45. Denis Lavant
A retrouver en juillet lors de la rétrospective consacrée à Léos Carax et dans Holy Motors (sortie prévue 4 juillet 2012).
A suivre…
44. Charlize Theron
Dès aujourd’hui dans Prometheus de Ridley Scott dans tous (ou presque) les cinémas de France et de Navarre.
La bonne nouvelle est que l’on va cesser de nous faire bouffer du teaser et des news à tous les repas. La mauvaise est qu’à trop fantasmer, la réalité se révèle toujours bien décevante. Bonne pelloche !
A suivre…

Second épisode* des aventures d’Ocho, la joueuse/bretteuse/voleuse de haut vol toujours incarnée par Reiko Ike, Female yakuza tale: Torture & Inquisition a été réalisé dans la foulée de Sex & Fury sous la houlette d’un autre réalisateur, Teruo Ishii, autrement plus frappadingue que son auguste collègue, Noribumi Suzuki.
Teruo Ishii, maître de l‘ero-guro, est notamment responsable d’une série de films édités en France sous le titre générique de Femmes criminelles, sexe et châtiment au Japon ** — dont les seuls titres : Vierges pour le shogun, L’enfer des tortures, Orgies sadiques de l’ère Edo ou encore Déviances et passion peuvent en faire rêver plus d’un —, et d’une excellente adaptation d’Edogawa Rampo, Horrors of malformed men***.
Nonobstant, contrairement aux films précités, ce Female yakuza tale verse bien plus dans le burlesque, voire le grotesque achevé, que dans la perversité ; il devient vite évident que le fameux "Torture & Inquisition" n’est que trouvaille de producteurs en mal de publicité même si le spectateur trouve son compte de nudité et de violence inhérentes au pinku.
Néanmoins, tout comme dans Sex & Fury, Torture & Inquisition débute et se clôt par deux combats d’importance remarquablement chorégraphiés. Dès le pré-générique, nous retrouvons — sous une pluie torrentielle — notre Ocho prise à partie par une bande d’affreux qu’elle va se faire un devoir d’éliminer et ce, tout en se débarrassant peu à peu de ses oripeaux car il est bien connu qu’une femme se bat mieux lorsque ses gestes ne sont entravés par aucun chiffon. Sans oublier que son impudente beauté lui permet de distraire momentanément ses assaillants aux fins de les crever plus aisément.
Les présentations étant faites, l’aventure peut commencer. Le scénario de Torture & Inquisition, variation sur un trafic de came, se révèle fort alambiqué du fait de la démultiplication des protagonistes.
Ocho débarque en pleine guerre de succession d’un clan yakuza et, prise à tort pour une mule, est derechef enlevée, ligotée, légèrement torturée et franchement humiliée avant d’être abandonnée près du corps mutilé d’une inconnue.
Sauvée in extremis par Juoji, un yakuza freelance (Makoto Ashikawa), des griffes de la police qui la tient pour le fameux "dépeceur de minous" qui fait des ravages parmi la gente féminine, Ocho découvre que le chef du clan auquel elle doit sa brillante carrière a été assassiné, et ce, vraisemblablement par le même gros fourbe qui a envoyé le naïf Juoji en prison. Une espèce de crapaud adipeux avec lequel elle va momentanément s’associer et s’envoyer en l’air dans une scène hilarante, la gredine — qui étrangement ici cause souvent en aparté — affirmant sans honte qu’elle simule à mort pendant que l’avorton s’excite, puis le rendant fou par d’insoutenables chatouilles tandis que le reste du clan, sis dans une pièce avoisinante, mate le spectacle d’ombres chinoises.
Dans le même temps, Juoji, à la recherche de la fille de son ancien boss, croise la route de la mystérieuse pince-sans-rire Yoshimi of Christ — Arumi Kuri, déguisée en Meiko Kaji époque La femme Scorpion — ainsi surnommée car elle prie pour ceux qu’elle va flinguer (rions un peu).
Quelques ellipses dans la narration nous font regretter que certains personnages ne soient pas plus développés (notamment ceux de Yoshimi et de la jeune héritière du clan qui disparaît sans autre forme de procès dans la folie expressionniste de l’asile de dingos où elle est enfermée) mais l’important pour Ishii le paillard n’est pas là. De même qu’il se fiche comme de son dernier tatami de l’époque à laquelle sont censés se dérouler les événements. Son Inquisition & torture tient plus de l’enquête policière — les ruelles crasseuses du Tokyo populaire du début du XXe siècle sont remarquablement exploitées par une mise en scène favorisant le voyeurisme à outrance — que du chanbara ou du film de yakuza.
Tout à son ode au sexe féminin, le réalisateur préfère balancer impromptu des blagues obscènes (la femme d’un perdant obligé de sacrifier un doigt demandera comme un service personnel à Ocho de bien vouloir épargner le majeur de son mari, bien utile parfois pour les épouses insatisfaites) et jouer avec la censure. Ainsi les prostituées exploitées doivent-elles servir de repos du guerrier à un trio d’insatiables malandrins qui les tiennent sous leur coupe, travailler l’élasticité de leur intimité (des godemichets de taille invraisemblable traînent nonchalamment dans le refuge des trafiquants), ou écarter perpétuellement les jambes pour qu’on y enfourne ou en retire la poudre délictieuse. En lieu et place d’inquisition, il serait donc plus honnête de causer ici de perquisition, voire de profanation.
Car au plus fort de l’homérique bataille finale**** qui va voir s’affronter dans un décor surréaliste tous les protagonistes du film, le plus libidineux des malfaisants se fera non seulement émasculer mais également généreusement pisser dessus par d’accortes jeunes meurtrières, alors qu’il est déjà bien trop mort pour y prendre encore quelque plaisir.
Résolument féministe, Inquisition & Torture fait la part belle aux courages des femmes tandis que les hommes sont, au mieux un tantinet ridicule (Juoji avec son sens de l’honneur d’un autre temps et ses cinq années passées derrière les barreaux n’en peut mais d’être perpétuellement entouré de femelles déchaînées qui passent le plus clair de leur temps à se déshabiller sans vergogne devant lui), au pire des vermines (tout le reste du casting masculin).
Et bêtes avec ça. Vu qu’à la faveur d’un retournement de situation, ces crétins ne trouvent rien de mieux, pour assurer leur pouvoir sur ces empêcheuses de trafiquer en rond, de leur ordonner de se mettre à oilpé en se postant si possible de trois-quarts pour éviter d’exposer leurs toisons (rions toujours). Cette supposée humiliation ne rend ces dames que plus létales. Nous assistons alors à un festival de membres tranchés et de corps ravagés où tout, voire n’importe quoi peut servir d’arme (dans la mesure où l’on a vu auparavant ce brave Juoji lancer des balles de revolver comme autant de poignards, plus rien ne peut nous surprendre). L’une des guerrières s’est entre autres munie d’impressionnantes griffes — celles-là même qu’utilisait la vénéneuse Carrie Ng dans Les nuits rouges du Bourreau de Jade de Julien Carbon et Laurent Courtiaud — avec lesquelles elle s’enthousiasme à refaire une beauté à tous ceux qui passent à sa portée.
C’est absurde et foncièrement délirant. Lorsque les félons enfin expirent, on exulte.
Aussi, ne boudons pas notre plaisir devant cette pelloche non sensique ultra archétypale, saupoudrée d’un humour salace de fort mauvais aloi et qui bénéficie comme Sex & Fury d’une excellente bande son jazzy. Pour notre bonheur.
* Il est préférable de voir les deux films dans le bon ordre, ne serait-ce que pour saisir aisément les motivations de son héroïne.
** Sortis chez HK
*** Existe en NTSC
**** On sait Quentin Tarantino friand d’emprunts en tous genres. Il serait bien étrange que les nombreux combats des Female Yakuza tale n’aient pas quelque peu inspiré les échauffourées de Kill Bill.
A noter. Le DVD est disponible en version originale, sous-titres anglais, sans bonus conséquent.
Female yakuza tale : Torture and Inquisition/Yasagure anego den : sôkatsu rinchi de Teruo Ishii_1973
avec Reiko Ike, Makoto Ashikawa, Arumi Kuri, Meika Seri, Jun Midorikawa et Emi Jo
Les familiers de la saga La pivoine rouge (interprétée par Sumiko Fuji) connaissent bien la vertueuse Oryu, joueuse invétérée à l’épaule tatouée et au sens de l’honneur exacerbé, qui parcourt les routes en aidant la veuve et l’orphelin.
Réalisé par ce grand fou de Noribumi Suzuki, qui offrira l’année suivante aux amateurs de nunsploitation le bien peu catholique Le couvent de la bête sacrée, le brutal Sex & Fury en est un des rejetons pervers et sexy. Autrement plus sanglant, aussi. Les deux actrices principales de cette pelloche de la Toei estampillée "Pinky violence" — l’impeccable Reiko Ike, la japonaise et Christina Lindberg*, la suédoise à l’inénarrable garde-robe — rivalisent d’ardeur en payant volontiers de leurs charmantes personnes.
Et les coquins seront aux anges, car il ne se passe pas un combat sans que l’athlétique Reiko ne finisse invariablement entièrement nue — selon les critères en vigueur de la censure japonaise, ce qui oblige souvent le réalisateur à certaines acrobaties, voire à ne filmer que les entrechats de son héroïne en pleine danse macabre — sous des geysers de sang. Témoin, le premier engagement, où Riki/Ocho est dérangée lors de ses ablutions par une bande de malandrins nourrissant de forts sombres projets et qu’elle occit en tenue d’Eve dans un jardin enneigé.
A la recherche des assassins de son père qui a eu l’excellente idée de semer quelques indices avant d’expirer (soit trois cartes représentant un cerf, un sanglier et un papillon), Ocho, joueuse professionnelle, ne reculera devant aucun sacrifice pour tuer tous les affreux. L’un d’entre eux, résolument abject, autoproclamé spécialiste de la défloration de vierges, mourra notamment des suites d’un cunnilingus fatal.
Ocho croisera sur son chemin un « dissident », nationaliste à la mèche romantique, bien décidé à abattre une de ses cibles, coupable à ses yeux de corrompre le Japon alors en pleine politique expansionniste — nous sommes au début du XXe siècle — et une espionne à la solde d’une fripouille ((Mark Darling, parfaitement inconnu au bataillon, qui ne fera guère carrière et on ne s’en plaindra pas) qui caresse le projet de faire main basse sur le commerce des stupéfiants. La gredine a accepté ce marché de dupes à seule fin de retrouver son anarchiste, étiqueté grand amour de sa vie, et qu’Ocho trouve également fort à son goût. Tout ce joli monde, encadré de canailles de haut vol, s’affronte, se poursuit, s’entraide et se trahit selon son bon plaisir.
Il ne faut absolument pas prendre au sérieux cette abracadabrantesque histoire où Ocho, armée d’un katana, pourfend des armées de gredins — et s’en sort miraculeusement — quand elle ne se fait pas enlever par un groupe de nonnes toutes dévouées au démon de la corruption et copieusement fouetter par l’odieuse espionne occidentale (étrangement vêtue d’un ravissant mini-costume en daim) sous le regard compatissant d’un christ peint.
Bénéficiant d’un scénario solide — avec coups de théâtre de rigueur — et non dénué d’humour, le film est un festival de gros plans. Yeux effrayés, bouches tremblantes, balafre du malfaisant de service, tatouages accusateurs, rien ne manque donc, et surtout pas les corps généreux de tendres oiselles offertes à la concupiscence de mâles parfaitement répugnants. Christina, entre autres, goûte aux plaisirs saphiques quand elle n’est pas rappelée à l’ordre (sexuel) par son supérieur hiérarchique outré qu’elle fasse passer les souvenirs amoureux du bon vieux temps avant son boulot.
Noribumi Suzuki n’hésite d’ailleurs pas à interrompre parfois son histoire pleine de bruit et de fureur pour quelques envolées lyriques. Il nous est alors permis de rire sous cape, tant Christina Lindberg parait totalement hors du coup, comme en état d’hypnose permanente, ce qui n’empêche pas le réalisateur d’exploiter sa beauté poupine et d’en accentuer l’étrange grâce qu’il magnifie jusqu’à l’extravagance.
Doté d’une bande originale jazzy des plus séduisantes et empruntant autant au western (combat de regards lors d’une partie de poker au suspense haletant ou ralentis lors d’un duel sur une ligne de chemin de fer) qu’au psychédélisme (parmi les effets graphiques inédits, on retiendra la ronde d’un obi que l’on défait et la punition d’un groupe de pickpockets sur fond de vieux films en super 8), le fort inventif Sex & Fury est une BD coloriée en rouge sang, qui fait la part belle aux femmes guerrières, tout en fustigeant le monde faisandé des (faux) bourgeois s’acoquinant avec l’étranger.
Et le plan final hallucinatoire est superbe.
* L’actrice connaîtra la gloire l’année suivante grâce à son rôle — muet — dans le désormais culte "Rape and Revenge" Thriller, en grym film/They call her One Eye de Bo Arne Vibenius.
A noter. Le DVD est disponible en version originale, sous-titres anglais, sans bonus conséquent.
Female yakuza tale : Sex and Fury/Furyô anego den : Inoshika Ochô de Noribumi Suzuki_1973
avec Reiko Ike, Christina Lindberg, Akemi Negishi, Ryōko Ema, Yōko Hori et Nahomi Oka
30. Tom Hardy
31. Mads Mikkelsen
Pour 1/ fêter la fin du XIIIe jeu de cache-cache et 2/ rendre plus clément le climat régnant actuellement sur Cannes, deux invités — dont les films n’ont manifestement pas eu l’heur de plaire* mais que nous pourrons juger sur pièce** — du 65e festival tombent la chemise.
* Si l’on en croit certains tweets très énervés
** Sortie prévue pour Lawless/Des hommes sans loi de John Hillcoat le 12 septembre prochain — mais Tom aura l’occasion de camoufler sa belle petite gueule dès le 25 juillet dans The dark knight rises de Christopher Nolan — et, pour les gens pressés, The hunt/La chasse de Thomas Vinterberg sera présenté en avant-première le 26 mai au MK2 Bibliothèque.
A suivre…
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Oyez ! Oyez les Parisiens ! Comme l’année passée, le Forum des images qui accueille — du 31 mai au 10 juin — la 44e édition de la Quinzaine des Réalisateurs, vous offre un tour du monde en une trentaine de films et des rencontres avec leurs réalisateurs.
Pour de plus amples informations sur les autres manifestations cannoises sur le sol de la capitale, je vous suggère de prendre rendez-vous avec Shunrize.
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31 mai 2012
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1er juin 2012
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2 juin 2012
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3 juin 2012
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5 juin 2012
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6 juin 2012
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7 juin 2012
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8 juin 2012
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9 juin 2012
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10 juin 2012
40. Matthias Schoenaerts
A voir toutes affaires cessantes dans le dernier Jacques Audiard, De rouille et d’os, face à Marion Cotillard, Bouli Lanners, Corinne Masiero et le petit Armand Verdure. Sans oublier que Bullhead de Michael R. Roskam est toujours projeté dans quelques salles de France et de Navarre. Vous n’avez donc aucune excuse.
A suivre…
Merci à toutes et tous de votre participation.
Donnons-nous rendez-vous dans un mois si le monde n’a pas coulé d’ici là.
Vous pouvez désormais reprendre une activité normale.
Ah que ciao et bonne continuation !
GAME QUASI OVER
Là, à part vous donner leurs noms, je ne peux pas faire mieux en matière d’indices :
38 : J’aime jouer les white trash sauf quand je me fait écarteler sur une autoroute par un psychopathe
53 : En sus d’avoir roulé des pelles à Gillian Anderson dans un thriller inédit en France, j’ai réalisé un documentaire sur le hooliganisme
Derniers indices avant révélation
12 : London’s burning (ou presque).
38 : Mon père acteur a connu une fin tragique.
53 : J’ai été convié par ma boite à un week-end de paint-ball qui a plutôt mal tourné (humour noir inside).
Petits indices après les passages de MrLichi, Melle LeChevallier (très forte sur 4 inconnus et à qui il n’est pas interdit de donner 51 réponses supplémentaires), MisterLoulou again (j’en ris encore) et Yohan accompagné de son équipe (Florence, Stéphane et Laetitia).
Pas de Keanu Reeves, Robin Wright, Daryl Hannah, David Bowie, Jean Marais, Anthony Quinn, Gwyneth Palthrow, Victoria Abril, Mickey Rourke, Joaquin Phoenix, Emmanuelle Seigner, Lino Ventura, Asia Argento, Patrick Swayze, Reda Kateb ou Ornella Muti et non, le 17 n’est pas Josh Harnett, n’insistez pas (il est beaucoup moins joli n’en déplaise à certaine).
Il reste donc 5 inconnus à ce jour.
12 : Je suis un musicien
38 : Je suis une actrice américaine
52 : Je suis une lady
53 : Je suis un acteur anglais
54 : Je suis une actrice anglaise
Allez, bonne fin de week-end et rendez-vous dimanche pour les réponses (et éventuellement, de nouveaux indices).
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Mes bien chers Pascale, Adelaïde de Mangualde, Marine, Nox, Maryne, Lalalère et Misterloulou, merci d’être passés et de vous être arrêtés.
Les numéros 5, 12, 35, 38, 40, 41, 52, 53 et 54 n’ont pas été découverts, soit 9 inconnus sur 55. Avouez que vous faites des étincelles…
Si d’aventure vous repassez, sachez par contre que : Gregory Peck, Matt Dillon, Jack Black, Emily Blunt, Kim Basinger, Faye Dunaway, Josh Harnett, Sophie Marceau, Kristen Stewart, Liz Taylor, Ava Gardner, Dolph Lundgren, Elijah Wood, Sam Riley, Ethan Hawke, Nathalie Portman, Iggy Pop, Marion Cotillard, Noomi Rapace, Mélanie Laurent, Tilda Swinton, Geena Davis, Tom Hardy, Mads Mikkelsen, Robert Mitchum, Jennifer Garner, Tim Roth, Kevin Dillon, Eva Green, Kate Moss, Ezra Miller, Renée Zellweger, Christopher Plummer, Angelina Jolie, Matthias Schoenaerts, Catherine Zeta Jones, Alec Guinness, Kim Basinger, Hugo Weaving (j’ai beaucoup ri, merci) ou James Franco ne sont pas là.
Je vous laisse à vos recherches durant ce long week-end que je vous souhaite excellent et reviens dimanche soir dépiauter le tout et vous donner quelques indices supplémentaires dans le cas bien hypothétique où il resterait encore quelques fumeurs à dénoncer.
A bientôt !
Oyez, oyez
Comme promis lors de la 12e édition, voici un nouveau cache cache spécial Volutes vu que je n’ai pas arrêté de fumer en espérant que votre sagacité ne se trouvera pas brouillée par tant de fumée.
Le jeu (oui, y en a 55, ne râlez pas, y a sans doute bien un ou deux doublons) est modéré alors ne vous privez pas.
Dans le cas le plus improbable où certains auraient échappé à votre vigilance, je vous fournirais des indices dans quelques jours (soit, après mon week-end prolongé ^^).
Et je rappelle instamment — et notamment pour une certaine — que les numéros sont SOUS les photos.
A vous de jouer. Lire la suite »
Martha (Sandra Hüller, une sacrée découverte) et Paul (Felix Knopp) forment un couple heureux. Ils s’aiment d’amour tendre, ont un avenir tout tracé par la formidable réussite de Paul qui les oblige — avec leur consentement mutuel — à déménager à Marseille. Ils sont jeunes, ils sont beaux, leurs amis sont merveilleux, tagada tsoin tsoin. Tant de guimauve achèverait de nous écœurer si Paul n’avait un secret, qu’il emporte dans la tombe. Son cadavre, découvert sur un parking marseillais, est celui d’un homme qui n’existe pas.
Fin brutale d’un bonheur utopique. Désemparée, Martha repousse d’autant le travail de deuil qu’il lui reste désormais à accomplir en entamant une enquête à la recherche de cet inconnu qu’elle a follement aimé et qui semble l’avoir trompée de bout en bout. Avec, songe sans doute aucun l’épouse blessée, la complicité de ses propres amis.
C’est alors qu’en lieu et place du thriller paranoïaque empli de cris, de larmes et de révélations fracassantes que l’on attend de pied ferme, Jan Schomburg — qui signe là sa première réalisation — nous cueille en prenant le parti de la béatitude sentimentale.
A la poursuite du fantôme de Paul, Martha croise fortuitement Alexander — Georg Friedrich, vu précédemment en collègue-mentor dans Nouveau souffle de Karl Markovics — dans un ascenseur, le temps que ce dernier remette en place une mèche folle. La veuve déjà troublée de reconnaître là le tic de son cher et tendre est au comble de l’extase lorsqu’elle retrouve notre bonhomme, tout aussi incidemment, dans un autobus et y voit là un signe du destin.
Il n’est guère important qu’Alexander soit aussi blond que Paul était brun, ce sera avec lui qu’elle fera sa vie. Pardon, plaît-il ? Oui ! Oublié le Paulo, ses mensonges, son suicide et la fausseté de leurs épousailles. Disparue, la douleur de l’absence. Martha se jette voracement à la tête d’Alexander, un tantinet interloqué par cette bourrasque qui s’invite si effrontément dans sa vie, et l’entraîne — à son corps consentant — dans sa propre existence, faite de rêves et de fantaisie. Nouvel homme, nouvelle vie ? Que nenni. L’objet de l’affection change certes, mais l’amour demeure, inchangé.
Qu’importe donc le flacon, pourvu qu’Alexander soit réel — et rien de plus concret que ce professeur charmant et délicat, doté d’un vrai boulot, d’un véritable ami et accessoirement d’une maitresse — et pourvu de suffisamment d’humour, d’imagination et de tendresse pour consentir tout de go sans grande réticence aux projets d’avenir que lui impose Martha, sous prétexte de jeux de rôles.
L’amour et rien d’autre — soit, l’amour comme réflexe de survie — est un drôle d’objet, qui n’admet ni la réserve ni les questionnements. Le film repose entièrement sur les frêles (?) épaules de l’étonnante Sandra Hüller, tout aussi crédible en amante fantasque à la foufoune frétillante que profondément bouleversante dans la violence du déni.
Il est évident que le réalisateur est épris de son héroïne et n’a pas dans l’idée de la faire souffrir plus avant. Il va même jusqu’à lui offrir, après moult atermoiements, un happy end digne de sa folie amoureuse. Que l’on sera en droit — tant les faux-semblants forment la matière même du récit — de nier, en soupçonnant sur la base d’ahurissants clichés (Marseille, son port, son soleil et la voix de Khaled branchée sur Magic System) Martha de fantasmer encore.
Mais si — se demandent les amoureux de l’amour — tout cela était vrai ? Alors, Marc Levy peut aller se rhabiller.
L’amour et rien d’autre/Über uns das All de Jan Schomburg_2011
avec Sandra Hüller, Georg Friedrich, Felix Knopp, Kathrin Wehlisch et Valérie Tscheplanow
Tout un chacun sait comment s’achève les contes et la Blanche-Neige des frères Grimm ne déroge pas à la règle. Ils se marièrent et eurent beaucoup d’enfants. Fin.
Le film de Paolo William Tamburella débute après cette fausse déclaration. Car s’ils semblent vivre dans le même château, il est à craindre que le prince — Roberto Risco, d’une fadeur désespérante —, blondinet bondissant plus occupé à bichonner son arc qu’à lutiner sa belle, ne soit guère emballé à l’idée de fonder une famille nombreuse. Pourtant, Rossana Podesta — plantureuse star du péplum, elle incarna un jour Hélène de Troie* — alors à l’aube de sa carrière (17 ans au compteur) a suffisamment d’atours pour damner un saint. Mais non, le nigaud préfère s’en aller guerroyer. Et Blanche-Neige de s’inquiéter, et de s’ennuyer mortellement.
Tandis que sur l’idée de sa bonniche elle fait mander les 7 nains — les dames s’occupent comme elles peuvent en ces temps là —, un soldat pas très catholique lui apprend que son grand niais la mande à ses côtés, tout blessé qu’il est. Il est évident, à l’air fourbe du messager, qu’il y a complot. Surtout que ses sept petits amis ont le plus grand mal à venir la rejoindre car le vent, la foudre et autres pièges cataclysmiques — leur rencontre avec des sirènes, un monument de kitsch abracadabrant aux décors plus que cheap, restera dans les annales — ont été mis en œuvre pour les stopper. Par quel mystère ? Bon sang ne saurait mentir, ce ne peut être que le prince noir (Georges Marchal… aaaaaargh !) nourrissant de libidineuses pensées pleines de stupre et de fureur pour la jouvencelle.
Prisonnière du malfaisant en sa sombre demeure, où tout n’est — uniquement dans les coulisses de notre imagination pour notre malheur — que luxure, bacchanales et volupté, la prude quoique sensible aux tentations Blanche-Neige va devoir affronter seule le libertin sorcier (Georges Marchal… aaaaaargh !) qui tente de la soumettre tandis que les nains, très occupés à faire des cabrioles, vont partir alerter l’autre freluquet du drame qui se noue.
Soyons francs, plutôt que de baver sur le casting masculin, il aurait été judicieux de s’intéresser de plus près à la fiche technique du film puisque le titre original — I sette nani alla riscossa — ne ment pas sur la marchandise. Les héros de cette aventure sont bien les 7 nains et de fait, la Blanche et son perfide séducteur (Georges Marchal… aaaaaargh !) de simples comparses, dont la trouble relation est totalement sacrifiée sur l’autel du « spectacle familial ». D’où l’ennui qui guette. Car bien que la bande annonce de l’époque (en bonus et à ne pas rater) clame qu’ont été embauchés « d’authentiques et sympathiques » nains, ce que ces pauvres hommes ont à faire ne relève que de la grimace ou de la cabriole hamstérienne. Ils ne peuvent donc éventuellement faire rire qu’un enfant de moins de deux ans, et très tolérant qui plus est.
Ce choix est d’autant plus regrettable que le prince noir (Georges Marchal… aaaaaargh !) possède un laboratoire infernal digne des plus grands savants psychotiques, bêtement sous-utilisé — pour la magie, faudra repasser — puisque nous ne le découvrons que lors de sa destruction finale et que la psychologie de ses complices — dont une étrange servante (une favorite répudiée ?) qui passe sans explication superfétatoire du bon côté de la force — est réduite à la portion congrue, à croire que des coupes sombres ont été opérées dans le scénario. Dommage, car le sublime et très équivoque Georges Marchal (aaaaaargh ! oui) est impérial en félon amoureux. Bien qu’il soit affublé d’une moumoute saugrenue (qui d’ailleurs, s’assombrira mystérieusement à l’épilogue) surmontée de deux insolites demi-macarons à rendre fous de jalousie Nicolas Cage et la princesse Leia réunis, son jeu théâtral un tantinet distancié fait merveille dans le tragi-comique de la situation. Sans compter que le collant lui sied à merveille.
Le film est présenté en version française — qui nous fait profiter du timbre grave et profond de Georges Marchal (aaaaaargh ! donc) — mais il est fort douteux que les galipettes et singeries de nos sept petits amis soient plus captivantes en italien.
* Helen of Troy de Robert Wise_1956
A noter. Dans les suppléments, un passionnant exposé de l’elficologue (rions un peu) Pierre Dubois qui tente de nous achever en nous perdant corps et biens dans le mythe.
Blanche-Neige, le prince noir et les 7 nains/I sette nani alla riscossa de Paolo William Tamburella_1951
avec Georges Marchal, Rossana Podesta, Roberto Risco, Rossana Martini, Ave Ninchi et Mario Mastrantonio
Il faut prendre le temps de se laisser happer par le second long métrage de fiction d’Özcan Alper — Le temps dure longtemps — dont les plans fixes, d’une étonnante beauté plastique, recèlent une langueur quasi hypnotique.
Dans une atmosphère fantasmagorique, un cheval fou de terreur galope dans une plaine désolée. Des coups de feu retentissent, la bête s’écroule. Le souvenir de cet animal abattu en pleine course vibrera à nouveau au cours du film, lorsque Sumru recueillera les confidences d’un vieil arménien, vigilant gardien de la mémoire de son peuple.
Sumru est turque et étudie l’ethnomusicologie. Son amant kurde l’a brutalement abandonnée, lui préférant le chant de la guérilla. Il lui a cependant promis de revenir vers elle dès la fin des combats. En attendant patiemment de ses nouvelles, telle une moderne Pénélope, Sumru s’installe dans un quartier populaire de Diyarbakir, dans le sud-est du pays, aux fins de rassembler pour son master des élégies anatoliennes.
Nous sommes devenus un sujet sociologique remarquera amèrement Ahmet, vendeur de DVDs pirates, grand cinéphile devant l’éternel et autoproclamé directeur de la cinémathèque kurde — soit une documentation anarchique et non exhaustive de témoignages des victimes des exactions de l’état turc qui perdurent depuis l’aube du XXe siècle —, accessoirement tombé sous le charme de Sumru dès leur première rencontre et qui va complaisamment l’aider dans ses recherches.
Entre ces deux solitaires pourrait naitre un tendre sentiment s’ils n’étaient, chacun, empêchés de s’y abandonner par le poids d’une inconsolable perte (la disparition de son amant pour Sumru, le massacre des siens pour Ahmet).
Özcan Alper tente de fondre fiction et documentaire dans un même mouvement élégiaque tandis que l’histoire personnelle de Sumru, héroïne tragique, rejoint subtilement la grande — celle avec un grand H qui ne cesse de bégayer — et y reconnaît un ennemi commun, l’assourdissant silence de l’oppression, qui condamne les voix qui se sont tues à l’oubli et étouffe les clameurs qui s’élèvent.
La lenteur du rythme de cet élégant road movie de la mélancolie épouse parfaitement la forme. Le réalisateur s’attache longuement aux déambulations erratiques de son héroïne qui parcourt les rues, armée d’un menaçant micro destiné à enregistrer jusqu’aux battements de cœur des habitants de Diyarbakir, se faufilant parfois témérairement sur les toits de la ville. Et c’est dans le calme et un semblant de sérénité qu’il filme l’espérance d’une Sumru insomniaque, veillant à la fenêtre d’un appartement vide.
Nonobstant, en marge des chants funèbres et du travail de deuil, un humour de bon aloi tempère la noirceur fondamentale du propos. Grâce, notamment, à l’excellent Durukan Ordu dont les échanges avec un ami consterné par sa cinéphilie auteuriste sont fort savoureux. Quant à sa douloureuse incapacité de garder une certaine contenance face à l’intimidante Sumru, il a beau, face au miroir de sa chambrette décorée d’affiches de films (Yol de Yılmaz Güney, palme d’or 1982, y est à l’honneur), imiter la gestuelle d’un Belmondo nonchalant, il a toujours le souffle court dès qu’il la croise. Et le mutisme latent. Pour un peu, il trouverait ça "dégueulasse".
Louons donc la délicatesse d’Özcan Alper qui nous convie ici à une fascinante enquête, tant musicale que politique. Et ce, jusqu’au dénouement, dans un petit village enneigé perdu au fin fond du Kurdistan (on y passe sur une certaine route immortalisée par Nuri Bilge Ceylan) où Ahmet se confronte à son passé et Sumru à la réalité. Les luttes pour la reconnaissance ne sont pas prêtes de s’achever. Ni l’affliction, d’être rassasiée.
Le temps dure longtemps/Gelecek Uzun Sürer d’Özcan Alper_2011
avec Gaye Gürsel, Durukan Ordu, Sarkis Seropyan et Osman Karakoç
Tu crois vraiment tout ce que l’on te dit ? demande doucement Avé à l’empoté qui craint de la blesser. Non. L’idée qu’elle lui avait une nouvelle fois raconté des craques n’a pas effleuré ne serait-ce qu’une seconde l’esprit de Kamen. Pourtant, depuis que l’adolescente en fuite lui a imposé sa fantasque compagnie alors qu’il tentait d’aller en stop à l’enterrement de son meilleur ami, elle n’a cessé d’affabuler.
Avé s’invente d’autres vies que la sienne et ment comme elle respire, sans état d’âme. Sur le pourquoi de sa présence sur la même route que lui, aux conducteurs qui acceptent de les prendre à bord — et les en éjectent illico dès qu’ils sont mis au fait de sa galopante mythomanie par les démentis consternés de Kamen — mais aussi, dans une moindre mesure, à elle-même.
Kamen, lui, est un adepte de l’honnêteté et de la droiture à tout prix, dut-elle blesser ou lui nuire. Il se moque bien de ne pas avoir à s’efforcer de composer avec les autres, tandis qu’Avé s’y emploierait presque avec enthousiasme. Outre qu’elle a bien plus de conversation que Kamen, dont l’exceptionnelle réserve confine à l’autisme, son imagination fertile l’autorise à s’offrir au pied levé une personnalité qui empathise aisément, que ce soit dans la nécessité ou le partage. Voire, la provocation. Ainsi, les premiers échanges avec un chauffeur routier sont symptomatiques de la marotte d’Avé de se mettre incessamment en danger, sans que l’on puisse deviner s’il s’agit là d’un innocent divertissement ou d’une manière originale de s’affirmer vivante.
Leur aventure culmine lors d’un très long repas d’une tristesse à mourir — entre mélancolie, vertige et folie douce —, durant lequel va se révéler Avé, intronisée par erreur bien-aimée du fils suicidé par des parents éplorés. Kamen, foudroyé par cette nouvelle mystification et l’insolent aplomb de la gamine, boit comme un trou et laisse ainsi planer le doute sur un éventuel aveu explosif. Avé, quant à elle, se glisse dignement dans son nouveau rôle puis met au défi le garçon d’aller troubler la sérénité de la famille endeuillée — forcément touchée de sa présence en des temps si cruels — en leur révélant la supercherie.
Le premier film de Konstantin Bojanov risquerait de n’être qu’un road movie de plus — avec en toile de fond les paysages désertiques (et magnifiquement filmés) de la Bulgarie et son compte de scènes glauques ou répétitives — mettant en scène un juvénile duo que tout oppose, si nos écorchés vifs ne partageaient une blessure secrète, doublée d’une incapacité notoire à affronter la réalité.
Malgré leurs différences qu’ils croient irréconciliables, nos jeunes gens vont subrepticement se rapprocher. Quand Avé finira par entrouvrir à Kamen son jardin secret en lui confiant le vrai motif de sa fugue, ce sera pour mieux l’abandonner. Du moins aura-t-il entre temps (un peu) grandi.
Le couple d’acteurs, Anjela Nedialkova et Ovanes Torosian, ajoute au charme de cette ballade funèbre mais sans affèterie, où le chagrin qui affleure, et pourrait alourdir, est vite évacué par une énergie vorace.
Et nous, spectateurs, sommes désormais prêts à suivre Konstantin Bojanov sur d’autres routes.
Avé de Konstantin Bojano_2011
avec Anjela Nedyalkova, Ovanes Torosyan, Martin Brambach, Svetlana Yancheva et Nikolay Urumov
37. Sigourney Weaver
A jamais Ripley et ce, pour l’éternité. A voir dans l’excellent et savoureux La cabane dans les bois de Drew Goddard.
Avis aux amateurs d’art, l’exposition Helmut Newton sise au Grand Palais fermera définitivement ses portes le 17 juin prochain.
A suivre…