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Archives de la catégorie ‘Festival de Cannes’

TOURISTES de Ben Wheatley [Quinzaine des Réalisateurs 2012]

Dans Cinéma, Festival de Cannes, Forum des Images, Grande-Bretagne, La Quinzaine des Réalisateurs, Thriller le 02/06/2012 à 18:40

© Wild Side Films/Le Pacte

La ballade sauvage.

La Grande Bretagne randonneuse est en danger. Tina (petite souris effacée qui rêve d’un autre maître que sa mère) et Chris (géant roux intolérant et bas du front se réinventant en grand écrivain-explorateur) ont eu le tort de se rencontrer et de se plaire. Tout à leur amour naissant — et à une entente sexuelle plus que cordiale —, ils s’offrent un semblant de lune de miel au grand dam de la terrifiante génitrice de Tina, d’ores et déjà persuadée des tendances psychotiques de sa fille (le clébard de la maison en a fait les frais lors d’un incident des plus facheux).

A l’occasion d’un meurtre prémédité ingénieusement travesti en accident de la route, ils vont rapidement se découvrir l’un l’autre tout en prenant radicalement conscience de leur véritable personnalité. Dès lors, exiger au vu de leur absence totale de principes moraux qu’ils fassent preuve de la plus élémentaire humanité tient de l’utopie.

D’un affreux cynisme qui pourra paraître éprouvant aux cœurs tendres (prévoir quelques scènes aussi gores qu’expéditives), Ben Wheatley — réalisateur du remarquable Kill List dont la sortie est prévue le 11 juillet prochain sur les écrans de France et de Navarre — et ses scénaristes, mus par une détonante causticité, procèdent dans une atmosphère délibérément menaçante et sans autre forme de procès à la démonstration d’un jeu de massacre de plus en plus annoncé.

Le film autopsie alors sans grande surprise, mais avec force gros plans rigolards, dialogues à l’emporte pièce et amoralité absolue, la ballade sauvage de notre charmant duo, non sans égratigner au passage la conscience de classe qui étreint encore l’âme de la perfide Albion.

Tout en nous entrainant dans d’improbables décors naturels qui rendent la campagne anglaise — dont il sublime l’inquiétante beauté — si délicieusement effrayante les nuits de pleine lune, Ben Wheatley perd ici ce qui nous captivait dans Kill list, œuvre bien plus subtile quoique tout aussi désopilante malgré l’horreur qui suintait doucereusement de chaque plan. Nulle empathie ne nous relie aux héros de Touristes. Uniquement un regard complice. Nous restons donc posément, en témoins privilégiés, sur le bas-côté [pas trop près de la route cependant, conseil amical] à observer les activités de nos deux maniaques épinglés dans leur folie comme de sales petits insectes avec lesquels nous ne risquons pas de nous identifier. Leur lente plongée dans la sauvagerie — si elle nous titille généreusement la rate — ne nous émeut guère ; la faute sans doute à des personnages, voire des situations, par trop caricaturaux (le pollueur, le randonneur pédant, le donneur de leçons, etc.).

Quand l’aventure caravanière se clôt sur une pirouette subodorée depuis un moment, ne demeure que la frustration.

Car si le vertige parfois nous emporte c’est essentiellement grâce au malaise généreusement distillé par les deux acteurs — soit les co-scénaristes du film, Alice Low et Steve Oram — qui s’en donnent à cœur et corps joie en se soumettant aux démons intérieurs de ce couple qui se vaut bien, tant l’un fait tout pour rattraper l’autre. Sans compter que sous ses dehors de blague de potache, Touristes offre un point de vue sur l’humanité proprement apocalyptique, et au final adroitement misogyne, la femme étant au pire une mère possessive, au mieux une amoureuse vampirique qui ne pardonne aucun écart.

NB. Pour continuer de rire un peu, il est bon de noter que les héros canins du film, nous rappelant à leurs poils défendant l’amour immodéré que nos voisins anglais portent à la gente animale, ont reçu la Palm dog 2012.

Film projeté dans le cadre de la Reprise de la Quinzaine des réalisateurs 2012 au Forum des Images. Sortie nationale prévue en décembre 2012.

© Wild Side Films/Le Pacte

Touristes/Sightseers de Ben Wheatley_2012
avec Alice Lowe et Steve Oram

Cannes à Paris : un certain don d’ubiquité

Dans Cinéma, Festival, Festival de Cannes, Forum des Images, La Quinzaine des Réalisateurs, News le 02/06/2012 à 10:29

Et zut ! C’est chaque année la même chose. Tandis que le Forum des images accueille la  44e édition de la Quinzaine des Réalisateurs, le Reflet Médicis s’empare de la sélection Un certain regard et La 51e Semaine de la Critique s’installe à la Cinémathèque Française.

Le choix sera donc cornélien et le programme, définitivement improvisé*.

A noter que No de Pablo Larrain — qui clôt brillamment la trilogie Pinochet après Tony Manero et Santiago 73, Post Mortem — repasse le 7 juin au Forum des Images. Ne le ratez pas !

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© Festival de Cannes

• UN CERTAIN REGARD •

Programme du Reflet Médicis** du 2 au 5 juin

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2 juin 2012

  • Mystery de Lou Ye
  • Después de Lucia de Michel Franco
  • Laurence anyways de Xavier Dolan
  • Confession of a child of the century de Sylvie Verheyde

3 juin 2012

  • Jiketsu no hi, Mishima Yukio to wakamonotachi de Koji Wakamatsu
  • Les chevaux de dieu de Nabil Ayouch
  • Renoir de Gilles Bourdos
  • Laurence anyways de Xavier Dolan

4 juin 2012

  • Confession of a child of the century de Sylvie Verheyde
  • Miss Lovely de Ashim Ahluwalia
  • La pirogue de Moussa Touré
  • Beasts of the southern wild de Benh Zeitlin
  • Le grand soir de Benoit Délépine et Gustave Kervern

5 juin 2012

  • A perdre la raison de Joachim Lafosse***
  • 7 dias en la Habana de Benicio del Toro, Pablo Trapero, Julio Medem, Elia Suleiman, Gaspar Noé, Juan Carlos Tabío et Laurent Cantet****
  • La playa de Juan Andrés Arango
  • Trois mondes de Catherine Corsini
  • Gimme the loot de Adam Leon

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© SIC

• 51e SEMAINE  DE LA CRITIQUE •

Programme de la Cinémathèque***** du 7 au 11 juin

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7 juin 2012

  • J’enrage de son absence de Sandrine Bonnaire

8 juin 2012

  • Augustine de Alice Winocour******
  • Broken de Rufus Norris

9 juin 2012

  • Les voisins de dieu de Meni Yaesh
  • Aqui y Allà d’Antonio Méndes Esparza
  • Courts métrages 1
    • Ce n’est pas un film de cow-boys de Benjamin Parent — France — 12′
    • Un dimanche matin de Damien Manivel — France — 18′
    • Hazara de Shay Lévi — Israël — 18′
    • O Duplo de Juliana Rojas — Brésil — 24′
    • Juments et perruches/Yeguas y cotorras de Natalia Garagiola — Argentine — 28′
  • Sofia’s last ambulance de Ilian Metev

10 juin 2012

  • Hors les murs de David Lambert
  • Au galop de Louis-Do de Lencquesaing
  • Courts métrages 2
    • Fleuve rouge, Song Hong de Stéphanie Lansaque & François Leroy  — France — 15′
    • Circle Line de Shin Suwon — Corée du Sud — 26′
    • Horizon/Orizont de Paul Negoescu — Roumanie — 11′
    • Family Dinner/Middag med familjen de Stefan Constantinescu — Suède — 14′
    • La Bifle de Jean-Baptiste Saurel — France — 25′
  • Peddlers de Vasan Bala

11 juin 2012

  • Walker – Beautiful 2012 de Tsai Ming-Liang
  • Manhã de Santo António/Morning of Saint Anthony’s day de João Pedro Rodrigues
  • Los salvajes de Alejandro Fadel

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* Et d’ores et déjà un grand merci au taulier de Pop & Films d’avoir bouleversé quelque peu mon programme de ce samedi en me louant les qualités du dernier Lou Ye.
** Calendrier
*** A ne pas rater. Pour les non parisiens, le film sort le 5 septembre prochain.
**** Pour les fans purs et durs de Elia Suleiman et Gaspar Noé. Une grande déception par ailleurs.
*****  Calendrier
****** Un joli premier film, pour les fans de Soko.

La Quinzaine 2012 au Forum des Images

Dans Cinéma, Festival, Festival de Cannes, Forum des Images, La Quinzaine des Réalisateurs, News le 19/05/2012 à 13:17

© Festival de Cannes — Visuel : Jean-Luc Cramatte

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Oyez ! Oyez  les Parisiens ! Comme l’année passée, le Forum des images qui accueille — du 31 mai au 10 juin — la 44e édition de la Quinzaine des Réalisateurs, vous offre un tour du monde en une trentaine de films et des rencontres avec leurs réalisateurs.

Pour de plus amples informations sur les autres manifestations cannoises sur le sol de la capitale, je vous suggère de prendre rendez-vous avec Shunrize.

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• PROGRAMME •

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© Quinzaine des Réalisateurs

31 mai 2012

  •  Camille redouble de Noémie Lvovsky (photo) [En présence de l’équipe du film]

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© Quinzaine des réalisateurs

1er juin 2012

  • La Sirga de William Vega
  • Touristes/Sightseers de Ben Wheatley (photo)
  • Le Repenti/El taaib de Merzak Allouache [Rencontre avec le réalisateur]
  • No de Pablo Larraín

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© Quinzaine des Réalisateurs

2 juin 2012

  • Fogo d’Yulene Olaizola
  • Enfance clandestine/Infancia clandestina de Benjamin Ávila
  • Camille redouble de Noémie Lvovsky [Rencontre avec la réalisatrice]
  • Le Repenti/El taaib de Merzak Allouache (photo)
  • The We and the I de Michel Gondry

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© Quinzaine des Réalisateurs

3 juin 2012

  • Programme  de courts métrages 1
    • Avec Jeff, à moto/With Jeff de Marie-Eve Juste
    • Königsberg de Philipp Mayrhofer
    • Porcs enragés/Porcos raivosos de Leonardo Sette et Isabel Penoni
    • Rodri de Franco Lolli
    • Les vivants pleurent aussi/Os vivos tamben choram de Basil Da Cuncha
  • Ernest et Célestine de Stéphane Aubier, Vincent Patar et Benjamin Renner [Rencontre avec Benjamin Renner]
  • Gangs of Wasseypur de Anurag Kashyap
  • Rengaine de Rachid Djaïdani [Rencontre avec le réalisateur]
  • 3 de Pablo Stoll Ward (photo)

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© Quinzaine des Réalisateurs

5 juin 2012

  • 3 de Pablo Stoll Ward
  • La Sirga de William Vega
  • Adieu Berthe. L’enterrement  de mémé de Bruno Podalydès [Rencontre avec le réalisateur]
  • The king of pigs/Dae gi eui wang de Yeun Sang-ho (photo)

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© Quinzaine des Réalisateurs

6 juin 2012

  • Ernest et Célestine de Stéphane Aubier, Vincent Patar et Benjamin Renner
  • Enfance clandestine/Infancia clandestina de Benjamin Ávila
  • Opération Libertad de Nicolas Wadimoff [Rencontre avec le réalisateur] (photo)
  • Dangerous Liaisons de Hur Jin-ho

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© Quizaine des Réalisateurs

7 juin 2012

  • No de Pablo Larraín
  • Room 237 de Rodney Ascher
  • Alyah de Elie Wajeman (photo)
  • Adieu Berthe. L’enterrement  de mémé de Bruno Podalydès

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© Quinzaine des Réalisateurs

8 juin 2012

  • Room 237 de Rodney Ascher
  • The We and the I de Michel Gondry (photo)
  • Sueño y silencio de Jaime Rosales [Rencontre avec le réalisateur]
  • The king of pigs/Dae gi eui wang de Yeun Sang-ho

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© Quinzaine des Réalisateurs

9 juin 2012

  • Dangerous Liaisons de Hur Jin-ho
  • Alyah de Elie Wajeman
  • La nuit d’en face/La noche de enfrente de Raoul Ruiz
  • Fogo d’Yulene Olaizola
  • Une famille respectable/Yek Khanévadéh-e Mohtaram de Massoud Bakhshi [Rencontre avec le réalisateur] (photo)
  • Rengaine de Rachid Djaïdani

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© Quinzaine des Réalisateurs

10 juin 2012

  • Programme  de courts métrages 2
    • The curse de Fyzal Boulifa
    • Drawn from memory/Portret z Pamieci de Marcin Bortkiewicz
    • Les morts-vivants/Os Mortos-vivos d’Anita Rocha Da Silveira
    • Tram de Michaela Pavlatova
    • Wrong cops de Quentin Dupieux
  • Une famille respectable/Yek Khanévadéh-e Mohtaram de Massoud Bakhshi
  • Gangs of Wasseypur de Anurag Kashyap (photo)
  • Sueño y silencio de Jaime Rosales
  • Opération Libertad de Nicolas Wadimoff

Le jour des favoris [Twitter] — Épisode 7

Dans Cinéma, Court-métrage, Documentaire, Festival de Cannes, Hommage, Interview, Nouvelles, Photographie, Studio CinéLive, Tournage, Tumblr, Twitter le 21/04/2012 à 21:02

© DR, Festival de Cannes, Stanley Kubrick, Nigel Parry, Randall Slavin, Peggy Sue Ki, Armin Morbach, Scott Campbell, Christophe L., J.R. Eyerman, Loomis Dean, Nina Leen, Grey Villet, Peter Stackpole, Craig McDean, Marya Leena Ukkanen

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M’étant quelque peu éclipsée de Twitter ces temps derniers, la récolte du mois est bien mince. Lire la suite »

Liens du dimanche [Festivals, photos, etc.]

Dans Blog, Cinéma, Festival de Cannes, Festival Paris Cinéma, Hommage, Photographie, Réseaux sociaux, Sites Web, Studio CinéLive, Twitter, Webzine le 05/06/2011 à 12:51

© DR - Yann Rabannier - Denis Rouvre - MK2 Diffusion

Pleins feux sur :
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> La Quinzaine des Réalisateurs 2011
Cannes fait son cinéma à Paris. Il ne vous reste plus qu’un après-midi pour profiter de la reprise de la Quinzaine des Réalisateurs 2011* au Forum des Images avec une seconde salve de courts-métrages et une deuxième projection de l’intrigant Play de Ruben Östlund.

DERNIÈRE MINUTE ! Suite aux intempéries de cette nuit, le Forum des Images est fermé jusqu’à plus amples informations pour cause d’inondation des salles de projections.

> Cannes et les photographes
Yann Rabanier
a photographié le festival pour Libération, couleur et humour au programme. Quelques clichés sont à découvrir sur son site. Denis Rouvre, lui, l’a portraitisé en noir et blanc pour Le Monde (via @Pierre3D).

DERNIÈRE MINUTE ! via @MarineMediacult du webzine Mediacult. En attendant de découvrir les portfolios réalisés par Marcel Hartmann et Nicolas Guérin, visitez les diaporamas Dans les coulisses de Cannes regroupant les instantanés de Peggy Sue Ki [Le jeudi 12, Un samedi 14 nuageux, Le week-end, Sous le soleil, The show must go on, Sur plage et sous projecteurs, Fatigue et soirées, La fin]. Ci dessous, Yann Rabanier surpris pendant le shooting de Ryan Gosling.

© Peggy Sue Ki

> Festival Paris Cinéma 2011
Le Festival Paris Cinéma revient du 3 au 13 juillet 2011 avec :

Entre deux projections, n’oubliez pas de suivre les pérégrinations de Phil Siné, membre cette année du jury des blogueurs.

> Panoptique
Retrouvez toutes (ou presque) les chroniques ciné de la blogosphère sur le Panoptique d’Edouard — taulier de Nightswimming — qui se met tous les mois en grilles pour vous offrir un peu de (saine) lecture.

> Actors Studio et chute de reins
Enfin, pour finir, parce que Pascale, taulière de Sur la route du cinéma a parfois bien du souci, et pour fêter la sortie du très bon film (à l’en croire) de Matthew Vaughn X-Men: First class, voici la (fameuse) scène dite "de la chute" extraite de Fish tank d’Andrea Arnold_2009, décomposée plan à plan par un fou furieux dont le blog est entièrement dédié à Michael Fassbender/Magneto qui peut venir me préparer mon café tous les matins, merci.

A lire également, sur Vulture, les étranges similitudes relevées entre les rôles d’Erik Lehnsherr/Magneto et Archie Hicox, le lieutenant cinéphile d’Inglorious basterds de Quentin Tarantino_2009.

> Carnet noir
Après Léonard Kastle (via L’avant-scène cinéma), réalisateur d’un seul (mais quel !) film The honeymoon killers/Les tueurs de la lune de miel disparu le 18 mai et Michel Boujut, critique et amoureux du cinéma, décédé le 29 mai dernier, c’est au tour de Maurice Garrel de tirer sa révérence ce jour (ci-dessous, dans Les baisers de secours de et avec Philippe Garrel_1988).

© Les Films de l'Atalante

Et ce sera tout pour aujourd’hui !

Bonnes toiles et rendez-vous après l’été pour d’autres liens.

* A lire, mes chroniques sur Eldfjall de Rúnar Rúnarsson et Atmen de Karl Markovics.

Billet sponsorisé par la Société "Spécial Copinage Et Alors?".

NOUVEAU SOUFFLE (ATMEN) de Karl Markovics

Dans Autriche, Avant-première, Festival de Cannes, Forum des Images, Karl Markovics, La Quinzaine des Réalisateurs le 28/05/2011 à 12:34

© Epo-Film Produktionsgesellschaft

Reconstruction.

Bonne nouvelle ! Le cinéma autrichien ne se réduit pas au scalpel de Michael Haneke.

Il faudra désormais compter avec l’acteur Karl Markovics — héros de Die Fälscher/Les faussaires de Stefan Ruzowitzky_2007 et récemment entraperçu dans l’indigeste Sans identité de Jaume Collet-Saura —, qui a remporté le Label Europa Cinema avec Atmen, premier long métrage qu’il a également écrit.

Le pire était pourtant à craindre. Jugeons plutôt.

Lire la suite »

ELDFJALL [Volcano] de Rúnar Rúnarsson [Quinzaine des Réalisateurs 2011]

Dans Festival de Cannes, Forum des Images, La Quinzaine des Réalisateurs, Runar Runarsson le 27/05/2011 à 15:29

 

© Fine & Mellow Productions

Cœur de cendres.

Contrairement à ce que l’on pourrait attendre, Eldfjall, premier film de prime abord fort lugubre de Rúnar Rúnarsson n’est en rien un documentaire sur l’éruption des volcans aux petits noms charmants — Eyjafjöll et Grímsvötn — bien qu’imprononçables pour les 3/4 de la planète qu’ils ont inquiétée.

Le volcan dont s’agit s’appelle Hannes (l’ahurissant Theódór Júlíusson), a atteint l’âge vénérable de 67 ans et ne supporte pas l’idée de partir à la retraite. Le sinistre pot de départ offert en son honneur (?) donne déjà envie de hurler. Notre héros, lui, songe plutôt à disparaître mais c’est sans compter cette rage qui l’habite depuis des années et qui ne demande qu’à exploser. Pour un peu, il s’en collerait une d’avoir tenté de céder à la tentation du suicide.

Hannes fait partie de ces islandais obligés de quitter leur île après le réveil du volcan qui la domine et c’est sous une double malédiction, l’exil et désormais l’idée même de son inutilité, qu’il entame la seconde partie de sa vie qu’il croit déjà finie. Le fol !

Pour sûr, le bonhomme n’est guère facile à supporter. Intolérant et critique envers ses enfants et leurs progénitures, tyran domestique avec une épouse tendre et aimante, le jour où son cher bateau — son seul ami sur lequel il part pêcher en solitaire — le lâche et manque sombrer, il surprend, nu et grelottant, une conversation qui ne laisse aucun doute sur l’inanité de son existence. Et commence à mesurer le chemin qu’il lui faudra parcourir pour retrouver l’enthousiaste et séduisant jeune homme/père qu’il a été. Hannes décide donc d’être heureux, envers et malgré tout (et tous).

Mais la vieillesse est sans pitié. La vie aussi, qui, dans l’idée sans doute de nous réveiller, nous balance de temps à autre de satanées beignes dans la tronche. Et ce, au moment, où l’on croit que l’on a enfin remonté la pente.

Le réalisateur ne nous épargne rien, filmant frontalement un vieux couple, toujours amoureux malgré les années qui passent (avec ce que cela comporte de disputes chagrines, concessions amères et réconciliations) et la beauté qui se fane. La maladie elle-même, si elle demeure énigmatique (trop de bonheur soudainement retrouvé ?), sera exposée dans toute sa crudité clinique.

Nous allons dorénavant accompagner notre vieux loup de mer dans sa reconstruction sociale et émotionnelle — l’observer s’oublier pour mieux s’ouvrir aux autres, qu’il s’agisse de transmettre son savoir à un enfant ou d’accepter la maladie dans ce qu’elle comporte d’indignité et de douleur diffuse — et finir à l’instar de ce vieillard s’immergeant dans le passé révolu d’un album de famille, par entendre nous aussi la voix de la miséricorde. Et d’y succomber.

N.B. Film inédit, projeté à la reprise de la Quinzaine des Réalisateurs 2011 au Forum des Images.

© Fine & Mellow Productions

Eldfjall/Volcano de Rúnar Rúnarsson_2011
avec Theódór Júlíusson, Margrét Helga Jóhannsdóttir

 

La Quinzaine au Forum

Dans Cinéma, Festival, Festival de Cannes, Forum des Images, La Quinzaine des Réalisateurs, News le 21/05/2011 à 10:30

© Quinzaine des Réalisateurs

Oyez ! Oyez ! Parisiens chanceux ! La quarantaine de films (courts et longs) sélectionnés pour la 43e Quinzaine des Réalisateurs sera projeté au Forum des images du 25 mai au 5 juin prochains.

Pour ma part, bénéficiant de quelques jours de vacances, je compte bien en profiter.

• PROGRAMME •

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© Quinzaine des Réalisateurs

25 mai 2011

  • La Nuit, elles dansent d’Isabelle Lavigne et Stéphane Thibault
  • Eldfjall (Volcano) de Rúnar Rúnarsson
  • Jeanne captive de Philippe Ramos (photo)

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© Quinzaine des Réalisateurs

26 mai 2011

  • Eldfjall (Volcano) de Rúnar Rúnarsson
  • Busong (Palawan Destin) d’Auraeus Solito
  • En ville de Valérie Mréjen et Bertrand Schefer (photo)
  • Atmen (Breathing) de Karl Markovics

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© Quinzaine des Réalisateurs

27 mai 2011

  • En ville de Valérie Mréjen et Bertrand Schefer
  • Code Blue d’Urszula Antoniak (photo)
  • Impardonnables d’André Téchiné
  • The other side of sleep de Rebecca Daly

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© Quinzaine des Réalisateurs

28 mai 2011

  • Play de Ruben Östlund
  • The island de Kamen Kalev
  • Jeanne captive de Philippe Ramos
  • La fée de Dominique Abel, Bruno Romy et Fiona Gordon
  • Koi no Tsumi (Guilty of romance) de Sion Sono (photo)

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© Quinzaine des Réalisateurs

29 mai 2011

  • Courts métrages
    • Killing the chickens to scare the monkeys de Jens Assur
    • Mila caos de Simon Paetau
    • Bielutin – Dans le jardin du temps de Clément Cogitore
    • Le songe de Poliphile de Camille Henrot
    • Csicska de Attila Till
    • Las Palmas de Johannes Nyholm
  • La fée de Dominique Abel, Bruno Romy, Fiona Gordon
  • La fin du silence de Roland Edzard (photo)
  • The island de Kamen Kalev
  • Code blue d’Urszula Antoniak

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© Quinzaine des Réalisateurs

31 mai 2011

  • The other side of sleep de Rebecca Daly (photo)
  • Armand 15 ans l’été de Blaise Harrison
  • O Abismo prateado (La falaise argentée) de Karim Aïnouz
  • Après le sud de Jean-Jacques Jauffret

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© Quinzaine des Réalisateurs

1er juin 2011

  • Atmen (Breathing) de Karl Markovics (photo)
  • Return de Liza Johnson
  • O Abismo prateado (La falaise argentée) de Karim Aïnouz

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© Quinzaine des Réalisateurs

2 juin 2011

  • Busong (Palawan Destin) de Auraeus Solito
  • Boro in the box de Bertrand Mandico (photo)
  • Corpo Celeste d’Alice Rohrwacher

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© Quinzaine des Réalisateurs

3 juin 2011

  • Les géants de Bouli Lanners
  • Sur la planche de Leïla Kilani
  • Porfirio d’Alejandro Landes
  • Des jeunes gens mödernes de Jérôme de Missolz (photo)

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© Quinzaine des Réalisateurs

4 juin 2011

  • Blue Bird de Gust Van den Berghe (photo)
  • Return de Liza Johnson
  • Chatrak de Vimukthi Jayasundara
  • Porfirio d’Alejandro Landes

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© Quinzaine des Réalisateurs

5 juin 2011

  • Courts métrages
    • Cigarette at night de Duane Hopkins
    • Demain, ça sera bien de Pauline Gay
    • Yeke Varune de Shahrbanoo Sadat
    • Nuvem de Basil da Cunha
    • La conduite de la raison de Aliocha
    • Fourplay : Tampa de Kyle Henry
  • Play de Ruben Östlund
  • El velador (Le Veilleur de nuit) de Natalia Almada (photo)
  • Après le sud de Jean-Jacques Jauffret

Pour info, le catalogue 2011 à feuilleter.

ONE FINE DAY de Takeshi Kitano

Dans Cinéma, Comédie, Court-métrage, Festival de Cannes, Japon, Takeshi Kitano le 19/06/2010 à 09:41

© Cannes Film Festival

Kitano en format court.

Dans son Kitano par Kitano, le réalisateur ne cache pas sa joie* d’avoir été choisi pour participer à Chacun son cinéma ou Ce petit coup au cœur quand la lumière s’éteint et que le film commence, film collectif de commande pour les 60 ans du Festival de Cannes, aux côtés d’une trentaine de réalisateurs internationaux dont il énonce fièrement les noms.

Mais ne pouvant lutter contre sa nature facétieuse, rien ne se passe comme prévu dans le cinéma de campagne du projectionniste Kitano qui tente de montrer Kids return/Kizzu ritân_1996.

* Participer au festival de Cannes du printemps 2007, à l’occasion de son 60e anniversaire m’a comblé de bonheur. Ce fut un honneur, un vrai plaisir. […] Mon court-métrage de trois minutes, c’est l’histoire d’une séance de cinéma qui ne commence jamais. [214]
© Takeshi Kitano, Michel Temman et les éditions Grasset & Fasquelle

Une belle journée/One fine day_2007
avec Moro Morooka et Takeshi Kitano

Pour en finir avec la Palme Attitude

Dans Cinéma, Festival de Cannes, Top le 31/05/2010 à 00:30

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Top 10 des Palmes d’or 1946-2009.

Fin du petit jeu orchestré par Niko de Filmosphere, voici mon Top 10 des palmés de la Croisette — étant entendu que je n’ai pas vu tous les films primés, comme indiqué* dans mes palmarès personnels — et qu’il s’agit là d’un choix impromptu, parfaitement mouvant et présenté dans un désordre semi-organisé.

La dolce vita de Federico Fellini_1960
Parce que ce Fellini-ci est intemporel et que Marcelloooooooooooooooo !

Apocalypse Now de Francis Ford Coppola_1979
Parce que Marlon est grand et que Francis Ford fut son dernier prophète.

Underground d’Emir Kusturica_1995
Parce que f**ck les polémiques lancées par des crétins qui ne vont même pas au cinéma et que l’infernal Miki Manojlović mène la danse.

Paris-Texas de Wim Wenders_1984
Parce qu’il est bon d’avoir une seconde chance quand on erre dans le désert et parce que Ry Cooder et les homes movies d’Harry Dean Stanton.

Taxi Driver de Martin Scorsese_1976
Parce que Scorsese n’avait pas encore tourné son chef d’œuvre Raging Bull et que cela fait un sacré bout de temps que l’on est sans nouvelles du talent de Robert de Niro.

Sailor et Lula/Wild at Heart de David Lynch_1980
Parce que Sailor, parce que Lula, pour le dentier de Willem Dafoe, le masque de beauté de Diane Lane, les sombres sourcils d’Isabella Rossellini et parce que j’aimerais bien qu’on provoque un embouteillage en me chantant Love me tender.

Blow-up de Michelangelo Antonioni_1967
Parce que la vie n’est qu’illusions et mensonges et qu’Antonioni a prouvé qu’il se ne prénommait pas Michelangelo pour rien en faisant repeindre un parc dont le vert ne lui convenait pas.

Le salaire de la peur d’Henri-Georges Clouzot_1953
Parce qu’il a inspiré à William Friedkin un fascinant remake et, qu’à chaque nouvelle vision, on espère toujours que le film va bien se terminer.

La ballade de Narayama/Narayama Bushiko de Shohei Imamura_1983
Parce que le Japon se ne résume pas à Ozu.

Le troisième homme/The Third Man de Carol Reed_1949
Parce que je ne sais toujours pas jouer de la cithare.

* Mes palmes des années 40, 50, 60, 70, 80, 90 et 2000.

Festival de palmes [Cannes, les années 2000]

Dans Cinéma, Festival de Cannes, Rétrospective, Top le 28/05/2010 à 11:40

© Lorenzo Mattoti, DR, Alerte Orange, Gabriel Guedj/Wing Shya, Alex Majoli/Magnum/Christophe Renard, Pierre Collier/David Lynch, Affif/Cino del Duca

Y a d’la joie !

Le XXIe siècle est en marche. Guerres, représailles, folie (douce ou pas) et dépressions à tous les étages…
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2000

23 films en compétition, 16 vus.

11 films sont présentés hors compétition, notamment : Avril d’Otar Iosseliani, Cecil B. Demented de John Waters, Tigre et dragon d’Ang Lee, Les glaneurs et la glaneuse d’Agnès Varda, Mission to Mars de Brian de Palma, l’étouffant Requiem for a dream de Darren Aronofsky et Vatel du toujours aussi inintéressant Roland Joffé.

Le jury, composé notamment de Jeremy Irons, Jonathan Demme, Arundhati Roy, Kristin Scott Thomas, Patrick Modiano et Barbara Sukowa, est présidé par Luc Besson.

Ce dernier tombe la garde en annonçant le palmarès. Manifestement énamouré, il annone même quelques notes de It’s so quiet… La palme d’or est décernée à Dancer in the dark de Lars Von Trier et Björk rafle également le prix d’interprétation féminine aux dépens des non moins excellentes Anna Thomson, héroïne de Fast food fast women d’Amos Kollek et Summer Phoenix, interprète d’Esther Kahn d’Arnaud Desplechin. Tony Leung est sacré — à raison — meilleur acteur pour In the mood for love (Grand Prix de la Commission Supérieure Technique) de Wong Kar Wai.

Le Grand Prix du jury est attribué à Jiang Wen pour Devils on the door step (pas vu), le Prix de la mise en scène est remporté par Edward Yang pour Yi Yi et le Prix du Jury récompensent ex-aequo Samira Makhmalbaf réalisatrice du Tableau noir et Roy Andersson pour le fort bizarre mais séduisant Chansons du deuxième étage.

Attention, ça s’poile !

Palme d’or confirmée pour Dancer in the dark de Lars Von Trier parce que moi aussi j’aime bien Björk (non, je ne chanterai pas I’ve seen it all), que David Morse offre une partition impeccable en malfaisant de première (accessoirement, Jean-Marc Barr est à nouveau dans le coin) et que Lars n’a peur de rien et surtout pas de finir une comédie musicale sur une pendaison. Sacré lui !

© Zentropa Entertainment

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2001

23 films en compétition, 14 vus.

10 films sont présentés hors compétition, notamment : l’intrigant Avalon de Mamoru Oshii, CQ de Roman Coppola, Human nature de Michel Gondry, Mon voyage en Italie de Martin Scorsese, Sobibor de Claude Lanzmann, l’Apocalypse Now redux de Francis Ford Coppola et ma palme de l’année si Trouble every day de Claire Denis avait concouru.

Le jury, composé notamment de Mathieu Kassovitz, Terry Gilliam, Charlotte Gainsbourg, Edward Yang et Philippe Labro, est présidé par Liv Ullmann.

Si la palme d’or est attribuée au touchant La chambre du fils/La stanza del figlio de Nanni Moretti, c’est surtout l’année Michael Haneke. Son traumatisant* La pianiste remporte le Grand Prix et ses deux acteurs — Isabelle Huppert et Benoit Magimal — raflent les prix d’interprétation alors que Naomi Watts et Laura Helena Harring pour Mulholland drive de David Lynch ou Shu Qi, héroïne de Millenium Mambo de Hou Hsiao Hsien, côté féminin et Jack Nicholson pour The pledge de Sean Penn, Sergio Castellito héros de Va savoir de Jacques Rivette ou Billy Bob Thornton pour The barber/The man who wasn’t there de Joël et Ethan Coen, côté masculin, auraient pu l’emporter. A noter que le délicieux Ewan McGregor était également présent sur la Croisette pour Moulin Rouge de Baz Luhrmann.

Joël Coen et David Lynch se partagent le prix de la mise en scène tandis que Danis Tanovic reçoit le Prix du scénario pour son provocant No man’s land.

J’accorde bien volontiers le Grand Prix à Nanni Moretti pour La chambre du fils en lieu et place de La pianiste, mais…

La palme d’or est décernée sans hésitation aucune à Mulholland drive de David Lynch et ce, sans parti pris. Tout le monde sait que je lui préfère Lost highway.

© Les Films Alain Sarde

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2002

22 films en compétition, 17 vus.

17 films sont présentés hors compétition, notamment : Ararat d’Atom Egoyan, La cité de dieu/Cidade de deus de Fernando Meirelles, le bollywoodien Devdas de Sanjay Leela Bhansali, Etre et avoir de Nicolas Philibert, le désastreux Femme fatale de Brian de Palma, Hollywood ending de Woody Allen, Calculs meurtriers/Murder by numbers de Barbet Schroeder, Searching for Debra Winger de Rosanna Arquette, Stars Wars l’attaque des clones de George Lucas et l’hagiographique documentaire sur Robert Evans, The kid stays in the picture réalisé par Brett Morgen et Nanette Burstein.

Le jury, composé notamment de Régis Wargnier, Raoul Ruiz, Billie August, Sharon Stone et Claude Miller, est présidé par David Lynch.

La fort prévisible Palme est décernée à The pianist de Roman Polanski tandis que le Grand Prix est attribué à Aki Kaurismaki pour L’homme sans passé. Paul Thomas Anderson pour Punch-Drunk love et Im Kwon-Taek pour Ivre de femmes et de peinture se partagent le prix de la mise en scène tandis qu’Elia Suleiman reçoit le Prix du jury pour Intervention divine/Yadon ilaheyya.

La merveilleuse Kati Outinen est sacrée meilleure actrice pour son rôle dans L’homme sans passé d’Aki Kaurismaki et le "monstrueux" Olivier Gourmet rafle le prix d’interprétation pour Le fils de Jean-Pierre et Luc Dardenne. Adrian Brody, héros de The pianist ou Sergio Castellito pour Le sourire de ma mère de Marco Bellocchio (grand absent du palmarès) auraient l’un et l’autre pu lui ravir aisément le trophée.

Sur la Croisette cette année, concouraient également : Demonlover d’Olivier Assayas, Irréversible ("La" polémique de l’année), L’adversaire de Nicole Garcia, Le principe de l’incertitude de Manoel de Oliveira, All or nothing de Mike Leigh, About Schmidt d’Alexander Payne, Bowling for Columbine de Michael Moore, Kedma d’Amos Gitai, Ten d’Abbas Kiarostami et Spider de David Cronenberg.

La palme est décernée à Intervention divine/Yadon ilaheyya d’Elia Suleiman. Parce que moi aussi j’aime bien Buster Keaton et les ninjas.

© Pyramide Distribution

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2003

20 films en compétition, 10 vus.

19 films sont présentés hors compétition, notamment : l’oubliable — et oublié — Fanfan la tulipe de Gérard Krawczyk, le cauchemardesque Le temps du loup de Michael Haneke, Les triplettes de Belleville de Sylvain Chomet, Qui a tué Bambi ? de Gilles Marchand, The Matrix reloaded des Frères Wahowski et les documentaires de Kenneth Bowser (Easy riders, raging bulls), James Cameron (Les fantômes du Titanic), Rithy Panh (S21, la machine de mort khmère rouge) et Errol Morris (The fog of war).

Le jury, composé notamment de Jean Rochefort, Steven Soderberg, Karin Viard, Danis Tanovic et Meg Ryan, est présidé par Patrice Chéreau.

La Palme d’or est décernée à Elephant de Gus Van Sant (qui reçoit également le prix de la mise en scène… bon, et les autres alors ?) et le Grand Prix récompense à raison Uzak de Nuri Bilge Ceylan (ses deux acteurs reçoivent ex-æquo le Prix d’interprétation masculine). Marie-Josée Croze est sacrée meilleure actrice pour Les invasions barbares qui vaut à Denys Arcand le prix du scénario. Enfin, Samira Mahmalbaf est à nouveau distinguée trois ans après Le tableau noir en recevant le Prix du jury pour A cinq heures l’après-midi (pas vu).

Le prix Un Certain Regard est décerné à la fresque de Marco Tullio Giordana, Nos meilleures années/La meglio gioventu (le film que l’on a envie de rembobiner lorsque survient le suicide du personnage interprété par Alessio Boni).

Bon ! Il est gentil Patrice, mais je vais opérer quelques changements à son palmarès.

Prix d’interprétation féminine : Charlotte Rampling pour Swimming Pool de François Ozon

Prix d’interprétation masculine : Stellan Skarsgard pour Dogville de Lars Von Trier

Prix du scénario : Bertrand Bonello pour Tiresia

Prix de l’ego : Vincent Gallo pour sa vie, son œuvre et, accessoirement The Brown Bunny

Palme d’or à Mystic river de Clint Eastwood. Parce que Sean Penn. Parce que Tim Robbins. Parce que Kevin Bacon. Et parce que moi aussi j’aime bien le livre de Dennis Lehane.

© Warner Bros. Pictures

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2004

19 films en compétition, 14 vus.

10 films sont présentés hors compétition, notamment : l’excellent Breaking news de Johnnie To, L’armée des morts/Dawn of the dead de Zack Snyder, Kill Bill 2 de Quentin Tarentino, La mauvaise éducation/La mala educacion de Pedro Almodovar, l’hilarant à l’insu de son plein gré Troie/Troy de Wolfgang Petersen et le magnifique House of flying daggers de Zhang Yimou.

Le jury, composé notamment de Tilda Swinton, Kathleen Turner, Tsui Hark, Jerry Schatzberg, Emmanuelle Béart et Benoit Poelvoorde, est présidé par Quentin Tarentino.

Haro sur le Tarentino qui décerne sa palme à Fahrenheit 9/11 du roublard Michael Moore, documentaire à charge contre George Bush (qui se fiche comme de l’an 40 du festival d’une ville qu’il ne doit même pas savoir placer sur une carte) filmé avec les pieds.

Le Grand Prix du jury est attribué à Park Chan Wook pour son ravagé Old boy, le vrai choc du festival et Tony Gatlif rafle le Prix de la mise en scène pour Exils tandis qu’Agnès Jaoui et son partenaire Jean-Pierre Bacri reçoivent le Prix du scénario pour Comme une image.

La fantastique Maggie se voit récompensée du Prix d’interprétation féminine pour le non moins remarquable Clean d’Olivier Assayas et le héros de Nobody knows de Kore-Eda Hirokazu (pas vu), Yahira Yuuva, est sacré meilleur acteur.

Le Prix du Jury est partagé entre le fascinant Tropical malady de Apichatpong Weerasethakul et le plutôt raté The ladykillers des frères Coen.

Keren Yedaya rafle La Caméra d’or avec Mon trésor/Or interprété par la sublime Ronit Elkabetz et un Prix du Regard vers l’Avenir est décerné à Atiq Rahimi pour Terres et cendres/Khâkestar-o-khâk, adapté de son livre.

Changement de palmarès.

Grand Prix : Tropical malady de Apichatpong Weerasethakul

Prix d’interprétation masculine ex-æquo : Gael Garcia Bernal et Rodrigo de la Serna pour Carnets de voyage/Diaros de motocicleta de Walter Salles

Prix du Jury : Innocence d’Oshii Mamoru

La Palme d’or est décernée à Old boy de Park Chan Wook, un des premiers électrochocs du siècle. Et parce moi aussi j’aime bien croquer du poulpe (sauté à l’ail, de préférence).

© Egg Films

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2005

21 films en compétition, 15 vus.

16 films sont présentés hors compétition, notamment : C’est pas tout à fait la vie dont j’avais rêvé de Michel Piccoli, le bizarre Chromophobia de Martha Fiennes, Crossing the bridge de Fatih Akin, Joyeux Noël de Christian Carion, le désopilant Kiss Kiss Bang Bang de Shane Black qui marque le retour aux affaires d’un Robert Downey Jr survolté, Match point de Woody Allen, Star Wars la revanche des Sith de George Lucas et le moyen-métrage Cindy, the doll is mine de Bertrand Bonello avec Asia Argento.

Le jury, composé notamment de Fatih Akin, Agnès Varda, Javier Bardem, John Woo et Toni Morrison, est présidé par Emir Kusturica.

Heureusement que Jean-Marie et Arnaud Larrieu étaient là pour nous faire rire avec leur Peindre ou faire l’amour… Car ça ne rigole pas dans la compétition, et pas plus dans le palmarès.

L’enfant de Jean-Pierre et Luc Dardenne permet aux frères de rafler leur seconde palme d’or après Rosetta… Le désespoir ambiant est contrecarré par le Grand Prix accordé à Jim Jarmush pour Broken Flowers, road-movie doux-amer où Bill Murray, pince-sans-rire de service, part à la rencontre des femmes de sa vie (sur une superbe bande-son aux sonorités éthiopiennes). Michael Haneke remporte le prix de la mise en scène pour son inquiétant Caché et Guillermo Arriaga, le Prix du scénario pour Trois enterrements/The three burials of Melquida Estrada signé Tommy Lee Jones.

Hanna Laslo souffle à ses partenaires (surtout Hiam Abbass, Nathalie Portman pleurniche trop à mon goût) le Prix d’interprétation féminine pour Free zone d’Amos Gitai et Tommy Lee Jones, réalisateur de Trois enterrements, est sacré meilleur acteur.

Accessoirement, étaient également présents sur la Croisette, Atom Egoyan et son bizarre La vérité nue/Where the truth lies , Hou Hsiao Hsien avec Three times, Carlos Reygadas avec son très glauque Battalla en el cielo, Wim Wenders avec Don’t come knocking, Dominik Moll et Lemming, Lars Von Trier avec Manderlay, la suite bien inférieure de Dogville et Robert Rodriguez — flanqué de Frank Miller — pour Sin city.

On s’amuse aussi beaucoup dans les sections parallèles. Le Prix Un Certain Regard est attribué à Cristi Puiu pour le tragi-comique La mort de Dante Lazarescu/Moartea domnului Lazarescu.

Bien. Effaçons tout ou presque puisque j’accepte de laisser le Prix de la mise en scène à Michael Haneke, Caché faisant partie de ses meilleurs films.

Grand Prix : A history of violence de David Cronenberg

Prix d’interprétation féminine : Mélissa Léo pour Trois enterrements/The three burials of Melquida Estrada de Tommy Lee Jones

Prix d’interprétation masculine ex-æquo : Simon Yam et Tony Leung Ka Fai pour Election de Johnnie To (absent du palmarès pour cause de présence de John Woo dans le jury ?) ou Viggo Mortensen pour A history of violence de David Cronenberg mais l’on rétorquera que j’ai été achetée (oui, cela entre dans le champ des possibilités)

La palme d’or est décernée à Trois enterrements/The three burials of Melquida Estrada de Tommy Lee Jones parce que Me and Mr Jooooooooooooooooooones, we’ve got a thing going on (sur une musique de Billy Paul, merci) et parce cela fait drôlement longtemps que l’on a pas vu un (faux) western primé. Jamais ? Raison de plus, donc.

© Europa Corp

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2006

20 films en compétition, 16 vus.

Pas moins de 28 films sont présentés hors compétition, notamment : le timbré Avida de Benoît Délépine et Gustave Kervern, Chambre 666 de Wim Wenders, Une vérité qui dérange/An inconvénient truth de Davis Guggenheim, l’excellent Election 2 de Johnnie To, le très coquin Shortbus de John Cameron Mitchell, Esquisses de Frank Gehry de Sydney Pollack, Transylvania de Tony Gatlif, United 93 de Paul Greengrass, le pas très bon X-Men l’affrontement final/X-Men The last stand de Brett Ratner et le naveton de l’année réalisé par Ron Howard, The Da Vinci code où l’on en apprend de belles sur l’ADN de Miss Audrey Tautou…

Le jury, composé notamment d’Elia Suleiman, Monica Belluci, Tim Roth, Patrice Leconte, et Helena Bonham Carter, est présidé par Wong Kar Wai.

La guerre est à l’honneur cette année. Youpi !

La Palme d’or est attribuée au Vent se lève/The wind that shakes the Barley de Ken Loach tandis que Flandres du toujours souriant Bruno Dumont rafle le Grand Prix.

Alejandro Gonzalez Inarritu remporte le Prix de la mise en scène pour Babel, Pedro Almodovar, celui du scénario pour Volver et le Prix du Jury est décerné à Andréa Arnold pour Red road (pas vu).

En outre, deux castings de choix se retrouvent sur la scène : toutes les femmes — Penelope Cruz, Carmen Maura, Chus Lampreave, Bianca Portillo, Yhanna Cobo et Lola Duenas — de Pedro Almodovar pour Volver et les Indigènes de Rachid Bouchareb : Jamel Debbouze, Roschy Zem, Bernard Blancan, Samy Nacery et Sami Bouajila. Respect.

Etaient également présents sur la Croisette, Fast food nation de Richard Linklater, Les climats/Iklimler de Nuri Bilge Ceylan, Les lumières du faubourg d’Aki Kaurismaki, Le caïman/Il caimano de Nanni Moretti, le cynique L’ami de la famille de Paolo Sorrentino, La raison du plus faible de Lucas Belvaux (qui bénéficie également d’une remarquable interprétation d’ensemble), la terriblement girly Marie Antoinette de Sofia Coppola, le mélancolique Quand j’étais chanteur de Xavier Giannoli, Selon Charlie de Nicole Garcia et le totalement dingo Southland tales de Richard Kelly.

La palme est décernée au somptueux Labyrinthe de Pan/El laberinto del fauno de Guillermo Del Toro — et une mention spéciale pour Sergi Lopez — parce que cela parle également de guerre, et de massacre, et de sacrifice, mais que le traitement est autrement plus flamboyant que les films primés. Et parce qu’à l’instar de sa jeune héroïne (la remarquable Ivana Baquero), j’aime bien rêvasser aussi à des monstres (faussement) cruels.

© Tequila Gang

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2007

22 films en compétition, 15 vus.

9 films sont présentés hors compétition, notamment : Un cœur invaincu/A mighty heart de Michael Winterbottom, le culotté Boarding gate d’Olivier Assayas, L’âge des ténèbres de Denys Arcand, Ocean’s 13 de Steven Soderbergh (un peu de glamour sur les marches ne nuit jamais à la Croisette), Triangle réalisé à six mains par Johnnie To, Ringo Lam et Tsui Hark et l’inégal Chacun son cinéma qui bénéficie d’un casting de réalisateurs de luxe à la hauteur de ses ambitions (pas toujours atteintes malheureusement) : Wong Kar Wai, Wim Wenders, Lars Von Trier, David Cronenberg, Gus Van Sant, Elia Suleiman David Lynch, Walters Salles, Nanni Moretti, Raoul Ruiz, Ken Loach, Takeshi Kitano, Zhang Yimou, Amos Gitai, Michael Cimino, les frères Dardenne, les frères Coen, Aki Kaurismaki, jane Campion, Atom Egoyan, Abbas Kiarostami, et bien d’autres.

Le jury, composé notamment de Maggie Cheung, Michel Piccoli, Marco Bellocchio et Sarah Polley est présidé par Stephen Frears.

Amis du Lexomil, bonjour !

La Palme d’or est décernée au déprimant 4 mois, 3 semaines et 2 jours de Cristian Mungiu tandis que le film de Naomi Kawase, La forêt de Mogari (pas vu), traitant de deuils et de sénilité, remporte le Grand Prix.

Le Prix du 60e anniversaire est accordé au magnifique Paranoid Park de Gus Van Sant, sur un adolescent meurtrier et le Prix de la mise en scène est attribué à Julian Schnabel pour Le scaphandre et le papillon d’après l’autobiographie de Jean-Dominique Bauby, atteint du "locked-in syndrome". Fatih Akin reçoit le Prix du scénario pour le très beau mais également très endeuillé De l’autre côté/Auf der anderen seite.

Le Prix d’interprétation féminine est offert à la remarquable Do-Yeon Jeon pour son rôle de veuve dépressive dans Secret sunshine de Lee Chang Dong et c’est Konstantin Lavronenko qui l’emporte, côté masculin, pour Le bannissement réalisé par Andreï Zviaguintsev que je ne connais pas, mais au vu de son titre, ce ne doit pas être le film idéal pour se détendre les zygomatiques. Pourtant, le jury avait également le choix entre Javier Bardem, tueur ravagé et Tommy Lee Jones, mélancolique shérif en fin de course pour les frères Coen et leur No country for old men ou le joli trio d’obsédés de Zodiac de David Fincher — Robert Downey Jr, Jake Gyllenhaal et Mark Ruffalo — gâchant joyeusement leur vie à cavaler derrière un fantôme.

Un Prix du Jury est partagé entre Lumière silencieuse de Carlos Reygadas (pas vu non plus, mais quand je songe à son Bataille dans le ciel, je me dis que j’ai bien fait de m’abstenir) et Persépolis, réalisé par Mariane Satrapi et Vincent Paronnaud sur la dictature iranienne (enfin, l’abattage de Danielle Darrieux, Catherine Deneuve et Chiara Mastroianni arrivent à nous faire sourire un peu dans toute cette tristesse).

Egalement sur la Croisette, hormis le jubilatoire Boulevard de la mort/Death proof de Quentin Tarantino (on y meurt tout de même beaucoup), Catherine Breillat avec Une vieille maitresse où Asia Argento fait souffrir le (argh !) magnifique Fu’ad Ait Aattou qui à son tour torture Roxane Mesquida, Les chansons d’amour de Christophe Honoré où au premier tiers du film, l’héroïne, paf ! elle meurt, My blueberry nights de Wong Kar Wai qui y gâche son talent (les fans pleurent), le pas très bon Promets-moi d’Emir Kusturica (là, c’est moi qui gémis), L’homme de Londres de Bela Tarr à ne voir qu’après épuisement total de ses antidépresseurs et le très perturbant La nuit nous appartient du pas très clair James Gray. N’en jetez plus !

Le Prix Un Certain Regard est attribué à l’excellent California dreamin’ de Cristian Nemescu (pour mémoire, décédé l’année précédente) tandis que Valeria Bruni-Tedesci obtient le Prix Spécial du Jury Un Certain Regard pour son très égocentrique Actrices.

J’accorde le Grand Prix (de l’intelligence) à Zodiac de David Fincher et la Palme d’or est décernée à l’infernal No country for old men de Joël et Ethan Coen parce que malgré le ton désespéré et les atrocités commises par un tueur arborant la coiffure la plus ahurissante qu’il nous ait été donné de voir, qu’est-ce qu’on rigole quand passe l’ange de la mort.

Et cette année-là, c’est toujours ça de pris.

© Paramount Vantage

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2008

22 films en compétition, 17 vus.

8 films sont présentés hors compétition, notamment : Vicky Cristina Barcelona de Woody Allen, l’impressionnant The chaser de Na Hong-Jin, l’excellent Surveillance de Jennifer Lynch, le désopilant Le bon, la brute et le cinglé de Jee-Woon Kim, Indiana Jones et le royaume du crâne de cristal de Steven Spielberg et le documentaire d’Emir Kusturica sur Maradona.

Le jury, composé notamment de Jeanne Balibar, Sergio Castellito, Marjane Satrapi (dont la rumeur voudrait qu’elle fut responsable de l’absence de Valse avec Bashir d’Ari Folman au palmarès), Rachid Bouchareb, Alfonso Cuaro et Apichatpong Weerasethakul, est présidé par Sean Penn.

Il fut un temps où j’aimais bien Sean Penn…

Alors que passaient sur la Croisette Valse avec Bashir/Vals Im Bashir d’Ari Folman, Adoration d’Atom Egoyan, My magic d’Eric Khoo, Two lovers de James Gray, voire Serbis de Brillante Mendoza, la Palme d’or est décernée à Entre les murs de Laurent Cantet (dont j’apprécie plus que de raison L’emploi du temps, Vers le sud et Ressources humaines) tandis que Gomorra de Matteo Garrone remporte le Grand Prix. C’est une année triomphale pour l’Italie puisque Il divo de Paolo Sorrentino reçoit le Prix du Jury. Les frères Dardenne (toujours eux) sont récompensés du Prix du scénario pour Le silence de Lorna et Nuri Bilge Ceylan — qui se regarde désormais beaucoup filmer — obtient le Prix de la mise en scène pour Les trois singes/Uc maymun).

Prix d’interprétations remarqués pour Sandra Corveloni, héroïne de Linha de Passe de Walter Salles et pour Benicio Del Toro (oui, c’est un ami), impressionnant dans le Che réalisé par Steven Soderbergh. Un bémol, l’ensemble du casting d’Un conte de Noël d’Arnaud Desplechin aurait bien mérité un prix d’ensemble. Puis, Clint Eastwood et Catherine Deneuve se refont la bise en recevant le Prix spécial du 61è festival.

Pendant ce temps-là, dans les sections parallèles, le magnifique Tulpan de Sergey Dvortsevoy remporte le Prix Un Certain Regard et le Prix du Jury Un Certain Regard est décerné à Tokyo sonata de Kiyoshi Kurosawa. Un prix du KO est offert à Tyson de James Toback tandis que le Prix de l’Espoir revient à Jean-Stéphane Sauvaire pour son provocant Johnny Mad Dog.

La Caméra d’or est attribuée à Hunger de Steve McQueen avec l’affolant Michael Fassbender.

La Palme d’or est attribuée sans concession, sans ex-æquo, et à l’unanimité de moi-même à Valse avec Bachir/Vals Im Bashir d’Ari Folman. Non mais oh !

© Bridgit Folman Film Gang

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2009

20 films en compétition, 15 vus.

8 films sont présentés hors compétition, notamment : Agora d’Alejandro Amenabar, le pimpant Jusqu’en enfer/Drag me to hell de Sam Raimi, l’ennuyeux à périr Coco Chanel & Igor Stravinsky de Jan Kounen, l’émouvant L’armée du crime de Robert Guédiguian, Ne te retourne pas de Marina de Van, L’imaginarium du docteur Parnassus de Terry Gilliam, Là-haut/Up de Pete Docter et le réjouissant Panique au village réalisé par Vincent Patar et Stéphane Aubier.

Le jury, composé notamment d’Asia Argento, Shu Qi, Hanif Kureishi, James Gray et Nuri Bilge Ceylan, est présidé par Isabelle Huppert.

Chronique d’une palme annoncée : Michael Haneke et Le ruban blanc/Das weisse Band. Le Grand Prix est attribué à Jacques Audiard pour Le prophète, le Prix de la mise en scène à Brillante Mendoza pour Kinatay, le Prix du scénario à Lou Ye pour le superbe Nuits d’ivresse printanière et Andrea Arnold, pour Fish tank, partage le Prix du Jury avec le Thirst de Park Chan Wook.

Coté interprétation, pas de grande surprise non plus. Charlotte Gainsbourg l’emporte avec Antichrist de Lars Von Trier** et l’hallucinant Christoph Waltz pour Inglorious basterds de Quentin Tarentino.

Alain Resnais se voit remercié d’un "Prix exceptionnel pour l’ensemble de sa carrière et sa contribution à l’histoire du cinéma" (je trouve à ce titre comme un arrière-goût de rubrique nécrologique).

Passaient également sur la Croisette A l’origine de Xavier Giannoli, Bright star de jane Campion, Enter the Void de Gaspar Noé, Looking for Eric de Ken Loach, le 8 1/2 de Pablo Almodovar, Etreintes brisées/Los abrazos rotos, le gentillet Taking Woodstock d’Ang Lee, le raté Vengeance de Johnnie To et Vincere de Marco Bellocchio (toujours pas vu).

Canine/Kynodontas de Yorgos Lanthimos remporte le Prix Un Certain Regard tandis que Le père de mes enfants de Mia Hansen-Love partage le Prix spécial du jury Un Certain Regard avec Bahman Ghobadi.

La Caméra d’or est attribuée à Warwick Thornton pour Samson and Delilah tandis qu’une mention spéciale est accordée à Ajami réalisé à quatre mains par Yaron Shani et Scandar Copti.

Contrairement à mes collègues Ed(isdead) de Nightswimming ou ce bon Dr Orlof dans son Journal Cinéma , je n’ai pas beaucoup avantagé le cinéma français durant toutes ces années…

Lors, pour finir en beauté cette redistribution de palmes, j’accorde aujourd’hui le Grand Prix à Elia Suleiman pour Le temps qu’il reste et la Palme d’or est partagée entre Les herbes folles d’Alain Resnais et Un prophète de Jacques Audiard. J’ai dit. Et je m’accorde le droit de changer d’avis demain ou dans un mois ou dans un an… ou pas.

© Why Not Productions - F Comme Film

* dont les grands passages hystériques et la haine matriarcale ont du rappeler de bons vieux souvenirs bergmaniens — et notamment Cris et chuchotements/Viskningar och rop — à la présidente Liv Ullman
** J’ai déjà évoqué en 1981 ce que je pensais de la belle discrétion du jeu de Willem Dafoe

Et si vous avez raté le début :

Festival de palmes [Cannes, les années 90]

Dans Cinéma, Festival de Cannes, Rétrospective, Top le 27/05/2010 à 10:00

© Castella Traquandi, Philippe et Pascal Lemoine, Don English/Michel Landi, Michel Landi, Federico Fellini, Ryszard Horowitz, DDB Les Arts, DDB Les Arts, DDB Les Arts, Jean-Pierre Gendis

Années 90.

Rebelles, révoltes, individualismes retors et égos démesurés sont de la fête.
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1990

12 films vus sur 18 en compétition. Sont présentés off Cry baby de John water, Dreams d’Akira Kurosawa, La voce della luna de Federico Fellini et The comfort of strangers de Paul Schrader.

Le jury (entre autres Anjelica Huston, Sven Nykvist, Fanny Ardant ou Bertrand Blier) présidé par Bernardo Bertolucci décerne la Palme d’or à Sailor et Lula/Wild at heartde David Lynch, le Prix de la mise en scène à Pavel Lounguine pour Taxi blues, le Prix du Jury à Ken Loach pour Hidden agenda, le Grand Prix de la Commission Supérieure Technique à Cyrano de Bergerac et le Grand Prix est partagé entre Idrissa Ouedraogo pour Tilai et Kohei Oguri pour L’aiguillon de la mort (pas vu).

Helen Mirren et Christopher Walken jouant hors compétition leur trouble partition dans The comfort of strangers de Paul Schrader, les prix d’interprétation sont remportés par la toujours excellente Krystyna Janda pour L’interrogatoire de Ryszard Bugajski et le nez de Gérard Depardieu élevé au rang de 8è merveille du monde par Jean-Paul Rappeneau dans Cyrano de Bergerac.

A noter que le très beau La captive du désert de Raymond Depardon et une remarquable Sandrine Bonnaire, le eastwoodien Chasseur blanc, cœur noir/White hunter, black heart de Clint Eastwood où le réalisateur incarne un ersatz de John Huston plus vrai que nature et le Nouvelle vague de Jean Luc Godard avec Alain Delon étaient également sur la Croisette.

Confirmation de la Palme d’or attribuée sans contestation possible à l’explosif et parfaitement siphonné Sailor et Lula/Wild at heart de David Lynch.

© PolyGram Filmed Entertainment

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1991

14 films vus sur 19 en compétition.

Roman Polanski, président du jury (entre autres Vittorio Storato, Whoopi Goldberg, Jean-Paul Rappeneau et Alan Parker) décerne à l’unanimité — est-ce une surprise ? — la Palme d’or au complexe et délicieusement absurde Barton Fink de Joël et Ethan Coen, également gratifiés du Prix de la mise en scène. Maurice Pialat, présent avec Van Gogh, peut remballer ses pinceaux, donc.

La belle noiseuse de Jacques Rivette remporte le Grand Prix tandis que le Prix du Jury est partagé entre Maroun Bagdadi pour Hors la vie (pas vu) et Europa de Lars Von Trier qui décroche également le Grand Prix de la Commission Supérieure Technique alors que La double vie de Véronique de Krzysztof Kieslowski obtient le Prix de la Critique Internationale.

Sans surprise (ou presque), Irène Jacob, magnifique dans La double vie de Véronique de Krzysztof Kieslowski et l’ahurissant John Turturro pour Barton Fink des frères Coen (qui laisse sur le carreau le Van Gogh de Maurice Pialat, Jacques Dutronc) remportent les prix d’interprétation. Une première : un prix du meilleur second rôle est attribué à Samuel L. Jackson, fébrile junkie dans Jungle fever de Spike Lee (si l’on y songe, les prestations de l’effrayant John Goodman, bourreau cauchemardesque de John Turturro/Barton Fink, voire de l’invraisemblable Michael Lerner en producteur hystérique, auraient tout aussi bien pu être récompensées).

Sont présentés off cette année-là Thelma and Louise de Ridley Scott, Prospero’s book de Peter Greenaway, Jacquot de Nantes d’Agnès Varda et Madonna enflamme la croisette grâce à In bed in Madonna réalisé par Alex Keshishian.

A noter que la Palme d’or du court métrage est attribuée à Mitko Panov pour Avec les mains en l’air, et le Prix du Jury à Bill Plympton et son Push comes to shove cependant que Jaco Van Dormael rafle la Caméra d’or avec Toto le héros.

La palme d’or est décernée à Barton Fink de Joël et Ethan Coen, à l’unanimité de moi-même, pour les indescriptibles fous rires que ce fichu film a engendrés.

© Circle Films

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1992

16 films vus sur 21 en compétition.

Off pas moins de 15 films sont présentés, dont l’Othello d’Orson Welles, l’Opening night de John Cassevetes (en présence de Gena Rowlands), Le chêne de Lucian Pintilie, l’indigeste Horizons lointains/Far and away de Ron Howard et Reservoir dogs de Quentin Tarantino, entre autres.

Gérard Depardieu est le président du jury (avec Pedro Almodovar, John Boorman, Serge Toubiana…) qui consacre Billie August et son interminable et ennuyeux à périr Les meilleures attentions/Den goda viljan. Le réalisateur reçoit donc le trophée suprême en moins de quatre ans… et son actrice, Pernilla August, le prix d’interprétation féminine.

David Lynch, venu présenter son dingo Twin peaks, fire walk with me, est impitoyablement ignoré tandis que The player de Robert Altman rafle et le Prix de la mise en scène et le prix d’interprétation masculine pour son interprète principal, Tim Robbins.

Retour à Howard’s end/Howard’s end de James Ivory reçoit le Prix du 45ème anniversaire du Festival et le Grand Prix du jury est attribué à Il ladro di bambini de Gianni Amelio (pas vu).

Section court métrage, Sam Karmann obtient la Palme d’or avec Omnibus.

John Turturro empoche la Caméra d’or avec Mac.

Sharon Stone s’en fout. Amorale héroïne de Basic instinct de Paul Verhoeven, elle assure le service après-vente avec un tel abattage que la Croisette aura du mal à s’en remettre.

Quelques changements notables au palmarès.

Prix d’interprétation féminine : Elina Lowensohn pour Simple men d’Hal Hartley

Grand Prix du Jury : Twin peaks, fire walk with me de David Lynch

Prix de la mise en scène : Alison MacLean pour Crush

La palme d’or est décernée au cynique (mais pas que) The player de Robert Altman.

© Avenue Pictures Productions

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1993

15 films vus sur 23 en compétition tandis qu’off, les festivaliers peuvent profiter (?) du dernier Peter Greenaway, l’insoutenable The baby of Macon, sourire avec John McNaughton venu présenter le délicieux Mad dog and glory, blockbustériser avec Renny Harlin et son Cliffhanger. Oublions charitablement le désastreux Toxic affair de Philomène Esposito avec lequel Isabelle Adjani espérait un retour aux affaires.

Louis Malle préside le jury (composé entre autres d’Emir Kusturica, Judy Davis, Gary Oldman, Abbas Kiarostami, Claudia Cardinale et William Lubtchansky) qui décerne une palme d’or ex-aequo à Jane Campion pour La leçon de piano/The piano (Holly Hunter rafle le prix d’interprétation féminine) et Chen Kaige pour Adieu ma concubine/Bawang Bieji.

Le prix d’interprétation masculine (qui aurait tout aussi bien pu être remporté par Leslie Cheung, divinement troublant dans le film de Chen Kaige) est attribué à l’excellent David Thewlis pour le très sombre Naked de Mike Leigh qui reçoit le Prix de la mise en scène. Le Prix du Jury se voit partagé entre Ken Loach pour Raining Stones et Hou Hsiao Hsien pour Le maître de marionnettes, et Mazeppa réalisé par Bartabas remporte le Grand Prix de la Commission Supérieure Technique tandis que Wim Wenders empoche le Grand Prix du jury pour Si loin, si proche !/In weiter ferne, so nah !

A noter qu’étaient également présentés sur la Croisette le remake (anti)militariste de The body snatchers d’Abel Ferrara, l’outrancier Chute libre/Falling down de Joel Schumacher, King of the hill de Steven Soderbergh, L’homme sur les quais de Raoul Peck, L’escorte/La scorta de Ricky Tognazzi, Libera me d’Alain Cavalier et Ma saison préférée d’André Téchiné.

Jim Jarmush se voit récompensé de la Palme d’or du court-métrage pour Somewhere in California/ Coffee and cigarettes, l’hilarante rencontre entre Tom Waits et Iggy Pop et TranAhn Hung remporte la Caméra d’or pour L’odeur de la papaye verte/Mui du du xanh.

Le film de Chen Kaige obtenant de surcroit le Prix de la Critique Internationale, la Palme d’or est attribuée à La leçon de piano/The piano de Jane Campion (avec une mention spéciale pour le meilleur second rôle attribué à Sam Neill, remarquable dans un rôle plus qu’ingrat).

© The Australian Film Commission

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1994

13 films vus sur 23 en compétition.

La Palme d’or est attribuée à Pulp fiction de Quentin Tarantino. Clint Eastwood est président du jury. Respect.

Le Grand Prix ex-aequo est partagé entre Nikita Mikhalkov pour Soleil trompeur et Zhang Yimou pour Vivre ! (plus un prix d’interprétation masculine pour You Ge, aux dépens du tiercé royal de La reine Margot de Patrice Chéreau, Jean-Hugues Anglade, Daniel Auteuil, et Pascal Greggory), le Prix de la mise en scène est remporté par Nanni Moretti pour son magnifique Journal intime/Caro diaro (qui aurait bien mérité le Grand Prix en lieu et place de ce — censuré ! — de Mikhalkov), le Prix du scénario est offert à Michel Blanc pour l’astucieux Grosse fatigue (doublé du Prix de la Commission Supérieure Technique du cinéma français) et Exotica d’Atom Egoyan reçoit le Prix de la Critique Internationale.

Enfin, le prix du Jury est décerné à Patrice Chéreau pour La reine Margot, tandis qu’à la surprise générale, Virna Lisi ravit à ses deux collègues Isabelle Adjani et Dominique Blanc, le prix d’interprétation féminine pour le rôle secondaire, quoique pivot, de Catherine de Médicis.

Julie Delpy pour Trois couleurs Rouge de Krzysztof Kieslowski, l’impressionnante Jennifer Jason Leigh dans Mrs Parker and the vicious circle d’Alan Rudolph, voire Mia Kirshner pour Exotica d’Atom Egoyan auraient pu également y prétendre.

La Caméra d’or est remise à Pascale Ferran pour Petits arrangements avec les morts et Merzouak Allouache empoche le Prix de la Critique Internationale Un certain Regard pour Bal El-Oued city.

Palme d’or décernée à Pulp fiction de Quentin Tarantino qui, à l’exception notoire de sa déclaration d’amour à Pam Grier et hommage à la blaxploitation — Jackie Brown — n’a jamais réussi à faire mieux depuis.

© A Band Apart

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1995

17 films vus sur 24 en compétition.

Hors compétition, Desperado de Robert Rodriguez, Kiss of death de Barbet Schroeder qui permet à Nick Cage une nouvelle composition bizarre dont lui seul à le secret, Mort ou vif/The quick and the dead réalisé par Sam Raimi, produit par Sharon Stone et qui révèle Russell Crowe et Leonardo di Caprio, The usual suspects de Bryan Singer où l’on prétend que le croquemitaine n’existe pas et To die for de Gus Van Sant qui, s’il surexpose une Nicole Kidman plus arriviste que nature, offre surtout un premier grand rôle au torturé Joachim Phoenix.

Jeanne Moreau préside le jury (composé entre autres de Gianni Amelio, John Waters et Jean-Claude Brialy) qui consacre Underground d’Emir Kusturica — 10 ans après papa est en voyage d’affaires —, ce qui n’a pas l’heur de plaire à tout le monde. Le grand Prix est décerné à Theo Angelopoulos (un habitué des palmarès, à croire qu’on le remercie pour le sommeil réparateur que son cinéma provoque) pour l’encore une fois interminable (Gian Maria Volonté décida d’ailleurs de décéder durant le tournage et fut remplacé par Erland Josephson) qui n’apprécie guère, l’impudent ! (cf. Archive de l’INA).

Le Prix de la mise en scène est offert à Mathieu Kassovitz pour La haine et le Prix du Jury échoit à Xavier Beauvois, réalisateur et interprète de N’oublie pas que tu vas mourir tandis que Carrington de Christopher Hampton obtient et le Prix du Jury et le trophée du meilleur acteur pour Jonathan Pryce. Côté féminin, c’est Helen Mirren qui est une nouvelle fois récompensée, cette fois-ci pour La folie du roi George/The madness of king George de Nicholas Hytner et le Grand Prix de la Commission Supérieure Technique va au film de Zhang Yimou, Shanghai Triad.

Sont définitivement exclus l’étrange Angels et insects de Philip Haas, Land and freedom de Ken Loach, The neon bible de Terence Davies, Le couvent/O convento de Manoel de Oliveira, Le temps/Waati de Souleymane Cisse et surtout les films américains, véritables laissés pour compte : Kids de Larry Clark (dont les jeunes interprètes mériteraient bien un prix d’interprétation collectif), ainsi que Dead man de Jim Jarmush et Ed Wood de Tim Burton, partageant tous deux le même acteur, Johnny Depp, repartent bredouille (est-ce pour éviter les qu’en dira-t-on au vu de la présence de John Waters dans le jury ? mystère).

Quoiqu’il en soit, malgré les qualités intrinsèques d’Underground, et quoique l’on pourrait attribuer la palme à l’un et le grand prix du jury à l’autre, ou vice versa, cette année — une fois n’est pas coutume — je décerne une palme ex-aequo à Dead man de Jim Jarmush et Ed Wood de Tim Burton.

Parce que ce diable de Johnny Depp crève l’écran de sa beauté et son intelligence (ce garçon est écœurant). Parce qu’il est impossible de départager le casting, aussi brillant dans le Jarmush que dans le Burton. Parce que le noir et blanc de Robby Müller vaut bien celui de Stefan Czapsky, que Neil Young a écrit la partition de Dead man mais qu’Howard Shore n’est pas un manchot. Parce qu’il y a des indiens chez l’un, des travestis et un vampire chez l’autre. Parce qu’Iggy Pop est grimé en femme chez Jarmush et que Bill Murray souhaite en devenir une chez Burton. Et que s’il fallait vraiment n’en choisir qu’un, ce serait Jim Jarmush qui l’emporterait d’une courte tête (celle de Robert Mitchum). Mais qu’il n’y a aucune raison valable pour que je me refuse aujourd’hui à offrir deux palmes. Point.

© Pandora Filmproduktion - Touchstone Pictures,

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1996

16 films vus sur 22 en compétition.

Tandis qu’off sont présentés entre autres Trainspotting de Danny Boyle et Microcosmos, le peuple de l’herbe réalisé par Claude Nuridsany et Mary Perennou, le jury (Atom Egoyan, Nathalie Baye, Michael Ballhaus, Antonio tabucchi, …) présidé par Francis Ford Coppola décerne la palme d’or à Secrets et mensonges/Secrets and lies de Mike Leigh (et l’insupportable Brenda Blethyn empoche le prix d’interprétation féminine).

Bien. Il me faut pousser un cri, là. Aaaaaargh ! Voilà. C’est fait.

Le Grand Prix est accordé à Breaking the waves de Lars Von Trier avec Emily Watson qui aurait bien plus mérité ce fameux prix offert à Brenda Blethyn, le Prix de la mise en scène à Joël et Ethan Coen pour l’hilarant Fargo (l’interprétation de l’impayable Frances McDormand est également à cent coudées de celle de l’actrice britannique), Jacques Audiard empoche le Prix du meilleur scénario pour Un héros très discret et le Prix Spécial du jury échoit à David Cronenberg pour le provocant Crash.

Enfin, un double prix d’interprétation est remporté par les deux héros du Huitième jour réalisé par Joco Van Dormael, Pascal Duquenne et Daniel Auteuil.

Etaient également présents : Aki Kaurismaki avec Au loin s’en vont les nuages/Kauas pilvet karkaavat, Robert Altman et Kansas City, André Techiné et Les voleurs, Patrice Leconte et Ridicule, Bernardo Bertolucci et le désastreux (qui révèle tout de même Rachel Weisz volant sans difficulté la vedette à Liv Tyler) Beauté volée/Stealing beauty, Michael Cimino et Sunchaser, Rolf de Heer et La chambre tranquille/The quiet room, Stephen Frears et The van, Raoul Ruiz et Trois vies et une seule mort, Chen Kaige et Temptress moon, etc.

Bon. On efface tout et je recommence.

Grand Prix du Jury : Crash de David Cronenberg (et peut me chaut que l’on me juge partiale, d’autres s’en sont donnés à cœur joie par la suite)

Prix spécial du Jury : Fargo de Joël et Ethan Coen

Prix de la mise en scène : Jacques Audiard pour Un héros très discret

Prix d’interprétation féminine ex-æquo (je n’ai même pas envie de me donner la peine de réfléchir pour savoir laquelle des deux est la meilleure) : Emily Watson pour Breaking the waves de Lars Von Trier et Frances McDormand pour Fargo des frères Coen

Prix d’interprétation masculine ex-æquo (oui, c’est jour de fête) : Mathieu Amalric pour Comment je me suis disputé (ma vie sexuelle) d’Arnaud Desplechin et Nanni Moretti pour La seconda volta de Mimmo Calopresti

La palme d’or est donc décernée à Breaking the waves la somptueuse folie de Lars Von Trier. Accessoirement, il y a Stellan Skarsgard, Jean-Marc Barr, Udo Kier, la regrettée Katrin Cartlidge, d’assourdissantes cloches qui envahissent le ciel et une compilation musicale à tomber. Et pour qui l’a vu une fois, ce film ne s’oublie pas. Non franchement, de quoi causait le Mike Leigh déjà ?

© Argus Film Produktie

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1997

15 films vus sur 20 en compétition.

Off, Les pleins pouvoirs/Absolute power Clint Eastwood, Le destin/Al massir de Youssef Chahin, Le cinquième élément de Luc Besson, The blackout d’Abel Ferrara et Hamlet de Kenneth Branagh, entre autres.

Isabelle Adjani préside le jury, aux côtés de Tim Burton, Gong Li, Paul Auster et Nanni Moretti.

Une palme d’or ex-aequo récompense L’anguille/ Unagi de Shohei Imamura (pas vu) et Le goût de la cerise/Ta’m e guilass d’Abbas Kiarostami alors que le Grand Prix échoit à Atom Egoyan pour De beaux lendemains/The sweet hereafter (doublé du Prix de la Critique Internationale). Wong Kar Wai remporte le Prix de la mise en scène pour Happy together tandis que Manuel Poirier obtient le Prix du jury pour Western et que The ice Storm réalisé par Ang Lee reçoit le Prix du scénario.

Si Kathy Burke dans le violent Ne pas avaler/Nil by mouth de Gary Oldman n’a pas volé son prix d’interprétation (bien que la jeune Sarah Polley, héroïne Des beaux lendemains, était également une excellente candidate), si je n’ai rien contre Sean Penn (quoique j’ai tendance à le préférer réalisateur) qui l’emporte pour She’s so lovely (pas un de ses meilleurs rôles cependant) de Nick Cassavetes, j’aurais plutôt attribué tant que faire se peut le trophée à Ray Winstone, partenaire de Kathy Burke.

Par ailleurs, passent sur la Croisette Michael Winterbottom et Welcome to Sarajevo, Michael Haneke et Funny Games (premier épisode et de loin, bien meilleur que son putassier remake), Curtis Hanson et LA Confidential, Philippe Harel et La femme défendue, Wim Wenders et The end of violence.

Et Naomi Kawase remporte la Caméra d’or avec Suzaku.

Effectuons quelques changements d’importance.

Grand Prix du jury : Happy together de Won Kar Wai

Prix de la mise en scène : Ne pas avaler/Nil by mouth de Gary Oldman

Prix du scénario : le biscornu mais attachant The brave de Johnny Depp (oui, y a favoritisme. Et alors ?)

Prix d’interprétation masculine ex-aequo (quand on aime on ne compte pas) : Ian Holm, héros opiniâtre mais non sans reproche Des beaux lendemains/The sweet hereafter d’Atom Egoyan et Michel Serrault, magnifique dans le controversé Assassin(s) de Mathieu Kassovitz

La palme d’or est décernée au sublime et poignant De beaux lendemains/The sweet hereafter d’Atom Egoyan.

© Alliance Communications Corporation

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1998

14 films vus sur 22 en compétition.

Dark city d’Alex Proyas, l’aisément oubliable Blues brothers 2000 de John Landis, le divertissant Primary colors de Mike Nichols et le machin de Roland Emmerich, Godzilla, sont présentés hors compétition.

Martin Scorsese préside le jury (par ordre d’apparition — je les dénonce tous — Alain Corneau, Chen Kaige, Chiara Mastroianni, MC Solaar (pleure ?), Lena Olin, Wynona Ryder, Zoé Valdes, Sigourney Weaver et Michael Winterbottom), et Théo Angelopoulos voit enfin son inestimable valeur reconnue par l’octroi de la palme d’or à son L’éternité et un jour (Non, je n’ai même pas trois heures à accorder à la palme de l’année, alors l’éternité… faut arrêter de fantasmer là, Théo ! Pas vu, pas dormi). Et qui ne se souvient encore du ridicule achevé de la prestation parfaitement déplacée de Roberto Begnini lors de l’annonce du Grand Prix décerné à son film La vie est belle/La vita est bella ? (cC’est dans de tels moments généralement que j’espère voir débarquer Joe Pesci armé d’une batte de base-ball… bref).

John Boorman remporte le Prix de la mise en scène pour The general, le Prix du jury est partagé entre Thomas Vinterberg pour Festen et Claude Miller pour La classe de neige, Hal hartley obtient le prix du scénario pour Henry Fool, tandis que le Prix de la meilleure contribution artistique est attribué à l’affolant Velvet Goldmine de Todd Haynes, réunissant Ewan McGregor, Christian Bale et Jonathan Rhys Meyers (et voilà pourquoi depuis, je hais Toni Collette).

Elodie Bouchez et Natacha Régnier, partenaires dans La vie rêvée des anges, partagent le prix d’interprétation féminine (soufflant la récompense à l’étonnante Katrin Cartlidge, l’héroïne de Claire Dolan de Lodge Kerrigan) tandis que Peter Mullan, héros de My name is Joe de Ken Loach est distingué, côté messieurs, malgré de valeureux challengers. A la première place, le truculent Brendan Gleeson, héros du General de John Boorman, puis John Brumpton, étonnant dans Dance me to my song de Rolf de Heer, voire le monstrueux Benicio Del Toro, définitivement métamorphosé dans Las Vegas parano de Terry Gilliam.

Xavier Giannoli remporte quant à lui la Palme d’or du court-métrage pour L’interview avec Mathieu Amalric.

Quelques corrections apportées au palmarès.

Grand Prix spécial : Festen de Thomas Vinterberg

Prix du jury : Claire Dolan de Lodge Kerrigan ex-aequo avec Claude Miller

Prix du scénario : The hole de Tsai Ming-lang

La palme d’or est donc décernée au frappadingue Las Vegas parano/Fear and loathing in Las Vegas de Terry Gilliam. Selon les jours, je le préfère même à Brazil. Un des plus grands trips (avec le Casanova de Fellini) qui m’a laissée groggy (et qui me met en joie à chaque nouvelle vision) alors que — promis, juré, craché ! — je n’avais avalé aucune substance illicite avant de le voir.

© Fear and Loathing LLC

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1999

16 films vus sur 22 en compétition.

Alors que sont présentés off Adieu, plancher des vaches d’Otar Iosseliani, Dogma de Kevin Smith, Mon ennemi intime de Werner Herzog, The limey de Steven Soderbergh et Le Barbier de Sibérie de Nikita Mikhalkov, 1999 demeure pour certains comme l’année de la grande rigolade.

A voir le rictus de David Cronenberg, président du jury (avec entre autres jeff Goldblum, Dominique Blanc, André Téchiné, Holly Hunter et Maurizio Nichetti), il fallait bien se douter que le palmarès aurait comme un goût de jamais vu. Bingo !

Alors qu’est donné gagnant Pedro Almodovar (qui devra se contenter du Prix de la mise en scène) avec Tout sur ma mère/Todo sobre mi madre, la Palme d’or est décernée à l’unanimité à Rosetta de Jean-Pierre et Luc Dardenne et le Grand Prix, à L’humanité de Bruno Dumont. Ces deux films qui ne bénéficient pas du concours d’acteurs dits "professionnels" selon la profession (cf. les propos de Bruno Dumont sur la question dans l’interview accordée aux Inrockuptibles pour la sortie d’Hadewijch) raflent également les prix d’interprétation : Emilie Dequenne pour Rosetta et le couple Séverine Caneele/Emmanuel Schotte pour L’humanité (la grande famille du cinéma en a profité pour montrer à ces trois aspirants acteurs de quel bois elle se chauffait… on pouvait palper l’épaisseur du mépris qui les a accueillis sur scène).

Le Prix du Jury est accordé à Manoel de Oliveira pour La lettre/A carta et le Grand Prix de la Commission Supérieure Technique revient à L’empereur et l’assassin de Chen Kaige.

Se bousculaient également sur la Croisette 8 1/2 femmes de Peter Greenaway, Cradle will rock de Tim Robbins, Le voyage de Felicia/Felicia’s journey d’Atom Egoyan (avec un Bob Hoskins renversant), l’aride Kadosh d’Amos Gitai, L’été de Kikujiro de Takeshi Kitano, La nourrice de Marco Bellocchio, Le temps retrouvé de Raoul Ruiz, le magnifique Limbo de John Sayles, Pola X de Leos Carax, Wonderland de Michael Winterbottom et le radical Une histoire vraie/The straight story de David Lynch (dont le héros, Richard Farnsworth, fait un excellent candidat ex-æquo au prix d’interprétation masculine).

La palme d’or est décernée à mon unanimité et en toute humanité à Ghost dog, the way of the samurai de Jim Jarmush avec l’impressionnant Forrest Whittaker bercé par la musique de RZA et des dialogues mafieux parfaitement ahurissants.

© Pandora Filmproduktion

A suivre…

Et si vous avez raté le début :

Festival de palmes [Cannes, les années 80]

Dans Cinéma, Festival de Cannes, Rétrospective, Top le 25/05/2010 à 08:10

© Michel Landi, Federico Fellini, Akira Kurosawa, Alexandre Trauner, E. Muybridge, Information et Stratégie, Cueco, Tibor Timar, Ludovic

Flashs des années 80.
Un débarquement/le visage de Lee Marvin, un bal en patins à roulettes/la mort de Christopher Walken, un coup d’état/les mensonges de Jeremy Irons, un cataclysme/l’absurdité de la vie, Paris/Texas, une femme araignée/Bill & Raul, un incendie/au commencement était le Verbe, un ange tombé du ciel/les désirs de Bruno, un meurtre/la souillure, des gitans/l’envol de la mariée.
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1980

23 films (16 vus) en compétition tandis que Federico Fellini (La cité des femmes/La citta delle donne), Nicholas Ray et Wim Wenders (Nick’s film: Lightning over water) et Andreï Tarkovski (Stalker) passent en voisins.

Présidé par Kirk Douglas, le jury décerne une Palme à Kagemusha d’Akira Kurosawa ex-aequo avec All that jazz de Bob Fosse (n’en déplaise à l’excellent Roy Scheider que j’adore, Jaws en est témoin, ce film avait vieilli à peine apparu sur l’écran).

Mini-polémique quant aux prix d’interprétation remis au couple vedette — Anouk Aimée et Michel Piccoli — du Saut dans le vide/Salto nel vuoto de Marco Bellocchio, puisque doublé en italien. C’est contrariant car, au même moment, Lee Marvin exulte en sergent charismatique dans The Big Red One, œuvre testamentaire de Samuel Fuller qui revisite sa jeunesse en conflit et l’étrange Linda Manz est la révélation d’Out of the blue réalisé par Dennis Hopper.

Le Prix du scénario est offert à Age et Scarpelli pour La terrasse/La terrazza, film choral d’Ettore Scola tandis qu’Alain Resnais empoche pour Mon oncle d’Amérique et le Prix de la Critique Internationale et le Grand Prix spécial du jury à l’unanimité.

Des nèfles pour Jaguar (avec l’excellent Philip Salvador) de Lino Brocka, Loulou de Maurice Pialat, The long riders de Walter Hill et les autres.

Palme d’or à The Big Red One de Samuel Fuller parce que. Mais pas que. Pour un casque fleuri. Pour un cheval rendu fou par la fureur des armes. Et pour l’enfant qui meurt sur les épaules du sergent.

© Lorac Productions

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1981

Pffffffft. Jacques Deray, président du jury (Jean-Claude Carrière, Ellen Burstyn and co.) décerne une palme toute politique à L’homme de fer/Czlowiek z zelaza d’Andrzej Wajda.

Les festivaliers peuvent toujours se divertir avec le couple Jessica Lange/Jack Nicholson, héros d’une nouvelle version du Facteur sonne toujours deux fois/The postman always rings twice réalisée par Bob Rafelson et présentée hors compétition.

Sur les 22 films (15 vus) en lice, Méphisto d’Istvan Szabo empoche Prix du scénario et Prix de la critique internationale mais son acteur principal, l’excessif Klaus Maria Brandauer est oublié car c’est Ugo Tognazzi, autre grand cabotin devant l’éternel, qui obtient le prix d’interprétation masculine pour La tragédie d’un homme ridicule de Bernardo Bertolucci. Le Prix de la meilleure contribution artistique est attribué au fabuleux Excalibur de John Boorman (où se distingue le couple "magique" Nicol Williamson et Helen Mirren). Alain Tanner reçoit le Grand Prix spécial du jury pour Les années lumières/Light years away tandis que Juliet Berto pour Neige et Ken Loach, réalisateur de Looks and smiles, se partagent le Prix du Cinéma Contemporain (?).

Pour nous achever, le gloubi-boulga de Claude Lelouch, Les uns et les autres (musique de Francis Lai et Michel Legrand, chorégraphie de Maurice Béjart, Jorge Donn qui passe à l’ouest en deux sauts de biche…) remporte Le Grand Prix de la Commission Supérieure Technique du Cinéma Français (défense de rire).

Isabelle Adjani rafle triomphalement (mais sous les quolibets, une stupide querelle l’opposant alors aux photographes) le trophée de la meilleure actrice pour ses rôles dans Possession d’Andrejz Zulawski (et, je tiens à le préciser, le subtil Sam Neil aurait mérité d’être tout aussi encensé pour sa discrète partition et la manière élégante qu’il a de mettre en valeur sa partenaire**) et le volontiers oubliable Quartet de James Ivory.

Et Michael Cimino dans tout ça ? Précédé d’une réputation sulfureuse, son Heaven’s gate est enterré avant même d’avoir été projeté. Et pourtant, comment diable un film interprété par Kris Kristofferson, Christopher Walken, Jeff Bridges et John Hurt pourrait-il être exécrable ? parce qu’il a ruiné la United Artists* ? parce que l’inconcevable folie du tournage perdure à l’écran ? parce que l’histoire détruit sans coup férir le mythe des pères fondateurs ? parce que le film s’achève dans le désespoir et les regrets ?

La porte du paradis/Heaven’s gate de Michael Cimino est un film monstre qui survit de par sa stupéfiante beauté. Et le reste n’est que médisances.

© Partisan Productions

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1982

Et le navet va !

22 films (11 vus) en compétition et le jury est présidé par Giorgio Strehler.

Accessoirement, la Caméra d’Or est attribuée cette année à Romain Goupil pour son magnifique Mourir à 30 ans.

Palme ex-aequo au lacrymal et encombrant Missing de Costa-Gavras et au douloureux Yol de Yilmaz Guney (qui remporte également le Prix de la Critique Internationale). Les jurés (dont Jean Jacques Annaud, Sidney Lumet, Gabriel Garcia Marquez, Mrinal Sen ou Géraldine Chaplin) sont des marrants, nul doute sur ce point.

La notte di San Lorenzo réalisé par Paolo Taviani obtient le Grand Prix Spécial du Jury, Identification d’une femme/Identificazione di una donna de Michelangelo Antonioni, le Prix du 25 anniversaire du Festival (un lot de consolation en langage clair) et Passion de Jean Luc Godard, le Grand Prix de la Commission Supérieure Technique du cinéma français cependant que Werner Herzog rafle le Prix de la mise en scène pour son dément Fitzcarraldo.

Jack Lemmon obtient (encore ! et à nouveau pour un film plus que moyen) un prix d’interprétation masculine pour Missing de Costa-Gavras alors que sont également en lice pour le trophée Klaus Kinski, héros dingo de Fitzcarraldo de Werner Herzog, Frederic Forrest pour Hammett réalisé par Wim Wenders et surtout un renversant Jeremy Irons pour Travail au noir/Moonlighting de Jerzy Skolimowski qui, par ailleurs, doit se contenter du prix du scénario. Qu’est-ce que c’est que cette plaisanterie ?

Palme d’or pour Travail au noir/Moonlighting de Jerzy Skolimowski qui conte les tribulations londoniennes de quatre clandestins tandis que le coup d’état fomenté par le général Jaruzelski sonne le glas des libertés polonaises. Remarquable par sa noirceur tragi-comique, le film offre également au (déjà) remarquable Jérémy Irons, contremaitre exploiteur de son propre peuple mais tout autant victime des circonstances, un rôle à la mesure de son talent.

© Michael White Productions

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1983

Sous le bienveillant regard d’un samouraï peint par Akira Kurosawa, 22 films (14 vus) sont en compétition et William Styron préside le jury composé entre autres de Karel Reisz, Henri Alekan, Mariangela Melato, Youssef Chahine et Souleymanne Cisse.

Le prix d’interprétation masculine n’échappe pas à Gian Maria Volonté, héros de La mort de Mario Ricci de Claude Goretta au détriment du "couple" de L’homme blessé de Patrice Chéreau, Jean-Hugues Anglade/Vittorio Mezzogiorno — également présent pour La lune dans le caniveau de Jean Jacques Beinex. Personnellement, c’est à Takeshi Kitano qui, avec la complicité de Tom Conti tout aussi remarquable, crève l’écran dans Furyo/Merry Christmas, Mister Lawrence de Nagisa Oshima et fait impunément de l’ombre à David Bowie et Ryuichi Sakamoto sur lesquels tous les projecteurs sont inopportunément tournés, que j’aurais accordé ce prix.

Du côté des dames, c’est Hanna Shygulla qui se voit récompensée pour L’histoire de Pierra/Storia di Piera de Marco Ferreri, coiffant au poteau les peu farouches Greta Sacchi, héroïne de l’élégant mais ennuyeux Heat and dust de James Ivory et Isabelle Adjani, se rajeunissant à plaisir dans L’été meurtrier de Jean Becker, voire la charnelle Victoria Abril, révélation de La lune dans le caniveau de Jean Jacques Beinex et éclipsant jusqu’à l’incroyable Linda Hunt à qui Peter Weir a confié le rôle d’un homme dans L’année de tous les dangers/The year of living dangerously.

Le Grand Prix du cinéma de création va à Robert Bresson pour L’argent et Andreï Tarkovski pour le magnifique Nostalghia qui obtient également le Prix de la Critique Internationale tandis que le Carmen de Carlos Saura reçoit le Grand Prix de la Commission Supérieure Technique du cinéma français et le Prix de la meilleure contribution artistique.

La palme est décernée à Shohei Imamura pour sa traumatisante Ballade de Narayama/Narayama bushi-ko tandis que Le sens de la vie/The meaning of life de Terry Jones, tout aussi choquant, remporte le Grand Prix Spécial du Jury.

Hors compétition cette année, Angelo my love de Robert Duvall, Equateur de Serge Gainsbourg avec (l’hilarant) Francis Huster et la superbe Barbara Sukowa, Streamers de Robert Altman, le clipesque The hunger de Tony Scott et le dépaysant Utu de Geoff Murphy.

And now for something completely different, j’échange tout*** Imamura (pardon Shohei) contre un seul Python. Palme d’or à The meaning of life/Le sens de la vie de Terry Jones parce qu’il est bon de rire de soi, parfois.

© Celandine Films

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1984

19 films (13 vus) en lice, Dirk Bogarde, président du jury (en compagnie d’Ennio Morricone) et la caméra d’or attribuée à Jim Jarmush pour Stranger than paradise.

Sergio Leone aurait présenté son Once upon a time in America en compétition officielle, nul doute que la face du palmarès en eut été radicalement changée. Tant mieux pour Wim Wenders qui remporte la Palme d’or pour Paris, Texas ainsi que le Prix de la Critique Internationale ex-æquo avec l’assommant Theo Angelopoulos venu avec son interminable Voyage à Cythère (qui se paie le luxe de recevoir également le Prix du meilleur scénario). Helen Mirren est sacrée meilleure actrice pour un rôle secondaire dans Cal.

The element of crime, hallucination signée Lars Von Trier, reçoit le Grand Prix de la Commission Supérieure Technique et Bertrand Tavernier rafle le Prix de la mise en scène pour Un dimanche à la campagne (où Sabine Azéma, comme à son habitude, est à baffer).

Werner Herzog peut disparaître Where the green ants dream. Lino Brocka avec Bayan Ko Satyajit Ray avec La maison et le monde/Ghare baire et John Huston avec Under the volcano repartent également bredouilles.

Sans opposition, la Palme est attribuée à Paris, Texas de Wim Wenders qui a su s’entourer de collaborateurs de rêve : Sam Shepard et Kit Carson au scénario, Ry Cooder à la musique, Robby Muller à la photo, un solide acteur de composition en état de grâce, Harry Dean Stanton et la délicieuse Nastassia Kinski au faîte de sa beauté. Sans oublier les décors mythiques de Monument Valley qui laissent s’échapper une apparition fantomatique, fugace comme le souvenir.

© Road Movies Filmproduktion

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1985

Tandis que sont présentés hors compétition Witness de Peter Weir, La forêt d’émeraude/The emerald forest de John Boorman, Le soulier de Satin de Manuel de Oliveira, et le Woody Allen annuel, La rose pourpre du Caire/The purple rose of Cairo entre autres, 20 films (14 vus) sont en lice pour la Palme d’or qui est décernée à l’unanimité à Emir Kusturica pour Papa est en voyage d’affaires/Ota na sluzbenom putum par un jury (Mauro Bolognini, Nestor Almendros, Sarah Miles et Francis Veber, notamment) présidé par Milos Forman. Le film reçoit également le Prix de la Critique Internationale.

Birdy (qui a bien vieilli depuis) d’Alan Parker obtient le Grand Prix Spécial du Jury, Colonel Redl/Tedl ezredes d’Istvan Szabo, le Prix du Jury, le délirant Insignificance de Nicolas Roeg, le Prix de la Commission Supérieure Technique, Mishima de Paul Schrader (avec, dans le rôle de l’écrivain, un Ken Ogata halluciné), le Prix de la meilleure contribution artistique et enfin, André Téchiné remporte le Prix de la mise en scène pour Rendez-vous qui révèle Juliette Binoche (le prix d’interprétation féminine sera partagé entre Norma Aleandro pour L’histoire officielle de Luis Puenzo et Cher en mère courage dans Mask de Peter Bogdanovitch) et Wadeck Stanczak.

Le prix d’interprétation masculine est attribué à l’exceptionnel William Hurt pour Le baiser de la femme araignée/Kiss of the spider woman d’Hector Babenco. Comme d’habitude, c’est le rôle le plus flamboyant qui est récompensé. Raul Julia méritait tout autant le trophée que son compagnon de cellule.

Clint Eastwood passe tel un spectre avec Pale rider, Poulet au vinaigre de Claude Chabrol distrait, Détective de Jean-Luc Godard fait le bonheur des paparazzi à la poursuite de son couple vedette Nathalie Baye et Johnny Hallyday. Le fou de guerre/Scemo di guerra de Dino Risi avec Coluche ne convainc pas et Coca-Cola Kid de Dusan Makavejev passe totalement inaperçu. Et j’oublie par charité la ridicule prestation de Patrice Chéreau dans le pénible Adieu Bonaparte de Youssef Chahine.

La palme revient au fantasmagorique Le baiser de la femme araignée/Kiss of the spider woman d’Hector Babenco qui — outre une interprétation sans faille de ses trois acteurs principaux, William Hurt, Raul Julia et la magnifique Sonia Braga — allie astucieusement l’amour de la fiction à la puissance de l’imaginaire face à toutes les dictatures et les exclusions.

© HB Filmes

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1986

Sydney Pollack préside le jury composé de Sonia Braga, Alexandre Trauner, Alexandre Mnouchkine, Istvan Szabo, Danièle Thompson, Lino Brocka et Charles Aznavour, entre autres.

20 films (13 vus) sont en lice pour la palme. Sont également présentés hors compétition, Absolute beginners de Julien Temple, Hannah et ses sœurs de Woody Allen, La couleur pourpre/The color purple de Steven Spielberg et l’insipide Pirates de Roman Polanski, ainsi que des copies neuves du mythique Don Quixote d’Orson Welles et du magnifique Une question de vie ou de mort/A matter of life and death de Michaël Powell et Emeric Pressburger.

Si je ne trouve rien à redire au Prix de la mise en scène récompensant Martin Scorsese pour After hours, au Prix du Jury décerné à Thérèse réalisé par Alain Cavalier, au Prix de la Critique Internationale que remporte Andréï Tarkovski pour Le sacrifice/Offret qui sera son dernier film et qui obtient de surcroit le Prix de la meilleure contribution artistique et le Grand Prix Spécial du Jury, je ne peux que rejeter l’idée que le boursoufléThe missionde Roland Joffé — bénéficiant en outre du jeu outrancier de Robert de Niro qui a sans doute du regarder The hill**** en boucle et grimper des montagnes chargé comme un baudet pour "mieux se pénétrer de son rôle" — reçoive la Palme, doublée du Prix de la Commission Supérieure Technique.

Un prix d’interprétation féminine ex-aequo récompense Fernanda Torres pour Parle-moi d’amour/Eu sei que vou te amar d’Arnoldo Jabor (pas vu) et Barbara Sukowa, la Rosa Luxembourg de Margarethe Von Trotta et laisse sur le chemin Catherine Mouchet, exceptionnelle, dans Thérèse d’Alain Cavalier et la fantastique Charlotte Rampling présente pour l’hilarant Max mon amour de Nagisa Oshima.

Les acteurs ne sont pas en reste. Il a été manifestement impossible de choisir entre Michel Blanc, impeccable dans Tenue de soirée de Bertrand Blier et l’émouvant Bob Hoskins pour Mona Lisa de Neil Jordan. A tout le moins, quand toute tractation est impossible mieux vaut-il offrir un trophée collectif, dont le casting de Down by law de Jim Jarmush (John Lurie, Tom Waits et un Roberto Begnini quelque peu muselé) aurait pu bénéficier, voire gratifier le multi-primé Sacrifice/Offret d’Andreï Tarkovski d’un autre prix pour la partition d’Erland Josephson.

La Caméra d’or est décernée à Claire Devers pour Noir et blanc tandis que Jane Campion remporte la Palme d’Or du court métrage avec Peel.

Mini palmarès. Pour le Prix de la Commission Supérieure Technique, j’échange volontiers The mission contre le passionnant Runaway train d’Andreï Konchalovsky. Et le Grand Prix du Jury va à l’absurde Down by law de Jim Jarmush car j’estime qu’un peu d’humour ne nuit pas au sérieux de la compétition.

Et comme à force de rire, on finit toujours par en pleurer, la Palme est décernée au Sacrifice/Offret d’Andréï Tarkovski parce qu’il est unique. Foi de mécréante.

© Svenska Filminstitutet (SFI)

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1987

20 films (12 vus) en compétition et pas moins de 28 présentés off, dont le nostalgique Intervista de Federico Fellini, Good morning Babylonia des frères Taviani, le Woody Allen annuel, Radio days, le désopilant Arizona junior/Raising Arizona de Joel Coen, l’hilarant Dangereuse sous tous rapports/Something wild de Jonathan Demme et Tough guys don’t dance de Norman Mailer, également membre du jury en compagnie de Jerzy Skolimowki, Théo Angelopoulos et Jérémy Thomas, sous la présidence d’Yves Montand.

Qui ne se souvient cette année-là de la riposte d’un triomphant Maurice Pialat recevant la Palme d’or pour Sous le soleil de Satan sous les sifflets?

Wim Wenders, lui, obtient le prix de la mise en scène pour Les ailes du désir/Der himmel über Berlin, cependant que Le Prix du Jury se voit partager entre Shinran de Rentaro Mikuni (pas vu) et La lumière/Yeelen de Souleymanne Cissé (vu et totalement approuvé) et que Repentir/Pokayaniye (pas vu non plus) de Tenguiz Azbouladzé est doublement primé : Prix de la Critique Internationale et Grand Prix Spécial du Jury.

Stephen Frears quant à lui doit se contenter d’un lot de consolation en remportant le Prix de la meilleure contribution artistique pour Prick-up your ears.

Côté interprétation, Marcello Mastroianni reçoit sa seconde récompense cannoise (à 17 années d’intervalle) pour Les yeux noirs/Oci ciornie de Nikita Mikhalkov (dommage pour Bruno Ganz, ange amoureux dans Les ailes du désir de Wim Wenders ou Gary Oldman et Alfred Molina, exceptionnels dans Prick-up your ears de Stephen Frears) et Barbara Hershey triomphe avec (le pas très bon si j’en crois mes maigres souvenirs) Bayou/Shy people d’Andrei Konchalovsky.

Allez ouste !

J’efface tout ou presque.

Prix d’interprétation féminine : Faye Dunaway, bouleversante en femme déchue pour Barfly de Barbet Schroeder.

Prix d’interprétation masculine : Brian Dennehy, monumental dans Le ventre de l’architecte/The belly of an architect de Peter Greenaway.

Prix de la mise en scène : Maurice Pialat pour Sous le soleil de Satan

Prix de la meilleure contribution artistique : Le ventre de l’architecte/The belly of an architect de Peter Greenaway

Grand Prix Spécial du Jury : Prick up your ears de Stephen Frears

Palme d’or à Der himmel über Berlin/Les ailes du désir de Wim Wenders sans contestation possible, ni sifflet, ni poing levé. Car un film qui me fait regretter de ne pas avoir mieux travaillé mon allemand au lycée ne peut être complètement mauvais.

© Road Movies Filmproduktion

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1988

21 films (11 vus) en compétition tandis qu’off, les festivaliers se noient dans Le grand bleu de Luc Besson (qui a le mérite de révéler Jean Marc Barr. Ah ! Jean-Marc ! sigh ! soupirs), s’amusent avec Willow de Ron Howard, étudient les Histoires du cinéma en compagnie de Jean-Luc Godard, se passionnent (oui, bon, tout est relatif) pour The Milagro Beanfield war de Robert Redford et personnellement, je me demande encore si j’ai bien tout compris à l’étrange The blue iguana de John Lafia.

La Caméra d’or est décernée à Mira Nair pour Salaam Bombay ! et Marcel Ophuls obtient le Prix de la Critique Internationale avec Hôtel Terminus, Klaus Barbie et son temps présenté à Un Certain Regard.

Ayant trois films à départager, j’entre en tractations avec moi-même. Et je ne ferai pas de quartier.

En attendant, quelques informations sur le palmarès du jury présidé par Ettore Scola (dans l’ombre, Claude Berri, George Miller, Nastassia Kinski et Robby Muller) qui décerne la palme d’or à Pelle le conquérant/Pelle erobreren du toujours soporifique***** Billie August et un double Prix du Jury et de la Critique Internationale à Tu ne tueras point/Krotki film o zabijaniude Krzysztof Kieslowski d’une violence crue tandis que The world apart (débordant jusqu’à l’écœurement de grands et beaux sentiments) de Chris Menges remporte le Grand Prix du Jury et un prix d’interprétation pour ses trois héroïnes féminines : Linda Mvusi, Jodhi May et Barbara Hershey (déjà distinguée l’année précédente !) et que Forest Whitaker est sacré meilleur acteur pour sa magnifique performance dans Bird de Clint Eastwood qui rafle le Grand Prix de la Commission Supérieure Technique tandis que Peter Greenaway avec le jubilatoire Drowning by numbers obtient le Prix de la meilleure contribution artistique. N’ayant pas vu Le Sud/Sur, je ne ferai aucune remarque sur le Prix de la mise en scène attribué à de Fernando Solanas. Ouf.

Mon palmarès.

Prix d’interprétation masculine inchangé. Forest Whitaker est grand. Point.

Prix d’interprétation féminine attribué au vénéneux trio de femelles meurtrières de Drowning by numbers de Peter Greenaway, Joan Plowright, Juliet Stevenson et Joely Richardson

Grand Prix Spéial du Jury : Peter Greenaway pour Drowning by numbers

Prix de la mise en scène : Clint Eastwood pour Bird

La Palme d’or est attribuée au traumatisant Tu ne tueras point/Krotki film o zabijaniu de Krzysztof Kieslowski qui demeure pour moi un des plus grands chocs de la décennie.

© Zespol Filmowy "Tor"

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1989

Sont présentés hors compétition le très léger New York Stories, film à sketchs réalisé par Francis Ford Coppola, Martin Scorsese et Woody Allen, Les insoumis de Lino Brocka, le légendaire Lawrence of Arabia de David Lean et l’excellent documentaire de Gérard Vienne Le peuple singe (avec Michel Piccoli en discrète voix-off).

22 films (15 vus) sont en lice et le jury présidé par Wim Wenders offre la Palme d’or au premier film de Steven Soderbergh, Sex, mensonges et vidéos/Sex, lies and videotape — qui reçoit par ailleurs le Prix de la Critique Internationale — et le prix d’interprétation à son interprète, l’insipide James Spader… Il est comme ça Wim, quand il aime il ne compte pas.

Emir Kusturica remporte le Prix de la mise en scène pour Le temps des gitans/Dom za vesanje, Denys Arcand reçoit le Prix du Jury pour Jésus de Montréal, le Grand Prix de la Commission Supérieure Technique est attribué à Shohei Imamura pour son très beau Pluie noire/Kuroj ame, le Prix de la meilleure contribution artistique récompense Mystery train de Jim Jarmush et le Grand Prix Spécial du Jury est partagé entre le tire-larmes Cinéma paradiso/Nuovo cinéma Paradiso de Giuseppe Tornatore etle provocant Trop belle pour toi (je meurs) de Bertrand Blier. Meryl (Fregoli) Streep est sacrée meilleure actrice pour Un cri dans la nuit/A cry in the dark de Fred Schepisi (et — ça devient une habitude — le trop discret Sam Neill est prié d’applaudir sa partenaire).

Palmarès revu et corrigé.

Prix d’interprétation masculine collectif : Danny Aiello, Ossie Davis, John Turturro, Giancarlo Esposito et Spike Lee pour Do the right thing de Spike Lee

Prix d’interprétation féminine : Laura San Giacomo pour Sex, lies and videotape de Steven Soderbergh ex-aequo avec Carole Bouquet pour Trop belle pour toi de Bertrand Blier

Prix de la mise en scène : Spike Lee pour Do the right thing

Prix Spécial du Jury : Sweetie de Jane Campion

La Palme d’or est décernée à l’extravagant et généreux Le temps des gitans/Dom za vesanje d’Emir Kusturica (plus une mention spéciale à Goran Bregović) qui demeure sans nul doute — avec l’hilarant Chat noir, chat blanc/Crna macka, beli macor_1998 — un des meilleurs films de son auteur.

© Forum Sarajevo

* Il n’était assurément pas le seul à faire le coup. A lire : Final cut, dreams and disasters in the making of Heaven’s Gate de Steven Bach
** Tout comme le fera aussi gracieusement Willem Dafoe face à Charlotte Gainsbourg dans Antichrist de Lars Von Trier en 2009
*** Exceptés toutefois le cruel La vengeance est à moi_ 1979 et du cauchemardesque Pluie noire_1989
**** La colline des hommes perdus/The hill de Sidney Lumet_1965
***** Exception faite de l’étrange Smilla’s sense of snow_1987 mais le casting haut de gamme (Vanessa Redgrave, Julie Ormond, Tom Wilkinson, Gabriel Byrne, Richard Harris et Robert Loggia) et la qualité du scénario d’Ann Biderman y sont sûrement pour beaucoup

A suivre…

Et si vous avez raté le début :

Festival de palmes [Cannes, les années 70]

Dans Cinéma, Festival de Cannes, Rétrospective, Top le 22/05/2010 à 18:15

© Ferracci, Ferracci, DR, DR, Georges Lacroix, Siudmak, Siudmak, Siudmak, Folon, Folon

Place aux années 70…

… aux anti-héros, à la paranoïa, aux pulsions suicidaires et au triomphe de (la) Volonté.
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1970

25 films (10 vus) en compétition et le jury, composé entre autres de Kirk Douglas, Karel Reisz et Volker Schlondorff, est présidé par Miguel Angel Asturias (dont je conseille la lecture de ses excellentes Légendes du Guatemala).

Ottavia Piccolo l’emporte sur Romy Schneider (présente pour Les choses de la vie de Claude Sautet) pour son rôle d’épouse aimante et (trop) dévouée dans Metello de Mauro Bolognini et le clownesque Marcello Mastroianni (également présent dans Leo the last de John Boorman qui reçoit le prix de la mise en scène) est sacré meilleur acteur au détriment de son partenaire Giancarlo Giannini dans Drame de la jalousie/Dramma della gelosia d’Ettore Scola.

L’iconoclaste Mash de Robert Altman obtient le Grand prix du festival — ce qui n’aura pas manqué de réchauffer Hot Lips — et Enquête sur un citoyen au-dessus de tout soupçon réalisé par Elio Petri est sacré deux fois, avec le Prix de la critique internationale et le Grand Prix spécial du Jury.

C’est l’évidence même. J’échange le Grand Prix contre la Palme pour Enquête sur un citoyen au-dessus de tout soupçon/Indagine su un cittadino al di sopra di ogni sospetto d’Elio Petri. Pour la mise en scène virtuose, le scénario dantesque, la musique d’Ennio Morricone, l’ahurissant Gian Maria Volonté qui trouve là le rôle de sa vie et enfin, l’apparition de la vénéneuse Florinda Bolkan, celle par qui le désastre arrive*.

© Vera Films S.p.a.

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1971

25 films (12 vus) en compétition. Le jury est présidé par Michèle Morgan, à ses côtés siège Sergio Leone.

Alors que Romy Schneider est sur la Croisette avec La califfa d’Alberto Bevilacqua où en passionaria elle irradie de beauté, d’insolence et d’intelligence, c’est la tristounette Kitty Winn qui obtient le prix d’interprétation féminine pour son rôle de junkie dans Panique à Needle Park de Jerry Schatzberg.

Riccardo Cucciolla est sacré meilleur acteur pour Sacco et Vanzetti réalisé par Giuliano Montaldo tandis que son compagnon d’infortune, Gian Maria Volonté — à nouveau impérial — est ignoré.

Personnellement, j’aurais offert ce prix à Maurice Ronet, cynique à souhait dans Raphaël ou le débauché de Michel Deville ou à Dirk Bogarde, pathétique héros de Mort à Venise/Morte a Venezia de Luchino Visconti, qui obtient quant à lui le Prix du XXè anniversaire du Festival.

Sont également en compétition cette année-là Le souffle au cœur de Louis Malle (fantastique Léa Massari) et Walkabout de Nicolas Roeg.

Le Grand Prix est remporté par Joseph Losey avec Le messager/The go-between (qui bénéficie il est vrai du jeu puissant d’Alan Bates et de la présence de l’exquise Julie Christie).

Taking off de Milos Forman se partage le Grand Prix spécial du jury avec Johnny got his gun de Dalton Trumbo qui obtient en outre le Prix de la critique internationale. Deux prix de marque pour un seul film ? C’est donc qu’il mérite qu’on lui décerne la Palme.

Gagnant de l’année : Johnny got his gun de Dalton Trumbo car étant parti voir "le p’tit film de guerre bourrin du samedi soir" je ne m’en suis jamais totalement remise (merci à l’épilogue glaçant). En outre, il y a le regard de Jason Robards et Donald Sutherland dans le rôle d’un Christ fantasmagorique…

© World Entertainment

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1972

25 films (12 vus) sélectionnés et sont présentés hors compétition Frenzy d’Alfred Hitchcock, Macbeth de Roman Polanski et Roma di Fellini de Federico.

Joseph Losey, palmé l’année précédente, préside le jury aux côtés de Milos Forman, Bibi Anderson et Alain Tanner entre autres) et sacre le cinéma italien politique — et Gian Maria Volonté par la même occasion puisque le bougre est (omni)présent dans les deux films ex-æquo — en offrant le Grand Prix international à l’unanimité à Francesco Rosi pour L’affaire Mattei/Il caso Mattei et Elio Petri pour La classe ouvrière va au paradis/La classe operaia va in paradiso. Solaris d’Andreï Tarkovski obtient le Grand Prix spécial du jury et George Roy Hill, le prix spécial, avec Abattoir 5/Slaughterhouse-five.

Susannah York est récompensée pour Images de Robert Altman et Jean Yanne pour son interprétation magistrale de type parfaitement imbuvable dans Nous ne vieillirons pas ensemble de Maurice Pialat.

Elia Kazan peut aller se rhabiller, dommage pour le troublant Les visiteurs/The visitors et ses acteurs, l’étonnant Steve Railsback et James Woods dans son premier rôle.

Bon, c’est bien joli tout ça. Il est très bien ce palmarès… Mais ils sont où les indiens, les cow-boys, les grands espaces, les chevaux, l’appel de la forêt, les grizzli et les derniers velus ? Palme d’or attribuée à Jeremiah Johnson de Sydney Pollack, pour la paix intérieure enfin retrouvée.

© Warner Brothers

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1973

24 films (14 vus) en compétition tandis que François Truffaut vient présenter sa Nuit américaine et que la Montagne sacrée d’Alejandro Jodorowsky est également hors concours.

Ingrid Bergman préside le jury composé de Sydney Pollack, Lawrence Durrell et Jean Delannoy entre autres.

L’époustouflante Joanne Woodward est sacrée meilleure interprète féminine pour De l’influence des rayons gamma sur le comportement des marguerites de Paul Newman (la rumeur voudrait que l’actrice coucha pour obtenir ce rôle) et l’infernal et outrancier Giancarlo Giannini l’emporte grâce à Lina Wertmuller et son personnage d’anarchiste amateur dans Film d’amore e d’anarchia.

Le traumatisant Ana et les loups/Ana y los lobos de Carlos Saura — qui y torture son épouse Géraldine Chaplin — est absent du palmarès, un festival d’ex-æquo.

L’invitation de Claude Goretta et La clepsydre/Sanatorium pod klepsydra de Wojciech J. Has (le réalisateur du fantastique Manuscrit trouvé à Saragosse) se partagent le Prix du Jury, Jean Eustache (pour La maman et la putain qui reçoit également le Grand Prix spécial du jury) et Marco Ferreri (pour La grande bouffe), le Prix de la critique internationale et Le Grand Prix est attribué conjointement à L’épouvantail/ Scarecrow de Jerry Schatzberg et La méprise/The hireling d’Alan Bridges… A croire qu’il fut impossible au jury de se mettre d’accord sur quoi que ce soit.

René Laloux pour La planète sauvage obtient quant à lui le Prix spécial.

Je vais mettre tout le monde d’accord. Palme d’or au renversant (et incompris**) Electra Glide in Blue réalisé par le rocker James William Guercio dont ce sera l’unique film, délicat et fort singulier, décortiquant au scalpel la fin des illusions d’un jeune motard*** (hallucinante composition de Robert Blake) englué tout autant que les héros d’Easy rider dans le grand rêve américain, alors que l’Amérique est devenue folle et crève de solitude. La dernière séquence, cauchemardesque, est bouleversante.

© Guercio-Hitzig

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1974

26 films (12 vus) vont se disputer la palme et le jury (Monica Vitti, Michel Soutter, Irwin Shaw, Jean-Loup Dabadie, etc.) est présidé par René Clair.

Viennent faire un tour hors compétition pas moins de 14 films dont Amarcord de Federico Fellini, Lancelot du Lac de Robert Bresson, Parade de Jacques Tati et Le trio infernal de Francis Girod.

Si Jack Nicholson est justement récompensé pour La dernière corvée/The last détail d’Hal Ashby, c’est la (trop) discrète Marie-José Nat qui remporte le prix d’interprétation féminine pour Les violons du bal de Michel Drach, au détriment de Goldie Hawn, fabuleuse dans The Sugarland Express réalisé par Steven Spielberg (prix du scénario), de la grande duduche Shelley Duvall présente sur la Croisette dans Nous sommes tous des voleurs/Thieves like us de Robert Altman et de l’étonnante Brigitte Mira, héroïne de Tous les autres s’appellent Ali/Angst essen seele auf de Rainer Werner Fassbinder qui remporte le Prix de la critique internationale.

Le délirant Malher de Ken Russell obtient le Grand Prix de la Commission Supérieure Technique du Cinéma Français (ouf !), le Grand Prix spécial du Jury est attribué à Pier Paolo Pasolini pour Les mille et une nuits/Il fiore delle mille e une note et Francis Ford Coppola (secondé par une interprétation hors pair de Gene Hackman) empoche le Grand Prix pour sa paranoïaque Conversation secrète.

J’offre à Francis Ford, qui aura le temps de se refaire, le Grand Prix spécial et la Palme est décernée à Tous les autres s’appellent Ali/Angst essen seele auf de Rainer Werner Fassbinder parce que Rainer, parce que Werner, parce que Fassbinder. Un point c’est tout****.

© Filmverlag der Autoren

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1975

Le jury est présidé par Jeanne Moreau (entourée notamment par Léa Massari, Pierre Salinger, André Delvaux, George Roy Hill, Fernando Rey et Anthony Burgess).

La flûte enchantée/Trollflojten d’Ingmar Bergman, The day of the locust de John Schlesinger et Tommy de Ken Russell sont présentés hors compétition (tant pis pour eux) et 22 films (9 vus) prétendent à la Palme, dont Alice n’est plus ici/Alice doesn’t live here anymore de Martin Scorsese.

L’impérial Vittorio Gassman souffle à Jack Nicholson (présent pour Profession: reporter de Michelangelo Antonioni) le prix d’interprétation masculine tandis que Valérie Perrine est récompensée pour sa prestation de strip-teaseuse dans Lenny de Bob Fosse au détriment de la superbe Xu Feng, héroïne de A touch of zen/Sha-nu de King Hu qui remporte le Grand Prix de la Commission Supérieure Technique.

Costa-Gavras reçoit le prix de la mise en scène pour Section spéciale (ex-æquo avec Les ordres de Michel Brault, que je n’ai point vu). L’énigme de Kaspar Hauser/Jeder fur sich und gott gegen alle réalisé par Werner Herzog obtient le double prix de la Critique Internationale et le Grand Prix spécial du Jury tandis que la Palme d’or est décernée à Chronique des années de braise de Mohammed Lakhdar-Hamina.

La Palme est offerte à Lenny de Bob Fosse parce que si je n’aime en général pas les biopics*****, Lenny Bruce était un être si singulier et sa courte vie si extravagante qu’on croirait le personnage tout droit sorti de l’imagination délirante d’un scénariste sous acide. Parce que l’obscénité n’est qu’une vue pervertie de l’esprit. Et parce que Dustin Hoffman est grand.

© Marvin Worth Productions

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1976

20 films (14 vus) en compétition et non des moindres.Hors compétition : l’excellent Cadavres exquis/ Cadaveri eccelenti de Francesco Rosi, Edvard Munch de Peter Watkins, Face to face d’Ingmar Bergman, l’étrange Complot de famille/Family plot d’Alfred Hitchcok et le film monstre de Bernardo Bertolucci, 1900/Novecento.

Président du jury : Tennessee Williams, bien entouré par Charlotte Rampling et Costa-Gavras notamment.

La palme d’or est attribuée à Taxi driver de Martin Scorsese avec raison certes (bien que je continue de lui préférer Mean Streets) et n’ayant pas vu Pascal Duarte de Ricardo Franco, je serais bien en peine de juger de la valeur de l’interprétation de José Luis Gomez (revu dernièrement dans Etreintes brisés/Los abrazos rotos de Pedro Almodovar). Nul doute que les frères ennemis Robert de Niro/Harvey Keitel auraient mérité de se partager ce prix.

Dominique Sanda provoque une mini polémique quand elle reçoit son trophée puisque L’héritage/L’eredita Ferramonti de Mauro Bolognini est présenté en version italienne et qu’elle y est doublée. Fi de controverse, elle y est parfaite en garce de haute volée et son visage indéchiffrable aurait fait le bonheur du cinéma muet.

Le Prix de la mise en scène est décerné à Ettore Scola pour Affreux, sales et méchants/Brutti, sporchi, cattivi, le Prix de la Critique Internationale à Wim Wenders pour Au fil du temps/Im lauf der zeit(pour lequel Rudigler Vogler et Hanns Zischler auraient également pu prétendre à un prix d’interprétation ex-æquo), le Grand Prix Spécial du Jury se voit attribué quant à lui à Eric Rohmer pour La marquise d’O et Carlos Saura pour Cria Cuervos, avec la divine Ana Torrent.

Etaient également présents sur la croisette Paul Mazursky et son Next stop, Greenwich village, Miklos Jancso pour Vices privés, vertus publiques/Vizi privati, pubbliche virtu et Roman Polanski pour Le locataire.

Grand "oublié" du palmarès : Monsieur Klein de Joseph Losey.

Sans doute trop honnête, trop cruelle, trop ardue à encaisser, cette étude clinique d’un schizophrène au bon vieux temps atroce de la collaboration, de la chasse aux juifs et des profiteurs de guerre, continue encore aujourd’hui à réfrigérer, et ce, dès la première scène.

Egalement producteur du film, Alain Delon qui offre son beau visage froid et impassible à cette mise en abyme d’une âme perdue — miroir à double face de la France d’alors — enquêtant sur sa propre culpabilité, est prodigieux. Point. Le reste n’est que littérature.

Contre l’injustice et contre l’oubli, et parce que nous sommes tous des Monsieur Klein en puissance, la palme revient à Joseph Losey.

© Adel Production

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1977

23 films (13 vus) en compétition.

Roberto Rossellini est président du jury et je n’ai toujours pas vu la Palme d’or — Padre padrone de Vittorio et Paolo Taviani — en entier, m’étant faite éjecter du cinéma, pour cause de trouble à l’ordre public par la grâce d’un rire inextinguible né de la fantasmagorie zoophile des deux frangins (même pas honte).

Si j’estime que Sissy Spacek et Janice Rule méritaient tout autant un prix d’interprétation que Shelley Duvall seule récompensée (et qui partage par ailleurs son trophée avec Monique Mercure) pour leurs rôles dans 3 femmes/3 women de Robert Altman, j’aurais apprécié que Fernando Rey, distingué pour Elisa vida mia de Carlos Saura, partage sa récompense avec David Carradine, Woody Guthrie plus vrai que nature dans En route pour la gloire/Bound for glory d’Hal Ashby, voire Marcello Mastroianni, subtilement opprimé dans Une journée particulière/Una giornata particolare d’Ettore Scola.

Pour son premier film, Ridley Scott remporte à l’unanimité avec The duellists (et un excellent duo d’acteurs, Harvey Keitel et Keith Carradine) le Prix du Jury à la première œuvre. Passent également sur la Croisette Claude Goretta et sa Dentellière, René Feret et sa Communion solennelle, Marguerite Duras et son (gros) camion.

Injustement oublié du palmares, L’ami américain/Der Amerikanische Freund de Wim Wenders, adaptation crépusculaire du Ripley’s game de Patricia Highsmith, permet à Dennis Hopper de briller en gredin face à un Bruno Ganz bouleversant et confirme les obsessions du cinéaste pour les destinées amicales.

Il bénéficie en outre d’un casting de réalisateurs-complices des plus impressionnants : les passionnés et passionnants Samuel Fuller, Nicholas Ray, Gérard Blain, Jean Eustache et Daniel Schmid.

© Filmverlag der Autoren

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1978

Si Fedora de Billy Wilder et The last waltz de Martin Scorsese sont présentés hors compétition, 23 films (15 vus) concourent pour la palme. Alan J. Pakula préside le jury en compagnie notamment de Liv Ullmann, Michel Ciment, Franco Brusati, Claude Goretta et Andreï Konchalovsky.

Pour la première d’Un certain regard, c’est L’homme de marbre/Czlowiek z marmuru d’Andrzej Wajda qui l’emporte à l’unanimité face à Hitler, un film d’Allemagne/Hitler, ein film aus Deutschland réalisé par Hans Jürgen Syberberg, Koko, le gorille qui parle de Barbet Schroeder et le magistral Dossier 51 de Michel Deville.

Décidément, à Cannes on adore la campagne ! L’arbre aux sabots/L’albero degli zoccoli d’Ermanno Olmi reçoit la palme d’or tandis que Nagisa Oshima se contente du prix de la mise en scène pour son troublant L’empire de la passion/Ai no borei (œuvre bien plus fascinante si l’on y songe que L’empire des sens/Ai no corrida).

Louis Malle obtient le Grand Prix de la Commission Supérieure Technique du cinéma français pour La petite/Pretty baby qu’il aurait probablement bien du mal à monter de nos jours et le Grand Prix spécial du jury est partagé entre Le cri du sorcier/The shout de Jerzy Skolimowski et Rêve de singe/Ciao maschio de Marco Ferreri.

Isabelle Huppert, effarante Violette Nozière pour Claude Chabrol et Jill Clayburgh en Femme libre/An unmarried woman pour Paul Mazursky sont sacrées meilleures actrices alors que Jon Voight remporte seul le trophée du meilleur acteur pour Le retour/Coming home, lacrymal film à oscars d’Hal Ashby devant Dirk Bogarde (trouble à souhait dans Despair de Rainer Werner Fassbinder), Gérard Depardieu (grandiose dans Rêve de singe de Marco Ferreri), Brad Davis (remarquable dans Midnight Express d’Alan Parker) et Philippe Caubère (A jamais Molière pour Ariane Mnouchkine).

Palme décernée à Who’ll stop the rain/Les guerriers de l’enfer de Karel Reisz, subtile peinture de la génération perdue du Vietnam. Road movie désespéré, thriller passionnant, témoignage accablant sur une Amérique gangrenée par les conséquences de la guerre, le film bénéficie en outre d’une solide interprétation (Anthony Zerbe, Tuesday Weld, Michaël Moriarty) dominée par la puissance de jeu d’un Nick Nolte au meilleur de sa forme.

© Katzka-Jaffe

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1979

21 films (14 vus) présentés tandis qu’hors compétition se bousculent Francesco Rosi Le christ s’est arrêté à Eboli/Cristo si e fermato a Eboli (tant pis pour Gian Maria Volonté), Milos Forman pour Hair, Woody Allen pour Manhattan, Federico Fellini pour Prova d’orchestra et surtout John Huston venu présenter Le malin/Wise blood (dommage pour l’ahurissant Brad Dourif).

Terrence Malick obtient le Prix de la mise en scène pour Les moissons du ciel/Days of heaven, Jacques Doillon, le Prix du jeune cinéma pour La drôlesse et Norma Ray de Martin Ritt empoche Le Grand Prix de la Commission Supérieure Technique du Cinéma Français et un prix d’interprétation féminine pour Sally Field, tandis que Jack Lemmon est distingué pour The China syndrome de James Bridges damant le pion au jeune David Bennent, monstrueuse révélation du Tambour de Volker Schlondorff et à Patrick Dewaere, impressionnant dans l’injustement oublié Série noire d’Alain Corneau.

Françoise Sagan, présidente du jury, trouvera le moyen de se faire remarquer en entamant une polémique sur la palme ex-æquo décernée au fantasmatique Apocalypse now (puisqu’A work in progress******) de Francis Ford Coppola (également honoré du Prix de la Critique internationale) et le très glauque Die blechtrommel/Le tambour de Volker Schlondorff qui avait sa préférence. Fi !

Palme d’or unique et irrévocable à Apocalypse Now de Francis Ford Coppola parce que tout le monde aime l’odeur du napalm au petit déjeuner (sans sucre, merci), que lorsque nous regardons dans les ténèbres ces chiennes nous matent aussi, que ça s’appelle l’horreur et que this is the end, my friend.

© Zoetrope Studios

* Et ce n’est pas le taulier d’Inisfree qui me contredira
** Est-ce son pessimisme latent renvoyant dos-à-dos la loi+l’ordre et l’insoumission citoyenne ou son ironie (car le film est truffé de séquences hilarantes) qui fit scandale à Cannes ? A l’époque de la contre-culture, il ne fait pas bon mettre en scène des policiers et s’intéresser à leur humanité sans se voir automatiquement traiter de fasciste et autre nom d’oiseau. Contacter Clint Eastwood pour plus amples informations.
*** bien loin des souriants héros de la série Chips
**** Et je persiste et signe ce que j’ai écrit ici
***** Autre exception qui confirme la règle : Man on the moon de Milos Forman, inspiré par la cruelle destinée d’un autre siphonné, Andy Kaufman
****** Il n’est pas interdit de lire les Notes: On the Making of "Apocalypse Now" d’Eleanor Coppola

A suivre…

Et si vous avez raté le début :

Festival de palmes [Cannes, les années 60]

Dans Cinéma, Festival de Cannes, Rétrospective, Top le 21/05/2010 à 07:00

© Jean-Denis Maillart, A.M. Rodicq, A.M. Rodicq, Jean-Denis Maillart, Jean-Claude Moreau, DR, Ferracci, Ferracci, Beaugendre, DR

Place aux années 60.

Et à la dolce vita, au triomphe de l’amour, et à la révolution.
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1960

Sous la présidence de Georges Simenon, 29 films (8 vus) sont présentés et Judah affronte Messala hors compétition dans le Ben-Hur de William Wyler.

La palme d’or est attribuée à l’unanimité à La dolce vita de Federico Fellini, l’existentialiste L’avventura de Michelangelo Antonioni reçoit le prix du jury ex-aequo avec L’étrange obsession de Kon Ichikawa (que je n’ai pas vu) et deux films russes se partagent un prix dit "de la meilleure participation". C’est gentil à eux d’être passés donc.

Le trou de Jacques Becker aurait bien mérité un prix de la mise en scène et récompenser Robert Mitchum pour son rôle de cavaleur invétéré dans Home from the hill/Celui par qui le scandale arrive de Vincente Minnelli ou Marcello Mastroianni, témoin blasé de La dolce vita fellinienne n’aurait fait de peine à personne.

Palme d’or confirmée pour La dolce vita de Federico Fellini, chef d’œuvre intemporel où le réalisateur vampirise à tout jamais Marcello Mastroianni et immortalise la sculpturale Anita Ekberg qui ne s’en est toujours pas remise. La fontaine de Trévi non plus. Les paparazzi ont depuis fait du chemin.

© Astor Pictures Corporation

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1961

Avec Exodus d’Otto Preminger présenté hors compétition, Jean Giono et ses compagnons ont à juger 31 films (7 vus).Ne connaissant pas Une aussi longue absence d’Henri Colpi* je serais bien en peine d’estimer s’il méritait autant de distinctions (palme d’or ex-aequo avec le Viridianade Bunuel mais également Prix Louis-Delluc). Gageons que son sujet a ému les jurés.

Un prix Gary Cooper (l’acteur décède durant le festival) est décerné à Daniel Petrie pour A raisin in the sun/Un raisin au soleil, un film pétri (pardon) de bons sentiments.

Sophia Loren empoche le prix d’interprétation pour sa formidable prestation dans La ciocciara de Vittorio de Sica, distinction qu’elle aurait pu sans peine partager avec la jeune Claudia Cardinale présente cette année-là dans deux films, La ragazza con la valigia/La fille à la valise de Valerio Zurlini et La viacca/Le mauvais chemin de Mauro Bolognini.

Il est amusant de noter que les deux actrices se partagent le même acteur. Jean Paul Belmondo, exilé en Italie, fait oublier le petit voyou de Godard avec deux rôles d’amoureux, sincère et délicat dans le de Sica, éperdu et suicidaire dans le Bolognini. C’est Anthony Perkins, pour l’ennuyeux à périr Aimez-vous Brahms d’Anatole Litvak qui remporte le prix d’interprétation masculine.

Un peu de contrariété s’impose. J’échange le prix du jury contre la palme d’or ex-æquo (ce qui est toujours un peu agaçant dans la mesure où je préfère que l’on tranche dans le lard plutôt que de subodorer le poids des tractations et/ou des conventions).

La palme est donc décernée à Mère Jeanne des Anges/Matka Joanna od Aniotow de Jerzy Kawalerowicz pour son intelligence absolue, sa réflexion sur la tolérance et sa beauté formelle insensée. Inspiré de l’affaire** des "diables de Loudun", le film n’a rien perdu de son pouvoir de fascination.

© Film Polski Film Agency

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1962

35 films (7 vus) en compétition et Tetsuro Furukaki préside le jury composé entre autres de François Truffaut, Jerzy Kawalerowicz et Romain Gary.

Le film à sketches Boccacio 70, réalisé par Luchino Visconti, Vittorio de Sica et Federico Fellini est présenté hors compétition.

Robert Enrico obtient la palme d’or du court-métrage à l’unanimité pour le poignant La rivière du hibou, inspiré d’une nouvelle d’Ambrose Bierce.

N’ayant vu ni la palme d’or (La parole donnée d’Anselmo Duarte), ni les trois films qui se partagent le Grand Prix de la Commission Supérieure Technique du Cinéma Français (ouf !) et encore moins les deux films qui reçoivent le Prix Un certain regard, il me reste à confirmer le Prix de la critique internationale décerné à Luis Bunuel pour L’ange exterminateur/El angel exterminador, le prix de la meilleure comédie qu’empoche Pietro Germi pour Divorce à l’italienne/Divorzio all’italiana et le Prix spécial du jury partagé entre L’éclipse/L’éclisse de Michelangelo Antonioni et Le procès de Jeanne d’Arc de Robert Bresson.

Palme d’or à l’injustement oublié The innocents/Les innocents de Jack Clayton. Du jeu raffiné de Deborah Kerr (merveilleusement accompagnée par les très jeunes Marin Stephens et Pamela Franklin) à l’étonnante atmosphère morbide, en passant par un scénario auquel Truman Capote collabora et sans oublier la superbe photographie de Freddie Francis , tout concoure à faire du chef d’oeuvre de Jack Clayton la plus remarquable adaptation d’une œuvre d’Henry James (en l’occurrence ici, Le tour d’écrou) à ce jour***.

© Achilles

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1963

26 films (8 vus) en compétition tandis que sont présentés off Les oiseaux/The birds d’Alfred Hitchcock et surtout, Huit et demi/Otto e mezzo de Federico Fellini, pour faciliter la vie du jury présidé par Armand Salacrou.

Car si Marina Vlady, en mante religieuse pour Le lit conjugal/L’ape regina de Mario Ferreri et l’ombrageux Richard Harris pour Le prix d’un homme/This sporting life réalisé par Lindsay Anderson n’ont pas volé leurs prix d’interprétation, qui se souvient encore que cette année deux monstres sacrés d’Hollywood s’affrontaient aux confins de la folie sous l’arbitrage de Robert Aldrich venu présenter Qu’est-il arrivé à Baby Jane ?/Whatever happened to Baby Jane?

Il suffit que Le guépard/Il gattopardo de Luchino Visconti**** paraisse pour que la palme d’or lui soit attribuée à l’unanimité et personne ne songerait à le lui reprocher*****.

© Titanus

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1964

Fritz Lang est président du jury. René Clément est également sur la Croisette où 25 films (8 vus) sont présentés en compétition et hors, la vision de ce plum pudding de La chute de l’empire romain/The fall of the roman empire d’Anthony mann est une excellente occasion de se détendre un peu.

Et face à Glauber Rocha (le survolté Le dieu noir et le diable blond/Deus e o diabo na terra do sol), Marco Ferreri (Le cruel Le mari de la femme à barbe/La donna scimmia), François Truffaut (L’obsessionnel La peau douce), Hiroshi Teshigahara (L’érotique La femme des sables) et Jacques Demy (Le mièvre Les parapluies de Cherbourg), que croyez-vous qu’il arriva ?

Et oui, comme deux frères jumeaux nés sous le signe des gémeaux, Président et jury offre le Grand prix à Jacques Demy, et le prix du jury à La femme des sables. Bon.

Il est grand temps de faire mon coming-out. Les comédies musicales – mises à part de notables exceptions comme The Rocky Horror Picture Show de Jim Sharman_1975 ou Pennies for heaven d’Herbert Ross_1981 — ne sont guère ma tasse de thé. Et je reste courtoise.

J’attribue le prix du jury au film de Glauber Rocha et un double prix d’interprétation à Françoise Dorléac et Jean Desailly pour La peau douce de François Truffaut.

Et je confirme ce que j’ai déjà répondu lors du questionnaire Eros et cinémaen Q2. La palme est donc décernée à La femme des sables/Suna no onna d’Hiroshi Teshigahara fascinante étude d’une femme-araignée (Kyokô Kishida) capturant dans ses rets de limon un entomologiste arrogant (Eji Okada) confronté à l’absurdité de la condition humaine.

© Toho Film (Eiga) Co Ldt.

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1965

26 films (7 vus) entrent en compétition et le jury se voit présidé pour la première fois par une dame, Olivia de Havilland, bien entourée par notamment Rex Harrisson (la veinarde !), François Richenbach et Alain Robbe-Grillet.

Le Grand Prix est attribué à The Knack… et comment l’avoir/The knack… and how to get itde Richard Lester, charmante comédie certes, mais qui n’arrive pas à la cheville nonsensique de ses films tournés avec les Beatles et Rita Tushingham n’est (malheureusement) pas Julie Christie (Petulia_1968).

Masaki Kobayashi remporte le Prix spécial du jury avec Kwaidan et le couple vedette de L’obsédé/The collector de William Wyler — Terence Stamp et Samantha Eggar — sont justement récompensés par un prix d’interprétation, tandis que La 317ème section de Pierre Schoendoerffer partage le prix du scénario avec La colline des hommes perdus/The hill de Sidney Lumet, autre admirable film sur l’absurdité militaire.

Pour paraphraser ce cher Jean Cocteau en 1953, j’aurais bien offert un "Prix de la bonne humeur" à Yoyo de Pierre Etaix. Et s’il n’avait été coiffé (pardon) au poteau par un beau désaxé, Sean Connery (si loin de Bond, my name is Bond****** et sans toupet) aurait amplement mérité un prix d’interprétation masculine pour son rôle de prisonnier rebelle (c’est qu’il grimpe bien les collines, le bougre !).

Après de terribles empoignades entre moi et même, la palme d’or est décernée à La 317ème section de Pierre Schoendoerffer, un point de vue unique — la France n’étant pas si friande d’examiner son histoire contemporaine de trop près — sur la guerre d’Indochine, filmé caméra à l’épaule et qui — hors considération politique — magnifie l’humain et nous plonge au cœur de l’action en compagnie du gracile Jacques Perrin (ah cette agonie !) et de l’épatant Bruno Cremer. Un film surtout qui ne cesse depuis sa sortie d’être imité, voire pillé.

© Les Productions Georges de Beauregard

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1966

Chabada bada chabada bada. Présidé par une Sophia Loren d’humeur câline, le jury (Richard Lester, Peter Ustinov, Marcel Achard, André Maurois, Marcel Pagnol et Jean Giono, entre autres), sur 26 films (13 vus) en compétition, récompense Un homme et une femme de Claude Lelouch (ex-æquo avec le film de Pietro Germi Ces messieurs dames/Signore e signori)

Le prix spécial du jury est attribué à Alfie de Lewis Gilbert, tandis que Falstaff réalisé par Orson Welles reçoit, sous la bannière espagnole, le Prix de la Commission Supérieure Technique et que Volker Schlöndorff obtient le prix de la critique internationale pour Les désarrois de l’élève Toerless/Der junge Törleß.

Vanessa Redgrave gagne (sans doute au grand dam de Jeanne Moreau, présente deux fois sur la Croisette avec Falstaff et le singulier Mademoiselle de Tony Richardson) le prix d’interprétation féminine pour Morgan de Karel Reisz. Mon choix en la matière se porte sur Monica Vitti, débarrassée de sa dépression chronique antonionienne et merveilleusement hilarante dans le Modesty Blaise de Joseph Losey. Tandis que j’offre le Prix spécial du jury à Suzanne Simonin, la Religieuse de Diderot de Jacques Rivette.

Et puisque c’est un peu décevant Deauville sans Trintignant (prix d’interprétation pour les 9/10ème de sa carrière) comme le braie Vincent Delerm, la palme d’or est décernée sans discussion possible au magnifique Pharaon/Faraon de Jerzy Kawalerowicz, remarquable réflexion sur le pouvoir doublée d’une saisissante reconstitution de l’Egypte ancienne sous le règne perturbé d’un pharaon n’ayant existé que dans l’imagination de l’écrivain Boleslaw Prus.

© Zespól Filmowy "Kadr"

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1967

Alessandro Blasetti préside le jury (auprès notamment de Vincent Minnelli, Claude Lelouch, Miklos Jancso, René Bonnell, Jean-Louis Bory, Serge Bondartchouk et Shirley MacLaine), 24 films (10 vus) en compétition, un Prix du scénario ex-æquo que se partagent Elio Petri pour A chacun son du/A ciascuno il suo et le Jeu de massacre d’Alain Jessua, un Prix de la première œuvre remporté par Mohammed Lakhdar-Hamina pour Le vent des Aures, un Grand Prix spécial du jury également ex-æquo pour Aleksandar Petrovic (J’ai même rencontré des tziganes heureux) et Joseph Losey (Accident) et la palme à Michelangelo Antonioni, enfin (semble-t-il) débarrassé de ses problèmes existentiels et qui nous plonge avec délices dans le swinging London en compagnie du fantastique David Hemmings.

Le traumatisant Mouchette de Robert Bresson (avec une formidable Nadine Nortier) repart bredouille, ainsi que L’incompris/L’incompresso de Luigi Comencini qui aurait bien mérité quant à lui un Grand Prix du film lacrymal.

Le jury a du goût. La palme d’or est comme de bien entendu attribuée au fantasmatique et intrigant Blow-up de Michelangelo Antonioni.

© Bridge Films

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1968

Autant en emporte le vent/Gone with the wind de Victor Fleming doit être projeté hors compétition ainsi qu’Histoires extraordinaires co-réalisés par Roger Vadim, Louis Malle et Federico Fellini. Le meilleur segment de ces adaptations d’Edgar Allan Poe est sans hésitation le Fellini, Il ne faut jamais parier sa tête avec le diable où Terence Stamp est inoubliable.

Le jury, présidé par André Chamson et où comptent notamment batailler Monica Viti, Jean Lescure, Louis Malle, Terence Young et Roman Polanski, se voit offrir 28 films (10 vus) en compétition.

Mais voilà, nous sommes en mai 68. Le diable s’invite à la fête, interruption des projections, démissions des membres du jury, c’est la révolution, vamos a matar companeros ou presque… le festival est annulé faute de combattants.

Dommage pour Lou Castel, prix d’interprétation masculine pour Grazie zia de Salvatori Samperi, Géraldine Chaplin, interprète féminine de Peppermint frappé de Carlos Saura et pour le Je t’aime, je t’aime d’Alain Resnais qui aurait pu recevoir le prix spécial de l’amour fou.

La palme, elle, est décernée au bien nommé Au feu les pompiers/Hori ma panenko de Milos Forman.

© Carlo Ponti Cinematografica

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1969

Année politique. 26 films (9 vus) sont proposés au jury, présidé par Luchino Visconti tandis qu’Andrei Roublev d’Andreï Tarkovski est présenté hors compétition.

Vanessa Redgrave obtient un nouveau prix d’interprétation pour Isadora de Karel Reisz et Jean-Louis Trintignant est justement récompensé pour Z de Costa Gravras… alors que Ma nuit chez Maud d’Eric Rohmer, également sur la Croisette et où il est étonnant, repartira bredouille. De même que Dillinger est mort/Dillinger e morto de Marco Ferreri où sévit un fabuleux Michel Piccoli. La vie est injuste, oui.

Easy rider de Dennis Hopper reçoit le Prix de la première œuvre, et tandis qu’un Grand prix spécial du jury est attribué à Adalen 31 de Bo Widerberg, Z réalisé par Costa-Gavras décroche à l’unanimité le Prix du jury (cette multiplication de prix spéciaux finit par donner le tournis).

If de Lindsay Anderson, chronique anarchiste d’une révolte estudiantine contre l’establishment où le spectateur est plongé au cœur des événements (le premier loft story en somme) — avec en prime l’effarant Malcolm McDowell — empoche la palme d’or. Avec raison.

© Memorial Enterprises

* dont je n’ai vu que le dernier film, Heureux qui comme Ulysse avec Fernandel
** 10 ans plus tard, Ken Russell réalisera The devils/Les diables avec Vanessa Redgrave dans le rôle de la mère supérieure et Oliver Reed dans celui du prêtre Grandier
*** En 1972, Michael Winner réalisera un prequel à l’érotisme nettement moins subtil, The Nightcomers/Le Corrupteur avec Marlon Brando et Stéphanie Beacham
**** Heureux hasard, le film a été projeté à Cannes dans une version restaurée (remercions ici Martin Scorsese pour son inépuisable énergie à rendre sa splendeur au cinéma du passé) et devant les yeux éblouis de Sandra M. dont vous pouvez découvrir la critique enthousiaste sur In the mood for Cannes
***** Petit chipotage. Burt Lancaster aurait bien mérité un prix rien que pour lui.
****** Bien que Sean Connery soit surprenant dans ce rôle, je considère que la plus belle interprétation de sa carrière — et ce, à nouveau sous la direction de Sidney Lumet, en 1973 — demeure le flic violent et incontrôlable de The offence.

A suivre…

Et si vous avez raté le début :

Festival de palmes [Cannes, les années 50]

Dans Cinéma, Festival de Cannes, Rétrospective, Top le 19/05/2010 à 06:58

Affiches © A. M. Rodicq, DR, Jean-Luc, Piva, Marcel Huet, Marcel Huet, DR, Pon’t, Jouineau Bourduge

Naissance d’une palme.

Après les débuts chaotiques du festival, voici le deuxième épisode — qui fête la naissance de la Palme d’or en 1955 — de la revue des palmés.
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1950

Relâche…
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1951

Après une année d’interruption, le festival reprend sous la présidence d’André Maurois, avec 36 longs métrages en compétition (10 films visionnés). Et les prix se multiplient.

Si Miroirs de hollande/Spiegel van Holland de Bert Haanstra (pas vu), Mademoiselle Julie/Froken Julie de Alf Sjöberg et Miracle à Milan/Miracolo a Milano de Vittorio de Sica se partagent le Grand Prix, Luis Buñuel empoche celui de la mise en scène pour Los Olvidados, l’éblouissant Les contes d’Hoffmann/The tales of Hoffmann d’Emeric Pressburger se voit gratifié d’un Prix exceptionnel et le Prix spécial du jury est attribué à All about Eve de Joseph Mankiewicz tandis que Bette Davis repart — et ce n’est que justice — avec le prix d’interprétation féminine.

Michael Redgrave, quant à lui, souffle à Montgomery Clift (surprenant en assassin arriviste dans Une place au soleil/A place in the sun de George Stevens) le prix d’interprétation masculine pour son rôle de professeur compassé dans le film d’Anthony Asquith, L’ombre d’un homme/The Browning version,qui l’est tout autant. Bouh !

Après moult tergiversations avec moi-même, Emeric Pressburger et Joe Mankiewicz conservent leurs prix spéciaux et la palme d’or du jour est attribuée à Los Olvidados de Luis Buñuel pour la description d’une jeunesse sacrifiée dans un pays en pleine déréliction et de son humanité perdue… sans oublier sa proverbiale méchanceté. Toujours d’actualité et beaucoup copié, des films comme La Cité de Dieu/Cidade de Deus_2002 de Fernando Meirelles, entre autres, lui doivent beaucoup. Et la cruauté de la dernière image est inoubliable.

© Ultramar Films

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1952

Sous la présidence de Maurice Genevois, et avec 35 films (9 vus) en compétition le palmarès se dote d’un Grand Prix ex-aequo décerné à Othello/The Tragedy of Othello: The Moor of Venice d’Orson Welles et Deux sous d’espoir/Due soldi di speranza de Renato Castellani.

Marlon Brando déguisé en mexicain emporte le trophée du meilleur acteur pour Viva Zapata! d’Elia Kazan alors que Gérard Philippe est présent sur la Croisette avec Fanfan la Tulipe de Christian-Jaque — qui en repartira avec le prix de la mise en scène sous le bras — tandis qu’André Cayatte séduit déjà avec ses films à thèse. Nous sommes tous des assassins recevant le Prix spécial du jury, Detective Story/Histoire de détective de William Wyler doit donc se contenter du prix d’interprétation féminine attribué à Lee Grant.

Fi de misérabilisme, la palme d’or est attribuée sans discussion ni partage à Othello d’Orson Welles.

© Mercury Productions

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1953

Jean Cocteau devient président du jury et en profite, en poète, pour inventer impunément des prix aux titres évocateurs : prix international du film le mieux raconté par l’image (traduction SVP merci), prix du film légendaire, de la bonne humeur (décerné à Luis Garcia Berlanga pour Bienvenue, Monsieur Marshall/Bienvenido Mister Marshall), d’aventures (pour O Cangaceiro de Lima Barreto), etc.

Sont présentés en compétition 35 longs métrages (7 vus, dont l’inénarrable El/Tourments de Luis Bunuel, La loi du silence/I confess d’Alfred Hitchcock et Les vacances de Monsieur Hulot de Jacques Tati, tous trois absents du palmarès) contre 43 courts (Le Grand Prix est décerné à Crin Blanc, le cheval sauvage d’Albert Lamorisse).

N’ayant pas pour habitude de contrarier les poètes, je confirme bien volontiers le Grand Prix décerné cette année-là. La palme est donc attribuée à Henri-Georges Clouzot pour Le salaire de la peur.

© CICC

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1954

N’ayant vu que 5 films sur les 42 en compétition, je ne vais pas m’éterniser sur cette année où 9 longs métrages de diverses nationalités se voient offrir un Prix International tandis que La porte de l’enfer/ Jigoku-mon réalisé par Teinosuke Kinugasa enchante Jean Cocteau, président du jury (composé entre autres de Luis Bunuel, Jean Aurenche et André Bazin), par ses couleurs chatoyantes et gagne le Grand Prix. J’en suis ravie pour lui, mais ne l’ayant jamais vu, je serais bien en peine de juger du bien-fondé de cette distinction.

La palme d’or est décernée au fort cynique Monsieur Ripois/Knave of hearts de René Clément qui gagna alors le Prix Spécial du jury et qui bénéficie d’une interprétation hors pair de Gérard Philippe en parfait contre-emploi.

© Transcontinental Film Productions

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1955

Marcel Pagnol préside le jury du 8ème festival de Cannes et, sur 33 films (8 de visionnés) en compétition, attribue la Palme d’Or à l’unanimité à Marty de Delbert Mann* et offre le Prix Spécial du jury à un documentaire.

Spencer Tracy souffle le prix du meilleur acteur pour sa solide interprétation du justicier manchot d’Un homme est passé/Bad day at Black Rock de John Sturges à la barbe du juvénile James Dean en lice pour A l’est d’Eden/East of Eden d’Elia Kazan qui devra se contenter d’un Prix du film dramatique tandis que Jules Dassin — pour Du rififi chez les hommes — partage un prix de la mise en scène avec Serguei Vassiliev.

Puisque je décide aujourd’hui, je décerne le Prix spécial du jury au film de Kenji Mizoguchi, Les amants crucifiés/Chikamatsu monogatari**.

Et j’attribue la Palme d’or à mon unanimité à Carmen Jones d’Otto Preminger. Parce que le voir débarquer, flanqué de Dorothy Dandridge et Harry Belafonte, ça aurait eu une sacrée gueule !

© 20th Century Fox/Everett Collection

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1956

C’est la fête du documentaire !

Présidé par Maurice Lehmann, le jury décerne sur 39 longs métrages en compétition (8 vus), la Palme d’or au Monde du silence de Louis Malle et Jacques-Yves Cousteau et le Prix spécial du jury à Henri-Georges Clouzot pour Le mystère Picasso.

Satyajit Ray se voit octroyer un Prix du document humain (!!!) pour La complainte du sentier/Pather panchali et Ingmar Bergman (défense de rire) reçoit pour Sourires d’une nuit d’été/Sommarnattens leende, le Prix de l’humour poétique.

Albert Lamorisse reçoit la Palme d’Or du court-métrage à l’unanimité pour Le ballon rouge, une distinction bien méritée.

Alfred Hitchcock et son remake de The man who knew too much/L’homme qui en savait trop repart bredouille, ainsi qu’Humphrey Bogart, remarquable dans le film de Mark Robson, Et plus dure sera la chute/The harder they fall, qui sera son chant du cygne.

Résolument navrée pour les baleines, les poulpes et les bigorneaux, mais je décerne ce jour la palme d’or à Henri-Georges Clouzot (qui a dit "encore !" ?) pour Le mystère Picasso. Un film magnifique, étonnant et frustrant à la fois, dont le malicieux sujet nous ouvre un couloir vers les prodiges de la création mais demeure encore aujourd’hui indéchiffrable.

© Filmsonor

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1957

31 films (8 vus) en compétition — dont Le septième sceau d’Ingmar Bergman, Prix spécial du jury ex-aequo avec Kanal d’Andrzej Wajda, le délicieux Funny face de Stanley Donen, Un condamné à mort s’est échappé de Robert Bresson qui empoche le Prix de la mise en scène et Les nuits de Cabiria/Le notti di Cabiria de Federico Fellini qui vaut à son épouse Giulietta Masina le prix d’interprétation féminine — sous la présidence d’André Maurois (Michael Powell et Marcel Pagnol font également partie du jury), et la palme d’or est décernée au film bondieusard de William Wyler,La loi du seigneur/Friendly persuasion ! De quoi désespérer du bon goût cinématographique de certains.

Ne tergiversons pas, prix d’interprétation féminine ex-aequo avec l’exquise Audrey Hepburn.

Et la palme d’or est décernée à Det sjunde inseglet/Le septième sceau d’Ingmar Bergmanqui a compris que la vie n’était guère plus qu’une partie d’échecs perdue d’avance. Nonobstant, le reste (bruit, fureur ou distinctions) n’est que sornettes.

© Svensk Filmindustri

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1958

26 films en compétition sous la présidence de Marcel Achard. 7 films vus.

Prix d’interprétation collectif pour les héroïnes d’Au seuil de la vie/Nära livet d’Ingmar Bergman qui obtient le Prix de la mise en scène et Paul (râââââh) Newman repart avec un trophée pour son rôle dans The long hot summer/Les feux de l’été réalisé par Martin Ritt. Mon oncle de Jacques Tati reçoit le prix spécial du jury.

La Palme d’or est décernée à Quand passent les cigognes/Letjat zuravli de Mikhaïl Kalatozov*** "pour son humanisme, son unité et sa haute qualité artistique"(je cite). Tout est dit. Somme toute, je confirme qu’un peu de romantisme échevelé ne nuit pas, parfois.

© Mosfilm

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1959

Rebelotte. Marcel Achard est confirmé dans ses fonctions de président de jury. 30 films sont en compétition et je n’en ai vu que 7.

La Palme est décernée (à l’unanimité, on ne rit pas) àOrfeu negro de Marcel Camus, le prix de la mise en scène à François Truffaut pour Les 400 coups, Simone Signoret est distinguée pour Les chemins de la haute ville/Room at the top de Jack Clayton qui lui vaudra également un oscar à Hollywood et Compulsion/Le génie du mal de Richard Fleisher vaut un prix d’interprétation masculine collectif à ses interprètes (dont Orson Welles).

Nazarin de Luis Bunuel gagne un Prix international. Quant à la Tchécoslovaquie, elle repart avec un Prix de la meilleure sélection (?) ex-aequo pour Vojtech Jasny et Jiri Trnka pour son film d’animation, Le songe d’une nuit d’été (que je regrette fort de n’avoir jamais vu).

Alain Resnais, en compétition avec Hiroshima, mon amour, est prié d’aller voir ailleurs si personne d’autre n’y est. Elle n’a rien vu à Hiroshima, Resnais a donc été somptueusement ignoré.

Pour que l’on garde à jamais les yeux grand ouverts, pour cette ode à la vie et à la résilience, pour l’abandon d’Emmanuelle Riva et la sombre beauté d’Eji Okada. Hiroshima, mon amour d’Alain Resnais, palme d’or ce jour****.

© Argos Films

* "Drame humain" que j’ai personnellement trouvé fort pénible, mais qui a rapporté un oscar à Ernest Borgnine pour sa "touchante" interprétation d’un boucher qui n’a pourtant pas un physique facile. Je préfère, et de loin, le voir cabotiner en producteur cynique dans The legend of Lilah Clare de Robert Aldrich_1968 ou en chauffeur de taxi goguenard dans Escape from New York de John Carpenter_1981
** Découvert sur Antenne 2, grâce au Ciné-Club de Claude-Jean Philippe. Qu’il en soit ici remercié.
*** Pour la petite histoire, notons que cette année-là, Richard Brooks était en compétition avec The brothers Karamazov/Les Frères Karamazov à la sauce hollywoodienne.
**** Petite suggestion pour les irréductibles parfaitement imperméables à la "poésie" de Marguerite Duras (ce que je peux comprendre parfois), le film ne perd rien de son inventive beauté à être vu sans le son. L’expérience est à tenter…

A suivre…

Et si vous avez raté le début :

Festival de palmes [Cannes, les années 40]

Dans Cinéma, Festival de Cannes, Rétrospective, Top le 17/05/2010 à 10:00

© Brigitte Lacombe/Annick Durban

Palmes, palmes, palmes.

Pour fêter le 63ème festival de Cannes, Sandra M. — entre moult activités — a refait les peintures d’In the mood for Cannes et Niko de Filmosphère s’est employé à corriger la longue liste des films récompensés sur la Croisette selon ses goûts et ses couleurs avant de proposer un top 10 des plus belles palmes d’or.

Ed(isdead)* de Nightswimming ayant trouvé l’exercice amusant s’est mis de la partie tout en s’adonnant à de savants calculs, et ce bon Dr Orlof n’a pas tardé à lui emboiter le pas.

Par ailleurs, j’imagine que Vincent d’Inisfree ne tardera pas à être également séduit et j’espère corrompre la taulière** de Sur la route du cinéma.

Dans la mesure où il était hors de question que je laisse tous ces braves garçons s’amuser sans moi, à mon tour désormais de me distraire en me lançant à corps perdu dans le jeu du "Et si j’avais été présidente du jury et que mon charisme ébouriffant et ma confondante autorité avaient égaré mes compagnons dans le crime au point de me laisser seule décider des récompenses à distribuer, la face du recensement des palmés en aurait-elle été changée?"

Oui, sans nul doute.

Il va de soi que m’abandonner à ce divertissement ne m’empêchera en aucune façon de reconnaître honnêtement si j’ai — ou pas — vu tous les films en compétition (ayant, par exemple, passé radicalement et vigoureusement mon tour à l’idée de souffrir à la vision de la palme d’or 2009).

© Jean-Gabriel Domergue, Leblanc, Jean-Luc, G.C. Chavane

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1946

Comme on est jamais aussi bien servi que par soi-même, le festival sera présidé de 1946 à 1950 par son fondateur, Georges Huisman.

La palme d’or est alors appelée Grand Prix et ce dernier est décerné à 11 films de nationalité différente, pour ne pas faire de jaloux et travailler à restaurer l’amitié entre les peuples.

11 films dont je n’ai vu que la moitié*** : Maria Candelaria d’Emilio Fernandez, Roma citta aperta/Rome ville ouverte de Roberto Rossellini, Brief encounter/Brève rencontre de David Lean, La symphonie pastorale de Jean Delannoy, The lost week-end/Le poison de Billy Wilder. Je ne puis donc juger des qualités de : La terre sera rouge de Bodil Ipsen, Le tournant décisif de Friedrich Ermler, Les hommes sans ailes de Frantisek Cap, La dernière chance de Léopold Lindtberg, L’épreuve d’Alf Sjoberg et La ville basse de Chtan Anand, n’ayant d’ailleurs que peu de chance désormais de les visionner…

A noter que 9 courts métrages furent également récompensés d’un Grand Prix dont Les petits animaux et les brigands/Zvířátka a Petrovští réalisé par Jiri Trnka.

Alors que René Clément — également présent avec son charmant Père tranquille — se voit offrir (justement) Prix de la mise en scène et Grand prix international pour La bataille du rail, sont joyeusement ignorés George Cukor pour Gaslight/Hantise, Charles Vidor et sa Gilda, La belle et la bête de Jean Cocteau et Notorious/Les enchainés d’Alfred Hitchcock.

Et si Ray Milland empoche un prix mérité pour son interprétation d’alcoolique dans Le poison de Billy Wilder (quoique ce diable de Cary Grant l’aurait bien mérité pour son rôle de salaud magnifique dans le Notorious d’Hitchcock), Michèle Morgan, héroïne de La symphonie pastorale de Jean Delannoy, souffle sans vergogne à Anna Magnani la récompense suprême.

Pour réparer l’affront fait à la Magnani , la palme d’or est attribuée ce jour à Roma citta aperta/Rome Ville ouverte de Roberto Rossellini.

© Excelsa Film

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1947

9 films vus sur 24 en compétition, inclus les cinq qui se partagent le Grand prix selon leur genre : Dumbo de Ben Sharpsteen (dessin animé), Ziegfield follies de Vincente Minnelli (comédie musicale), Crossfire/Feux croisés d’Edward Dmytryk (film social), Les maudits de René Clément (aventures et policier) et Antoine et Antoinette de Jacques Becker (film psychologique et d’amour).

Antoine et Antoinette de Jacques Becker est certes résolument tendre et charmant (du moins dans mes souvenirs), mais je préfère privilégier les films traitant d’amour vache.

Hors donc, si j’offre sur le champ un prix d’interprétation masculine collectif aux trois Roberts (dans l’ordre) Ryan, Mitchum et Young pour Crossfire d’Edward Dmytryk, la palme d’or est décernée à The strange love of Martha Ivers/L’emprise du crime de Lewis Milestone****, un flamboyant film noir où règne sans partage la vénéneuse Barbara Stanwyck.

© Hal Wallis Productions

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1949

En 1949, la sélection officielle compte 29 films (8 vus). The third man/Le troisième homme de Carol Reed remporte le Grand Prix tandis que René Clément est à nouveau récompensé pour la mise en scène d’Au-delà des grilles.Bien que je reconnaisse la puissance de jeu d’Edward G. Robinson, prix d’interprétation pour House of strangers/La maison des étrangers de Joseph L. Mankiewicz, c’est à nouveau Robert Ryan qu’il me plaît de distinguer puisque présent dans deux films formidables, Act of violence de Fred Zinnemann et The set-up/Nous avons gagné ce soir réalisé par Robert Wise et vibrant — bourreau ou victime — d’une sombre humanité.

Quant à Silvana Mangano, son inoubliable apparition dans Riso amaro/Riz amer de Giuseppe de Santis aurait mérité un prix du meilleur espoir féminin, ou à défaut, du meilleur costume (après tout, le décor d’Occupe-toi d’Amélie de Claude Autant-Lara a bien reçu un prix).

Pas de bataille épique en ce qui concerne la palme d’or puisque grâce à Orson Welles, Joseph Cotten, Alida Valli, le trench de Trevor Howard, le chat noir dans la nuit, les pavés mouillés de pluie, l’amitié bafouée, les femmes perdues, le droit d’ingérence, le scénario de Graham Greene, la musique d’Anton Karas, Vienne ville schizophrène et l’implacable gâchis, l’intemporel The third man/Le troisième homme de Carol Reed l’emporte d’un air de cithare sur ses challengers.

© London Film Production

* qui a fort obligeamment fourni le lien INDISPENSABLE pour toutes archives utiles à la bonne marche de cette petite récréation
** Pascale, si tu me lis, je serais curieuse de connaître ton palmarès couronnant le 47ème festival de Cannes…
*** Et 16 films sur les 44 que comptait la sélection officielle
**** A noter que le film peut être visionné à l’adresse suivante : The Strange Love of Martha Ivers – A Movie Powder Presentation

A suivre…