Quand il n’abandonne pas son esprit aux volutes opiacées, l’inspecteur Frederick Abberline/Johnny Depp tend à s’absenter dans la chaleur de l’absinthe.
Mois: octobre 2011
Fantomette et les mystères de Hong-Kong. Première collaboration entre la Shaw Brothers et le coréen Chung Chang-Wha (voire parfois même Cheng Chang-Ho) qui y signera quelques années après le méchamment burné La main de fer, La diablesse aux mille visages — délirante comédie menée tambour battant — est surtout l’occasion de dévoiler lors de moult bagarres la superbe plastique de ses deux actrices principales, Pat Ting Hung et Tina Chin Fei, virtuoses du lancer de gambette et du salto arrière.
Disons le tout net. Jack Crabb/Dustin Hoffman — a.k.a. Little Big Man pour les indiens qui l’ont kidnappé chérubin, puis élevé selon leurs rite, si l’on en croit le plus grand mythomane que la terre ait enfanté — est un benêt, à moins que son idiotie qu’il prétend congénitale ne soit qu’une stratégie de survie.
A l’ombre de la Grande Mosquée. Younes (Tahar Rahim, qui craquerait bien de temps à autre les coutures d’un costume trop étriqué) émigré algérien pas pratiquant pour deux sous et adepte du marché noir dans le Paris de l’Occupation, se fait épingler par la charmante police du coin (Bruno Fleury, plus pétainiste que le maréchal, arbore une petite moustache des plus facétieuses et en fait des tonnes dans l’ignominie) après une bien mauvaise action, avoir troqué deux paquets de clopes contre un magnifique instrument de musique que lui abandonne en désespoir de cause un vieux compatriote.
Bienvenue dans le monde du réel. De bon matin, Paul (Jean-Pierre Darroussin, hallucinant) se lève, comme d’habitude, se brosse consciencieusement les dents, revêt un beau costume, noue soigneusement ses lacets et avant de partir, embrasse son épouse endormie (Valérie Dréville, parfaite).
Voici un nouveau rendez-vous — que j’espère régulier — aux fins que ceux qui ne sont pas sur Twitter puissent également profiter de quelques liens cinématographiques ou autres glanés deci delà (Non ! il n’y aura rien sur le match France-Angleterre qui a envahi ma TL en cette matinée morose, mais je suggère à tous les amoureux de rugby de se rendre presto sur le blog Rencontres à XV pour plus amples informations).
Luxe, commerce et cruauté. Nulle nostalgie dans L’Apollonide ou ses souvenirs, mais bien plutôt un hommage à ces belles d’un soir cloitrées dans ces maisons que l’on disait de tolérance.
Je filme, donc je vis. Il a beau rigoler le Jafar, ravi du pied de nez qu’il fait à ses juges trop pressés de le condamner, il n’en mène quand même pas large.
To live and d[r]i[v]e in LA. L’homme sans nom de Drive préfère à n’en point douter l’asphalte aux hautes plaines mais ses principes sont tout aussi persistants.
Melville ou la dernière fugue. Pitié seigneur, ne me choisis pas. Pitié. Ah ! ils sont beaux les cardinaux à prier et se lamenter ainsi. Demandent-il à leur dieu d’épargner leur vie et de prendre celle du voisin? Que nenni.