FredMJG

Articles Tagués ‘Des baignoires et des hommes’

Etre [ou ne pas être] dans le bain. Le renoncement

Dans Bains, Cinéma le 18/02/2013 à 14:30

© Imamura Productions

Kôji Yakusho/Takuro Yamashita
dans L’anguille/Unagi de Shōhei Imamura_1997
**********

C’est le premier bain solitaire que Yamashita prend depuis des années. Il vient de sortir de prison. La baignoire est celle de son "contrôleur judiciaire", un bonze qui a subodoré en ce prisonnier modèle une bonne âme récalcitrante devant toute forme de rédemption.

Il reste planté là, tel une Lady Macbeth n’en revenant toujours pas de son forfait. S’il n’avait tenu qu’à lui et à la culpabilité qui le ronge, il serait toujours derrière les barreaux à expier inlassablement le crime passionnel qu’il a commis.

Les mains, qu’il fixe comme si elles appartenaient à un autre, sont celles là même qui ont poignardé – après avoir blessé méchamment l’amant — la femme infidèle. Cette épouse provocante qui s’est offerte nue aux coups redoublés de son couteau, comme pour, enfin, être pénétrée par cet époux timide et quasi transparent. Aussi fuyant qu’une anguille, en tous points semblable à celle qu’il a apprivoisée, et qui parfois ignore somptueusement ses confidences et stagne, sphinx narquois, au fond de son aquarium tandis qu’il se débat avec l’existence.

Il lui faudra sauver la vie d’une fille perdue qui ressemble furieusement à la défunte, libérer la bête et repasser par la case prison avant de réussir à se reconstruire en tant qu’humain et trouver sa vraie place d’homme, d’ami, d’époux, de père. Fut-ce de l’enfant d’un autre.

A suivre…

Envie de comparer salles d’eau, menus accessoires et grande lessive ? Rendez vous donc sur la page Des baignoires et des hommes.

Etre [ou ne pas être] dans le bain. La transformation

Dans Bains, Cinéma le 03/12/2012 à 09:47

© Allegro Productions

Udo Kier/Dr Henry Jekyll
dans Dr Jekyll et les femmes de Walerian Borowczyk_1981
**********

Henry Jekyll/Udo Kier, souhaitant léguer toutes ses possessions à un certain Hyde, confie cet étrange testament à son notaire peu avant la fête donnée pour ses fiançailles avec Miss Osbourne (Marina Pierro, dont le corps voluptueux peine à se discipliner dans un sadique corset).

Librement adapté de l’œuvre de Robert Louis Stevenson, Dr Jekyll et les femmes (ou Le cas étrange du Dr Jekyll et de Miss Osbourne) est un quasi huis clos où l’horreur et la lubricité vont se déchainer en une nuit. Alors que Jekyll est sommé de s’expliquer sur ses expériences impies, les appétits priapiques du monstre qui rôde dans sa demeure vont mettre à mal toute la maisonnée, innocentes enfants et serviteurs compris.

Nous sommes chez Borowczyk. Il est donc entendu que c’est tout autant la haine des conventions qui habite ce brave docteur en manque d’affection, que l’étude de l’instinct purement animal doublé de folie sexuelle qui semble s’emparer des quelques invitées mises au contact de la bête. Avec son habituel mélange de paillardise et de grotesque, le réalisateur s’amuse tout autant à tuer la mère qu’à bouffer du curé, sous le fallacieux prétexte de décrire l’amour cannibale qui va bientôt unir son Dr Jekyll à Miss Osbourne. Sans oublier de s’abandonner à son obsession maladive en filmant amoureusement les charmants fondements de ses actrices.

Mais revenons à Henry Jekyll. Si une simple piqure de sérum — injecté par l’increvable Howard Vernon — calme illico l’instabilité de son double, c’est un bain aux sels maléfiques qui suffit à le réveiller. A la grande joie des spectatrices, Udo Kier, en transes, se plonge plus souvent qu’à son tour dans sa baignoire, pour s’y ébrouer allègrement et s’y peloter de manière fort peu convenable avant transfiguration.

Et reconnaissons que le plus abominable de cette œuvre nihiliste n’est pas tant l’innocence bafouée ou la transgression des tabous par une horde de femelles frustrées, mais bien plutôt que l’halluciné et très joli Udo Kier se transforme au sortir du bain en l’hallucinant et nanardesque Gérard Zalcberg.

Là réside le véritable crime du Dr Jekyll.

A suivre…

Envie de comparer salles d’eau, menus accessoires et grande lessive ? Rendez vous donc sur la page Des baignoires et des hommes.

Etre [ou ne pas être] dans le bain. La rouerie

Dans Bains, Cinéma le 01/10/2012 à 20:10

© Warner Bros. Pictures

Kirk Douglas & Henry Fonda
dans Le reptile/There was a crooked man de Joseph L. Mankiewicz_1970
**********

Ne vous fiez pas au langoureux regard complice que se lancent Paris Pittman/Kirk Douglas et Woodward Lopeman/Henry Fonda lors de leurs ablutions. Mais notez plutôt que si Woodward, ancien shérif à la jambe aussi raide que la justice désormais gardien de pénitencier, a la main crispée sur une savonnette, celle du détenu Pittman s’approcherait tendancieusement de l’arme qui le nargue. Pourtant, il ne s’en saisira pas. Lopeman le teste et il le sait. Et ne s’est-il pas immergé dans un tonneau pour montrer l’exemple à l’établissement tout entier, sommé de se décrasser sous le joug du très respectable nouveau maître des lieux?

La réussite d’une spectaculaire évasion vaut bien une toilette songe Pittman le gredin, jouisseur patenté, charmeur de ces dames au sourire carnassier, félon magnifique qui enjôle ou massacre sans que frémisse sa légendaire fossette.

Tout à leur cours après moi que je t’attrape, nos deux bretteurs oublient chacun leur tour la plus élémentaire des précautions et leurs joutes n’empêcheront pas, la canaille fut-elle trop belle, que magot mal acquis ne profite jamais. Pittman aura beau faire et défendre chèrement son butin, il oubliera mais un peu tard que l’on tombe toujours sur plus venimeux que soi.

Dans une dernière pirouette, le vertueux Lopeman en perd illico son latin et ses principes, tant il suffit parfois d’attendre patiemment derrière un rocher la mort de son ennemi pour s’enrichir à peu de  frais.

Dieu est mort depuis longtemps, John Ford aussi. Et Henry Fonda a interprété deux ans auparavant un tueur d’enfants pour Sergio Leone. Il y a donc définitivement quelque chose de pourri au royaume de l’ouest.

Sommet de cynisme, Le reptile, unique western de Joseph L. Mankiewicz, tire sur tout ce qui bouge de traitres, de crétins et de damnés hypocrites et demeure comme le plus misanthrope des films du réalisateur.

A suivre…

Envie de comparer salles d’eau, menus accessoires et grande lessive ? Rendez vous donc sur la page Des baignoires et des hommes.

Etre [ou ne pas être] dans le bain. La récompense

Dans Bains, Cinéma, gif, Western le 26/06/2012 à 15:48

© Universal Pictures

© Universal Pictures

© Universal Pictures

© Universal Pictures

Shirley MacLaine et Clint Eastwood
dans Sierra Torride/Two mules for Sister Sara de Don Siegel_1969
**********

Certes, la manière d’agir de Hogan/Clint Eastwood semble un peu cavalière mais notre cowboy a quelques circonstances atténuantes.

Voilà déjà plus d’une heure qu’il se la colle sur l’oreille, le péquenaud, tout marri qu’il est d’avoir quelques licencieuses pensées pour Sister Sara/Shirley MacLaine depuis qu’il l’a sauvée d’une bande de malandrins qui se promettait de lui faire subir les derniers outrages.

Mais la dame s’y entend pour le faire tourner en bourrique tandis que le spectateur mis très tôt dans la confidence — notre nonne pas très catholique n’a-t-elle pas voluptueusement tiré sur un mégot de cigare négligemment balancé par notre défenseur des dévotes en détresse ? — s’amuse de l’embarras du bonhomme totalement ébranlé par l’habit de la religieuse qui maintient à distance toute approche libidineuse.

Maniant également volontiers la dynamite, une fois arrivée à bon port — soit une maison de tolérance où elle est accueillie comme du pain béni — notre rouquine incendiaire tombe généreusement la robe de bure et révèle une cuisse encore bien plus légère qu’Hogan n’aurait osé l’espérer. Il est donc plus que temps que notre héros se décrotte de toutes les frustrations engendrées par sa méprise et goûte enfin aux fruits jusque là défendus.

Avant d’embarquer l’infernale donzelle pour une vie maritale où il gardera stoïquement son chapeau, mais où madame portera indéniablement la culotte.

Source gif : Joaquinsphoenix Tumblr

A suivre…

Envie de comparer salles d’eau, menus accessoires et grande lessive ? Rendez vous donc sur la page Des baignoires et des hommes.

Etre [ou ne pas être] dans le bain. Le fac-similé

Dans Bains, Cinéma le 01/05/2012 à 15:21

© Warner Bros.

Richard Benjamin/Peter Martin
dans Mondwest/Westworld de Michael Crichton_1973
**********

A Delos, les faux-semblants sont rois.

Tout est toc dans cette scène. De la baignoire si typique à l’homme qui profite joyeusement de son bain après une nuit au lupanar de la ville débordant d’aguichantes jeunes dames toutes exceptionnellement consentantes. Même l’arme ostensiblement posée à portée de main est factice.

Hors donc, si Peter Martin, le gai luron qui se décrotte si vigoureusement en fredonnant une chanson à boire, n’est pas un cow-boy mais un homme d’affaires en goguette, c’est que nous ne sommes guère au Far West.

Nonobstant, l’inimitié d’un robot à tendances psychopathes — l’increvable Yul Brynner dans une savoureuse relecture du rôle iconique qu’il tenait en 1960 dans Les 7 mercenaires de John Sturges — qui le poursuit de ses provocantes assiduités est, elle, bien réelle, et le sang qui va bientôt couler dans l’onéreux parc d’attractions de Delos a tout du cauchemar dont notre héros, venu s’offrir des vacances hors de prix aux dépens d’androides trop vrais pour n’être pas quelque peu humains — ressentiment et sauvagerie à tous les étages —, aura bien du mal à se réveiller.

A suivre…

Envie de comparer salles d’eau, menus accessoires et grande lessive ? Rendez vous donc sur la page Des baignoires et des hommes.

Etre [ou ne pas être] dans le bain. La badass attitude

Dans 1883 magazine, Bains, Cinéma, Photoshoot le 27/04/2012 à 13:55

© Kristin Vicari

Tom Hiddleston

Ce post est particulièrement dédié à Pascale et Adelaïde de Mangualde, toutes deux tombées en syncope lors du débarquement de Loki, super bad guy charismatique de The Avengers de Joss Whedon. Signe particulier du monsieur (outre que le costard cintré lui sied à merveille, à vérifier demain) : possède un unique rire des plus cartoonesques.

A suivre…

Envie de comparer salles d’eau, menus accessoires et grande lessive ? Rendez vous donc sur la page Des baignoires et des hommes.

Etre [ou ne pas être] dans le bain. La leçon d’écriture

Dans Bains, Cinéma, Photoshoot le 24/04/2012 à 11:32

© Randall Slavin

Jeremy Renner

Quand il n’apprend pas à écrire, puis à décorer son prénom, Jeremy Renner joue les super archers dans The Avengers de Joss Whedon (sortie nationale 25 avril 2012) et succède à Matt Damon dans The Bourne legacy sous la houlette de  Tony Gilroy (sortie prévue le 19 septembre 2012). L’année prochaine, il sera Hansel face à Gemma Atherton/Gretel pour Tommy Wirkola, le réalisateur de Dead snow_2009 (ce qui nous promet une bonne partie de rigolade).

A suivre…

Envie de comparer salles d’eau, menus accessoires et grande lessive ? Rendez vous donc sur la page Des baignoires et des hommes.

Etre [ou ne pas être] dans le bain. L’héritage

Dans Bains, Cinéma le 23/04/2012 à 10:30

© Kazak Productions

Thibault Lacroix
dans Ce qu’il restera de nous* de Vincent Macaigne_2012
**********

Impossible pour Thibault/Thibault Lacroix de prendre une douche tranquille dans la maison de feu son paternel où il a débarqué, nu comme un ver, pour y enterrer  le pot d’échappement de sa voiture — sa compagne, son toit, son unique bien — dans le jardin. Lire la suite »

Etre [ou ne pas être] dans le bain. Le réconfort

Dans Bains, Cinéma le 17/04/2012 à 13:38

© Warner Bros. Pictures

Warren Beatty
dans McCabe & Mrs Miller de Robert Altman_1971
**********

John McCabe n’y coupera pas. Qu’en tant qu’actionnaire majoritaire du seul lupanar de la ville il le veuille ou non, la mère maquerelle qu’il a embauchée pour faire tourner sa boutique n’en démord pas. Tout potentiel client doit auparavant aller se décrasser.

Après moult atermoiements et menues hésitations — et parce qu’il lui faut bien oublier l’offre insultante de deux affreux qui lorgnent sur sa petite entreprise —  l’appel de la chair inculquera bientôt à notre homme d’affaires un certain sens de l’hygiène.

Qui pourrait prétendre que les charmes et la couche de Mrs Miller/Julie Christie ne valent pas un bain de vapeur ?

A suivre…

Envie de comparer salles d’eau, menus accessoires et grande lessive ? Rendez vous donc sur la page Des baignoires et des hommes.

Etre [ou ne pas être] dans le bain. Le gag

Dans Bains, Cinéma, On the set, Photographie, Tournage le 27/03/2012 à 10:30

© Mary Ellen Mark

Donald Sutherland se relaxant tranquillou — et en toute intimité —
sur le tournage de The day of the locust/Le jour du fléau*
de John Schlesinger_1975

**********

No comment.

* Rappelons nonobstant que dans cette adaptation de L’incendie de Los Angeles de Nathanael West, Donald  y joue un certain Homer Simpson (ça ne s’invente pas), comptable de son état et qu’il n’hésite pas dans un moment d’égarement à massacrer un enfant (interprété par Jackie Earle Haley, futur Rorschach pour Zack Snyder) avant de se faire lyncher par la foule lors de l’avant-première de The buccaneer réalisé en 1938 par Cecil B. de Mille [A voir ici. Attention âmes sensibles à la violence et aux spoilers, s’abstenir].

A suivre…

Envie de comparer salles d’eau, menus accessoires et grande lessive ? Rendez vous donc sur la page Des baignoires et des hommes.

Etre [ou ne pas être] dans le bain. Le pacte

Dans Bains, Cinéma le 05/11/2011 à 13:43
© Harbor Productions

© Harbor Productions

Paul Williams
dans Phantom of the Paradise
de Brian de Palma_1974

**********

Le naïf Winslow Leach/William Finley a beau dépasser de trois bonnes têtes cette lilliputienne crevure de Swan/Paul Williams, méphistophélique producteur de Death Records et prédateur musical, il est bien incapable de lui faire la peau. Tout au plus peut-il lui pourrir l’existence en endossant le masque du fantôme d’un (infernal) paradis.

Et pour cause. Comment pourrait-il deviner que cette vermine (qui ne déparerait pas la liste de malfaisants débutée ici) aurait pu se prénommer Dorian et qu’un jour de vile déprime, cette damnée saloperie a tenté — aux fins de conserver jeunesse et beauté — de s’ouvrir les veines dans sa baignoire ?

Mal en a pris à cet impudent égocentrique de souhaiter filmer ses derniers instants. C’est un double maléfique qui lui apparaît via l’écran de contrôle de son téléviseur, troublant reflet de sa gloire à venir, et qui l’enjôle, lui promettant immortalité et trompettes de la renommée en échange de son âme.

Swan en parfait accord avec son manque total de conscience s’abandonne derechef à la tentation et dès lors qu’il peut laisser libre court à ses appétits féroces, semer le trouble et le désordre, et accessoirement s’emparer des œuvres et des psychés de tout candidat à la célébrité, c’est l’image enregistrée qui décline et pourrit à sa place. Sous son observation quotidienne, car de sa pérennité dépend sa survie.

Son existence fut un maelstrom de succès et de trahisons, sa mort en sera l’apothéose. Le visage écorché vif, son corps est porté en triomphe par d’hystériques fans à jamais maudits tandis que Phoenix/Jessica Harper fuit le Paradise désormais livré au bon vouloir du malin.

A suivre…

Envie de comparer salles d’eau, menus accessoires et grande lessive ? Rendez vous donc sur la page Des baignoires et des hommes.

Etre [ou ne pas être] dans le bain. L’oubli

Dans Bains, Cinéma le 27/10/2011 à 10:00

© UFD

Johnny Depp
dans From hell d’Allen et Albert Hughes_2001
**********

Quand il n’abandonne pas son esprit aux volutes opiacées, l’inspecteur Frederick Abberline tend à s’absenter dans la chaleur de l’absinthe.

Et fort obligeamment, cet expert dans l’art de la détente hallucinatoire nous offre — entre deux découvertes macabres — la recette idéale pour vagabondage des sens vers des temps plus sereins et oubli bienheureux des horreurs à venir.

Pour soigner spleen, à-quoi-bonisme ou migraines persistantes.
Verser deux doigts de la fée verte dans un verre de cristal.
Déposer quelques gouttes de laudanum sur un sucre. Enflammer astucieusement la friandise au-dessus de la liqueur. Enfin, la fondre dans l’alcool avant dégustation. Ne pas omettre auparavant de se glisser dans un bain brûlant. Savourer en parallèle un excellent cigarillo.

Si ses manières peu orthodoxes de mener une enquête — dénicher Jack L’éventreur dans des rêveries fantasmatiques — lui seront fatales, le pouvoir ne tenant guère à l’aube du XXe siècle que des roturiers se mêlent de trop près des licencieuses affaires de l’empire, chasser le dragon sera pour lui la meilleure façon d’échapper définitivement à l’œil de Londres.

A suivre…

Envie de comparer salles d’eau, menus accessoires et grande lessive ? Rendez vous donc sur la page Des baignoires et des hommes.

Etre [ou ne pas être] dans le bain. (La perte de) L’innocence

Dans Bains, Cinéma le 12/10/2011 à 09:46

© Cinema Center Films

Dustin Hoffman et Faye Dunaway
dans Little Big Man d’Arthur Penn_1970
**********

"It is my Christian duty to give this boy an immediate and thorough bath… Take your clothes off, Jack… every stitch. But I shall avert my eyes at the necessary moment." Mrs Pendrake/Faye Dunaway

Disons le tout net. Jack Crabb — a.k.a. Little Big Man pour les indiens qui l’ont kidnappé chérubin, puis élevé selon leurs rite, si l’on en croit le plus grand mythomane que la terre ait enfanté — est un benêt, à moins que son idiotie qu’il prétend congénitale ne soit qu’une stratégie de survie.

Son retour à la civilisation marque aussi la fin de ses illusions quant à la confiance qu’il doit accorder à l’homme blanc (et aux femmes frustrées).

Tandis qu’encore tendron, son éducation religieuse est prise en mains par un pasteur pontifiant et sa trop jeune épouse, la première leçon qu’il reçoit se meut illico en sommet de tartufferie, puisque que l’allumeuse le déniaise vite fait en le savonnant vigoureusement dans un bain censé lui décrasser et l’âme et le corps, tout en lui inculquant la nécessité d’apprendre à résister à la tentation.

D’aucuns diront qu’il y a des façons moins tendres de perdre son pucelage.

A suivre…

Envie de comparer salles d’eau, menus accessoires et grande lessive ? Rendez vous donc sur la page Des baignoires et des hommes.

Etre [ou ne pas être] dans le bain. La frustration

Dans Bains, Cinéma le 25/09/2011 à 11:10

© Twentieth Century Fox Film Corporation

Cary Grant
dans I was a male war bride/Allez couchez ailleurs !
d’Howard Hawks_1949
**********

Remercions avant tout Cary Grant — et sa classe folle — de donner de sa personne et d’oser tout, voire n’importe quoi, sans jamais craindre de sombrer dans le ridicule.

Pourtant Howard Hawks s’en donne à cœur joie dans cette nouvelle guerre des sexes. N’épargnant guère son acteur, il tente de lui faire perdre de sa superbe dans d’infernales attaques à sa dignité de mâle d’une splendide loufoquerie.

Il n’est qu’à voir de quelle drolatique manière le personnage d’Henri Rochard, officier français (l’accent délicieux de Grant est malheureusement rapidement évacué), est introduit. Cherchant son chemin dans les dédales de l’administration militaire, le voilà qui traduit prestement tous les acronymes épinglés aux portes jusqu’au mot LADIES dont il ne saisit la signification que lorsqu’une dame sort discrètement de ce lieu d’aisances.

Allez couchez ailleurs ! n’est en définitive que l’histoire d’un homme constamment empêché de dormir dans un lit pour moult raisons, accidentelles ou parfaitement absurdes, et il faut de la constance et beaucoup d’amour à cette "épouse de guerre mâle" pour accepter épreuves et renoncements aux fins de suivre dans son pays la lieutenante américaine (la combative et très piquante Ann Sheridan) qu’il aura par ailleurs allègrement affrontée pendant la première moitié du film.

Le capitaine Rochard a beau être handicapé par ses mains qui refusent catégoriquement de s’endormir ensemble, notre vaillant soldat n’est pas au bout de ses peines. Sortira-t-il de cette baignoire où il vient de passer sa nuit de noces que bientôt sa virilité sera mise à mal tandis que la plus belle conquête de l’homme en perdra sa queue.

A suivre…

Envie de comparer salles d’eau, menus accessoires et grande lessive ? Rendez vous donc sur la page Des baignoires et des hommes.

Etre [ou ne pas être] dans le bain. La fourberie

Dans Bains, Cinéma le 22/05/2011 à 09:58

© Produzioni Europee Associati (PEA)

Eli Wallach
dans Il buono, il brutto, il cattivo/Le bon, la brute et le truand
de Sergio Leone_1966
**********

When you have to shoot, shoot. Don’t talk.

Pour Tuco/Eli Wallach, Sancho Pança aussi fourbe que laid de l’homme sans nom (curieusement prénommé ici Blondin/Clint Eastwood), au sens de l’amitié follement élastique, le monde se divise en deux catégories : les caves et les débrouillards aussi avides que sournois.

Mais on peut être un satané gredin et n’en avoir pas moins un certain sens de l’hygiène. Entre deux simagrées et les neurones transis par un trésor enterré, Tuco — la plus belle canaille que le western européen ait engendrée — se décrasse de tous ses péchés alors que la guerre de Sécession fait rage, que la ville est bombardée, qu’il vient d’échapper à cette crapule de Sentenza/Lee Van Cleef et que tous ceux qu’il n’a pas encore définitivement flingués sont à ses trousses.

Tout en s’amusant avec les bulles d’un bain trop parfumé, notre coquin n’en oublie pas d’immerger aussi son pistolet dans le cas bien peu hypothétique où un rancunier vienne à passer.

Tuco en mouvement

A suivre…

Envie de comparer salles d’eau, menus accessoires et grande lessive ? Rendez vous donc sur la page Des baignoires et des hommes.

Etre [ou ne pas être] dans le bain. La colère

Dans Bains, Cinéma le 20/03/2011 à 16:21

© Greenlight Productions

Russell Crowe
dans Breaking up de Robert Greenwald_1997
**********

Ni avec toi, ni sans toi. Ou presque.

Tourné la même année que LA Confidential de Curtis Hanson, Breaking up de Robert Greenwald est une bluette sentimentale plutôt inconséquente sur l’impossibilité notoire d’un jeune couple — Steve/Russell Crowe et Monica/Salma Hayek — de cohabiter en supportant la médiocrité du quotidien malgré une entente sexuelle plus que parfaite ; il est à noter que le degré d’alchimie entre les deux acteurs sur le chemin de la starification avoisine le zéro pointé.

Entre deux tentatives de vie conjugale et quelques échappées très cinéma vérité qui pointent un tantinet l’inanité d’un scénario anémique, chacun se retrouve à nouveau délaissé et terrifié, bien incapable de vivre seul. Quoique la condition de célibataire ait pour Steve quelque intérêt, comme de boire la bière au goulot, roter dans son bain ou insulter copieusement son ex dès la moindre contrariété, par portable interposé.

La vie imitant l’art paraît-il, Russell Crowe, pour ce film qui ne restera guère dans les annales, aura-t-il au moins pu s’exercer tant à l’explosion de colères infantiles qu’au lancer de téléphone.

La légende raconte qu’il ne rate jamais sa cible.

A suivre…

Envie de comparer salles d’eau, menus accessoires et grande lessive ? Rendez vous donc sur la page Des baignoires et des hommes.

Etre [ou ne pas être] dans le bain. La création

Dans Bains, Cinéma le 19/03/2011 à 20:30

© Office Kitano

Kanako Higuchi et Takeshi Kitano
dans Achille et la tortue/Akiresu to kame de Takeshi Kitano_2009
**********

Masichu — Un Kitano loufoque et poignant à la fois — aimerait tant être un peintre reconnu qu’il est prêt à tout pour répondre aux desiderata du monde de lard et du cochon qui le mène en bateau depuis qu’il se pique de transfigurer la vie en créations picturales aussi diverses que saugrenues.

Il en gâche son existence, met en péril son bonheur, perd sa fille et entraine momentanément son épouse dans sa folie créative, intransigeant monomaniaque à la poursuite chimérique de l’œuvre qui le rendra enfin célèbre et ad hoc, croit-il, avec les goûts de son époque.

Entre action painting, frénésies clownesques et masques mortuaires, il procède tantôt à de délirantes expériences, descendant en apnée au fond… de sa baignoire, persuadé que l’inspiration qui en jaillira lui permettra d’affleurer enfin à la quintessence du génie artistique.

A suivre…

Envie de comparer salles d’eau, menus accessoires et grande lessive ? Rendez vous donc sur la page Des baignoires et des hommes.

Etre [ou ne pas être] dans le bain. L’exécution

Dans Bains, Cinéma le 17/03/2011 à 15:10

© Twentieth Century Fox

Robert Ryan et Cameron Mitchell
dans House of bamboo/Maison de bambou de Samuel Fuller_1955
**********

Griff/Cameron Mitchell est un gangster brutal, quoique pas trop idiot, qui n’a pas de veine côté cœur. Il en pince grave pour son patron, Sandy Dawson/Robert Ryan, et se ferait torturer, découper en rondelles, écorcher vif, éparpiller façon puzzle, et bien plus si affinités, dans l’unique but de lui complaire.

Manque de bol, Sandy se prend d’une brusque passion, et certes pas de son homme de main dont la vénération tend à l’agacer. Mais bien plutôt d’une nouvelle recrue, un certain Eddie/Robert Stack* qui, sous une carapace de dur à cuire armé d’un sourire enjôleur, planque un insigne et une mission de démantèlement, ce qui implique subséquemment division du camp ennemi et trahisons à gogo sans arrière-pensées, ni culpabilité exacerbée.

Aveuglé par des sentiments qui n’osent dire leur nom — quoique Sam Fuller, toujours aussi facétieux, filme sans détour ses regards énamourés — Sandy, au retour d’un hold-up qui a viré au fiasco, abat sans coup férir ni explications futiles Griff, le meilleur d’entre tous ses partisans, signant ainsi sa propre perte.

Robert Ryan excelle dans les moues de dégoût qui tiennent autant de l’aversion pour la mesquinerie des jaloux que du mépris naturel qu’inspirent les délateurs.

* Notons qu’auparavant, nous aurons eu le plaisir de partager le bain d’icelui, bien plus agréable puisque préparé tout en délicatesse de geisha par Shirley Yamaguchi et accompagné de quelques amuse-gueules.

A suivre…

Envie de comparer salles d’eau, menus accessoires et grande lessive ? Rendez vous donc sur la page Des baignoires et des hommes.

Etre [ou ne pas être] dans le bain. La résurrection

Dans Bains, Cinéma le 17/03/2011 à 00:24

© Carolco Pictures

Tim Robbins
dans Jacob’s ladder/L’échelle de Jacob d’Adrian Lyne_1990
**********

Jacob Singer/Tim Robbins — un grand dadais atrocement sympathique — est mort, mais il l’ignore encore, désorienté par d’effroyables hallucinations et de sinistres rêveries laissant percevoir un monstrueux passé. Ce qui ne cesse d’affoler sa mémoire quelque peu défaillante.

Tandis qu’il agonise, son corps se souvient de blessures oubliées — que ne peut soulager son chiropracteur  (Danny Aiello, d’une inquiétante jovialité) — et le lâche peu à peu, au gré des souffrances provoquées par un deuil mal cicatrisé.

Lors de la crise la plus alarmante, voilà notre Jacob plongé au fond d’une baignoire glaciale par des mains secourables, ignorantes des tortures qu’elles infligent à un moribond d’ores et déjà sur le chemin de la rédemption.

A suivre…

Envie de comparer salles d’eau, menus accessoires et grande lessive ? Rendez vous donc sur la page Des baignoires et des hommes.

Etre [ou ne pas être] dans le bain. La fratrie

Dans Bains, Cinéma le 06/03/2011 à 21:48

© Melville Productions

Nicole Stéphane et Edouard Dhermitte
dans Les enfants terribles de Jean Pierre Melville _1949
(d’après Jean Cocteau)
**********

Il est un âge où les enfants doivent cesser de partager leur chambre et a fortiori leur bain.

Pour avoir trop étouffé son jeune frère Paul d’un amour trouble et exclusif, et encouragé la pérennité de leur adolescence jusqu’à manigancer quelques jeux interdits où la fascination du double le dispute au morbide, Elisabeth va tout perdre : son âme-sœur, sa raison et sa vie.

A suivre…

Envie de comparer salles d’eau, menus accessoires et grande lessive ? Rendez vous donc sur la page Des baignoires et des hommes.