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Aller simple pour Annecy au Forum des Images

Dans Animation, Cinéma, Court-métrage, Festival, Festival d'Annecy, Forum des Images le 20/06/2012 à 15:30

© Marion Franck

Oyez, oyez les parisiens !

Comme chaque année, le festival international d’animation d’Annecy s’installe pour un week-end au Forum des images.

Rendez-vous donc les 23 et 24 juin pour y découvrir les courts (et un long) métrages primés en sus de deux cartes blanches offertes à l’Agence du court-métrage et le magazine Télérama.

A noter que durant le MashUp Film Festival seront projetés le 23 juin Les cadavres ne portent pas de costard de Sam Reiner_1982 et le 24 juin, Zelig de Woody Allen_1983.

A consulter : Le compte rendu de Focus on animation Le Mag’.

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© Aparté Film

Cristal du long-métrage
  • Le voyage de monsieur Crulic/Crulic, Drumul spre dincolo/Crulic, the path to beyond d’Anca Damian_2011 [Roumanie/Pologne] dont la sortie est prévue le 12 décembre prochain.

précédé du générique d’Hurley’s Irish, de Clément De Ruyter, Eve Guastella, Adrien Gromelle, Estelle Chaloupy et Pierre Rütz, étudiants aux Gobelins

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© Edinburgh College of Art

Les courts-métrages primés
  • The making of Longbird de Will Anderson_15’ [Grande-Bretagne] — Prix du meilleur film de fin d’études (photo)
  • Second hand d’Isaac King_7’ [Canada] — Prix du public [courts métrages]
  • Kyrielle de Boris Labbé_10’ [France] — Prix spécial du jury [films de fin d'études]
  • História d’este/Story of him de Pascual Pérez_7’ [Espagne] — Prix du jury junior pour un court métrage
  • Le droit de suite  de Pierre-Emmanuel Lyet_3’ [France] — Prix du film éducatif, scientifique ou d’entreprise [Films de TV]
  • Seven minutes in the Warsaw ghetto  de Johan Oettinger_7’ [Danemark — Mention spéciale [Courts métrages]
  • Modern NO. 2 de Mirai Mizue_4’ [Japon] — Prix Sacem de la musique originale
  • The Gruffalo’s child de Johannes Weiland et Uwe Heidschötter_26’ [Grande-Bretagne] — Prix pour un spécial TV

précédés du générique de Beyond the Sea de Marthe Delaporte, Christine Shin, Chloé Nicolay, Guillaume Dousse et Cyrille Chauvin, étudiants aux Gobelins.

© Sacrebleu Productions

  • Secret mountain fort awesome « »Nightmare sauce » de Pete Browngardt_11’ [USA] — Cristal pour une production TV
  • The people who never stop de Florian Piento_3’ [France/Japon] — Prix Jean-Luc Xiberras de la première œuvre [courts métrages]
  • Edmond était un âne de Franck Dion_15’ [France/Canada] — Prix spécial du jury [courts métrages]
  • Le Jardin enchanté de Viviane Karpp_4’ [France] — Mention spéciale pour un film de fin d’études
  • Red Cross « Stuff » de Andrew Hall_1’ [USA] — Prix du film publicitaire ou promotionnel
  • Una furtiva lagrima de Carlo Vogele_3’ [Luxembourg] — Prix Canal+ aide à la création pour un court métrage
  • We cut corners « Pirate’s life » de Przemyslaw Adamski et Katarzyna Kijek_2’ [Pologne] — Prix du meilleur vidéoclip
  • Stella and Sam « Voyage sur la lune » de Dave Merritt et Raymond Jafelice_12’ [Canada] — Prix spécial pour une série TV
  • Friendsheep de Jaime Maestro_7’ [Espagne] — Prix du jury junior pour un film de fin d’études
  • Tram de Michaela Pavlatova_7’ [France 2012] — Cristal du court métrage

précédés du générique de Holy Sheep de Yoann Bomal, Karina Gazizova Dejong, Jeanne Sylvette Giraud, Hélène Leroux et Gaspard Sumeire, étudiants aux Gobelins.

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© Talking animals

Carte blanche à l’Agence du court-métrage
  • The centrifuge brain project de Till Nowak_6’40 [Allemagne]
  • Fiumana de Juilia Gromskaya_5’20 [Italie]
  • Edmond était un âne de Franck Dion_15’04 [France]
  • Tunnel de Maryam Kashkoolinia_7’20 [Iran]
  • Her story de Kim Jun-Ki_11’ [Corée du Sud]
  • 366 tages de Friedrich Johannes Schiehsl_12’12 [Allemagne]
  • The pub  de Joseph Pierce_7’45 [Grande-Bretagne]
  • Hi-no-youin de Katsuhiro Ôtomo_12’43 [Japon]
  • Flamingo pride de Tomer Eshed_6’02 [Allemagne] (photo)
  • The maker de Christopher Kezelos_5’17 [USA/GB/Australie]
  • Tram  de Michaela Pavlatova_7’ [France]

précédés du générique de Matches de Augustin Clermont, Juliaon Roels, Léa Justum, Manddy Wyckens et Thibaud Petitpas, étudiants aux Gobelins.

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© Aardman

Carte blanche à Télérama
  • Pythagasaurus de Peter Peake_3’52 [Grande-Bretagne] (photo)
  • Chinti de Natalia Mirzoyan_8’24 [Russie]
  • Nak-ta-deul /Camels de Jee-youn Park_10’30 [Corée]
  • A different perspective de Chris O’Hara_1’55 [Irlande]
  • Oh Willy… d’Emma de Swaef et Marc James Roels_16’50 [Belgique]
  • Fresh guacamole de Pes_1’30 [USA]
  • Tsukumo/Possessions de Syuhei Morita_14’ [Japon]
  • How to eat your apple d’Erick Oh_1’35 [Corée-USA]
  • Father d’Ivan Bogdanov, Moritz Mayerhofer, Asparuh Petrov, Veljko Popovic, Rositsa Raleva et Dmitry Yagodin_16’30 [Bulgarie/Croatie/Allemagne]
  • The people who never stop de Florian Piento_3’30 [France/Japon]

précédés du générique de The Line de Maël Jaouen, Sarah Colmet Daâge, Laura Pannetier, Guillaume Arantes et Emmanuel Asquier-Brassart.

Jan Švankmajer ou l’appréhension du réel 2. Confidences et dévoration

Dans Animation, Cinéma, Court-métrage, Fantastique, Forum des Images, Jan Švankmajer, Rétrospective, Tchéquie le 30/10/2010 à 11:47

© Petr Novak

Deuxième jour de l’intégrale Jan Švankmajer au Forum des Images.

La leçon de cinéma

Cette leçon commence par un jeu.

Celui que Pascal Vimenet, réalisateur, critique, spécialiste du cinéma d’animation et coordinateur de l’ouvrage collectif Švankmajer E & J Bouche à bouche, a instauré après une rapide introduction sur ses rencontres avec Jan Švankmajer. Soit, présenter une série de photogrammes au réalisateur, puis le laisser s’exprimer au gré de ses envies et de ses souvenirs.

S’ensuivra alors durant une heure et demie une petite pantomime consistant en va-et-vient constants entre la salle et la scène, où réalisateur, traductrice et intervieweur se retrouvent spectateurs des œuvres projetées, puis acteurs devant une salle conquise, puisque Jan Švankmajer se plie de fort bonne grâce à cet aimable divertissement.

On découvre alors un être pétillant d’intelligence, disert, pince-sans-rire et nonobstant, parfaitement insaisissable.

Et l’on apprend :

  • qu’après une "expérience tragique" — comprendre que les masques qu’il créait faisaient fuir les spectateurs du théâtre où il exerçait — il se décida à se lancer dans le cinéma, cette "boite de conserve", où la cuisine n’est pas obligée de plaire immédiatement à un public difficile, mais peut lui être resservie ultérieurement ;
  • que d’une nature facétieuse, lorsque Pascal Vimenet se risque à une interprétation sur l’influence de La main/Ruka_1965 de Jiri Trnka sur son court-métrage, La fabrique de petits cercueils_1966, Jan Švankmajer lui rétorque "tous mes films sont imaginaires, alors chaque interprétation est la bonne" ;
  • qu’il reconnaît volontiers nourrir quelques obsessions pour les langues, les poules et les chausse-trappes ;
  • que son épouse, Eva Švankmajerová — décédée en 2005 —, en artiste exigeante, tout en participant activement à son œuvre, fut néanmoins d’une indépendance rare et armée d’une volonté inflexible à exister face à deux frères qui lui ravirent, enfants, l’intérêt paternel ;
  • que lorsqu’il lui fut interdit d’exercer son métier de cinéaste — ce qui ne le dérangea pas outre mesure puisqu’il se présente avant tout comme plasticien — il s’initia au tactilisme dont il devint le chantre infatigable ;
  • qu’il entra en surréalisme comme d’autres en religion et, par là même, a débuté sa vie de résistance dans l’illégalité la plus complète ;
  • que la revue surréaliste Analogon — à laquelle collaborèrent également anthropologues et psychanalystes — publia son premier numéro en 1969 avant de se voir interdire, et le second en 1989, dès l’avènement de la Révolution de velours ;
  • que ses œuvres durant la répression étaient remisées dans un "tiroir" quand elles ne pouvaient s’échapper clandestinement du pays, par des relais amis ;
  • qu’il hait le sport car il le considère comme un organe d’état totalitaire (mais avoue avec effarement avoir une relation ambiguë avec cet exercice puisqu’il a joué au football dans sa jeunesse et y a pris quelque plaisir) et l’associe en conséquence instinctivement à la guerre ;
  • qu’il ne reconnaît qu’une influence à son court-métrage de 1968, Byt/ L’appartement, celle de Kafka ;
  • qu’un de ses livres, Le toucher et l’imagination, publié en 1989, va être traduite en anglais ;
  • que — ce qui suit est une intervention de Pascal Vimenet, citant L’image temps/L’image mouvement de Gilles Deleuze — Possibilités du dialogue a qualité d’universalité et fait appel à trois types de récit : action, passion et anéantissement, qui est par ailleurs la marque de tout le cinéma de Jan Švankmajer ;
  • qu’il n’apprécie de la psychanalyse que ses symboles et repousse toute idée d’analyse ou de thérapie et qu’il estime que Freud s’est trompé [éclat de rire général]
  • qu’il aime à animer des objets anciens car passés de main en main, et de facto, chargés d’émotions humaines ;
  • qu’il en possède toute une collection qu’il fait d’ailleurs jouer dans ses films en doutant de leur fonction utilitaire et en leur accordant un rôle subversif car ils sont dotés d’un caractère propre, faisant naître ainsi incertitude et effroi ;
  • qu’il aime à rêver et à utiliser ses images mentales dans ses films (ainsi les soldats qui poursuivent un des héros de Survivre à sa vie_2010) mais qu’il n’apprécierait pas le moins du monde de pouvoir entrer dans ceux des autres ou être victime d’une semblable intrusion. Car il y aura risque de détournement, voire de contrôle et en conséquence, privation du dernier espace de liberté que possède l’être humain ;
  • que c’est l’imagination et la créativité qui rendent les êtres plus humains, et non le travail ;
  • qu’il émet toutes réserves sur la réalité virtuelle qu’il juge stérile en charge émotionnelle ;
  • que pour lui "L’image numérique est sans âme car elle appelle à fabriquer des imagées mort-nées", mais que tout en la dédaignant, il l’utilisera — comme n’importe quel autre outil — si elle sert son propos (comme en 1999 pour un plan d’Otesanek) ;
  • que le seul réalisateur contemporain qui suscite son intérêt se nomme David Lynch ;

et en conclusion, que décidément, pour évoquer une vie créative d’une telle richesse, une heure trente, c’est bien trop court !

A lire : L’alchimiste de Prague ou le fantôme du surréalisme de Pascal Vimenet
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Morphologie mentale [Courts métrages]

Les cinq courts métrages diffusés dans le cadre de cette thématique furent présentés très rapidement par un toujours discret Jan Švankmajer, qui avertit très simplement le public de garder à l’esprit qu’ils avaient été réalisés lors de l’époque troublée que connut son pays.
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© Athanor,

Le dernier truc de M. Schwarzewald et de M. Edgar
Poslední trik pana Schwarcewalldea a pana Edgara
_1964_10’

Deux pantins mélomanes au têtes démesurées rivalisent d’ingéniosité, mais l’excitation faisant place au fair play, voilà nos marionnettes devenues folles et qui s’affrontent jusqu’à une absurde autodestruction.

Ce court rappelle irrémédiablement le fameux chevalier noir de Sacré Graal ! des Monty Pyton de 1975 (Terry Gilliam n’a jamais caché son admiration pour Jan Švankmajer) refusant de rendre les armes alors qu’il est mutilé.

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© Athanor,

Jeu de pierres
Spiel mit Steinen/Hra s kameny
_1965_8’

Toutes les heures, une insolite pendule pond des cailloux dans un seau, berceau idéal de rapprochements insidieux et de pelotages en règle. Les pierres se font de plus en plus nombreuses, de plus en plus grosses, de plus en plus provocantes, de plus en plus agressives.

Elles se mélangent, s’avalent et se recrachent, se brisent, jouent les transformistes et leur étrange ballet est accompagné d’une petite musique guillerette qui accroît l’étrangeté de la situation.


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© Athanor,

Don Juan
Don Šajn
_1970_30’

Ce bougre de Don Juan a beau ressembler à un traître de carnaval, il n’en est pas moins de bois. Entièrement réalisé avec des marionnettes et joué en décors naturels, la tragique destinée de ce coureur de jupons est narrée avec un humour décapant par Jan Svankmajer qui n’hésite pas à faire s’échapper avec vélocité ses pantins par des portes dérobées et leur confère ainsi une inquiétante humanité.

Leur théâtre est un monde où l’on s’écharpe joyeusement. Notre coquin toujours flanqué de son aide au faciès effrayant, Sganarelle — pour l’occasion, prénommé Gaspard —, se mue en serial killer sous l’emprise de la passion et du besoin et découpe à la rapière le Commandeur en personne, qu’il prive de son visage, le rendant brusquement à l’inanimé. Et ce, au son d’une musique de manège devenue brusquement folle, elle aussi.

Si le cœur vous en dit, la vidéo est disponible en tchèque (et sous-titrée en japonais) sur le site viddler.com.
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© Krátký Film Praha

Possibilités du dialogue
Možnosti dialogu_1982_11′

Ce court-métrage en trois parties d’une violence inouïe sur l’incommunicabilité et l’inanité de débattre est sans doute le plus connu de l’œuvre de Jan Švankmajer. Loué notamment par un Terry Gilliam enthousiaste qui n’hésite pas à le placer parmi les 10 plus grands films d’animation jamais réalisés, il est aussi le plus primé, récompensé notamment par l’Ours d’or à Berlin en 1983, le Grand Prix du film d’animation au festival d’Annecy la même année et le Grand Prix des Grands Prix d’Annecy en 1990.

Deux visages se pressent fébrilement l’un vers l’autre et inexorablement, la rencontre s’achève dans l’anéantissement. Ça tranche, ça se plie, ça se casse, ça se tord, ça se pile, ça se brise, ça se mord, ça s’avale, ça se recrache, ça ressuscite et ça recommence jusqu’à extinction totale. Que l’accumulation d’objets — mécaniques ou végétaux — se muent en glaise et c’est l’histoire éternelle qui recommence. Ça se touche, ça s’embrasse, ça se caresse, ça se griffe, ça s’arrache, ça se dévore. Et les têtes d’apparatchiks qui se font face et régurgitent différents objets faisant la paire n’arriveront pas mieux à s’entendre. La folie prend corps, et avec elle la destruction inéluctable laissant le spectateur exsangue devant tant de cruauté.

La passion de Jan Švankmajer pour les portraits d’Archimboldo, les machineries animées, l’accumulation d’objets, les langues que l’on tire en guise d’ultime provocation, les répétitions, la dévoration de toutes choses, etc., toutes les obsessions de l’œuvre du réalisateur se voient ici exploitées, ouvrant la voie à une mine d’interprétations, tant psychologiques que politiques. Il n’est donc pas étonnant que (im)Possiblités du dialogue ait connu les foudres des autorités.


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© Krátký Film Praha

Obscurité, lumière, obscurité
Tma-svetlo-tma_1989_10’

Un homme prisonnier d’une maison de poupée construit, dans un climat d’angoisse permanent, son propre corps et accède à la conscience.

Réalisé en plastiline, ce court-métrage récompensé du prix spécial du jury au Festival de Cracovie en 1990 est un sommet d’absurde et d’effroi. Saupoudré d’un zeste de paillardise, ce mélange détonnant de pâte modelée et de matières organiques (cervelle et langue, objets familiers de l’univers de Jan Švankmajer) laisse affleurer parfois un univers délicieusement poétique. Ainsi deux oreilles, ignorant encore leur utilité, vont-elles décider de devenir des papillons.

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Et si vous avez raté le début :

1. Survivre à sa vie (Théorie et pratique)

Sacrebleu au Forum

Dans Animation, Cinéma, Court-métrage, France le 28/09/2010 à 10:06

© Sacrebleu Productions

Panorama.

Carte blanche — fort éclectique — a été offerte vendredi soir par le  Forum des Halles à Sacrebleu Productions (société spécialisée dans le court, l’animation et le documentaire) qui a vu son travail récompensé en 2010, et par la palme d’or du court-métrage décernée en mai à Serge Avédikian pour Chienne d’histoire, et par le Prix Procirep du meilleur producteur au festival de Clermont-Ferrand.
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© Sacrebleu Productions

Siggil

de Rémi Mazet_2010_20’

Chef opérateur de formation, Rémi Mazet a filmé son premier court à Dakar, dans les quartiers populaires et la tristement fameuse décharge des Mbeubeuss.

Siggil est la prise de conscience d’un vieil homme (magnifique Thierno Ndiaye) de sa servitude envers les nantis et des diverses rencontres qui rythment sa recherche de l’affreux clébard immaculé qu’il babysitte pour subsister et qui lui a échappé. Ne sont absents ni humour ni cruauté dans ce film qui bénéficie de plans superbes et d’une bande originale signée Metzo Djatah.

A écouter : Rémi Mazet interviewé pour La vignette de France Culture
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© Sacrebleu Productions

J’attends une femme

de Chiara Malta_2009_20’

L’héroïne de cette ode à la féminité — voire la maternité, un destin semble-t-il inéluctable — n’a pas encore accouché qu’elle fait entrevoir à sa fille un avenir tout tracé.

Ce court, réalisé sous forme de home movie filmé par une caméra indiscrète, vaut pour son humour grinçant, ses interviews iconoclastes et ses images d’archives constituant un documentaire tant sur le mystère des filles que sur les fardeaux physiologiques qui accablent le sexe faible, guère épargné par la nature, parfois cependant jalousé par quelques garçons.
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© Sacrebleu Productions

L’homme qui dort

de Inès Sedan_2009_10’

Par la grâce d’une animation réalisée au pastel et dans des jeux de texture sépia à l’esthétisme raffiné, Inès Sedan conte l’aventure étouffante d’un deuil et d’une renaissance. Car un homme qui dort peut ne jamais se réveiller, et d’accepter qu’il ronfle ne réduit en rien le chagrin accablant l’être aimé.

A consulter : le site du film

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© Sacrebleu Productions

Nuvole, mani

de Simone Massi_2009_8’

Carpe diem. Profiter de chaque instant et se satisfaire de petits bonheurs quotidiens, voici ce que propose Simone Massi avec son nouveau film, Nuvole, mani/Des nuages au bout des doigts, dédié aux moments heureux de son enfance, aux mains si réconfortantes du père et à la rêverie maternelle.

Le réalisateur a introduit quelques touches de couleurs chaudes fort bienvenues dans une animation qui évoque les gravures à l’eau-forte. Une voix off — celle de Serge Avédikian — et une bande son évocatrice de ces souvenirs que l’on croit toujours avoir totalement oubliés complètent ce superbe court d’une grande beauté formelle.

A consulter : le site de Simone Massi
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© Sacrebleu Productions

Les Barbares

de Jean-Gabriel Périot_2010_5′

Ode à la désobéissance, Les barbares par un montage étonnant nous pousse à nous interroger sur les images du pouvoir, en entremêlant judicieusement des portraits de groupes avec dames (de fer) d’instantanés pris lors de rassemblements populaires — politiques ou plus intimes) — en amenant insidieusement une certaine lenteur dans cette succession de photographies, en adoucissant la musique qui les accompagne tandis que les clichés se font de plus en plus violents. Apparemment. Car qui sont ces fameux barbares ? Les manifestants ? Ou ces êtres policés qui gouvernent le monde et sourient tandis qu’il sombre ?

Ce court métrage est disponible sur le site Format Court.
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© Sacrebleu Productions

Chienne d’histoire

de Serge Avédikian_2010_15’

Une histoire peut en cacher une autre, ou si peu. Récompensé cette année par la Palme d’or à Cannes, le court-métrage de Serge Avédikian, sous couvert de raconter une triste page d’histoire datant de 1910, soit — après consultation d’experts occidentaux — le massacre, puis la déportation des chiens errants de Constantinople sur une île déserte bien loin de la ville pour satisfaire une population inquiète et avide de sécurité, nous rappelle que l’humanité n’apprend strictement rien de ses monstrueuses erreurs du passé.

Les aquarelles (signées Thomas Azuelos) qui se succèdent et auxquelles se mêlent des instantanés de cartes postales d’époque, font froid dans le dos par leur pouvoir évocateur. remarquablement souligné par la très belle mais fort inquiétante partition de Michel Karsky. Car après tout, il n’est plus si difficile après avoir décidé de l’éradication du meilleur ami de l’homme d’envisager l’extermination de ses semblables. Ce dont certains ne se sont guère privés quelques années plus tard.

A consulter :
Le site de Thomas Azuélos
L’ interview de Serge Avédikian sur Format Court

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© Sacrebleu Productions

Madagascar, carnet de voyage

de Bastien Dubois_ 2009_12’

Bastien Dubois, carnettiste et graphiste 3D, caresse de sa caméra un bloc-notes dont les pages se tournent une à une, avant que de délicates aquarelles ne s’animent et ne nous invitent à découvrir Madagascar et les étranges rituels qui font la richesse de la culture malgache. Nous sommes ici conviés aux festivités qui accompagnent la Famadihana, culte du “retournement des morts”. Une invitation au voyage pleine de douceur et de beauté.

A consulter : le site de Bastien Dubois

Les Nuits en Or du Court Métrage 2010

Dans Animation, Cinéma, Court-métrage, Festival, Nuits en Or le 02/07/2010 à 22:48

© Marie Aujame

Courts Primés.

Malgré la "Fête du cinéma", il n’y avait malheureusement pas grand monde au Max Linder le 30 juin pour la projection parisienne clôturant la tournée hexagonale de la 4e édition des Nuits en or du court-métrage, destinées à promouvoir 9 films primés par les académies les plus prestigieuses.

Pour de plus amples informations sur cet événement désormais annuel, vous pouvez vous rendre sur  le site officiel.

Voici donc les films considérés comme le dessus du panier — la crème de la crème — dans leur ordre de présentation.
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© Production Company Sticky Pictures Ltd

The six dollard fifty man

de Mark Albiston & Louis Sutherland_2009_15’
Nouvelle Zélande, Qantas Film Award 2009

Il est difficile à 8 ans de ne rêver que de comics et de super héros quand on est analphabète et un tantinet autiste. Andy — qui n’a pas non plus un physique facile — se frotte à la vraie vie en compagnie de dictateurs en culottes courtes, d’une douce héroïne et d’adultes pas foncièrement coopératifs, uniquement armé de sa fougue et de ses feutres.

L’atmosphère est plutôt glauque, la direction des jeunes acteurs, formidable.


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© David O’Reilly

Please, say something

de David O’Reilly_2009_10’
Allemagne, Lola 2009

Un rat écrivain et une chatte s’aiment d’amour tendre dans un monde anamorphosé. Mais les différences et l’indifférence, voire l’ennui, peuvent-ils avoir raison des affaires de cœur ? Une passion transgenre réalisée en animation et onomatopées par un jeune réalisateur de 23 ans (voir bonus).

Surprenant et magique.

A consulter : le site de David O’Reilly

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© Instituto Superiore Etnografico della Sardegna

L’arbitro

de Paolo Zucca_2009_15’
Italie, David di Donatello 2009

Affreux, sales et méchants. Paolo Zucca réalise avec L’arbitro une comédie italienne grinçante comme au bon vieux temps du cinéma transalpin. Méchanceté chronique, parabole christique sur les deux larrons, invraisemblables trognes, villageois en folie devant un match de foot où se croisent deux voleurs de moutons et un arbitre excentrique, on ne peut s’empêcher de songer à Toto qui vécut deux fois/Toto che visse due volte_1998 de Daniele Cipri et Francesco Maresto. Le noir et blanc est tout aussi superbe et la morale, totalement bafouée.

A hurler de rire, tant que l’on ne se trouve pas aux côtés des supporters.


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© Phi Group

Next floor

de Denis Villeneuve_2008_12’
Canada, Jutra 2009

Pour les anorexiques et les végétariens, le film de Dennis Villeneuve (réalisateur entre autres du très beau Un 32 août sur terre avec Pascale Bussières) est comme un avant-goût de l’enfer. L’important dans cette grande bouffe n’est pas de goûter ou de profiter de l’excellence de la cuisine, mais de se remplir la panse, de s’étouffer, de se suicider lentement en augmentant ses taux de cholestérol ou de diabète, et surtout de ne jamais refuser la nourriture offerte par des serviteurs obséquieux. Alors que l’on craint l’explosion monty-pythonnesque, le poids (de la table ? des convives ? des regrets ? de l’ultime gourmandise ?) entraine inexorablement les morphales vers l’abime.

Implacable de par ses choix esthétiques, ce film dur et glacial est un bel objet certes, mais sacrément vain. Mieux vaut également avoir de l’estomac pour l’apprécier.

A consulter : le site du film
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© Dharamsala

C’est gratuit pour les filles

de Marie Amachoukeli et Claire Burger_2009_23’
France, César 2010

Qu’est-ce à dire ? Qu’est-ce qui pourrait bien être gratuit de nos jours pour deux jeunes filles issues de banlieue : le mépris ? la trahison ? la violence ? le mensonge ? le rejet ? Ou l’expression signifie-t-elle qu’il est de bon ton qu’en retour les filles offrent tout à titre gracieux ? leur attention, leurs sourires, leur abandon, leur intimité ? et ce, y compris sur les fameux "réseaux sociaux" ?

Un excellent film quasi documentaire sur l’inconscience adolescente, doublé d’un beau portrait d’amitié avec deux jeunes actrices (Yeliz Zlniak et Laetitial Hadri) étonnantes.

A lire : l’interview des réalisatrices sur le site de Format Court
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© Kandor Graphics

La dama y la muerte

de Javier Recio Gracia_2009_8’
Espagne, Goya 2010

Voir chronique du 14 juin
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© Drew Bailey

Miracle fish

de Luke Doolan_2009_18’
Australie, AFI Award 2009

Décidément, les jeunes enfants ne sont guère à la fête au cinéma. Voici le second court de la soirée sur les difficultés d’un bambin à supporter la vie scolaire et les mauvais traitements de garnements toujours prompts à ricaner des soucis familiaux ou pécuniaires de leurs petits camarades de classe.

Le jour de son anniversaire, notre héros par la grâce du cadeau d’un père terriblement absent — un poisson magique dont la texture réagit à la chaleur de la peau humaine — va ajouter deux nouveaux mots à son vocabulaire, compassion et mort. La vie n’est pas belle.

Accessoirement, le film — remarquable — est doté d’une atmosphère oppressante qui laisse présager du meilleur quant à l’avenir du metteur en scène.

A consulter : le site et la page Facebook du film

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© Patricia Coronado

Café Paraiso

d’Alonso Ruizpalacios_2008_11’
Mexico, Ariel 2009

Deuxième court en noir et blanc, Café Paraiso nous entraine dans le sillage de travailleurs mexicains immigrés sans misérabilisme aucun. Bien au contraire, Alonso Ruizpalacios choisit l’angle de la comédie pour nous conter l’aventure d’un jeune cuisinier rêvant tout haut d’offrir sa démission et de partir vers un ailleurs plus paradisiaque. Rafraichissant.

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© Autour de minuit

Logorama

de H5 (François Alaux, Hervé de Crécy et Ludovic Houplain)_2010_16′
France, Oscar 2010

Réponse psychotique au No logo de Naomi Klein ?

Film pop, iconoclaste, impudent, vulgaire et délibérément commercial, Logorama — sur un scénario que ne renierait pas un certain Quentin Tarantino — s’amuse joyeusement à mettre à mal l’image de près de 3 000 entreprises, le rôle du malfaisant revenant à l’odieux Ronald McDonald, mascotte de fast-food ressemblant étrangement à la créature de Stephen King, It.

Dans un Los Angeles aux prises avec "le" tremblement de terre qui l’engloutira, une course poursuite haletante, des clins d’œil grinçants et un final cosmique.

Se débarrassera-t-on jamais des marques ?

A consulter : l’interview (en anglais) des réalisateurs et le site de H5

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Bonus

Le clip réalisé par David O’Reilly, réalisateur de Please say something, pour I’ll Go Crazy If I Don’t Go Crazy Tonight de U2

Courts de fête

Dans Animation, Cinéma, Clip, Court-métrage, Musique le 21/06/2010 à 09:27

© Sylvia Tournerie

La musique adoucissant parait-il les mœurs, fête oblige ou presque, voici quelques courts musicaux remarqués au 34e festival d’Annecy.

Andreas Hykade a remporté le Prix Sacem de la musique originale pour Love and Theft, au morphing hypnotique, où l’on peut s’amuser à reconnaître des héros de comics mêlés à des personnage bien réels.

Le prix du meilleur vidéo-clip a été décerné à Masashi Kawamura, Hal Kirkland, Masayoshi Nakamura et Magico Nakamura pour Hibi no neiro de Sour, réalisé grâce au concours des fans qui se sont connectés sur leur webcam.

Etaient également en compétition Blackhole d’Arjan Van Meerten, Thomas Hicks pour I’d rather be with you de Joshua Radin, Edouard Salier pour Splitting the atom de Massive Attack et surtout le délicieusement absurde et discordant Log’n'jam d’Alexey Alexeev.

Enfin, pour clore ce bref interlude musical, il sera bon de se pencher sur le clip réalisé en stop motion par Simon Gesrel et Xavier Ehrets pour Driving this road until death sets you free de Zombie Zombie (Etienne Jaumet et Cosmic Neman), lauréat des Prix de la qualité technique et Prix du Public à Protoclip 2008, 4e Festival International du Clip Indépendant de Sèvres. Ce remake par des poupées GI Joe de The thing est un vibrant hommage à l’œuvre de John Carpenter.
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© Studio Film Bilde

Love and Theft

d’Andreas Hykade_2010. Musique d’Heiko Maile.

A consulter : Le site d’Andreas Hykade
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Hibi No Neiro/Tone of everyday de Sour.

Réalisation de Masashi Kawamura, Hal Kirkland, Masayoshi Nakamura et Magico Nakamura_2009

A consulter : Le site de Sour
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Blackhole

d’Arjan Van Meerten_2009

A consulter : Le site d’arjanM
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I’d Rather Be with You de Joshua Radin.

Réalisation de Thomas Hicks_2009

A consulter : Les vidéos de Thomas Hicks
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Splitting the Atom de Massive Attack

Réalisation Edouard Salier_2010

A consulter : Le site d’Edouard Salier
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Log’n'Jam

d’Alexey Alexeev_2009

A consulter : Le site du Studio Baestarts
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© DR

Driving this road until death sets you free de Zombie Zombie_2008

Réalisation de Simon Gesrel et Xavier Ehrets

A consulter : Le site MySpace de Zombie Zombie

Source : Site du Festival d’Annecy 2010

7 courts pour la semaine

Dans Animation, Arte, Cinéma, Court-métrage, TV le 14/06/2010 à 09:42
Size doesn’t matter !

La preuve par 7 courts métrages glanés au gré de mes pérégrinations.
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© Aardman Animations

The Pearce sisters de Luis Cook_2007

Découvert grâce à à Court Circuit, ce court métrage* multipliant les récompenses (Annecy, Bradford, Sitges, San Sebastian, Clermont-Ferrand, etc.) est un petit chef d’œuvre d’humour noir qui met tendrement en scène deux personnages d’une laideur tellement éprouvante qu’elle en devient hilarante. Le pitch ? Deux sœurs vivent sur une île et attendent le marin égaré… Est-on dans une version animée d’Onibaba** ? Qui sait ? La réalité peut être encore bien plus atroce que tous nos sombres pressentiments…

Aux fins de vous familiariser avec l’œuvre de Luis Cook — graphiste et réalisateur publicitaire pour Aardman Animations — et consulter son carnet de croquis, vous pouvez vous rendre sur le site dédié à sa première fiction.


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© Cube Creative Computer Company

Jean-François de Tom Haugomat et Bruno Mangyoku _2008

Ce film charmant et très délicat sur la nostalgie de l’enfance vient de recevoir le Prix "Jean-Luc Xiberras" de la première œuvre à Annecy.

Ce court est disponible en ligne toute la semaine sur le site d’Arte qui le rediffusera au cours du mois de juin (ainsi que Mémoire fossile d’Anne-Laure Totaro et Arnaud_2009, un émouvant voyage animé en noir et blanc sur l’histoire de la mine et le devoir de mémoire)

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© Platige Image

Chick de Michel Socha_2009

Une petite folie graphique en trois couleurs d’une grande virtuosité, contant la rencontre d’une femme fatale et d’un éventuel soupirant. Rafal Smol a été récompensé du Prix Sacem de la meilleure musique originale au festival d’Annecy en 2009.

A ne pas rater : la rediffusion du 26 juin sur Arte.
A consulter : le site du film.


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© Les chevaliers du lustre

Laisser-Aller d’Aurélien Dauge_2010

Ce court métrage sur la difficile rentrée au pays d’un jeune homme parti en Afghanistan et le jugement peu amène que portent sur lui ses anciens camarades met en parallèle la guerre que le héros cherche à fuir, désormais si loin de lui et si proche pourtant, au travers du jeu vidéo devant lequel ses amis s’excitent frénétiquement.

Tourné avec des comédiens amateurs et dominé par la belle présence de Redha Djafer, le film bénéficie en outre d’une superbe chanson de générique — Lettre du combattant — signée Marcus Gram.

A consulter :
La page Facebook du film.
Le blog des Chevaliers du lustre.


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© Louis Rigaud

Copier-Cloner de Louis Rigaud_2009

Sur un sujet aussi rébarbatif que l’avenir de la biotechnologie, le réalisateur livre une géniale petite animation comparant une exploitation agricole à un système informatique et valide d’un coup de clic les dangers inhérents à la manipulation génétique.

Conseillé aux amateurs de bureautique et/ou aux végétariens.

A consulter : le site du réalisateur.

N.B. Accessoirement, Louis Rigaud est co-concepteur avec Anouck Boisrobert d’un magnifique livre pop-up intitulé PopVille.


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© Caja de Granada

La dame y la muerte de Javier Recio Gracia_2010

Nommé aux oscars 2010, ce film d’animation en 3D réalisé dans les studios de Kandor Moon et produit notamment par Antonio Banderas, a reçu le Goya 2010 du meilleur court métrage d’animation.

L’invraisemblable bataille de chiffonniers qui s’engage entre le prétentieux corps médical soucieux de prolonger la vie et la grande faucheuse qu’une octogénaire ne demande pas mieux de suivre est un grand moment de drôlerie et d’émotion mêlées.

Attention, il n’est pas conseillé de quitter la salle avant la fin du générique…

A consulter : Les sites du film et de Kandor Graphics.


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© Caïman productions

King Crab attack! de Grégoire Sivan_2008

J’ai déjà évoqué ce film lors de la sortie du numéro spécial Extrême Cinéma de Repérages.

Cette parodie de bande-annonce d’un film d’horreur mettant en scène des bébêtes géantes est enfin disponible dans sa version intégrale.

Passez Côté Courts

* Message personnel. Je conseille tout particulièrement ce film à Pascale de Sur la route du cinéma qui me remerciera, je n’en doute pas (private joke inside).
** Film de Kaneto Shindō_1964.

Aux courts d’un soir

Dans Animation, Cinéma, Court-métrage, Festival, France le 10/06/2010 à 09:12

© DR

Du court et du meilleur.

Voici un petit compte rendu* de la soirée Aux courts d’un soir**, avec quelques liens qui vous permettront de vous faire une idée des pelloches présentées, films dont la haute tenue — et d’excellentes interprétations — laissent présager d’un bel avenir cinématographique.

En première partie des festivités, 6 courts métrages inédits.
Sans vouloir trop déflorer les histoires car certains scenarii jouent sur l’effet de surprise, l’inspiration générale fut de nature plutôt sombre. Il n’y a donc guère eu de contestation de la part d’un public très actif et aux anges quand le jury — présidé par Pierre-William Glenn — a distingué l’hilarante comédie de Keren Marciano, Mémoires d’une jeune fille dérangée grand vainqueur de la soirée avec une mention spéciale pour son actrice principale, Sara Giraudeau. Le court de Julien Petit, Les figures a, quant à lui, obtenu un accessit, le Coup de cœur du jury.
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© Five2one/Sophie Bouteiller

A Samuel de Loïc Pottier_2010 (13′)

Avec le toujours excellent Eric Savin, très émouvant ici dans le rôle d’un SDF mentant charitablement à sa mère en s’inventant une vie sans histoire et Joséphine Derenne.

Une histoire implacable sur l’invisibilité de la souffrance quotidienne, sans pathos, ni complaisance.

Pour en savoir plus : la page du film sur Facebook.


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© Studio Kremlin

Ce jour-là de Sandra Stadeli_2010 (13’50)

Avec Laurence Côte, Eric Herson-Macarel et Satya Dusaugey.

Un vrai plaisir, celui de retrouver Laurence Côte, même s’il s’agit encore ici d’un enjeu dramatique. Son interprétation toute en intériorité sert parfaitement le rôle, celui d’une thanatopracticienne qui se trouve confrontée au pire — le décès soudain de son époux — et décide de s’occuper une dernière fois de son corps. Un beau film, profondément troublant.

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© Mitiki productions

Mémoires d’une jeune fille dérangée de Keren Marciano_2010 (17’45)

Avec Sara Giraudeau, Simon Hubert, Lionel Auguste, Gil Alma et la participation de Marie-Christine Barrault dans le rôle de la gynécologue de l’invraisemblable péronnelle interprétée par Sara Giraudeau. Les affres d’une demoiselle souhaitant à tout prix trouver un "dépuceleur" pour enfin être "dans la norme" donnent lieu à des scènes hilarantes et sans complexe qui doivent beaucoup au charme piquant et à la loufoquerie sans limite de son interprète principale. Un Grand prix mérité.

La bande annonce est désormais disponible sur le site de Mitiki Productions.
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© Kazak productions/Flore

In limbo d’Aurélia Morali et Julien Gras-Payen_2009 (15’35)

Avec Barthélémy Guillemard, Elena Bonini, Lorena Mendez et Ben Walter.

Où l’on assiste à l’éventuelle naissance d’un futur serial killer renfermé, froid et méthodique… Un court remarquable qui joue admirablement sur l’angoisse. On peut toutefois regretter un trop plein de références. Les réalisateurs aiment David Lynch, on leur en sait gré. Par contre, il est difficile de ne pas songer fortement à Benny’s video de Michael Haneke_1992 lors de certaines scènes. Le jeune (et ravissant) Barthelemy Guillemard offre une fantastique composition d’adolescent tourmenté (prénommé Damien, une vraie malédiction en somme).
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© La coupure

Les figures de Julien Petit_2010 (11’35)

Avec Sarah Suco, Chantal Banlier, Bertrand Soulier et Johanna Nizard.

Aidé par Sarah Suco, remarquable jeune actrice à l’étrange beauté, Julien Petit joue ici sur la pire des angoisses parentales, la perte d’un enfant dans un jardin public. Dommage qu’il ne fasse pas entièrement confiance au pouvoir des images et que le scénario se montre par trop explicatif. Un peu de mystère, voire d’incertitudes, n’aurait point nui à cette fable sur l’instinct maternel.

Une petite interview du réalisateur sur le site d’ElyséesTV et pour mieux connaître son actrice, Playgirl, un court-métrage de Gilles Gueraz, présenté au 48 hour film project 2009 et pour lequel elle a obtenu le prix d’interprétation est disponible sur Viméo.
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© Il ou elle productions

Et toi ? de Méliane Marcaggi et Jean-Marc Peyrefitte_2009 (10′)

Avec Méliane Marcaggi, Christophe Duthuron et Isabelle Sempéré.

Pour avoir lâchement omis de répondre à un "je t’aime et toi ?", un homme subit les foudres d’une récente conquête. Le couple de réalisateurs s’est manifestement fait plaisir pour ce court ludique et charmant sur l’éternelle incompréhension entre Mars et Vénus qui clôt la compétition sur un mode mélancolique.

Le film peut être visionné sur la page Facebook de la comédienne-réalisatrice.

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Puis, tandis que le jury délibérait, 5 courts métrages ultra primés dans les principaux festivals français nous ont été offerts. De forts jolis cadeaux, d’horizons et d’inspiration radicalement différents.
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© Metronomic

Fard de David Alapont et Luis Briceno_2009 (12’55)

Un étonnant film d’animation, doté d’un scénario fort astucieux, techniquement emballant et d’une grande beauté formelle. Sans aucun doute, un des meilleurs courts présentés. Une bête de concours également si l’on en juge par les prix remportés (notamment à Clermont-Ferrand, aux "nuits magiques" de Bègles et au festival du film merveilleux et imaginaire de paris).

La prise de conscience du héros, partie intégrante d’un peuple en voie de totale déshumanisation fait songer à They live de John Carpenter. En lieu et place d’une paire de lunettes, une simple lampe torche révèle la vérité crue sous le ravalement de façade.

A voir : le court-métrage, disponible sur le site d’Arte, rubrique Court cuircuits et son making of ou comment réaliser un film en rotoscopie ?
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© Tita productions

8 et des poussières de Laurent Teyssier_2009 (23’30)

Avec Baptiste Amann, Emilie de Preissac, Pierre Lopez et Emmanuel Blanc.

Un film très dur — et tantôt d’une drolatique tristesse avant qu’un épilogue effarant ne nous cloue sur nos sièges — sur la précarité, l’inadaptation et l’exploitation des classes laborieuses. Mais également sur le désir d’avenir et l’adieu aux conneries de jeunesse. Un cocktail détonnant qui a reçu entre autres le Grand Prix du jury au Festival du film Premiers Plans d’Angers et le Prix Unifrance au dernier festival de Cannes. Les acteurs, des juvéniles dealers au patron réaliste, sont tous remarquables, ce qui ne gâte rien.

Pour info, le film est disponible sur Arte en VOD.

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© Fiveéone

Toute ma vie de Pierre Ferrière_2010 (5′)

Un inconnu vous suit dans la rue et ce n’est peut–être pas pour vous offrir des fleurs… c’est sans doute parce qu’il vous connaît et qu’il a fait partie de votre vie. Nonobstant, il n’est pas souhaitable parfois de remuer ses souvenirs. Un excellent court-métrage d’angoisse avec une toujours splendide Caterina Murino et un Vincent Desagnat inquiétant à souhait. Prix du public à Sarlat, Fréjus et Saguenay.

Pour info, le site dédié au film.


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© Les Films du Varech

La carte de Stefan Le Lay_2009 (7’20)

Avec Sara Viot et Thibault Sommain.

Un court métrage sans paroles définitivement délicieux contant le coup de foudre d’un jeune baigneur en short rouge pour une dame au petit chien en noir et blanc. Petite précision d’importance, cette passion amoureuse au charme désuet enflamme deux personnages de carte postale…

Burlesque et poétique, ce film a été couvert de prix en 2010 dont celui des effets spéciaux à Lussac, le Prix du public et prix des scolaires au Festival Les toiles de mer, Premier prix au Festival d’Angoulême et Coup de cœur du jury au Festival des 24 courts.

A voir, son précédent court-métrage, également muet et tout aussi original : Le baiser.
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© La bise au chat

Gilles corporation de Vianney Meurville_2009 (6’55)

Avec Pierre Porquet et Thibaut Gonzalez.

Une charge féroce mais bon enfant, tapant aussi bien sur le plouc à l’intelligence mesurée que sur la futilité éperdument parisienne. Le public ne s’y est pas trompé qui a fait un triomphe à cette grosse farce truffée de gags hénaurmes qui a remporté le Prix de la meilleure fiction aux Rencontre Cinéma-Nature de Dompierre-sur-Besbre. Quant à Pierre Porquet, son cabotinage outré s’est vu offrir un prix d’interprétation à L’ombre d’un court en 2010 à Jouy en Josas tandis que le réalisateur recevait le Prix du jury.

Après un dernier éclat de rire, vint le temps des récompenses qui permit de constater que la charmante Keren Marciano partageait pas mal de points communs avec son interprète et Lola, le personnage de son film, un je ne sais quoi de burlesque dans l’attitude.

Une excellente soirée donc, et une expérience à renouveler.

* Vous pouvez également allez lire les comptes rendus de Sandra M. (que je remercie ici de son invitation), taulière — entre autres — d’In the mood for cinema et VieraSouto, de CineManiaC.
** Festival d’un jour dédié aux courts-métrages français 2009/2010 (6 inédits en compétition + 5 films ultra primés) et organisé par le Département Cinéma de l’Espace Pierre Cardin.

Extrême cinéma vol. 2 [Repérages #66]

Dans Animation, Cinéma, Court-métrage, Fantastique, Gore, Repérages le 07/09/2009 à 23:28

© DR

Pour son 66ème numéro, la revue Repérages – outre deux dossiers spéciaux consacrés à la 15ème édition de L’étrange festival et au renouveau du cinéma bis – édite un second volume d’Extreme cinéma, soit 11 courts métrages internationaux gores, insolites, voire franchement zarbis.

A noter également, en fin de magazine, une revue de détails de DVDs accompagnée de chroniques sur Mario Bava, quelques productions de la Hammer, les romans pornos de la Nikkatsu et le deuxième volume des Femmes criminelles de Teruo Ishii, en bref des films éminemment fréquentables par tous les amoureux de cinéma déviant.

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© Caiman productions

King Crab attack!

de Grégoire Sivan_2008 (7’) se présente comme la bande-annonce d’un film catastrophe qui ne sortira jamais… et on peut le regretter.

Reprenant à son compte tous les poncifs du genre (station balnéaire, trauma du héros, héroïne nunuche en danger, savant fou et animaux génétiquement modifiés) et tournée en anglais, cette savoureuse parodie de Tarantula, Godzilla et autre Mothra, bénéficie d’un excellent casting (Charlotte Marin, Jean-Pierre Martins, Serge Dupire) d’où émerge un Etienne Chicot grimé en docteur Caligari.


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© DR

Mompelaar

des Flamands Wim Reygaert et Marc Roels_2007 (21’40) avec Serge Buyse (rappeur flamand dans la vie civile), est l’objet étrange le moins identifiable du DVD, de par sa longueur et son absence totale d’explication quant aux événements insolites qui se déroulent sous nos yeux…

Décidément glauque, cette (possible) relecture du joueur de flute du Hamelin en "marmonneur" — en l’occurrence, notre imperturbable personnage principal à qui il manque généreusement quelques cases et flanqué d’une mère abusive (joué par un homme… sans autre éclaircissement) et d’un bichon télépathe (!!) — finit par faire rire de peur de compatir à l’évidente souffrance qui secoue notre "héros" et qui achève de nous écœurer au vu de ses activités clairement scatologiques…

Bruno Dumont (L’humanité_1999) et Fabrice Du Weltz (Calvaire_2004) devraient apprécier… A ne rater donc sous aucun prétexte.

Interview de Wim Reygaert et Marc Roels


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Oh my god!

de et avec John Bryant_2004 (9’50) opte pour le ton de la parodie absolue, geysers d’hémoglobine et dialogue minimal. Oh my god ! répète à l’infini – et jusqu’à la nausée – le héros, plutôt bas du front (l’histoire se passe au Texas… sans commentaire), qui découvrant femme et enfant baignant dans leur sang en perd tant la raison qu’en lieu et place d’apporter son aide, ne fait qu’empirer les horreurs perpétrées…

L’épilogue est plutôt malicieux et nous rend finalement indulgent pour le cabotinage éhonté du réalisateur.

Pour ceux qui souhaitent visionner cette boucherie – et qui ont le cœur bien accroché – la vidéo est disponible chez Atom.com
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© DR

Play with me

de Esther Rots_2002 (12’) avec Susanne Linssen, Bas Jacobs et Herman Kockelkoren est un superbe et fort mystérieux voyage.

Dans une campagne saturée sous un soleil de plomb, l’ambiance évoque bizarrement l’univers de Charles Burns tant les adolescents en présence semblent s’être échappés de Black hole : ainsi le garçon ne verse-t-il pas dans le nombril de la fille qu’il convoite une nuée de coccinelles ?… inquiétante étrangeté assurée. Le film n’apportera aucune réponse à ce geste insolite, de même que le spectateur ne sera pas persuadé d’assister au mieux au cauchemar d’une jeune fille à l’aube de la découverte de sa sexualité, au pire à un infanticide. Les séquences de noyade sont glaçantes.

Hypnotique et angoissant, Play with me est une belle œuvre à découvrir.

Pour information, le premier long métrage d’Esther Rots, intitulé Can go through skin (tout un programme !) était en compétition cette année à Berlin.
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© Aquarius Films

I love Sarah Jane

de Spencer Susser_2007 (13’40) est un pur joyau, une création extrêmement originale – malgré le thème rebattu du zombie – et remarquablement réalisée, sur les affres amoureux d’un jeune adolescent australien dans un monde en pleine déliquescence alors que fait rage une sauvage bataille contre les morts-vivants.

Le réalisateur tourne actuellement son premier long métrage, Hesher, en compagnie de Joseph Gordon-Levitt et Natalie Portman.

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© DR

Blindness of the woods

de Javier Lourenço et Martin Jalfen_ 2008 (11’) est une charmante aberration puisant son inspiration dans les films érotiques scandinaves (sexe bucolique et développement durable).

Le fait que les comédiens (María Paula Pichersky, Nicolás Sanchez Solís et Federico Gelber) soient entièrement déguisés en poupées de laine et forniquent à tout va rend cette relecture de conte de fée – saupoudrée d’un zeste de zoophilie – particulièrement perverse…

Le court métrage et d’autres (hilarantes) petites curiosités sont disponibles sur le site d’AmautaLab.

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Asomnie

Ne plus éprouver le besoin de dormir relève du fantasme absolu, mais gare aux hallucinations.

Voir Asomnie de Yann Bertrand et Damien Serban_2009 (6’30), produit par Arte, 3xPlus et Le Forum des Image et filmé à l’aide d’un téléphone portable, peut devenir une expérience intéressante pour peu que l’on se laisse séduire. Les effets spéciaux sont tout à fait étonnants.

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© DR

Monstre numéro 2

de et avec Antoine Barraud_ 2007 (36’) est une recréation de toute beauté du mythe vampirique. Images superbes, scénario cruel (étude de dentition du prédateur, succions répétées sur le corps de la bien-aimée, aspiration à la nécrophilie), Monstre numéro 2 est avant tout une magnifique histoire d’amour fou.

La simple vue d’une bouche vorace accrochée à une main gracile suffit à émouvoir et il est bon de noter que la transfiguration du corps de la victime consentante (Nathalie Boutefeu) est filmée avec autant de soins, de détails et de passion que la célèbre carcasse du lapin de Repulsion (de Roman Polanski_1966).

Rencontre avec Antoine Barraud


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© DR

Existo

de Jannicke Johansen_2008 (3’50) sur la naissance brutale puis la mort d’un élan est, de par la sécheresse de l’histoire, la froide beauté quasi clinique des images, le son très travaillé et sa durée minimale, un petit chef d’œuvre expérimental qui n’est pas sans rappeler l’Eraserhead de David Lynch_1976.
BIEN SOU************

© DR

Bien sous tous rapports

L’effarant court-métrage (11’) – plus que dérangeant, si ce n’est dérangé – Bien sous tous rapports que Marina De Van réalisa en 1996 à la Femis, n’étonnera guère les habitués de la réalisatrice.

L’éducation très particulière qu’elle décortique avec une folle impudeur ferait certainement rire si une souffrance sous-jacente ne se faisait jour et si en définitive, le vrai sujet du film n’était l’incapacité à se libérer des carcans et le mal-être des jeunes filles encombrées de leurs corps comme de leurs passions.

Marina De Van — qui n’hésitera pas à récidiver en 2002 pour son premier long métrage Dans ma peau – paie déjà de sa personne et ajoute au malaise, puisque outre les figures pornographiques convoquées ici, elle s’est entourée de ses deux frères jouant leur propre rôle comme il se doit pour ajouter au malaise.

BIEN SOU************

Dirty love

de Mathieu Tiger (un sacré huluberlu, cf.  ici , chanteur et guitariste)_2009 (3’40) est un long clip psychédélique, une œuvre abstraite composée de vrais morceaux de vidéos érotiques mixées se reproduisant à l’infini et qui, à la longue, devient profondément mi-écœurante mi-fascinante. En outre, la chanson interprétée par le groupe de Mathieu Tiger est pour beaucoup dans l’addiction du spectateur.

D’autres clips sont disponibles sur son Myspace.