Mon royaume pour un œuf dur. Résolument burlesque malgré de délicats prémices, Si tu meurs je te tue, immersion bien involontaire d’un repris de justice un tantinet à côté de ses pompes dans la communauté kurde de Paris, vivant entre traditions et modernité, est une heureuse surprise. A plus d’un titre.
Mois: mars 2011
Histoire du chat qui n’était pas là. Quelle misérable mouche a donc piqué Divko Buntic (Miki Manojlovic, confondant de sobre bouffonnerie et d’humanité blessée) pour qu’il revienne, revêtu des atours du nouveau riche triomphant — Mercedes écarlate, grosses coupures et juvénile créature au bras — dans son petit village natal de Bosnie Herzégovine qu’il avait quitté en catastrophe plus de vingt ans auparavant au triste avènement du communisme ?
Nic Cage, ce héros. Peigné comme un balai de crins tendance méchouilles jaunâtres, revoilà notre bien aimé Nicolas Cage se consumant encore une fois, comme lui seul en a le secret, dans une série B virevoltant allègrement vers le Z.
Hélène Surgère [20/10/28-27/03/11]. Avec sa partenaire Sonia Savange, Hélène Surgère reprendra un des sketchs du burlesque et terrifiant Femmes, Femmes de Paul Vecchiali_1974 pour Salo, les 120 jours de Sodome de Pier Paolo Pasolini_1976.
I, along with the critics, have never taken myself very seriously.
A l’ombre du père. A l’honneur dans le second film de Raphaël Jacoulot, la figure paternelle n’attendra pas même l’aube pour en prendre un sacré coup dans l’aile. Jugeons plutôt.
A Roswell, personne ne vous entend jurer. Enfer et ewoks putréfiés ! Après les échappées hilarantes de Shaun of the dead_2005 et Hot fuzz!_2007, films réalisés sous les bons auspices d’Edgar Wright, nous étions en droit d’espérer nous dilater généreusement la rate en compagnie des toujours craquants Simon Pegg et Nick Frost, désormais attirés par les sirènes hollywoodiennes et l’appel déchirant de nerds aussi déjantés qu’eux.
Zone grise. Fergus est un triste sire. Doublé d’un teigneux sur lequel on ne peut compter. Du genre à se bourrer consciencieusement la gueule (qu’il tire en permanence) et à se bastonner ensuite avec les bobbies de sa majesté. Résultat des courses : garde à vue, procès en suspens et interdiction de sortie du territoire. Enfin, ça n’est pas la mort non plus. Tout du moins, pas la sienne.
Katerine en campagne. Entendons nous bien. Si l’on est allergique à Philippe Katerine, mieux vaut gentiment passer son chemin.
L’amour à mort. Une nuit, dans la vallée du Douro soumise à une pluie battante, un jeune photographe inconnu est mandé par le domestique d’une demeure ancestrale aux fins d’immortaliser et ce, pour l’éternité, la jeune fille de la maison, mystérieusement décédée quelques heures après son mariage. Son acquiescement signe sa fin.
Ni avec toi, ni sans toi. Ou presque.
Masichu — Un Kitano loufoque et poignant à la fois — aimerait tant être un peintre reconnu qu’il est prêt à tout pour répondre aux desiderata du monde de lard et du cochon qui le mène en bateau depuis qu’il se pique de transfigurer la vie en créations picturales aussi diverses que saugrenues.
Griff/Cameron Mitchell est un gangster brutal, quoique pas trop idiot, qui n’a pas de veine côté cœur.
Jacob Singer/Tim Robbins — un grand dadais atrocement sympathique — est mort, mais il l’ignore encore, désorienté par d’effroyables hallucinations et de sinistres rêveries laissant percevoir un monstrueux passé. Ce qui ne cesse d’affoler sa mémoire quelque peu défaillante.
L’homme de glaise. Les gens du voyage. Tel est le nom que l’on donne à la communauté à laquelle appartient Jimmy Rivière, héros méchamment velléitaire du premier long métrage* de Teddy Lussi-Modeste. Un terme évocateur de vastes horizons et se prêtant aisément aux fantasmes d’indépendance et de liberté qui nous étreignent tous un jour dans nos vies étriquées. Bien loin malheureusement de la réalité.
Tu seras exorciste, mon fils ! Depuis The last exorcism nous aurions pu espérer qu’en la matière les réalisateurs allaient prendre désormais un peu de recul et nous offrir une relecture saine et originale des inlassables combats menés contre les manifestations lucifériennes. Que nenni !
Pleins feux sur :
La danse de l’ours. Décidément, les frères Coen n’en démordent pas. Rien de nouveau à l’ouest du Pécos. Le spleen qui engluait l’avenir du shérif de No country for old men et le nihilisme qui crevait dans l’œuf toute idée d’espoir dans A serious man sont à nouveau à l’œuvre dans True grit, où en définitive, il s’agit moins d’avoir du cran que de posséder une certaine morale.
Il est un âge où les enfants doivent cesser de partager leur chambre et a fortiori leur bain.
Le coup de la cymbale. Lucrèce est une implacable tueuse de classe internationale et à l’imagination débordante quand il s’agit d’échafauder d’ahurissants crimes censés être parfaits.