Le 25 décembre, pour vous remettre de vos agapes, quoi de mieux que d’aller sereinement digérer au cinéma ?
Car sachez que samedi, les distributeurs et exploitants de film reverseront une partie de leur recette à l’association Les toiles enchantées qui, sans relâche, visitent les hôpitaux et y organisent des projections pour distraire les jeunes patients malades ou handicapés.
Laissez vous donc gagner par l’esprit de Noël et, si vous ne savez quoi découvrir, voici quelques chroniques qui vous donneront assurément quelques idées.
Et si rien de ce qui précède ne vous tente, n’hésitez pas à consulter les textes répertoriés par Panoptique, vous y trouverez sans nul doute votre bonheur.
Vous aurez tout le temps ensuite de vous ré-empiffrer, voire d’essayer de refiler frénétiquement vos cadeaux (que vous jugez) pourris sur e-bay.
Et tant que vous y allez de vos bonnes actions,
répondez présents à l’appel en faveur de la libération du cinéaste Jafar Panahi et signez la pétition en ligne, merci.
Blake Edwards [26/06/22 - 15/12/10]
en compagnie de Peter Sellers/Clouseau sur le tournage de La panthère rose/The pink panther_1963
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10 films de Blake Edwards.
Comme tous les types capables de vous faire hurler de rire — et notamment avec la complicité de son alter ego, es-maître en loufoqueries, Peter Sellers — Blake Edwards excellait également dans la noirceur chagrine et dénicha d’ailleurs en Jack Lemmon un compagnon de mélancolie idéal.
Si l’on se souvient (malheureusement) surtout de Elle/Ten_1979 pour la coiffure et la plastique généreusement dévoilée de Bo Derek, S.O.B._1981, monument d’auto-flagellation, de mauvais goût, de cruauté et de cynisme parfaitement assumé n’épargne personne, pas même son épouse à la ville, la charmante Julie Andrews bien loin de Mary Poppins.
Hormis Ten, donc, voici un choix de dix films sur les 46* que compte la carrière de réalisateur de Blake Edwards à ne pas rater (ou qu’il n’est pas interdit de revoir). ************
La grande course autour du monde/The great race_1965
Un must de la screwball comedy. Délire non sensique, The great race — outre que l’on assiste sans doute à la plus grandiose bataille de tartes à la crème du cinéma —, confirme également l’extraordinaire alchimie entre un Jack Lemmon génialement malfaisant (son récurrent Push de button, Max restera dans les annales) et un Tony Curtis débordant de charme. Note à l’attention de la population masculine, la fort séduisante Natalie Wood n’est guère épargnée** non plus par le vent de folie soufflant sur le film. Et ce, jusqu’à la dernière image. Fatalitas ! ************
Sommet du burlesque et bénéficiant de la démesure d’un Peter Sellers survolté, il est désormais radicalement impossible, pour qui a vu The party, de garder son sérieux devant le sacrifice de Gunga Din dans le film éponyme de George Stevens réalisé en 1939. A en outre redonné ses lettres de noblesse à la "soirée mousse". ************
Le jour du vin et des roses/Days of Wine and Roses_1962
Fini de rire, le clown est triste. Dans le rôle d’un alcoolique mondain entraînant sa jeune épouse dans son addiction, Jack Lemmon est aussi glaçant dans l’ironie amère qu’il fut badin et fantasque sous des atours féminins. ************
A se tordre tandis que notre petit cœur de midinette tangue entre Cary Grant et Tony Curtis. Une cargaison de passagères affolantes. Des dialogues savoureux saupoudrés de sous-entendus follement grivois et un sous-marin entièrement repeint en rose. Inoubliable. ************
Julie Andrews prête héroïquement main forte à son cher et tendre époux en pleine crise de conscience en se parodiant généreusement, brisant définitivement son image et dévoilant ses seins. Certains, à Hollywood, ne s’en sont toujours pas remis. Parfaitement odieux et frénétiquement hilarant. ************
Personne n’est parfait, certes mais ce petit joyau de comédie mal élevée, outre qu’il mélange allègrement les genres, permet également à Blake Edwards d’offrir un superbe cadeau à Julie Andrews, reine transformiste aux multiples talents. Se moquant ouvertement du bon goût et de l’hypocrisie, Victor/Victoria est un joyeux encouragement aux transgressions. Notons que face au couple vedette Andrews/Garner, Robert Preston et Lesley Ann Warren se paient également quelques jolies parts du lion. ************
Quand l’inspecteur s’emmêle/A shot in the dark_1964
Un des meilleurs épisodes de la saga de La panthère rose débutée l’année précédente. La folie de Peter Sellers. L’accent de l’inspecteur Clouseau. La loufoquerie des combats contre Cato/Burt Kwouk. Les tics et crises d’apoplexie d’Herbert Lom. La piquante Elke Sommer. Une abracadabrante histoire dont on se fiche éperdument. La musique d’Henry Mancini. Est-il besoin d’en rajouter ? ************
Qu’as-tu fait à la guerre, papa ?/What did you do in the war, Daddy?_1966
La guerre n’est pas chose spécialement jolie mais ce n’est pas une raison pour la prendre au sérieux (tant que les méchants, les vrais, ne la gagnent pas). Première collaboration réussie entre Blake Edwards et le prince de la coolitude, James Coburn. ************
Un écrin pour la beauté et la fantaisie d’Audrey Hepburn, elfe miraculeux camouflant joliment quelques blessures secrètes. Brillant, désespérément charmant et définitivement mythique. Si culte que plus personne ne se souvient que l’héroïne du roman — diablement édulcoré par un happy end très humide — de Truman Capote était une demi-mondaine qui finit bien mal. ************
La nostalgie, camarade. Pas aussi crépusculaire que le magnifique Deux hommes dans la sierra /Ride de hide country_1962, ni violemment cynique que La horde sauvage/The wild bunch_ 1969, tous deux réalisés par Sam Peckinpah, le film mérite le détour, ne serait-ce que pour l’éternel chant du cygne de William Holden à qui sied admirablement cet air de fatigue mélancolique. Quant à Ryan O’Neal, fraichement auréolé du succès démentiel de Love story, il essaie désespérément d’exister face à ses illustres ainés, Karl Malden, impérial, participant également à l’aventure.
* Source: imdb
** La petite histoire retiendra que c’est Blake Edwards lui-même qui, pour les gros plans de l’actrice, la bombarde de tartes pour se venger de son attitude de diva durant le tournage
Extrait de Moteur Coupez ! Mémoires d’un cinéaste singulier de Jean Rollin
Luis Buñuel disait parfois : "Si le film est trop court, on rajoutera une scène de rêve". Tout ce que cela implique de liberté dans la conception d’un film peut être revendiqué de différentes manières. Je peux dire, par exemple : "Si le film est trop pauvre, on rajoutera le bruit d’un train qui passe".
Ecoutez-le. Il arrive, il passe, il s’éloigne. Peut-être même qu’à un moment il a fait entendre sa sirène. Y a-t-il quelque chose de plus évocateur ? Et pourtant, on ne l’a pas vu. Il n’existe que sur la bande-son. Et pourtant, c’est du cinéma, et le cinéma est vision.
Et pourtant… On dit que la perfection n’existe pas. Et pourtant, Les yeux sans visage, année après année, demeure un film parfait. De même que Les Hauts du Hurlevent demeure un livre parfait. Pour s’en rendre compte, encore faut-il avoir le sens du cinéma, c’est-à-dire de la poésie. Je n’ai jamais été un professionnel, et les professionnels ne m’ont jamais accepté. Comme l’a écrit, à peu près, Alain-Pierre Pillet : "Jean Rollin il est à côté". Je ne suis pas de leur monde. Je ne fais pas de carrière. J’utilise aussi bien des acteurs venus du porno que des comédiens de la Comédie-Française. Cela fait partie de ma liberté. Dans ce métier, le cinéma, chacun d’entre nous est deux. Nous sommes le saltimbanque qui agite la chaine au bout de laquelle se trouve attaché l’ours, et qui ainsi le fait danser, maladroitement, lourdement d’une patte sur l’autre. Mais nous sommes aussi l’ours qui s’agite comme il peut.
Et parfois, rarement, la danse de l’ours se fait grâce. Et même les gestes du saltimbanque pour accompagner la danse se font mouvements et non plus saccades. L’un comme l’autre, l’ours et le saltimbanque, esquissent un ballet. Ils sont attachés l’un à l’autre par une chaine, et si l’un la fait bouger alors que l’autre la subit, ils n’en sont pas moins dépendants.
En mai 1987, le quotidien Libération, dans un numéro hors série, posait cette question à quelques cinéastes, dont j’étais : "Pourquoi filmez-vous ?". Ma réponse fut publiée. En guise de "mot de la fin" à ce livre, la voici.
La question venant d’André Breton, la réponse y renvoie : "Tout porte à croire qu’il existe un certain point de l’esprit où la vie et la mort, le réel et l’imaginaire, le passé et le futur, le communicable et l’incommunicable, cessent d’être perçus contradictoirement". C’est pour trouver ce point que je filme. Dans la séquence d’ouverture de La ville abandonnée (Yellow sky) de William Wellman, sept cavaliers arrivent dans une petite ville de l’Ouest. Ils entrent dans le bar, couverts de poussière, épuisés. Accoudés au comptoir, ils voient alors sur le mur en face d’eux. C’est une peinture naïve, une femme nue sur le dos d’un cheval noir qui se cabre. Autour, c’est le désert. Cette peinture naïve est une ouverture sur le rêve, une projection. Enfin, l’un des hommes parle, c’est Gregory Peck. Il dit : "J’aimerais bien savoir où galope ce cheval". C’est pour savoir où galope ce cheval que je filme. La même scène, avec un autre tableau et Henry Fonda à la place de Gregory Peck, apparaît dans L’étrange incident (The Ox-bow incident), du même William Wellman.
Dans Citizen Kane, Everett Sloane dit : "En 1886, sur un bateau qui croisait le mien, j’aperçus une jeune fille en blanc, tenant une ombrelle blanche. Je l’entrevis juste, et elle ne me vit pas. Mais, pas un mois depuis lors, je n’ai cessé de penser à elle". C’est pour retrouver cette jeune fille en blanc que je filme.
A la fin de La machine à explorer le temps (The time machine), Rod Taylor est bloqué dans le futur par une porte. Il revient dans le présent, déplace sa machine et s’en retourne, mais cette fois, de l’autre côté de la porte où l’attend Yvette Mimieux. C’est pour rejoindre Yvette Mimieux derrière cette porte que je filme.
Dans Duel au soleil (Duel in the sun), une fleur étrange pousse là où se trouvaient Jennifer Jones et Gregory Peck au moment de leur mort. C’est pour voir cette fleur étrange que je filme. De même, je filme pour découvrir le Palais des jungles, l’immense palais en ruines du Maharaja envahi par les lianes et les singes, non loin du trésor gardé par le plus sage des cobras. On pouvait le voir dans Le livre de la jungle, le vrai, le film de Korda. Egalement pour entrer dans la photographie, comme le personnage de Mortelle randonnée — le livre de Marc Behm et le film de Claude Miller.
Où est ce point dont parle André Breton et que certains films évoquent ? Les deux prisonniers du Baiser de la femme araignée le trouvent. Il est là où sont parties les jeunes filles disparues de Pique-nique à Hanging Rock. C’est là où Erroll Flynn emporte Micheline Presle à la fin de La taverne de la Nouvelle-Orléans, là où va la barque qui emmène Stewart Granger au large dans Les contrebandiers de Moonfleet, là où se dirigent par les toits, les enfants insurgés de Zéro de conduite, là encore où les colombes des Yeux sans visage guident Edith Scob, là où dansent les amants des Passagers de la nuit (Dark passage), où Chaplin conduit Paulette Goddard loin des Temps modernes.
Troisième épisode de ma modeste contribution au Blogathon Corbucci/Godard de Vincent d’Inisfree et — après Le questionnaire Godard — le post d’aujourd’hui sera, de fait, consacré à Corbucci (ci-dessus sur le tournage d’Il blanco, il giallo, il nero_1975), le troisième grand Sergio du cinéma italien.
Si le cinéma de Leone penche vers l’épique, voire l’élégiaque et celui de Sollima (qui va très bien merci pour lui) dans le sadisme, Corbucci, lui, s’abandonne volontiers avec un soupçon de cynisme au picaresque et à la gaudriole. Rien n’est jamais à prendre franchement au sérieux dans ses films, et surtout pas la condition humaine.
Première rencontre :
Compañeros !/Vamos a matar, Compañeros ! au début des années 70 au cinéma L’Olympia de Casablanca.
************ Le film dont je ne me souviens jamais qu’il l’a co-réalisé :
Danza macabra/La danse macabre_1964 avec Barbara Steele, dont la paternité est généralement attribuée sans partage à Antonio Margheriti (qui prétendait alors s’appeler Anthony Dawson).
Romulus et Remus/Romolo e Remo_1961 et Maciste contre le fantôme/ Maciste contro il vampiro_1961. Manque de bol, je n’ai jamais vu Le fils de Spartacus réalisé en1962.
************ Le film qui donne envie de partir faire la révolution, là, maintenant, tout de suite :
Vamos a matar, Compañeros !_1970 (à condition qu’il y ait Tomas et Franco dans les environs et qu’Ennio conduise l’orchestre).
************ La plus belle partition :
Ennio Morricone pour Le grand silence/Il grande silenzio_1970.
************ La chanson :
Django_1966. Musique de Luis Bacalov, paroles de Franco Migliacci, interprétée par Roberto Fia.
************ Le duel le plus surréaliste :
Celui qui oppose dans des arènes Tony Musante grimé en clown au malfaisant Jack Palance — dont l’œillet à la boutonnière préfigure le gag final — sous l’œil attentif de Franco Nero dans El Mercenario_1968.
************ La meilleure réplique :
Le Vamos a matar, Companeros ! lancé par Yodlaf Peterson/Franco Nero à la fin du film, cela va sans dire…
Le pistolet de Silence dans Le grand silence/Il grande silenzio_1970 que Tigrero récupère après sa mort et caresse amoureusement pour en faire tomber la neige.
Orchestrées par l’infernal duo Terence Hill/Bud Spencer dans Salut l’ami, adieu le trésor/Chi trova un amico, trova un tesoro_1981 (attention, VF !).
************ La torture la plus surévaluée :
Franco Nero dans Vamos a matar, Compañeros ! (photo)_1970, Tony Musante dans El Mercenario_1968 et Tomas Milian dans Il blanco, il giallo, il nero_1975, la subissent tour à tour (et en réchappent bien évidemment à chaque fois par miracle).
Celle du grand silence/Il grande silenzio_1970 où Silence abat cette saloperie de Tigrero en duel, où la justice triomphe et où le sourire de Trintignant vient enfin irradier l’écran.
La fin délibérément choisie, parfaitement nihiliste, est sans doute pour beaucoup a/ dans l’insuccès commercial lors de la sortie du film b/ dans le statut de film culte qu’il a acquis depuis.
************ Le règlement de comptes :
Le duel final dans le cimetière où Django/Franco Nero — malgré sa blessure — abat à lui tout seul tout le casting masculin ayant survécu à leurs précédentes rencontres.
Franco Nero dans El Mercenario_1968, à 0:53′ et à 1:15′.
************ L’art d’éteindre une allumette (et d’allumer le feu) :
Jean-Louis Trintignant dans Le grand silence/Il grande silenzio_1970, à 0:45′.
************ Le cimetière le moins tranquille :
Le cimetière militaire d’I crudeli/The hellbenders_1967, où nos "héros" passent leur temps à y enterrer et déterrer des cadavres, de préférence de nuit et sous une pluie torrentielle.
************ Le couple parfaitement interchangeable :
Silence/Jean-Louis Trintignant et Tigrero/Klaus Kinski, soit le bon et la brute du grand silence/Il grande silenzio_1970.
Si l’on songe à l’immonde que jouait Trintignant dans Il conformista de Bernardo Bertolucci_1970 et au héros bafoué auquel Klaus Kinski prêtait son regard halluciné dans Et le vent apporta la violence/E Dio disse a Caino_1970 d’Antonio Margheriti, les deux hommes auraient parfaitement pu échanger leurs rôles ici (voire, partir ensemble vers le soleil couchant).
Tomas Milian et Franco Nero dans Vamos a matar, Compañeros !_1970.
Aussi inséparables — sur un mode plus truculent — et complémentaires que James Coburn et Rod Steiger dans le mélancolique Giù la testa/Il était une fois la révolution_1971 de Sergio Leone.
Terence Hill et Bud Spencer dans Pair et impair/Pari e dispari_1978. Et la musique n’est pas d’Ennio Morricone… (mais de Guido et Maurizio de Angelis).
************ Le plus dandy :
Telly Savalas dans Far West Story/La banda J.S. : Cronaca criminale del Far West_1972.
************ Les plus "Priscilla, folle du désert" :
Giuliano Gemma, Tomas Milian et Eli Wallach (emprunté à l’occasion à Sergio Leone et qui n’en finit pas de creuser) dans Il blanco, il giallo, il nero/Le blanc, le jaune et le noir_1975.
Susan George dans Far West Story/La banda J.S. : Cronaca criminale del Far West_1972 et ça tombait bien, elle arrivait de Straw dogs/Les chiens de paille de Sam Peckinpah, elle n’a pas eu besoin de trop composer son air de martyr.
L’affreux, sournois et concupiscent profiteur Policutt/Luigi Pistilli, qui met la tête des maris à prix pour s’offrir les faveurs de leurs veuves à peu de frais dans Le grand silence/Il grande silenzio_1970.
Le chasseur de scalps Aldo Sambrell qui a la fort méchante idée de massacrer la famille de Burt Reynolds dans Navajo Joe_1966 (photo). A noter que la vénalité naturelle de ce brave Aldo lui fera également connaître une fort vilaine fin dans I crudeli/The hellbenders_1967.
Eduardo Fajardo et José Bódalo, les Laurel et Hardy réfractaires à la révolution mexicaine. Aussi infects l’un que l’autre, le premier, aristocrate onctueux, méprise le plus souvent le second, général bon vivant et sadique. Ils commettent leurs méfaits ensemble ou séparément mais ne survivent jamais à la dernière bobine.
Vus notamment dans Django_1966, Vamos a matar, Compañeros !_1970, El Mercenario_1968 ou Far West Story/La banda J.S. : Cronaca criminale del Far West_1972.
************ Et en guise d’épilogue, les deux meilleurs conseils jamais donnés à un (apprenti) révolutionnaire :
Your friend is right, compañero. When you’re about to die, don’t ask so many questions. Yolof Peterson/Franco Nero dans Vamos a matar, Compañeros !_1970. Source: imdb
Dream, Paco, but dream with your eyes open. Kowalski/Franco Nero dans El Mercenario_1968. Source: imdb
NY Times Hollywood issue: Fourteen actors actings.
C’est fête ! D’ailleurs une Nathalie Portman peroxydée pour l’occasion et alanguie semble d’ores et déjà se relever d’une cuite quasi-fatale.
The New York Times Magazine propose en ligne de courtes vidéos mettant en scène The scene makers, soit 14 acteurs* qui "ont fait" 2010 et ne manqueront pas de poursuivre l’année prochaine leur brillante carrière.
De superbes portraits (é)mouvants, en noir et blanc, muets — et de fait, le manque de charisme pourrait en tuer plus d’un —, où se confrontent arrière-garde encore verte (Robert Duvall, Michael Douglas) et nouvelle vague (Nathalie Portman, James Franco, Jesse Eisenberg, Noomi Rapace et Anthony Mackie), sans oublier les valeurs sûres (Tilda Swinton, Lesley Manville, Javier Bardem ou Vincent Cassel) ni l’intronisation de (très) jeunes espoirs (Chloé Moretz et Jennifer Lawrence).
La direction artistique est de Sølve Sundsbø, la musique, d’Owen Pallett.
Le court-métrage Viandes amoureuses/Zamilované maso réalisé en 1989 et d’une durée d’une minute à peine, a été présenté dans la théma Eros, lors de la rétrospective consacrée à l’œuvre de Jan Švankmajer.
Très court mais éloquent, sa grotesque cruauté préfigure les ballets de bidoche hystériques ponctuant chaque chapitre du féroce et nihiliste Démence/Šílení que le réalisateur tournera en 2005.
Deux sublimes escalopes s’aiment d’amour tendre et de tangos endiablés en joutes farineuses (ceux qui ont vu Happy few d’Anthony Cordier savent de quoi je parle) entreprennent une marche extatique vers la petite mort.
Quel est votre plus vieux souvenir d’un film de Jean-Luc Godard ?
Dans un "ciné-club" de Casablanca, une copie un brin pourrave d’A bout de souffle vu en boucle en espérant secrètement qu’enfin la course éperdue de Michel Poiccard/Jean-Paul Belmondo lui offre liberté, amour, gloire et beauté.
Les Productions Georges de Beauregard
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Et le plus récent ?
J’avoue, j’ai jeté l’éponge au bout d’une demi-heure de Film Socialisme. En conséquence, le film le plus récent vu d’un bout à l’autre, et sans (trop) bailler, est Nouvellevague_1990.
Le bond au ralenti par dessus la table de la cuisine de Jacques Dutronc, qui cherche à enlacer sa femme/Nathalie Baye dans Sauve qui peut (la vie)_1979.
Le Fritz Lang de Luc Moullet publié aux Editions Seghers fait une mémorable apparition entre les mains de Brigitte Bardot dans Le mépris_1963, et c’est accessoirement le premier titre de leur collection Cinéma d’Aujourd’hui que j’ai lu.
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