dumont. Ces deux films qui ne bénéficient pas du concours d’acteurs dits "professionnels" selon la profession (cf. les propos de Bruno Dumont sur la question dans l’interview accordée aux Inrockuptibles pour la sortie d’Hadewijch) raflent également les prix d’interprétation : Emilie Dequenne pour Rosetta et le couple Séverine Caneele/Emmanuel Schotte pour L’humanité (la grande famille du cinéma en a profité pour montrer à ces trois aspirants acteurs de quel bois elle se chauffait… on pouvait palper l’épaisseur du mépris qui les a accueillis sur scène).

Le Prix du Jury est accordé à Manoel de Oliveira pour La lettre/A carta et le Grand Prix de la Commission Supérieure Technique revient à L’empereur et l’assassin de Chen Kaige.

Se bousculaient également sur la Croisette 8 1/2 femmes de Peter Greenaway, Cradle will rock de Tim Robbins, Le voyage de Felicia/Felicia’s journey d’Atom Egoyan (avec un Bob Hoskins renversant), l’aride Kadosh d’Amos Gitai, L’été de Kikujiro de Takeshi Kitano, La nourrice de Marco Bellocchio, Le temps retrouvé de Raoul Ruiz, le magnifique Limbo de John Sayles, Pola X de Leos Carax, Wonderland de Michael Winterbottom et le radical Une histoire vraie/The straight story de David Lynch (dont le héros, Richard Farnsworth, fait un excellent candidat ex-æquo au prix d’interprétation masculine).

La palme d’or est décernée à mon unanimité et en toute humanité à Ghost dog, the way of the samurai de Jim Jarmush avec l’impressionnant Forrest Whittaker bercé par la musique de RZA et des dialogues mafieux parfaitement ahurissants.

© Pandora Filmproduktion

A suivre…

Et si vous avez raté le début :

Festival de palmes [Cannes, les années 80]

Dans Cinéma, Festival de Cannes, Rétrospective, Top le 25/05/2010 à 08:10

© Michel Landi, Federico Fellini, Akira Kurosawa, Alexandre Trauner, E. Muybridge, Information et Stratégie, Cueco, Tibor Timar, Ludovic

Flashs des années 80.
Un débarquement/le visage de Lee Marvin, un bal en patins à roulettes/la mort de Christopher Walken, un coup d’état/les mensonges de Jeremy Irons, un cataclysme/l’absurdité de la vie, Paris/Texas, une femme araignée/Bill & Raul, un incendie/au commencement était le Verbe, un ange tombé du ciel/les désirs de Bruno, un meurtre/la souillure, des gitans/l’envol de la mariée.
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1980

23 films (16 vus) en compétition tandis que Federico Fellini (La cité des femmes/La citta delle donne), Nicholas Ray et Wim Wenders (Nick’s film: Lightning over water) et Andreï Tarkovski (Stalker) passent en voisins.

Présidé par Kirk Douglas, le jury décerne une Palme à Kagemusha d’Akira Kurosawa ex-aequo avec All that jazz de Bob Fosse (n’en déplaise à l’excellent Roy Scheider que j’adore, Jaws en est témoin, ce film avait vieilli à peine apparu sur l’écran).

Mini-polémique quant aux prix d’interprétation remis au couple vedette — Anouk Aimée et Michel Piccoli — du Saut dans le vide/Salto nel vuoto de Marco Bellocchio, puisque doublé en italien. C’est contrariant car, au même moment, Lee Marvin exulte en sergent charismatique dans The Big Red One, œuvre testamentaire de Samuel Fuller qui revisite sa jeunesse en conflit et l’étrange Linda Manz est la révélation d’Out of the blue réalisé par Dennis Hopper.

Le Prix du scénario est offert à Age et Scarpelli pour La terrasse/La terrazza, film choral d’Ettore Scola tandis qu’Alain Resnais empoche pour Mon oncle d’Amérique et le Prix de la Critique Internationale et le Grand Prix spécial du jury à l’unanimité.

Des nèfles pour Jaguar (avec l’excellent Philip Salvador) de Lino Brocka, Loulou de Maurice Pialat, The long riders de Walter Hill et les autres.

Palme d’or à The Big Red One de Samuel Fuller parce que. Mais pas que. Pour un casque fleuri. Pour un cheval rendu fou par la fureur des armes. Et pour l’enfant qui meurt sur les épaules du sergent.

© Lorac Productions

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1981

Pffffffft. Jacques Deray, président du jury (Jean-Claude Carrière, Ellen Burstyn and co.) décerne une palme toute politique à L’homme de fer/Czlowiek z zelaza d’Andrzej Wajda.

Les festivaliers peuvent toujours se divertir avec le couple Jessica Lange/Jack Nicholson, héros d’une nouvelle version du Facteur sonne toujours deux fois/The postman always rings twice réalisée par Bob Rafelson et présentée hors compétition.

Sur les 22 films (15 vus) en lice, Méphisto d’Istvan Szabo empoche Prix du scénario et Prix de la critique internationale mais son acteur principal, l’excessif Klaus Maria Brandauer est oublié car c’est Ugo Tognazzi, autre grand cabotin devant l’éternel, qui obtient le prix d’interprétation masculine pour La tragédie d’un homme ridicule de Bernardo Bertolucci. Le Prix de la meilleure contribution artistique est attribué au fabuleux Excalibur de John Boorman (où se distingue le couple "magique" Nicol Williamson et Helen Mirren). Alain Tanner reçoit le Grand Prix spécial du jury pour Les années lumières/Light years away tandis que Juliet Berto pour Neige et Ken Loach, réalisateur de Looks and smiles, se partagent le Prix du Cinéma Contemporain (?).

Pour nous achever, le gloubi-boulga de Claude Lelouch, Les uns et les autres (musique de Francis Lai et Michel Legrand, chorégraphie de Maurice Béjart, Jorge Donn qui passe à l’ouest en deux sauts de biche…) remporte Le Grand Prix de la Commission Supérieure Technique du Cinéma Français (défense de rire).

Isabelle Adjani rafle triomphalement (mais sous les quolibets, une stupide querelle l’opposant alors aux photographes) le trophée de la meilleure actrice pour ses rôles dans Possession d’Andrejz Zulawski (et, je tiens à le préciser, le subtil Sam Neil aurait mérité d’être tout aussi encensé pour sa discrète partition et la manière élégante qu’il a de mettre en valeur sa partenaire**) et le volontiers oubliable Quartet de James Ivory.

Et Michael Cimino dans tout ça ? Précédé d’une réputation sulfureuse, son Heaven’s gate est enterré avant même d’avoir été projeté. Et pourtant, comment diable un film interprété par Kris Kristofferson, Christopher Walken, Jeff Bridges et John Hurt pourrait-il être exécrable ? parce qu’il a ruiné la United Artists* ? parce que l’inconcevable folie du tournage perdure à l’écran ? parce que l’histoire détruit sans coup férir le mythe des pères fondateurs ? parce que le film s’achève dans le désespoir et les regrets ?

La porte du paradis/Heaven’s gate de Michael Cimino est un film monstre qui survit de par sa stupéfiante beauté. Et le reste n’est que médisances.

© Partisan Productions

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1982

Et le navet va !

22 films (11 vus) en compétition et le jury est présidé par Giorgio Strehler.

Accessoirement, la Caméra d’Or est attribuée cette année à Romain Goupil pour son magnifique Mourir à 30 ans.

Palme ex-aequo au lacrymal et encombrant Missing de Costa-Gavras et au douloureux Yol de Yilmaz Guney (qui remporte également le Prix de la Critique Internationale). Les jurés (dont Jean Jacques Annaud, Sidney Lumet, Gabriel Garcia Marquez, Mrinal Sen ou Géraldine Chaplin) sont des marrants, nul doute sur ce point.

La notte di San Lorenzo réalisé par Paolo Taviani obtient le Grand Prix Spécial du Jury, Identification d’une femme/Identificazione di una donna de Michelangelo Antonioni, le Prix du 25 anniversaire du Festival (un lot de consolation en langage clair) et Passion de Jean Luc Godard, le Grand Prix de la Commission Supérieure Technique du cinéma français cependant que Werner Herzog rafle le Prix de la mise en scène pour son dément Fitzcarraldo.

Jack Lemmon obtient (encore ! et à nouveau pour un film plus que moyen) un prix d’interprétation masculine pour Missing de Costa-Gavras alors que sont également en lice pour le trophée Klaus Kinski, héros dingo de Fitzcarraldo de Werner Herzog, Frederic Forrest pour Hammett réalisé par Wim Wenders et surtout un renversant Jeremy Irons pour Travail au noir/Moonlighting de Jerzy Skolimowski qui, par ailleurs, doit se contenter du prix du scénario. Qu’est-ce que c’est que cette plaisanterie ?

Palme d’or pour Travail au noir/Moonlighting de Jerzy Skolimowski qui conte les tribulations londoniennes de quatre clandestins tandis que le coup d’état fomenté par le général Jaruzelski sonne le glas des libertés polonaises. Remarquable par sa noirceur tragi-comique, le film offre également au (déjà) remarquable Jérémy Irons, contremaitre exploiteur de son propre peuple mais tout autant victime des circonstances, un rôle à la mesure de son talent.

© Michael White Productions

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1983

Sous le bienveillant regard d’un samouraï peint par Akira Kurosawa, 22 films (14 vus) sont en compétition et William Styron préside le jury composé entre autres de Karel Reisz, Henri Alekan, Mariangela Melato, Youssef Chahine et Souleymanne Cisse.

Le prix d’interprétation masculine n’échappe pas à Gian Maria Volonté, héros de La mort de Mario Ricci de Claude Goretta au détriment du "couple" de L’homme blessé de Patrice Chéreau, Jean-Hugues Anglade/Vittorio Mezzogiorno — également présent pour La lune dans le caniveau de Jean Jacques Beinex. Personnellement, c’est à Takeshi Kitano qui, avec la complicité de Tom Conti tout aussi remarquable, crève l’écran dans Furyo/Merry Christmas, Mister Lawrence de Nagisa Oshima et fait impunément de l’ombre à David Bowie et Ryuichi Sakamoto sur lesquels tous les projecteurs sont inopportunément tournés, que j’aurais accordé ce prix.

Du côté des dames, c’est Hanna Shygulla qui se voit récompensée pour L’histoire de Pierra/Storia di Piera de Marco Ferreri, coiffant au poteau les peu farouches Greta Sacchi, héroïne de l’élégant mais ennuyeux Heat and dust de James Ivory et Isabelle Adjani, se rajeunissant à plaisir dans L’été meurtrier de Jean Becker, voire la charnelle Victoria Abril, révélation de La lune dans le caniveau de Jean Jacques Beinex et éclipsant jusqu’à l’incroyable Linda Hunt à qui Peter Weir a confié le rôle d’un homme dans L’année de tous les dangers/The year of living dangerously.

Le Grand Prix du cinéma de création va à Robert Bresson pour L’argent et Andreï Tarkovski pour le magnifique Nostalghia qui obtient également le Prix de la Critique Internationale tandis que le Carmen de Carlos Saura reçoit le Grand Prix de la Commission Supérieure Technique du cinéma français et le Prix de la meilleure contribution artistique.

La palme est décernée à Shohei Imamura pour sa traumatisante Ballade de Narayama/Narayama bushi-ko tandis que Le sens de la vie/The meaning of life de Terry Jones, tout aussi choquant, remporte le Grand Prix Spécial du Jury.

Hors compétition cette année, Angelo my love de Robert Duvall, Equateur de Serge Gainsbourg avec (l’hilarant) Francis Huster et la superbe Barbara Sukowa, Streamers de Robert Altman, le clipesque The hunger de Tony Scott et le dépaysant Utu de Geoff Murphy.

And now for something completely different, j’échange tout*** Imamura (pardon Shohei) contre un seul Python. Palme d’or à The meaning of life/Le sens de la vie de Terry Jones parce qu’il est bon de rire de soi, parfois.

© Celandine Films

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1984

19 films (13 vus) en lice, Dirk Bogarde, président du jury (en compagnie d’Ennio Morricone) et la caméra d’or attribuée à Jim Jarmush pour Stranger than paradise.

Sergio Leone aurait présenté son Once upon a time in America en compétition officielle, nul doute que la face du palmarès en eut été radicalement changée. Tant mieux pour Wim Wenders qui remporte la Palme d’or pour Paris, Texas ainsi que le Prix de la Critique Internationale ex-æquo avec l’assommant Theo Angelopoulos venu avec son interminable Voyage à Cythère (qui se paie le luxe de recevoir également le Prix du meilleur scénario). Helen Mirren est sacrée meilleure actrice pour un rôle secondaire dans Cal.

The element of crime, hallucination signée Lars Von Trier, reçoit le Grand Prix de la Commission Supérieure Technique et Bertrand Tavernier rafle le Prix de la mise en scène pour Un dimanche à la campagne (où Sabine Azéma, comme à son habitude, est à baffer).

Werner Herzog peut disparaître Where the green ants dream. Lino Brocka avec Bayan Ko Satyajit Ray avec La maison et le monde/Ghare baire et John Huston avec Under the volcano repartent également bredouilles.

Sans opposition, la Palme est attribuée à Paris, Texas de Wim Wenders qui a su s’entourer de collaborateurs de rêve : Sam Shepard et Kit Carson au scénario, Ry Cooder à la musique, Robby Muller à la photo, un solide acteur de composition en état de grâce, Harry Dean Stanton et la délicieuse Nastassia Kinski au faîte de sa beauté. Sans oublier les décors mythiques de Monument Valley qui laissent s’échapper une apparition fantomatique, fugace comme le souvenir.

© Road Movies Filmproduktion

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1985

Tandis que sont présentés hors compétition Witness de Peter Weir, La forêt d’émeraude/The emerald forest de John Boorman, Le soulier de Satin de Manuel de Oliveira, et le Woody Allen annuel, La rose pourpre du Caire/The purple rose of Cairo entre autres, 20 films (14 vus) sont en lice pour la Palme d’or qui est décernée à l’unanimité à Emir Kusturica pour Papa est en voyage d’affaires/Ota na sluzbenom putum par un jury (Mauro Bolognini, Nestor Almendros, Sarah Miles et Francis Veber, notamment) présidé par Milos Forman. Le film reçoit également le Prix de la Critique Internationale.

Birdy (qui a bien vieilli depuis) d’Alan Parker obtient le Grand Prix Spécial du Jury, Colonel Redl/Tedl ezredes d’Istvan Szabo, le Prix du Jury, le délirant Insignificance de Nicolas Roeg, le Prix de la Commission Supérieure Technique, Mishima de Paul Schrader (avec, dans le rôle de l’écrivain, un Ken Ogata halluciné), le Prix de la meilleure contribution artistique et enfin, André Téchiné remporte le Prix de la mise en scène pour Rendez-vous qui révèle Juliette Binoche (le prix d’interprétation féminine sera partagé entre Norma Aleandro pour L’histoire officielle de Luis Puenzo et Cher en mère courage dans Mask de Peter Bogdanovitch) et Wadeck Stanczak.

Le prix d’interprétation masculine est attribué à l’exceptionnel William Hurt pour Le baiser de la femme araignée/Kiss of the spider woman d’Hector Babenco. Comme d’habitude, c’est le rôle le plus flamboyant qui est récompensé. Raul Julia méritait tout autant le trophée que son compagnon de cellule.

Clint Eastwood passe tel un spectre avec Pale rider, Poulet au vinaigre de Claude Chabrol distrait, Détective de Jean-Luc Godard fait le bonheur des paparazzi à la poursuite de son couple vedette Nathalie Baye et Johnny Hallyday. Le fou de guerre/Scemo di guerra de Dino Risi avec Coluche ne convainc pas et Coca-Cola Kid de Dusan Makavejev passe totalement inaperçu. Et j’oublie par charité la ridicule prestation de Patrice Chéreau dans le pénible Adieu Bonaparte de Youssef Chahine.

La palme revient au fantasmagorique Le baiser de la femme araignée/Kiss of the spider woman d’Hector Babenco qui — outre une interprétation sans faille de ses trois acteurs principaux, William Hurt, Raul Julia et la magnifique Sonia Braga — allie astucieusement l’amour de la fiction à la puissance de l’imaginaire face à toutes les dictatures et les exclusions.

© HB Filmes

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1986

Sydney Pollack préside le jury composé de Sonia Braga, Alexandre Trauner, Alexandre Mnouchkine, Istvan Szabo, Danièle Thompson, Lino Brocka et Charles Aznavour, entre autres.

20 films (13 vus) sont en lice pour la palme. Sont également présentés hors compétition, Absolute beginners de Julien Temple, Hannah et ses sœurs de Woody Allen, La couleur pourpre/The color purple de Steven Spielberg et l’insipide Pirates de Roman Polanski, ainsi que des copies neuves du mythique Don Quixote d’Orson Welles et du magnifique Une question de vie ou de mort/A matter of life and death de Michaël Powell et Emeric Pressburger.

Si je ne trouve rien à redire au Prix de la mise en scène récompensant Martin Scorsese pour After hours, au Prix du Jury décerné à Thérèse réalisé par Alain Cavalier, au Prix de la Critique Internationale que remporte Andréï Tarkovski pour Le sacrifice/Offret qui sera son dernier film et qui obtient de surcroit le Prix de la meilleure contribution artistique et le Grand Prix Spécial du Jury, je ne peux que rejeter l’idée que le boursoufléThe missionde Roland Joffé — bénéficiant en outre du jeu outrancier de Robert de Niro qui a sans doute du regarder The hill**** en boucle et grimper des montagnes chargé comme un baudet pour "mieux se pénétrer de son rôle" — reçoive la Palme, doublée du Prix de la Commission Supérieure Technique.

Un prix d’interprétation féminine ex-aequo récompense Fernanda Torres pour Parle-moi d’amour/Eu sei que vou te amar d’Arnoldo Jabor (pas vu) et Barbara Sukowa, la Rosa Luxembourg de Margarethe Von Trotta et laisse sur le chemin Catherine Mouchet, exceptionnelle, dans Thérèse d’Alain Cavalier et la fantastique Charlotte Rampling présente pour l’hilarant Max mon amour de Nagisa Oshima.

Les acteurs ne sont pas en reste. Il a été manifestement impossible de choisir entre Michel Blanc, impeccable dans Tenue de soirée de Bertrand Blier et l’émouvant Bob Hoskins pour Mona Lisa de Neil Jordan. A tout le moins, quand toute tractation est impossible mieux vaut-il offrir un trophée collectif, dont le casting de Down by law de Jim Jarmush (John Lurie, Tom Waits et un Roberto Begnini quelque peu muselé) aurait pu bénéficier, voire gratifier le multi-primé Sacrifice/Offret d’Andreï Tarkovski d’un autre prix pour la partition d’Erland Josephson.

La Caméra d’or est décernée à Claire Devers pour Noir et blanc tandis que Jane Campion remporte la Palme d’Or du court métrage avec Peel.

Mini palmarès. Pour le Prix de la Commission Supérieure Technique, j’échange volontiers The mission contre le passionnant Runaway train d’Andreï Konchalovsky. Et le Grand Prix du Jury va à l’absurde Down by law de Jim Jarmush car j’estime qu’un peu d’humour ne nuit pas au sérieux de la compétition.

Et comme à force de rire, on finit toujours par en pleurer, la Palme est décernée au Sacrifice/Offret d’Andréï Tarkovski parce qu’il est unique. Foi de mécréante.

© Svenska Filminstitutet (SFI)

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1987

20 films (12 vus) en compétition et pas moins de 28 présentés off, dont le nostalgique Intervista de Federico Fellini, Good morning Babylonia des frères Taviani, le Woody Allen annuel, Radio days, le désopilant Arizona junior/Raising Arizona de Joel Coen, l’hilarant Dangereuse sous tous rapports/Something wild de Jonathan Demme et Tough guys don’t dance de Norman Mailer, également membre du jury en compagnie de Jerzy Skolimowki, Théo Angelopoulos et Jérémy Thomas, sous la présidence d’Yves Montand.

Qui ne se souvient cette année-là de la riposte d’un triomphant Maurice Pialat recevant la Palme d’or pour Sous le soleil de Satan sous les sifflets?

Wim Wenders, lui, obtient le prix de la mise en scène pour Les ailes du désir/Der himmel über Berlin, cependant que Le Prix du Jury se voit partager entre Shinran de Rentaro Mikuni (pas vu) et La lumière/Yeelen de Souleymanne Cissé (vu et totalement approuvé) et que Repentir/Pokayaniye (pas vu non plus) de Tenguiz Azbouladzé est doublement primé : Prix de la Critique Internationale et Grand Prix Spécial du Jury.

Stephen Frears quant à lui doit se contenter d’un lot de consolation en remportant le Prix de la meilleure contribution artistique pour Prick-up your ears.

Côté interprétation, Marcello Mastroianni reçoit sa seconde récompense cannoise (à 17 années d’intervalle) pour Les yeux noirs/Oci ciornie de Nikita Mikhalkov (dommage pour Bruno Ganz, ange amoureux dans Les ailes du désir de Wim Wenders ou Gary Oldman et Alfred Molina, exceptionnels dans Prick-up your ears de Stephen Frears) et Barbara Hershey triomphe avec (le pas très bon si j’en crois mes maigres souvenirs) Bayou/Shy people d’Andrei Konchalovsky.

Allez ouste !

J’efface tout ou presque.

Prix d’interprétation féminine : Faye Dunaway, bouleversante en femme déchue pour Barfly de Barbet Schroeder.

Prix d’interprétation masculine : Brian Dennehy, monumental dans Le ventre de l’architecte/The belly of an architect de Peter Greenaway.

Prix de la mise en scène : Maurice Pialat pour Sous le soleil de Satan

Prix de la meilleure contribution artistique : Le ventre de l’architecte/The belly of an architect de Peter Greenaway

Grand Prix Spécial du Jury : Prick up your ears de Stephen Frears

Palme d’or à Der himmel über Berlin/Les ailes du désir de Wim Wenders sans contestation possible, ni sifflet, ni poing levé. Car un film qui me fait regretter de ne pas avoir mieux travaillé mon allemand au lycée ne peut être complètement mauvais.

© Road Movies Filmproduktion

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1988

21 films (11 vus) en compétition tandis qu’off, les festivaliers se noient dans Le grand bleu de Luc Besson (qui a le mérite de révéler Jean Marc Barr. Ah ! Jean-Marc ! sigh ! soupirs), s’amusent avec Willow de Ron Howard, étudient les Histoires du cinéma en compagnie de Jean-Luc Godard, se passionnent (oui, bon, tout est relatif) pour The Milagro Beanfield war de Robert Redford et personnellement, je me demande encore si j’ai bien tout compris à l’étrange The blue iguana de John Lafia.

La Caméra d’or est décernée à Mira Nair pour Salaam Bombay ! et Marcel Ophuls obtient le Prix de la Critique Internationale avec Hôtel Terminus, Klaus Barbie et son temps présenté à Un Certain Regard.

Ayant trois films à départager, j’entre en tractations avec moi-même. Et je ne ferai pas de quartier.

En attendant, quelques informations sur le palmarès du jury présidé par Ettore Scola (dans l’ombre, Claude Berri, George Miller, Nastassia Kinski et Robby Muller) qui décerne la palme d’or à Pelle le conquérant/Pelle erobreren du toujours soporifique***** Billie August et un double Prix du Jury et de la Critique Internationale à Tu ne tueras point/Krotki film o zabijaniude Krzysztof Kieslowski d’une violence crue tandis que The world apart (débordant jusqu’à l’écœurement de grands et beaux sentiments) de Chris Menges remporte le Grand Prix du Jury et un prix d’interprétation pour ses trois héroïnes féminines : Linda Mvusi, Jodhi May et Barbara Hershey (déjà distinguée l’année précédente !) et que Forest Whitaker est sacré meilleur acteur pour sa magnifique performance dans Bird de Clint Eastwood qui rafle le Grand Prix de la Commission Supérieure Technique tandis que Peter Greenaway avec le jubilatoire Drowning by numbers obtient le Prix de la meilleure contribution artistique. N’ayant pas vu Le Sud/Sur, je ne ferai aucune remarque sur le Prix de la mise en scène attribué à de Fernando Solanas. Ouf.

Mon palmarès.

Prix d’interprétation masculine inchangé. Forest Whitaker est grand. Point.

Prix d’interprétation féminine attribué au vénéneux trio de femelles meurtrières de Drowning by numbers de Peter Greenaway, Joan Plowright, Juliet Stevenson et Joely Richardson

Grand Prix Spéial du Jury : Peter Greenaway pour Drowning by numbers

Prix de la mise en scène : Clint Eastwood pour Bird

La Palme d’or est attribuée au traumatisant Tu ne tueras point/Krotki film o zabijaniu de Krzysztof Kieslowski qui demeure pour moi un des plus grands chocs de la décennie.

© Zespol Filmowy "Tor"

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1989

Sont présentés hors compétition le très léger New York Stories, film à sketchs réalisé par Francis Ford Coppola, Martin Scorsese et Woody Allen, Les insoumis de Lino Brocka, le légendaire Lawrence of Arabia de David Lean et l’excellent documentaire de Gérard Vienne Le peuple singe (avec Michel Piccoli en discrète voix-off).

22 films (15 vus) sont en lice et le jury présidé par Wim Wenders offre la Palme d’or au premier film de Steven Soderbergh, Sex, mensonges et vidéos/Sex, lies and videotape — qui reçoit par ailleurs le Prix de la Critique Internationale — et le prix d’interprétation à son interprète, l’insipide James Spader… Il est comme ça Wim, quand il aime il ne compte pas.

Emir Kusturica remporte le Prix de la mise en scène pour Le temps des gitans/Dom za vesanje, Denys Arcand reçoit le Prix du Jury pour Jésus de Montréal, le Grand Prix de la Commission Supérieure Technique est attribué à Shohei Imamura pour son très beau Pluie noire/Kuroj ame, le Prix de la meilleure contribution artistique récompense Mystery train de Jim Jarmush et le Grand Prix Spécial du Jury est partagé entre le tire-larmes Cinéma paradiso/Nuovo cinéma Paradiso de Giuseppe Tornatore etle provocant Trop belle pour toi (je meurs) de Bertrand Blier. Meryl (Fregoli) Streep est sacrée meilleure actrice pour Un cri dans la nuit/A cry in the dark de Fred Schepisi (et — ça devient une habitude — le trop discret Sam Neill est prié d’applaudir sa partenaire).

Palmarès revu et corrigé.

Prix d’interprétation masculine collectif : Danny Aiello, Ossie Davis, John Turturro, Giancarlo Esposito et Spike Lee pour Do the right thing de Spike Lee

Prix d’interprétation féminine : Laura San Giacomo pour Sex, lies and videotape de Steven Soderbergh ex-aequo avec Carole Bouquet pour Trop belle pour toi de Bertrand Blier

Prix de la mise en scène : Spike Lee pour Do the right thing

Prix Spécial du Jury : Sweetie de Jane Campion

La Palme d’or est décernée à l’extravagant et généreux Le temps des gitans/Dom za vesanje d’Emir Kusturica (plus une mention spéciale à Goran Bregović) qui demeure sans nul doute — avec l’hilarant Chat noir, chat blanc/Crna macka, beli macor_1998 — un des meilleurs films de son auteur.

© Forum Sarajevo

* Il n’était assurément pas le seul à faire le coup. A lire : Final cut, dreams and disasters in the making of Heaven’s Gate de Steven Bach
** Tout comme le fera aussi gracieusement Willem Dafoe face à Charlotte Gainsbourg dans Antichrist de Lars Von Trier en 2009
*** Exceptés toutefois le cruel La vengeance est à moi_ 1979 et du cauchemardesque Pluie noire_1989
**** La colline des hommes perdus/The hill de Sidney Lumet_1965
***** Exception faite de l’étrange Smilla’s sense of snow_1987 mais le casting haut de gamme (Vanessa Redgrave, Julie Ormond, Tom Wilkinson, Gabriel Byrne, Richard Harris et Robert Loggia) et la qualité du scénario d’Ann Biderman y sont sûrement pour beaucoup

A suivre…

Et si vous avez raté le début :

Festival de palmes [Cannes, les années 70]

Dans Cinéma, Festival de Cannes, Rétrospective, Top le 22/05/2010 à 18:15

© Ferracci, Ferracci, DR, DR, Georges Lacroix, Siudmak, Siudmak, Siudmak, Folon, Folon

Place aux années 70…

… aux anti-héros, à la paranoïa, aux pulsions suicidaires et au triomphe de (la) Volonté.
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1970

25 films (10 vus) en compétition et le jury, composé entre autres de Kirk Douglas, Karel Reisz et Volker Schlondorff, est présidé par Miguel Angel Asturias (dont je conseille la lecture de ses excellentes Légendes du Guatemala).

Ottavia Piccolo l’emporte sur Romy Schneider (présente pour Les choses de la vie de Claude Sautet) pour son rôle d’épouse aimante et (trop) dévouée dans Metello de Mauro Bolognini et le clownesque Marcello Mastroianni (également présent dans Leo the last de John Boorman qui reçoit le prix de la mise en scène) est sacré meilleur acteur au détriment de son partenaire Giancarlo Giannini dans Drame de la jalousie/Dramma della gelosia d’Ettore Scola.

L’iconoclaste Mash de Robert Altman obtient le Grand prix du festival — ce qui n’aura pas manqué de réchauffer Hot Lips — et Enquête sur un citoyen au-dessus de tout soupçon réalisé par Elio Petri est sacré deux fois, avec le Prix de la critique internationale et le Grand Prix spécial du Jury.

C’est l’évidence même. J’échange le Grand Prix contre la Palme pour Enquête sur un citoyen au-dessus de tout soupçon/Indagine su un cittadino al di sopra di ogni sospetto d’Elio Petri. Pour la mise en scène virtuose, le scénario dantesque, la musique d’Ennio Morricone, l’ahurissant Gian Maria Volonté qui trouve là le rôle de sa vie et enfin, l’apparition de la vénéneuse Florinda Bolkan, celle par qui le désastre arrive*.

© Vera Films S.p.a.

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1971

25 films (12 vus) en compétition. Le jury est présidé par Michèle Morgan, à ses côtés siège Sergio Leone.

Alors que Romy Schneider est sur la Croisette avec La califfa d’Alberto Bevilacqua où en passionaria elle irradie de beauté, d’insolence et d’intelligence, c’est la tristounette Kitty Winn qui obtient le prix d’interprétation féminine pour son rôle de junkie dans Panique à Needle Park de Jerry Schatzberg.

Riccardo Cucciolla est sacré meilleur acteur pour Sacco et Vanzetti réalisé par Giuliano Montaldo tandis que son compagnon d’infortune, Gian Maria Volonté — à nouveau impérial — est ignoré.

Personnellement, j’aurais offert ce prix à Maurice Ronet, cynique à souhait dans Raphaël ou le débauché de Michel Deville ou à Dirk Bogarde, pathétique héros de Mort à Venise/Morte a Venezia de Luchino Visconti, qui obtient quant à lui le Prix du XXè anniversaire du Festival.

Sont également en compétition cette année-là Le souffle au cœur de Louis Malle (fantastique Léa Massari) et Walkabout de Nicolas Roeg.

Le Grand Prix est remporté par Joseph Losey avec Le messager/The go-between (qui bénéficie il est vrai du jeu puissant d’Alan Bates et de la présence de l’exquise Julie Christie).

Taking off de Milos Forman se partage le Grand Prix spécial du jury avec Johnny got his gun de Dalton Trumbo qui obtient en outre le Prix de la critique internationale. Deux prix de marque pour un seul film ? C’est donc qu’il mérite qu’on lui décerne la Palme.

Gagnant de l’année : Johnny got his gun de Dalton Trumbo car étant parti voir "le p’tit film de guerre bourrin du samedi soir" je ne m’en suis jamais totalement remise (merci à l’épilogue glaçant). En outre, il y a le regard de Jason Robards et Donald Sutherland dans le rôle d’un Christ fantasmagorique…

© World Entertainment

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1972

25 films (12 vus) sélectionnés et sont présentés hors compétition Frenzy d’Alfred Hitchcock, Macbeth de Roman Polanski et Roma di Fellini de Federico.

Joseph Losey, palmé l’année précédente, préside le jury aux côtés de Milos Forman, Bibi Anderson et Alain Tanner entre autres) et sacre le cinéma italien politique — et Gian Maria Volonté par la même occasion puisque le bougre est (omni)présent dans les deux films ex-æquo — en offrant le Grand Prix international à l’unanimité à Francesco Rosi pour L’affaire Mattei/Il caso Mattei et Elio Petri pour La classe ouvrière va au paradis/La classe operaia va in paradiso. Solaris d’Andreï Tarkovski obtient le Grand Prix spécial du jury et George Roy Hill, le prix spécial, avec Abattoir 5/Slaughterhouse-five.

Susannah York est récompensée pour Images de Robert Altman et Jean Yanne pour son interprétation magistrale de type parfaitement imbuvable dans Nous ne vieillirons pas ensemble de Maurice Pialat.

Elia Kazan peut aller se rhabiller, dommage pour le troublant Les visiteurs/The visitors et ses acteurs, l’étonnant Steve Railsback et James Woods dans son premier rôle.

Bon, c’est bien joli tout ça. Il est très bien ce palmarès… Mais ils sont où les indiens, les cow-boys, les grands espaces, les chevaux, l’appel de la forêt, les grizzli et les derniers velus ? Palme d’or attribuée à Jeremiah Johnson de Sydney Pollack, pour la paix intérieure enfin retrouvée.

© Warner Brothers

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1973

24 films (14 vus) en compétition tandis que François Truffaut vient présenter sa Nuit américaine et que la Montagne sacrée d’Alejandro Jodorowsky est également hors concours.

Ingrid Bergman préside le jury composé de Sydney Pollack, Lawrence Durrell et Jean Delannoy entre autres.

L’époustouflante Joanne Woodward est sacrée meilleure interprète féminine pour De l’influence des rayons gamma sur le comportement des marguerites de Paul Newman (la rumeur voudrait que l’actrice coucha pour obtenir ce rôle) et l’infernal et outrancier Giancarlo Giannini l’emporte grâce à Lina Wertmuller et son personnage d’anarchiste amateur dans Film d’amore e d’anarchia.

Le traumatisant Ana et les loups/Ana y los lobos de Carlos Saura — qui y torture son épouse Géraldine Chaplin — est absent du palmarès, un festival d’ex-æquo.

L’invitation de Claude Goretta et La clepsydre/Sanatorium pod klepsydra de Wojciech J. Has (le réalisateur du fantastique Manuscrit trouvé à Saragosse) se partagent le Prix du Jury, Jean Eustache (pour La maman et la putain qui reçoit également le Grand Prix spécial du jury) et Marco Ferreri (pour La grande bouffe), le Prix de la critique internationale et Le Grand Prix est attribué conjointement à L’épouvantail/ Scarecrow de Jerry Schatzberg et La méprise/The hireling d’Alan Bridges… A croire qu’il fut impossible au jury de se mettre d’accord sur quoi que ce soit.

René Laloux pour La planète sauvage obtient quant à lui le Prix spécial.

Je vais mettre tout le monde d’accord. Palme d’or au renversant (et incompris**) Electra Glide in Blue réalisé par le rocker James William Guercio dont ce sera l’unique film, délicat et fort singulier, décortiquant au scalpel la fin des illusions d’un jeune motard*** (hallucinante composition de Robert Blake) englué tout autant que les héros d’Easy rider dans le grand rêve américain, alors que l’Amérique est devenue folle et crève de solitude. La dernière séquence, cauchemardesque, est bouleversante.

© Guercio-Hitzig

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1974

26 films (12 vus) vont se disputer la palme et le jury (Monica Vitti, Michel Soutter, Irwin Shaw, Jean-Loup Dabadie, etc.) est présidé par René Clair.

Viennent faire un tour hors compétition pas moins de 14 films dont Amarcord de Federico Fellini, Lancelot du Lac de Robert Bresson, Parade de Jacques Tati et Le trio infernal de Francis Girod.

Si Jack Nicholson est justement récompensé pour La dernière corvée/The last détail d’Hal Ashby, c’est la (trop) discrète Marie-José Nat qui remporte le prix d’interprétation féminine pour Les violons du bal de Michel Drach, au détriment de Goldie Hawn, fabuleuse dans The Sugarland Express réalisé par Steven Spielberg (prix du scénario), de la grande duduche Shelley Duvall présente sur la Croisette dans Nous sommes tous des voleurs/Thieves like us de Robert Altman et de l’étonnante Brigitte Mira, héroïne de Tous les autres s’appellent Ali/Angst essen seele auf de Rainer Werner Fassbinder qui remporte le Prix de la critique internationale.

Le délirant Malher de Ken Russell obtient le Grand Prix de la Commission Supérieure Technique du Cinéma Français (ouf !), le Grand Prix spécial du Jury est attribué à Pier Paolo Pasolini pour Les mille et une nuits/Il fiore delle mille e une note et Francis Ford Coppola (secondé par une interprétation hors pair de Gene Hackman) empoche le Grand Prix pour sa paranoïaque Conversation secrète.

J’offre à Francis Ford, qui aura le temps de se refaire, le Grand Prix spécial et la Palme est décernée à Tous les autres s’appellent Ali/Angst essen seele auf de Rainer Werner Fassbinder parce que Rainer, parce que Werner, parce que Fassbinder. Un point c’est tout****.

© Filmverlag der Autoren

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1975

Le jury est présidé par Jeanne Moreau (entourée notamment par Léa Massari, Pierre Salinger, André Delvaux, George Roy Hill, Fernando Rey et Anthony Burgess).

La flûte enchantée/Trollflojten d’Ingmar Bergman, The day of the locust de John Schlesinger et Tommy de Ken Russell sont présentés hors compétition (tant pis pour eux) et 22 films (9 vus) prétendent à la Palme, dont Alice n’est plus ici/Alice doesn’t live here anymore de Martin Scorsese.

L’impérial Vittorio Gassman souffle à Jack Nicholson (présent pour Profession: reporter de Michelangelo Antonioni) le prix d’interprétation masculine tandis que Valérie Perrine est récompensée pour sa prestation de strip-teaseuse dans Lenny de Bob Fosse au détriment de la superbe Xu Feng, héroïne de A touch of zen/Sha-nu de King Hu qui remporte le Grand Prix de la Commission Supérieure Technique.

Costa-Gavras reçoit le prix de la mise en scène pour Section spéciale (ex-æquo avec Les ordres de Michel Brault, que je n’ai point vu). L’énigme de Kaspar Hauser/Jeder fur sich und gott gegen alle réalisé par Werner Herzog obtient le double prix de la Critique Internationale et le Grand Prix spécial du Jury tandis que la Palme d’or est décernée à Chronique des années de braise de Mohammed Lakhdar-Hamina.

La Palme est offerte à Lenny de Bob Fosse parce que si je n’aime en général pas les biopics*****, Lenny Bruce était un être si singulier et sa courte vie si extravagante qu’on croirait le personnage tout droit sorti de l’imagination délirante d’un scénariste sous acide. Parce que l’obscénité n’est qu’une vue pervertie de l’esprit. Et parce que Dustin Hoffman est grand.

© Marvin Worth Productions

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1976

20 films (14 vus) en compétition et non des moindres.Hors compétition : l’excellent Cadavres exquis/ Cadaveri eccelenti de Francesco Rosi, Edvard Munch de Peter Watkins, Face to face d’Ingmar Bergman, l’étrange Complot de famille/Family plot d’Alfred Hitchcok et le film monstre de Bernardo Bertolucci, 1900/Novecento.

Président du jury : Tennessee Williams, bien entouré par Charlotte Rampling et Costa-Gavras notamment.

La palme d’or est attribuée à Taxi driver de Martin Scorsese avec raison certes (bien que je continue de lui préférer Mean Streets) et n’ayant pas vu Pascal Duarte de Ricardo Franco, je serais bien en peine de juger de la valeur de l’interprétation de José Luis Gomez (revu dernièrement dans Etreintes brisés/Los abrazos rotos de Pedro Almodovar). Nul doute que les frères ennemis Robert de Niro/Harvey Keitel auraient mérité de se partager ce prix.

Dominique Sanda provoque une mini polémique quand elle reçoit son trophée puisque L’héritage/L’eredita Ferramonti de Mauro Bolognini est présenté en version italienne et qu’elle y est doublée. Fi de controverse, elle y est parfaite en garce de haute volée et son visage indéchiffrable aurait fait le bonheur du cinéma muet.

Le Prix de la mise en scène est décerné à Ettore Scola pour Affreux, sales et méchants/Brutti, sporchi, cattivi, le Prix de la Critique Internationale à Wim Wenders pour Au fil du temps/Im lauf der zeit(pour lequel Rudigler Vogler et Hanns Zischler auraient également pu prétendre à un prix d’interprétation ex-æquo), le Grand Prix Spécial du Jury se voit attribué quant à lui à Eric Rohmer pour La marquise d’O et Carlos Saura pour Cria Cuervos, avec la divine Ana Torrent.

Etaient également présents sur la croisette Paul Mazursky et son Next stop, Greenwich village, Miklos Jancso pour Vices privés, vertus publiques/Vizi privati, pubbliche virtu et Roman Polanski pour Le locataire.

Grand "oublié" du palmarès : Monsieur Klein de Joseph Losey.

Sans doute trop honnête, trop cruelle, trop ardue à encaisser, cette étude clinique d’un schizophrène au bon vieux temps atroce de la collaboration, de la chasse aux juifs et des profiteurs de guerre, continue encore aujourd’hui à réfrigérer, et ce, dès la première scène.

Egalement producteur du film, Alain Delon qui offre son beau visage froid et impassible à cette mise en abyme d’une âme perdue — miroir à double face de la France d’alors — enquêtant sur sa propre culpabilité, est prodigieux. Point. Le reste n’est que littérature.

Contre l’injustice et contre l’oubli, et parce que nous sommes tous des Monsieur Klein en puissance, la palme revient à Joseph Losey.

© Adel Production

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1977

23 films (13 vus) en compétition.

Roberto Rossellini est président du jury et je n’ai toujours pas vu la Palme d’or — Padre padrone de Vittorio et Paolo Taviani — en entier, m’étant faite éjecter du cinéma, pour cause de trouble à l’ordre public par la grâce d’un rire inextinguible né de la fantasmagorie zoophile des deux frangins (même pas honte).

Si j’estime que Sissy Spacek et Janice Rule méritaient tout autant un prix d’interprétation que Shelley Duvall seule récompensée (et qui partage par ailleurs son trophée avec Monique Mercure) pour leurs rôles dans 3 femmes/3 women de Robert Altman, j’aurais apprécié que Fernando Rey, distingué pour Elisa vida mia de Carlos Saura, partage sa récompense avec David Carradine, Woody Guthrie plus vrai que nature dans En route pour la gloire/Bound for glory d’Hal Ashby, voire Marcello Mastroianni, subtilement opprimé dans Une journée particulière/Una giornata particolare d’Ettore Scola.

Pour son premier film, Ridley Scott remporte à l’unanimité avec The duellists (et un excellent duo d’acteurs, Harvey Keitel et Keith Carradine) le Prix du Jury à la première œuvre. Passent également sur la Croisette Claude Goretta et sa Dentellière, René Feret et sa Communion solennelle, Marguerite Duras et son (gros) camion.

Injustement oublié du palmares, L’ami américain/Der Amerikanische Freund de Wim Wenders, adaptation crépusculaire du Ripley’s game de Patricia Highsmith, permet à Dennis Hopper de briller en gredin face à un Bruno Ganz bouleversant et confirme les obsessions du cinéaste pour les destinées amicales.

Il bénéficie en outre d’un casting de réalisateurs-complices des plus impressionnants : les passionnés et passionnants Samuel Fuller, Nicholas Ray, Gérard Blain, Jean Eustache et Daniel Schmid.

© Filmverlag der Autoren

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1978

Si Fedora de Billy Wilder et The last waltz de Martin Scorsese sont présentés hors compétition, 23 films (15 vus) concourent pour la palme. Alan J. Pakula préside le jury en compagnie notamment de Liv Ullmann, Michel Ciment, Franco Brusati, Claude Goretta et Andreï Konchalovsky.

Pour la première d’Un certain regard, c’est L’homme de marbre/Czlowiek z marmuru d’Andrzej Wajda qui l’emporte à l’unanimité face à Hitler, un film d’Allemagne/Hitler, ein film aus Deutschland réalisé par Hans Jürgen Syberberg, Koko, le gorille qui parle de Barbet Schroeder et le magistral Dossier 51 de Michel Deville.

Décidément, à Cannes on adore la campagne ! L’arbre aux sabots/L’albero degli zoccoli d’Ermanno Olmi reçoit la palme d’or tandis que Nagisa Oshima se contente du prix de la mise en scène pour son troublant L’empire de la passion/Ai no borei (œuvre bien plus fascinante si l’on y songe que L’empire des sens/Ai no corrida).

Louis Malle obtient le Grand Prix de la Commission Supérieure Technique du cinéma français pour La petite/Pretty baby qu’il aurait probablement bien du mal à monter de nos jours et le Grand Prix spécial du jury est partagé entre Le cri du sorcier/The shout de Jerzy Skolimowski et Rêve de singe/Ciao maschio de Marco Ferreri.

Isabelle Huppert, effarante Violette Nozière pour Claude Chabrol et Jill Clayburgh en Femme libre/An unmarried woman pour Paul Mazursky sont sacrées meilleures actrices alors que Jon Voight remporte seul le trophée du meilleur acteur pour Le retour/Coming home, lacrymal film à oscars d’Hal Ashby devant Dirk Bogarde (trouble à souhait dans Despair de Rainer Werner Fassbinder), Gérard Depardieu (grandiose dans Rêve de singe de Marco Ferreri), Brad Davis (remarquable dans Midnight Express d’Alan Parker) et Philippe Caubère (A jamais Molière pour Ariane Mnouchkine).

Palme décernée à Who’ll stop the rain/Les guerriers de l’enfer de Karel Reisz, subtile peinture de la génération perdue du Vietnam. Road movie désespéré, thriller passionnant, témoignage accablant sur une Amérique gangrenée par les conséquences de la guerre, le film bénéficie en outre d’une solide interprétation (Anthony Zerbe, Tuesday Weld, Michaël Moriarty) dominée par la puissance de jeu d’un Nick Nolte au meilleur de sa forme.

© Katzka-Jaffe

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1979

21 films (14 vus) présentés tandis qu’hors compétition se bousculent Francesco Rosi Le christ s’est arrêté à Eboli/Cristo si e fermato a Eboli (tant pis pour Gian Maria Volonté), Milos Forman pour Hair, Woody Allen pour Manhattan, Federico Fellini pour Prova d’orchestra et surtout John Huston venu présenter Le malin/Wise blood (dommage pour l’ahurissant Brad Dourif).

Terrence Malick obtient le Prix de la mise en scène pour Les moissons du ciel/Days of heaven, Jacques Doillon, le Prix du jeune cinéma pour La drôlesse et Norma Ray de Martin Ritt empoche Le Grand Prix de la Commission Supérieure Technique du Cinéma Français et un prix d’interprétation féminine pour Sally Field, tandis que Jack Lemmon est distingué pour The China syndrome de James Bridges damant le pion au jeune David Bennent, monstrueuse révélation du Tambour de Volker Schlondorff et à Patrick Dewaere, impressionnant dans l’injustement oublié Série noire d’Alain Corneau.

Françoise Sagan, présidente du jury, trouvera le moyen de se faire remarquer en entamant une polémique sur la palme ex-æquo décernée au fantasmatique Apocalypse now (puisqu’A work in progress******) de Francis Ford Coppola (également honoré du Prix de la Critique internationale) et le très glauque Die blechtrommel/Le tambour de Volker Schlondorff qui avait sa préférence. Fi !

Palme d’or unique et irrévocable à Apocalypse Now de Francis Ford Coppola parce que tout le monde aime l’odeur du napalm au petit déjeuner (sans sucre, merci), que lorsque nous regardons dans les ténèbres ces chiennes nous matent aussi, que ça s’appelle l’horreur et que this is the end, my friend.

© Zoetrope Studios

* Et ce n’est pas le taulier d’Inisfree qui me contredira
** Est-ce son pessimisme latent renvoyant dos-à-dos la loi+l’ordre et l’insoumission citoyenne ou son ironie (car le film est truffé de séquences hilarantes) qui fit scandale à Cannes ? A l’époque de la contre-culture, il ne fait pas bon mettre en scène des policiers et s’intéresser à leur humanité sans se voir automatiquement traiter de fasciste et autre nom d’oiseau. Contacter Clint Eastwood pour plus amples informations.
*** bien loin des souriants héros de la série Chips
**** Et je persiste et signe ce que j’ai écrit ici
***** Autre exception qui confirme la règle : Man on the moon de Milos Forman, inspiré par la cruelle destinée d’un autre siphonné, Andy Kaufman
****** Il n’est pas interdit de lire les Notes: On the Making of "Apocalypse Now" d’Eleanor Coppola

A suivre…

Et si vous avez raté le début :